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Afflux de liquidités vers les pays émergents : aubaine ou menace ? 13/11/2017

Hors Chine, les réserves de change des banques centrales se sont renforcées aussi bien pour les pays importateurs de matières premières que pour les pays exportateurs au cours des deux dernières années. Toutefois, cette augmentation de la liquidité ne signifie pas forcément une moindre vulnérabilité.

TRANSCRIPT // Afflux de liquidités vers les pays émergents : aubaine ou menace ? : novembre 2017

François Doux : La croissance dans les pays émergents accélère : 4,6% sont désormais attendus en moyenne sur 2017, même 4,8% sur 2018. François Faure bonjour.

François Faure : Bonjour.

François Doux : Au-delà de cette phase d’accélération, attention tout de même à la dépendance au dollar. C’est pour cela que le Graphique du mois que vous avez choisi concerne la liquidité extérieure de ces pays émergents. Quelle est-elle ?

François Faure : Et bien elle est plutôt bonne hors Chine, qui est un cas très spécial. On a une augmentation à la fois très forte pour les pays importateurs de pétrole, mais également un redressement assez net pour les pays exportateurs de pétrole, même si le point haut de 2013 n’a pas encore été atteint.

François Doux : Une notion permet de nuancer ce niveau de liquidité extérieur. Cela concerne les investissements en portefeuille pris en compte et qui sont très volatils. Comment nuancer ces courbes ?

François Faure : Ce qu’on peut faire c’est comparer l’évolution des réserves de change par rapport à celles des investissements de portefeuille. On remarque sur ce graphique que, d’une manière générale, les réserves de change ont augmenté moins vite que les investissements de portefeuille. C’est surtout vrai de ce groupe de pays avec en tête la Turquie et l’Afrique du Sud, mais aussi des pays tels que le Mexique, le Chili, la Colombie et la Malaisie qu’il faut surveiller.

François Doux : François Faure, est-ce que ces investissements en portefeuille sont une variable suffisante pour analyser la vulnérabilité de ces pays émergents ?

 

François Faure : Non, ce serait trop simple. Ce qu’il faut au moins regarder également, c’est ce que l’on appelle la solvabilité extérieure, c’est-à-dire le haut de la balance des paiements. On remarque que lorsqu’on compare les pays entre eux au titre de cette balance de base, à savoir la balance des transactions courantes et les investissements directs en net, on retrouve trois des pays mentionnés tout à l’heure : la Turquie, l’Afrique du Sud et la Colombie. A ceci près que pour l’Afrique du Sud et la Colombie on a plutôt une amélioration de la situation, c’est-à-dire un moindre déficit de la balance de base entre 2015 et 2017.

François Doux : François Faure, merci pour ce point de vue global de la situation des pays émergents.

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