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AVRIL 2013
Editorial
Le scénario de rebond se confirme … … mais le soutien des BRIC reste fragile
Brésil
La croissance, assez faible en 2012, devrait rester modeste en 2013. L’activité devrait être soutenue par l’investissement public ainsi que par le rebond de la consommation du secteur privé grâce à des allègements fiscaux. Les perspectives de court terme sont favorables, mais les faiblesses du modèle brésilien ont créé plus d’inflation que de croissance. De plus, les mesures de relance devraient maintenir l’excédent budgétaire primaire en dessous de l’objectif. Dans ce contexte, la BCB devrait passer d’une politique de baisse des taux en 2012 à une politique de resserrement monétaire en 2013, en ligne avec l’accélération de l’inflation. Le real resterait stable à court terme.
Russie
Entre une conjoncture mondiale et européenne morose et sans soutien de la politique budgétaire, l’économie russe poursuit son ralentissement. L’accélération de l’inflation des trois derniers mois limite les marges de manœuvre de la politique monétaire. Vers une stagflation donc, sauf amélioration de l’environnement mondial (et surtout européen). Le gouvernement russe veut s’engager le moins possible dans la crise bancaire chypriote. Quel que soit le scénario, le montant de pertes financières pour la Russie serait supportable. La prise de conscience des risques de placement dans les zones offshore va sans doute aboutir à la révision des choix de portefeuille des déposants russes.
Inde
La situation macroéconomique et politique reste fragile. Les perspectives de croissance ont été révisées en baisse et pour la première fois depuis dix ans la croissance économique n’atteindra pas 5% sur l’ensemble de l’année budgétaire 2012/13. Le ralentissement des pressions inflationnistes associé au contrôle du dérapage budgétaire ont permis à la banque centrale d’abaisser ses taux. Néanmoins, les tensions sur la liquidité restent fortes, ce qui ne crée pas un environnement favorable à l’investissement. Finalement, en dépit des efforts du gouvernement pour rétablir la confiance, la roupie reste à un niveau particulièrement bas, le déficit de la balance des paiements se creuse et les réserves diminuent.
Chine
Le Président Xi Jinping et son premier ministre Li Keqiang viennent de prendre officiellement leurs fonctions. Ils sont au pouvoir pour dix ans, pendant lesquels la Chine devra changer son modèle de développement. Certes, la croissance connaît depuis l’automne une embellie permise par les politiques de relance et devrait à nouveau dépasser 8% en 2013. Mais le modèle atteint ses limites, du fait de la baisse prolongée de la demande mondiale, de la montée des coûts de production et des déséquilibres sociaux, sectoriels ou environnementaux qu’il a engendrés. Alors que la croissance poursuivra son ralentissement structurel, les autorités devront mener des réformes pour bâtir un modèle plus équilibré.
Turquie
2012 aura marqué la fin d’un cycle de croissance économique exceptionnelle. Compte tenu des déséquilibres macroéconomiques (inflation, comptes extérieurs) accumulés en 2010 et 2011, cet ajustement était crucial. Il aurait pu être bien plus violent sans une forte contribution des exportations, des conditions financières internationales favorables et l’action de la banque centrale. Le relèvement de la notation de la dette souveraine de la Turquie en catégorie investissement (Fitch) est un signal important. S’il n’est pas intervenu plus tôt, c’est en raison des déséquilibres extérieurs du pays, que le rebond économique pourrait remettre au premier plan.
Chypre
Au terme d’un accord difficilement obtenu avec ses partenaires européens, Chypre va recapitaliser son secteur bancaire, au prix d’une profonde restructuration conduisant à la liquidation de Laiki Bank, la seconde du pays. Initialement « oublié », le principe européen de la garantie des dépôts à hauteur de EUR 100 000 est, cette fois, clairement réaffirmé. La récession qui va accompagner le changement de modèle économique de l’île pourrait entraîner une forte dégradation des finances publiques.
Thaïlande
Après un an de reprise économique, l’activité devrait enregistrer une croissance de 5 % en 2013, essentiellement grâce aux actions engagées par le gouvernement. Les projets de gestion de l’eau et les diverses mesures visant à soutenir la consommation des ménages vont stimuler la demande intérieure. L’inefficacité du coûteux programme de subvention des prix du riz est de plus en plus manifeste et concentre les critiques de l’opposition. Le risque de turbulences politiques, quoique réduit depuis juillet 2011, pourrait resurgir, d’autant que le gouvernement envisage de relancer la question controversée de l’amendement constitutionnel en 2013.
Indonésie
La croissance économique est restée solide. En 2012 elle a été supérieure à 6% et le dynamisme de la demande intérieure devrait permettre de maintenir cette performance en 2013. Les pressions inflationnistes sont pour l’instant toujours inférieures à l’objectif fixé par les autorités, même si elles devraient s’intensifier au cours de l’année. Les principales sources d’inquiétude économiques portent sur la balance des paiements. Pour la première fois depuis la crise de 1997 le solde courant était déficitaire en 2012. Les tensions sur la roupie – qui s’est dépréciée de près de 6% en un an – pourraient croître dans un climat d’incertitude et la structure de financement se fragiliser jusqu’aux élections de 2014. xxx
Vénézuela
Lors de la prochaine élection présidentielle, les acquis sociaux obtenus sous l’ère Chavez pèseront lourd dans la balance. Il y a de fortes chances que les Vénézuéliens se conforment aux instructions du « Comandante » et votent en faveur de son dauphin. Le Président par intérim a adopté une rhétorique radicale pour resserrer les rangs dans le camp chaviste ; il a également introduit d’importantes mesures ayant pour effet d’accroître l’interventionnisme et les contrôles de l’Etat. La dévaluation récente pourrait fournir une petite marge budgétaire, mais elle ne réduira que marginalement le déficit budgétaire; le nouveau marché des changes reste très opaque et le résultat final des mesures est plutôt mitigé. Le futur président devra relever de sérieux défis à court terme outre les déséquilibres structurels liés à des années de mauvaise gouvernance.
Tunisie
La Tunisie est dans une situation difficile. L’environnement politique reste fragile. Suite à la grave crise qu’a connue le pays en février dernier, un nouveau gouvernement a été formé ayant pour mission de restaurer la sécurité et d’organiser des élections avant la fin de l’année. Mais les défis à relever sont colossaux. Les performances économiques vont rester médiocres d’ici là sous l’effet conjugué des difficultés de la zone euro et d’une instabilité politique persistante. La détérioration significative des déficits jumeaux et la montée des tensions inflationnistes plaident, par ailleurs, en faveur d’un durcissement de la politique économique, difficilement réalisable dans un contexte social fragile. La préservation de la stabilité macroéconomique passe impérativement par une aide extérieure massive.
Israël
L’économie israélienne est entrée dans une phase de ralentissement marquée depuis un an. Les perspectives d’activité restent mitigées à court terme. Des mesures d’austérité budgétaire et les incertitudes géopolitiques régionales devraient peser sur la demande interne. Les secteurs exportateurs continueront de subir les conséquences des perspectives médiocres en zone euro et aux USA, ainsi que de l’appréciation du Shekel. A moyen terme, la compétitivité de l’industrie high-tech et la production gazière continueront de soutenir la croissance.
Angola
Depuis le retour à la paix en 2002, le PIB par habitant a décuplé (à USD5700 en 2012) et l’inflation annuelle a été réduite de 100% à 10%. L’économie a crû de 11% par an, tout en dégageant des excédents budgétaires et courants importants. L’économie est néanmoins très vulnérable aux retournements des prix du pétrole, comme l’a démontré la crise de change de 2008. En absence de nouveau choc sur le cours du pétrole, la croissance devrait atteindre 5 ½% en moyenne sur 2013-2017, mais beaucoup reste à faire pour moderniser les infrastructures physiques et institutionnelles du pays.
DÉCEMBRE 2012
Editorial
Le ralentissement de la croissance dans les pays émergents s’est bien prolongé jusqu’au troisième trimestre. Mais il s’est révélé moins fort que ce qu’on pouvait craindre.
Brésil
Les évolutions contrastées entre consommation d’une part, investissement et exportations d’autre part, se sont traduites par une stagnation de la production industrielle. Le gouvernement a engagé en 2012 un plan de relance de l’investissement et du crédit, qui a tardé à montrer ses fruits. Le real, après une période de stabilité entre mai et octobre a recommencé à se déprécier, attisant les pressions inflationnistes. Entre ciblage de l’inflation et besoin de croissance, le policy mix adopté devrait permettre une réaccélération de l’activité en 2013.
Russie
La Russie est rattrapée par le ralentissement mondial. La croissance passe sous la barre des 3% au T3-2012 et la production industrielle ralentit. La consommation se porte bien pour l’instant et l’investissement offre plutôt de bonnes surprises. Cependant, au vu du climat mondial morose, ces bonnes surprises ne devraient pas durer. Sauf une reprise plus dynamique que prévu dans le reste du monde, nous tablons sur un ralentissement de la croissance en 2013, avec une possible amélioration durant la deuxième moitié de l’année.
Inde
La situation macroéconomique et politique s’est encore dégradée. La croissance économique reste molle, l’inflation ne décélère pas, le déficit budgétaire a été officiellement révisé en hausse. Le gouvernement a perdu le soutien d’un membre clé au Parlement suite à l’annonce de ses réformes en septembre dernier. Après une courte période de regain de confiance mi-septembre, la roupie a renoué avec ses plus bas niveaux. Les conclusions de la session parlementaire fin décembre sont très attendues, notamment sur la libéralisation des IDE. Néanmoins, même si elles devaient être adoptées, ces mesures sont très insuffisantes pour assurer une croissance durable et équilibrée.
Chine
Pénalisée par la dégradation de la performance des exportations et de l’investissement, la croissance chinoise a ralenti pendant près de deux ans pour atteindre 7,4% au T3 2012. Les effets des mesures de relance lancées depuis la fin 2011 se sont fait attendre, mais les signes de la reprise sont évidents depuis septembre. La croissance devrait donc réaccélérer à partir du T4, bénéficiant ainsi à la nouvelle équipe qui arrivera formellement au pouvoir en mars 2013. Dans un environnement international toujours incertain, celle-ci devrait néanmoins maintenir des politiques soutenant la croissance à court terme.
Pologne
La Pologne fait face à un ralentissement conjoncturel marqué, imputable pour une grande partie à l’atonie de la demande interne. La banque centrale a entamé en novembre un cycle d’assouplissement monétaire qui devrait se poursuivre, cependant que la politique budgétaire est contrainte par des dispositions de droit interne qui encadrent la dynamique de la dette publique. Dans ce contexte, la reprise pourrait ne pas se manifester avant 2014.
Ukraine
Les indicateurs d’activité sont passés dans le rouge au T3. Pour faire face aux pressions sur la devise, les autorités se sont résolues à obliger les exportateurs à convertir 50% de leurs recettes d’exportation en monnaie locale. La mesure devrait rester en vigueur pendant six mois, en attendant que la conjoncture s’améliore ou que le pays arrive à trouver un nouvel accord avec le FMI. Malgré ces mauvaises nouvelles sur le plan conjoncturel, l’Etat a réussi une émission euro-obligataire à 10 ans lui permettant de refinancer les prochaines tombées de dette au FMI – juste à temps, avant de subir une dégradation de sa note par deux des trois agences de notation.
Corée du Sud
Après avoir ralenti tout au long de l’année 2012, la croissance du PIB devrait accélérer légèrement en 2013. En moyenne, après avoir atteint 2% en 2012, elle devrait s’approcher de près de 3% en 2013, notamment grâce à la compétitivité du secteur exportateur. En cas de ralentissement marqué de la demande mondiale, les autorités disposent de marges de manœuvre pour soutenir l’économie, aussi bien sur le plan monétaire que budgétaire. La vulnérabilité financière extérieure de la Corée reste élevée, même si elle a diminué de manière significative depuis la crise de 2008.
Indonésie
L’économie indonésienne continue d’enregistrer une des croissances les dynamiques en Asie. La robustesse de sa demande intérieure associée à la baisse de ses exportations (tant en volume qu’en valeur compte tenu de la forte baisse du prix des matières premières) est néanmoins à l’origine du déficit de sa balance courante pour le quatrième trimestre consécutif. Même si son financement ne constitue pas un risque à court terme, le pays reste toutefois vulnérable à une hausse de l’aversion au risque des investisseurs internationaux et la roupie reste sous pression.
Colombie
Sous l’effet conjugué de la morosité persistante du contexte mondial, d’une croissance supérieure au potentiel en 2011 et de plusieurs facteurs domestiques, l’activité économique a légèrement marqué le pas en Colombie en 2012. L’inflation est conforme à la cible de la banque centrale et les finances publiques se portent relativement bien. Certes, le déficit de la balance courante a quelque peu augmenté mais il reste couvert par l’afflux massif d’investissements directs étrangers. Nous prévoyons un léger rebond de la croissance en 2013 sans déséquilibres macro-économiques majeurs. Toutefois, en cas de scénario défavorable au niveau international, l’économie colombienne sera immanquablement affectée.
Algérie
Dans un environnement mondial incertain, l’Algérie continue de suivre sa propre voie. D’un point de vue politique, le pays a été peu affecté par le Printemps arabe, et la victoire de la coalition au pouvoir lors des législatives de mai ne laisse pas entrevoir de changement majeur d’orientation politique. Sur le plan économique, le secteur non pétrolier est toujours aussi dynamique, soutenu par d’importantes dépenses publiques. A court terme, les perspectives, portées par de solides fondamentaux macro-économiques et un prix du baril toujours aussi élevé, sont prometteuses. Pour autant, le pays reste confronté à des défis structurels d’envergure.
Egypte
La nécessaire accélération de la transition politique a entraîné une dérive autocratique des frères musulmans au pouvoir. Cela a provoqué d’importantes protestations et a affecté la légitimité du pouvoir. Les autorités semblent progressivement perdre le contrôle de la situation et multiplient les revers politiques (annulation de la prise de contrôle de la justice et des mesures d’austérité). Les perspectives économiques sont mauvaises. La liquidité en devise est stabilisée, mais les finances publiques continuent de se détériorer. Le report de l’accord avec le FMI devrait confirmer cette tendance.
Nigeria
Le Nigéria, deuxième économie africaine, continuera de connaître une expansion rapide en 2013. Si les exportations pétrolières constituent toujours l’essentiel des recettes en devises de l’Etat, le PIB non pétrolier n’en constitue pas moins le principal moteur de croissance. Depuis le début des années 2000 et l’expansion du secteur des services, le Nigéria s’est engagé sur la voie de la diversification économique. Le pays devrait continuer à enregistrer une croissance soutenue dans les années à venir grâce aux investissements publics et à une classe moyenne importante et en progression. Pour autant, le Nigéria devra franchir des obstacles économiques et institutionnels pour que sa population connaisse une réelle amélioration de son niveau de vie.
JUILLET 2012
Editorial
L’horizon des économies émergentes s’est obscurci au cours des trois derniers mois et certains clignotants du risque pays se sont allumés.
Brésil
Au Brésil aussi, l’année a commencé sur une note plus faible qu’attendu. La croissance a surpris à la baisse au T1, et les indicateurs disponibles pour le T2 ne sont pas très encourageants. L’environnement mondial étant de surcroît moins favorable qu’il y a quelques mois, nous avons révisé en baisse nos prévisions de croissance. Le chiffrage retenu (1,8 % en 2012 et 3,9 % en 2013) fait cependant l’hypothèse d’un retour à la croissance potentielle dès la mi-2012, en liaison notamment avec le stimulus budgétaire et surtout monétaire mis en place par les autorités. Celles-ci semblent, en effet, engagées dans un cycle de baisse des taux sans précédent et manifestent une nette préférence pour un BRL plus faible.
Russie
Les indicateurs de croissance donnent des signaux mitigés, alors que l’inflation se maintient à ses plus bas historiques. Après avoir modéré les dépenses publiques, le gouvernement russe se dit prêt à remettre en place de nouvelles mesures de soutien budgétaire à l’économie, à l’image de celles mises en place en 2009-2010. En effet, la récession serait particulièrement mal venue dans un environnement politique qui est en train de changer. La politique monétaire devrait cette fois-ci être différente, comme l’ont montré les mois de mai et juin. Le rouble est autorisé à fluctuer davantage (dans les limites du « corridor technique »), en restant, toutefois, fondamentalement lié aux cours du pétrole.
Inde
Après S&P, c’est au tour de Fitch de placer la note du souverain indien en perspective négative. A l’origine de ce mouvement, la forte révision à la baisse des perspectives de croissance qui s’accompagnent de facto d’une révision des prévisions budgétaires. La croissance économique indienne ne parvient pas à repartir à la hausse alors que les pressions inflationnistes restent fortes. Dans un tel environnement, les marges de manœuvre des autorités monétaires sont extrêmement faibles, et la perspective d’une nouvelle baisse des taux s’éloigne de plus en plus. L’Inde pourrait entrer dans une nouvelle phase de croissance durablement plus faible.
Chine
La croissance a atteint 8,1% au T1 2012, le taux le plus bas depuis début 2009. Elle devrait ralentir encore au T2 au vu des récents indicateurs d’activité. Nous tablons ensuite sur un rebond de la croissance au second semestre, notamment grâce aux mesures de relance introduites par les autorités. Alors que le gouvernement a récemment accéléré la réalisation des projets d’investissement public et annoncé de nouvelles subventions à la consommation, le ralentissement de l’inflation a permis à la banque centrale d’élargir son champ d’actions pour améliorer les conditions de financement de l’économie. En cette année de transition politique, la croissance chinoise devrait s’établir à 8,1%, contre 9,2% en 2011.
Thaïlande
La Thaïlande se remet d’une année très éprouvante, marquée par les catastrophes naturelles et la dégradation de la conjoncture mondiale. En moyenne, la croissance du PIB devrait retrouver une certaine vigueur en 2012 et 2013, à la faveur d’une demande intérieure soutenue et de politiques monétaire et budgétaire accommodantes. Les risques baissiers liés à la dégradation de la conjoncture mondiale, en Europe notamment, restent élevés. A moyen terme, l’instabilité politique demeure le risque principal.
Vietnam
Les risques d’instabilité macrofinancière semblent plus faibles aujourd’hui qu’ils ne l’étaient il y a dix-huit mois. Le durcissement des politiques monétaire et budgétaire engagé en février 2011 a permis d’enrayer la surchauffe que connaissait alors l’économie, en entraînant un ralentissement de la croissance du crédit, une baisse de l’inflation et une réduction des déficits budgétaire et courant. Le dong s’est stabilisé, et les réserves de changes ont pu augmenter. Cependant, l’important ralentissement de la croissance a finalement conduit le gouvernement à assouplir sa politique économique depuis mars. A l’avenir, les dirigeants politiques devront faire preuve d’une grande prudence pour ne pas perdre la crédibilité qu’ils avaient commencé à restaurer l’an dernier.
Maroc
Les perspectives économiques se sont nettement assombries en raison d’une accumulation de chocs. Des mauvaises conditions climatiques ont plombé la campagne agricole de cette année alors que les difficultés économiques de la zone euro, de loin le principal partenaire du royaume, pèsent sur les exportations et l’activité touristique. Si le choc sera en partie amorti par une politique économique expansionniste, néanmoins l’accumulation de déficits jumeaux élevés commence à soulever quelques inquiétudes, surtout dans un contexte de pression sociale durable.
Afrique du Sud
La croissance sud-africaine a continué de ralentir début 2012 malgré le rebond de la production manufacturière et le dynamisme des services. En dépit de l’augmentation du prix de l’électricité attendue cet été, les tensions inflationnistes resteront modérées au second semestre. Le programme de modernisation des infrastructures et le probable statu quo monétaire devraient soutenir l’investissement et compenser le ralentissement des ventes au détail et des exportations. Pour maintenir son objectif de consolidation budgétaire, le gouvernement devra probablement accroître la pression fiscale.
Emirats Arabes Unis
L’activité économique reprend progressivement dans les EAU grâce à la hausse de la production pétrolière et à l’activité soutenue des secteurs à la base de l’économie dubaïote. Cependant, les difficultés du secteur immobilier et la faible activité du secteur bancaire contraignent les perspectives de croissance à court terme. La dette des entités semi publiques continue de peser sur les perspectives économiques étant donnés des montants de remboursement importants dans les années à venir. Des restructurations de dette et le soutien des gouvernements seront nécessaire. En arrière plan, la hausse des tensions géopolitiques liées au dossier nucléaire iranien pourrait être très préjudiciable sur l’économie des EAU.
Argentine
Les restrictions à l’importation et les mesures de contrôles des capitaux ont allégé la contrainte extérieure, pour le moment tout au moins. Les réserves de change se sont stabilisées et le crawling peg de facto a été globalement préservé. Mais les autorités ont simplement gagné du temps, ces mesures ne permettant pas de corriger les déséquilibres fondamentaux qui sont à l'origine de la détérioration des comptes externes. Cette stratégie n’est du reste pas sans coût : le taux de change parallèle s'est fortement déprécié et les dépôts bancaires en dollars US s'inscrivent de nouveau en baisse. Globalement, les contrôles et les incertitudes réglementaires tendent à aggraver une situation déjà difficile tant sur le front de la croissance que de l’inflation
Ukraine
Les indicateurs économiques semblent stagner : la croissance et l'inflation sont désormais quasiment nulles. Les « déficits jumeaux »demeurent problématiques : la hausse des prestations sociales menace les objectifs de déficit, tandis que le renchérissement des importations de gaz ne fait qu'accentuer les déséquilibres externes. La volatilité de la hryvnia a augmenté récemment. Le scénario d'une correction du taux de change, suivie par l'adoption d'une nouvelle politique de change, apparaît de plus en plus crédible.
Chypre
Dans un contexte macroéconomique dégradé (Chypre pourrait connaître cette année une récession de l’ordre de 2%), les banques ont connu, du fait de la restructuration de la dette grecque, 3 milliards d’euros de pertes. Les exigences européennes en termes de régulation les contraignaient à se recapitaliser avant la fin du mois de juin, suscitant un besoin de près de 2 milliards d’euros. Les finances publiques vont devoir supporter cet ajustement, moyennant une aide de l’Union européenne et du FMI, au moment même où le pays prend pour six mois la présidence de l’UE.