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France : l’emploi va-t-il poursuivre sur sa lancée ? 13/11/2017

La dynamique de l’emploi en France a été la bonne surprise de ces deux dernières années. Mais, à l’horizon des prochains trimestres, le chemin n’apparaît pas tout tracé : il n’est pas certain que cette dynamique perdure.

TRANSCRIPT // France : l’emploi va-t-il poursuivre sur sa lancée ? : novembre 2017

François Doux : On parle à présent de l’emploi en France. Hélène Baudchon bonjour.

Hélène Baudchon : Bonjour

François Doux : Hélène, la dynamique est plutôt bonne depuis 2 ans, mais pourquoi se pose-t-on aujourd’hui la question de la pérennité de cette embellie ?

Hélène Baudchon : Il faut tout d’abord avoir à l’esprit que depuis 2015, même si c’est un petit peu moins vrai depuis fin 2016, que la dynamique favorable de l’emploi en France a de quoi étonner, au regard du manque de dynamisme de la croissance sur la période. L’explication de cette performance est à chercher du côté des mesures qui sont venues enrichir le contenu en emplois de cette croissance. Les contrats aidés de toutes sortes en font partie, de même que les diverses mesures d’allègement du coût du travail : crédit d’impôt compétitivité-emploi, baisse de charges patronales du pacte de responsabilité et prime à l’embauche dans les PME.

François Doux : Sauf que certaines mesures ont pris fin. C’est notamment le cas de la prime à l’embauche ou d’autres mesures qui voient leur enveloppe fortement réduite.

Hélène Baudchon : C’est pourquoi il faut s’attendre à un ralentissement des créations nettes d’emplois d’ici la fin de l’année. Dans le secteur marchand, il devrait rester mesuré parce que la fin de la prime à l’embauche depuis le 30 juin devrait être amortie par les effets positifs des autres mesures d’allègement du coût du travail et par l’effet positif de la croissance en général. Ce ralentissement n’est d’ailleurs, pour le moment, guère visible dans les différentes enquêtes disponibles nous informant sur la tendance prévue des effectifs. En revanche, la réduction importante annoncée du nombre de contrats aidés devrait entraîner un recul marqué de l’emploi dans le secteur non marchand. Et donc, l’emploi total (marchand et non marchand) devrait voir sa progression fortement freinée.

François Doux : Ce ralentissement ne risque-t-il pas de se prolonger au-delà de la fin de cette année et n’y a-t-il pas des raisons de le voir se prolonger en 2018 ?

Hélène Baudchon : C’est possible, en effet, mais ce n’est pas certain. Et si ralentissement il y a, il devrait rester limité d’après nous. En 2018, c’est vrai que l’emploi va perdre un certain nombre de soutiens : ceux déjà évoqués et aussi un CICE un peu moins favorable (son taux repasse de 7 à 6%). Mais l’emploi devrait, en même temps, conserver le soutien de la croissance et gagner celui, indirect, des nouvelles mesures fiscales en faveur de l’investissement et de l’attractivité. Pourraient aussi se greffer les premiers effets des réformes du Code du travail, de l’apprentissage, de la formation professionnelle et de l’assurance-chômage, au travers de leur capacité à influer positivement sur le climat des affaires. La bonne tenue de celui-ci est facteur de croissance et donc d’emploi.

François Doux : Hélène Baudchon, merci beaucoup.

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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