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La relation entre incertitude, les marchés et l'économie 08/03/2017

Traditionnellement, un niveau élevé d'incertitude de la politique économique est accompagné d'une aversion au risque élevée des investisseurs. La bonne tenue récente de l'économie mondiale semble toutefois avoir cassé ce lien.

TRANSCRIPT // La relation entre incertitude, les marchés et l'économie : mars 2017

François Doux : Les prévisions économiques comme les sondages politiques doivent intégrer une certaine incertitude, une certaine volatilité qui influence des facteurs comme les taux d’intérêt, les décisions d’investissement, les décisions d’épargne… William de Vijlder bonjour…

William de Vijlder : Bonjour

François Doux : Est-ce que cette incertitude économique se mesure ?

William de Vijlder : En tout cas, des méthodes ont été développées et l’une d’elles, qui est très souvent utilisée, consiste à compter dans les médias le nombre de références aux mots « politique », « économique » et  « incertitude »… Ici, à l’écran, la ligne rouge montre la dynamique de cette série depuis 1997. Vous remarquerez bien évidemment les oscillations, mais surtout les pics en 2016 liés au Brexit et à la victoire de monsieur Trump.

François Doux : Vous avez mis une courbe bleue. C’est l’écart entre le rendement des obligations d’entreprises notées BBB et le rendement des emprunts d’Etat à 10 ans que l’on appelle le « spread ». Pourquoi ?

William de Vijlder : La logique est que quand l’incertitude monte, l’appétit pour le risque va baisser et l’aversion pour le risque va augmenter. Donc normalement, l’écart de taux devrait augmenter. On l’a vu dans le passé à de multiples reprises.

François Doux : Oui, mais à partir de 2015, la corrélation semble cassée

William de Vijlder : Effectivement, elle semble cassée. On doit donc essayer de comprendre. Pour cela, nous avons un deuxième graphique qui montre à nouveau le même indicateur d’incertitude, mais aussi l’indice des directeurs d’achat au niveau mondial, ici en jaune et en échelle inversée. Pourquoi en échelle inversée ? Parce que quand l’incertitude augmente, l’économie mondiale devrait en quelque sorte plonger. On l’a vu par exemple en 2008. Il est important de constater que, dans un passé récent, certes l’incertitude a augmenté, mais l’économie s’est comportée nettement mieux. 

François Doux : Alors, que s’est-il passé ?

William de Vijlder : Il y a eu une conjonction d’éléments qui soutiennent vraiment la dynamique de l’économie mondiale : les taux d’intérêt, la Chine qui a relancé son économie, la relance budgétaire américaine. Donc au final, qu’est-ce qu’on a ? Eh bien, on arrive à expliquer pourquoi cet écart de taux a plutôt baissé face à cette montée de l’incertitude : simplement parce que le marché comprend que l’économie va bien.

François Doux : Il y a donc de l’incertitude dans l’incertitude.

William de Vijlder : C’est tout à fait ça.

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