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L’aplatissement de la courbe des rendements américains n’a rien d’inquiétant, pour l’instant 11/04/2018

L'aplatissement de la courbe des taux américains retient de plus en plus l'attention des analystes parce qu'historiquement, les inversions des courbes de rendement ont été suivies de récessions. La situation actuelle est différente: la croissance est forte, le taux des Fed Funds corrigé de l'inflation reste très bas et le faible écart entre les obligations d'entreprises high yield et les bons du Trésor américain implique de bonnes conditions de financement.

TRANSCRIPT // L’aplatissement de la courbe des rendements américains n’a rien d’inquiétant, pour l’instant : avril 2018

Dans le Graphique du mois, nous allons parler de la pente des taux aux Etats-Unis et du cycle économique.

- William De Vijlder, bonjour.

- Bonjour.

- Votre scénario concernant la politique monétaire américaine est le suivant : encore trois hausses de taux en 2018, une autre en 2019. Quel est l’impact de cette politique monétaire sur la pente des taux aux Etats-Unis ?

- La tendance récente d’aplatissement de la pente devrait continuer. C’est donc la différence entre le rendement à 10 ans et celui à 2 ans.

Le rendement à 2 ans est très influencé par la perspective de resserrement monétaire. Et celui à 10 ans commence à subodorer la perspective d’un certain ralentissement de la croissance.

- C’est votre courbe bleue ? L’écart des taux entre 2 ans et 10 ans. Quand elle tend vers zéro, cela veut dire que la courbe s’aplatit. Quel problème un aplatissement de la courbe pose-t-il ?

- Dans le passé, on a vu qu’à l’approche des récessions il y avait d’abord un aplatissement de la courbe, puis une inversion. C’est donc l’inversion qui crée un certain mouvement de panique. En outre, il faut aussi regarder les autres lignes, c’est très important pour l’analyse que l’on en fera dans les mois à venir. La ligne verte montre la différence entre le taux des Fed Funds, donc le taux officiel américain, et l’inflation sous-jacente. C’est donc un taux réel. Vous constaterez qu’à l’approche des récessions, par le passé ce taux réel atteignait un niveau très élevé. Vous constaterez également qu’aujourd’hui le niveau est extrêmement bas. Et la troisième ligne, non sans importance, est la ligne rouge qui montre le différentiel entre le taux « High Yield » et le rendement américain à 10 ans. Là encore, à l’approche des récessions il y avait un écartement des spreads très significatif.

- En conclusion, William, malgré cet aplatissement de la courbe aux Etats-Unis, la situation n’est pas encore trop alarmiste.

- Pas du tout. Bien au contraire. La perspective de croissance reste particulièrement bonne. Bien évidemment la baisse d’impôts joue dans une certaine mesure mais également cette croissance mondiale qui est au rendez-vous. Donc du côté de la sphère réelle, tout va bien. En revanche, il faudra bien suivre ces trois lignes, les avoir sur son écran radar. Donc, bien évidemment, le taux réel des Fed Funds est très important, tout comme la pente de la courbe et les spreads « High Yields ».

- Merci William De Vijlder.

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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