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Maroc : flexibilisation du régime de change en vue 08/06/2017

Le Maroc s'apprête à flexibiliser son régime de change. Le processus sera graduel et contrôlé par la banque centrale, et l'économie est en bonne position pour faire face à une telle évolution.

TRANSCRIPT // Maroc : flexibilisation du régime de change en vue : juin 2017

François Doux : Trois questions à présent sur le Maroc qui est en train d’assouplir son régime de change. Stéphane Alby, bonjour.

Stéphane Alby : Bonjour.

François Doux : Cela veut-il dire que le dirham va pouvoir flotter un peu plus par rapport aux autres monnaies. Première question : où en est-on dans le processus ?

Stéphane Alby : Le lancement de la réforme est imminent. Probablement début juillet ou, dans le pire des cas, durant la 2ème partie de l’année 2017. L’idée est la suivante : aujourd’hui le dirham est adossé à un panier de monnaies composé à 60% d’euro et 40% de dollar américain. Et la Banque centrale marocaine souhaite établir des bandes de fluctuation autour de ce cours pivot. On ne connait pas encore l’amplitude des bandes, mais cela ne devrait pas excéder 5% avant d’être élargi par la suite en fonction de l’évolution des conditions économiques ou monétaires.

François Doux : Oui mais Stéphane, on a connu des chocs de change assez violents dans les pays émergents, est-ce que l’économie marocaine est prête ?

Stéphane Alby : C’est une réforme qui soulève des inquiétudes. Mais, à mon avis, le risque de change est assez limité pour deux raisons : la 1ère, c’est que le processus, et c’est important de le dire, est sous contrôle et sera graduel ; la 2ème, c’est que l’économie, les prérequis à cette réforme sont en place. Les fondamentaux macroéconomiques sont solides, en particulier sur le plan extérieur. Et aujourd’hui, que ce soit en termes de liquidité ou de déséquilibre extérieur, l’économie marocaine est bien placée pour faire face à un régime de change plus souple.

François Doux : On lira tous les chiffres sur l’économie marocaine dans vos publications. Troisième et dernière question : quels sont les gains attendus d’une telle réforme ?

Stéphane Alby : Ils sont multiples. Déjà sur le plan institutionnel, c’est un outil de transparence et de modernisation, puisque la Banque centrale, à terme, n’aura plus que le mandat de lutter contre l’inflation. Ensuite, avoir un régime de change plus souple permet d’amortir les chocs extérieurs quand ils surviennent. Et 3ème point, le plus global, il s’agit d’accompagner l’ouverture commerciale financière du Maroc, puisqu’il y a une volonté très claire de positionner le Maroc comme un hub industriel et financier.

François Doux : Affaire à suivre tout au long de l’été. Merci Stéphane Alby

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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