eco TV
Etats-Unis : interactions pétrolières 08/06/2017

Cycle des affaires et pétrole aux Etats-Unis: une histoire ancienne, loin d'être terminée...

TRANSCRIPT // Etats-Unis : interactions pétrolières : juin 2017

François Doux : Dans le Graphique du mois, nous parlons des Etats-Unis qui sont devenus, au cours des dernières années, le premier producteur mondial d’hydrocarbures grâce au pétrole et au gaz de schiste. Jean-Luc Proutat bonjour.

Jean-Luc Proutat : Bonjour François.

François Doux : La question est simple : est-ce que l’économie américaine est sensible aux variations des cours du brut désormais ?

Jean-Luc Proutat : De plus en plus, et c’est ce qu’illustre ce graphique. On voit deux courbes. La courbe rouge montre le prix du pétrole et la courbe jaune montre les spreads de crédit, c’est-à-dire le coût de financement des entreprises américaines, celles qui sont notées « investment grade », on va dire en milieu d’échelle. Ce que montre bien ce graphique, c’est que lorsque les prix du pétrole remontent, les coûts de financement des entreprises américaines ont tendance à baisser. Il y a donc une sensibilité.

François Doux : Comment explique-t-on cela ?

Jean-Luc Proutat : Par le fait, comme vous l’avez dit, que l’industrie du pétrole et du gaz de schiste est devenue très importante aux Etats-Unis et que les entreprises, qui sont à la source de cette nouvelle énergie, sont très endettées. Lorsque les prix du pétrole remontent, cela améliore leur solvabilité. On observe que la production d’énergie américaine redevient rentable au-delà d’un seuil qu’on estime maintenant à  50 dollars par baril de pétrole brut.

François Doux : Donc cette hausse des cours du pétrole est positive pour l’économie américaine ?

Jean-Luc Proutat : Oui et non. Oui parce que lorsque les prix du pétrole remontent, effectivement les entreprises ont plus de facilité à se financer, cela relance l’investissement. Oui également, parce que le pétrole et le gaz de schiste ont tendance à remplacer le charbon aux Etats-Unis, qui est très émetteur de gaz à effet de serre.

François Doux : Et les « non » ?

Jean-Luc Proutat : Non parce que les Etats-Unis dépendent tout de même de plus en plus d’une source d’énergie qui n’est pas renouvelable, qui est assise sur le carbone. Et non également parce que cela rend la conjoncture américaine très sensible à des fluctuations que l’on maîtrise mal, celles des cours du pétrole, et qui peuvent être de très grande ampleur.

François Doux : Merci Jean-Luc Proutat pour ce Graphique du mois.

Voir plus de vidéos Eco TV

Sur le même thème

Euro fort ? Dollar faible… 10/10/2017
L’euro s’est envolé contre dollar alors même que les divergences de politique entre Fed et BCE auraient dû soutenir un mouvement inverse. Certes la croissance européenne est positive, mais d’autres éléments sont à considérer…
Le casse-tête américain : croissance en hausse et inflation en baisse 06/10/2017
Les enquêtes publiées cette semaine indiquent un raffermissement de la croissance aux Etats-Unis en septembre. Le repli de l’inflation sous-jacente n’est pas enrayé pour autant. Pour le marché obligataire et le marché des changes, le FOMC va se focaliser sur les indicateurs de croissance.
S'il n'y en avait qu'un... 06/10/2017
Le rapport emploi de septembre aura probablement été affecté par les dommages infligés par les ouragans, complexifiant un peu plus son analyse.
Incertitude sur l'inflation : cauchemar ou aubaine ? 29/09/2017
L’incertitude au niveau des perspectives d’inflation est anormalement élevée. Ce qui constitue un cauchemar pour les banques centrales est, pour l’instant, une aubaine pour les marchés.
Les Treasuries ignorent les "dots" pour 2018 29/09/2017
La projection médiane du taux cible des fonds fédéraux à fin 2018 est restée remarquablement stable. Les rendements des obligations d’Etat américaines à 10 ans (taux spot et taux forward dans un an) y sont à peine supérieurs. Selon l’explication retenue, les conséquences sont très divergentes pour les marchés et l’économie.
Une chose après l’autre 22/09/2017
La Fed a choisi de ne pas surprendre du tout, une volonté qui va certainement s’inscrire dans la durée.
Un dollar tiré par les "dots" 22/09/2017
L’EUR/USD réagit aux nouvelles de manière très sélective. La pertinence d’une information dépend des indications qu’elle donne sur l’évolution de la politique monétaire. Les nouvelles projections du taux cible (« dots ») des membres du FOMC renforcent les spéculations de relèvement du taux en décembre.
Saison des ouragans 22/09/2017
A la fin du mois d’août, Harvey dévastait le Texas, puis la Floride fut balayée par Irma. Aujourd’hui, la trajectoire de Maria, au-delà de Puerto Rico, demeure incertaine. Comme l’a souligné la Fed cette semaine, « les destructions suivies de reconstructions après le passage des tempêtes affectent généralement l’activité économique à court terme mais […] il est très improbable de les voir changer la trajectoire de moyen terme de l’économie nationale ». En résumé, la Fed décidera certainement de ne pas tenir compte des données publiées pour la fin de l’été, que ce soit la chute de la production industrielle ou le rebond des prix.
Invitation à un vernissage : la réduction du bilan de la Fed 15/09/2017
La semaine prochaine, la Fed annoncera probablement un début de réduction de la taille de son bilan. L’opération est délicate mais les marchés restent sereins. La forward guidance et les décisions de la Fed sur les taux gagnent en importance.
États-Unis : Mais où est passée l’inflation? 08/09/2017
L’ensemble des différentes mesures de l’inflation porte le même message : l’inflation décélère. Ni les prix du pétrole ni la valeur du dollar ne peuvent être accusés…

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 1624 articles et 418 vidéos