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La volatilité récente des marchés : décryptage et enseignements 14/05/2018

Comment expliquer la volatilité des marchés actions aux États-Unis au mois de février 2018 ? C'est l'un des sujets traités par l'enquête trimestrielle de la Fed de New York réalisée auprès des grands gérants d'actifs.

TRANSCRIPT // La volatilité récente des marchés : décryptage et enseignements : mai 2018

François Doux : Comment expliquer la volatilité des marchés actions aux États-Unis au mois de février 2018. C'est l'un des sujets traités par l'enquête trimestrielle de la Fed de New York réalisée auprès des grands gérants d'actifs.

William De Vijlder bonjour.

William De Vijlder : Bonjour.

François Doux : De cette série statistique, vous avez tiré le Graphique du mois de mai 2018 d'ECO TV. Quel est ce graphique, présentez-le nous ?

William De Vijlder : En abscisse, nous avons les facteurs explicatifs possibles. En ordonnée, j'ai repris les scores 1 et 2, c'est-à-dire les facteurs qui jouent peu ou pas, que je montre avec un signe négatif, et les scores 4 et 5 qui sont des facteurs qui jouent un rôle très important.

François Doux : Quels sont ces facteurs ? Entrons dans ce graphique.

William De Vijlder : Ce qui est frappant, c'est que les choix sont très tranchés. Lorsqu'il y a du rouge cela va très loin. On le voit ici par exemple, les perspectives de croissance n'ont pas du tout joué. Un autre élément qui frappe, c'est que la politique et la communication de la Réserve fédérale n'ont pas joué non plus. Cela signifie que la Réserve fédérale fait un bon travail, qu’elle ne pousse pas à une hausse de la volatilité des marchés comme on le voit ici.

François Doux : « Ouf » si j'ose dire…

William De Vijlder : Oui, on est soulagé.

François Doux : Donc quels facteurs accentuent la volatilité sur ces gérants d'actifs ?

William De Vijlder : Il y a effectivement une série de facteurs. Tout d'abord ce qui a joué, à gauche, ce sont bien évidemment les surprises liées à l'inflation. Il y a également eu la remontée des taux longs que l'on voit ici. On comprend que quand il y a une surprise d'inflation les taux montent. Mais ce qui pose problème, bien évidemment, c'est la valorisation de Wall Street. Du coup la bourse devient très sensible à des remontées de taux longs, on le voit ici. C'est donc un facteur très important. Et puis il y a celui-là, très important également : les gérants d'actifs disent que des stratégies de volatilité ont joué un rôle extrêmement important comme accélérateur de la volatilité.

François Doux : Quels enseignements tirer de cette enquête ?

William De Vijlder : Les enseignements sont qu'il faut à garder deux points à l'esprit : la valorisation de la bourse américaine élevée et la panoplie de stratégies de volatilité, mais également le positionnement des investisseurs dans des actifs risqués. Cela donne un niveau de sensibilité élevé par rapport à des chocs possibles.

François Doux : Il y a quand même une conclusion plutôt favorable à tout ça ?

William De Vijlder : Oui,  ce qui en quelque sorte nous remonte le moral, c'est que la Réserve fédérale fait du bon boulot. Mais en même temps il faut être réaliste : elle ne peut qu'observer les mouvements de volatilité, elle ne peut rien faire en amont, elle ne peut pas la contrôler...

Tout au mieux, elle peut agir au travers de sa communication, de sa politique, de ses décisions, intervenir après un choc pour calmer le jeu.

François Doux : Ex post et pas ex ante ?

William De Vijlder : Tout à fait.

François Doux : Merci William De Vijlder.

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