Perspectives - mars 2013

image plus Editorial

La zone euro entre dans une nouvelle phase de turbulences, avant même d’avoir pu renouer avec la croissance. Pourtant, le mieux précédemment évoqué dans ces colonnes s’est confirmé : les conditions d’emprunt des Etats se sont améliorées, certains comme l’Irlande opérant avec succès leur retour sur les marchés. Les ratings attachés aux dettes souveraines se sont stabilisés. Signe de recul des tensions financières au sein de la zone, les positions internes à l’Eurosystème, retracées dans les comptes « Target 2 », se sont (un peu) rapprochées. Des tendances encourageantes mais fragiles, que la gestion approximative du dossier chypriote ou l’incertitude politique en Italie pourraient compromettre

image plus Etats-Unis

Les fondamentaux de l’économie américaine s’améliorent. L’immobilier comme le marché du travail retrouvent un certain dynamisme. Avec des situations financières améliorées voire assainies, entreprises et ménages vont tirer la croissance. L’ajustement budgétaire, qui pèsera un peu moins en 2013, devrait aussi être plus facilement absorbé. Ces éléments positifs devraient conduire la Fed à ralentir le rythme mensuel d’achats de titres dans le cadre de QE3. Très satisfait de l’actuelle tendance, Ben Bernanke a aussi déclaré que les membres du FOMC voulaient s’assurer, avant toute décision, de la durabilité de l’amélioration conjoncturelle

image plus Japon

La stratégie du gouvernement Abe repose sur trois piliers : un plan de relance, une politique d’assouplissement monétaire plus énergique, et des réformes structurelles pour soutenir la compétitivité de l’économie japonaise. Cette stratégie a entraîné une forte dépréciation du yen et une hausse du cours des actions. La confiance des entreprises a atteint des niveaux historiquement élevés. Soutenu par ces politiques budgétaires et monétaires accommodantes, le PIB devrait connaître une croissance d’environ 1 % en 2013 et en 2014. Cette stratégie risquée pourrait réussir si le gouvernement parvient à augmenter le potentiel de production et à renforcer la demande du secteur privé

image plus Royaume-Uni

En fin d’année, l’activité a souffert de la fin des Jeux Olympiques et d’interruptions de production dans le secteur énergétique. Les perspectives de croissance pour le premier trimestre restent incertaines. La consommation des ménages devrait ralentir sous le poids du recul de leur pouvoir d’achat. Le Royaume-Uni continuera par ailleurs à pâtir de la faiblesse de l’économie de la zone euro. La légère amélioration des perspectives de croissance chez certains de ses partenaires commerciaux ainsi que l’assouplissement des conditions monétaires devraient permettre à la croissance d’accélérer légèrement au second semestre

image plus Zone euro

Impasse politique en Italie, crise à Chypre, l’actualité nous rappelle que la crise n’est pas terminée et que la vigilance reste de mise. La confiance demeure fragile et la zone euro reste confrontée à un déficit de croissance. Signe encourageant malgré tout, les conditions de financement des Etats dits « périphériques » n’ont pas subi de détérioration marquée, preuve que le dispositif de soutien annoncé l’été dernier par la BCE a durablement modifié la perception du risque aux yeux des marchés. Cette dernière pourrait, par ailleurs, baisser à nouveau son principal taux directeur, actuellement fixé à 0,75%

image plus Allemagne

2012 s’est terminée sur une note sombre, avec la plus forte contraction du PIB depuis 2009. Toutefois, l’horizon conjoncturel devrait s’éclaircir progressivement. En outre, 2013 est une année électorale, ce qui vient singulièrement compliquer la tâche du gouvernement Merkel. Les principaux thèmes de campagne du SPD reviennent sur les acquis de l’agenda 2010, dix ans après son introduction, tandis que le nouveau parti anti-européen « Alternative pour l’Allemagne » milite en faveur de la suppression de la monnaie unique

image plus France

Les progrès sur le front des réformes structurelles, l’amélioration relative de l’environnement international, les conditions monétaires et financières accommodantes, la faiblesse de l’inflation, tout cela devrait contribuer à ce que les ménages et les entreprises regagnent, peu à peu, en confiance. Ces facteurs de soutien compenseraient la détérioration de l’environnement intérieur, principalement due à la restriction budgétaire et à la montée du chômage. Nulle en 2012, la croissance le serait encore en 2013. En 2014, les vents favorables gagnant en force et les vents contraires perdant un peu de la leur, la croissance serait portée à 0,9%

image plus Italie

Avec un PIB en baisse de 0,9 % au quatrième trimestre 2012 et près de 800 000 suppressions d’emplois depuis le début de la récession de 2008, l’économie italienne n’est pas prête de retrouver le chemin de la croissance. Même si l’Italie affiche l’une des meilleures situations budgétaires structurelles de la zone euro, la croissance n’en reste pas moins pénalisée par la politique d’austérité. Devant la nécessité de mesures immédiates pour remédier aux problèmes de liquidité des entreprises et promouvoir leur compétitivité, la classe politique devra impérativement surmonter la fragmentation et l’instabilité issues des dernières élections

image plus Espagne

L’assouplissement de la politique d’austérité pourrait permettre une stabilisation de l’activité au deuxième semestre. Nous anticipons toutefois une contraction du PIB de 1,6% en 2013. La poursuite du désendettement des agents privés et le rééquilibrage de l’activité vers les secteurs exportateurs devrait conduire à un excédent du compte courant. L’amélioration durable des conditions de financement du Trésor éloigne la perspective d’une demande d’aide financière européenne, même si les risques qui continuent de peser sur la reprise et la consolidation budgétaire ne l’écartent pas complètement

image plus Brésil

La croissance, faible en 2012, devrait re-accélérer en 2013. L’activité devrait être soutenue par l’investissement public ainsi que par le rebond de la consommation du secteur privé grâce à des allègements fiscaux. Au-delà des perspectives du court terme favorables, les faiblesses du modèle brésilien ont créé plus d’inflation que de croissance. De plus, les mesures de relance devraient maintenir l’excédent budgétaire primaire en dessous de l’objectif. Dans ce contexte, la BCB devrait passer d’une politique de baisse des taux en 2012 à une politique de resserrement monétaire en 2013, en ligne avec l’accélération de l’inflation. Le real resterait stable à court terme

image plus Russie

Entre une conjoncture mondiale et européenne morose et sans soutien de la politique budgétaire, l’économie russe poursuit son ralentissement. L’accélération de l’inflation des trois derniers mois limite les marges de manœuvre de la politique monétaire. Vers une stagflation donc, sauf amélioration de l’environnement mondial (et surtout européen). Le gouvernement russe veut s’engager le moins possible dans la crise bancaire chypriote. Quel que soit le scénario, le montant de pertes financières pour la Russie serait supportable. La prise de conscience des risques de placement dans les zones offshore va sans doute aboutir à la révision des choix de portefeuille des déposants russes

image plus Inde

La situation macroéconomique et politique reste fragile. Les perspectives de croissance ont été révisées en baisse et pour la première fois depuis dix ans la croissance économique n’atteindra pas 5% sur l’ensemble de l’année budgétaire 2012/13. Le ralentissement des pressions inflationnistes associé au contrôle du dérapage budgétaire ont permis à la banque centrale d’abaisser ses taux. Néanmoins, les tensions sur la liquidité restent fortes, ce qui ne crée pas un environnement favorable à l’investissement. Finalement, en dépit des efforts du gouvernement pour rétablir la confiance, la roupie reste à un niveau particulièrement bas, le déficit de la balance des paiements se creuse et les réserves diminuent

image plus Chine

Le Président Xi Jinping et son premier ministre Li Keqiang viennent de prendre officiellement leurs fonctions. Ils sont au pouvoir pour dix ans, pendant lesquels la Chine devra changer son modèle de développement. Certes, la croissance connaît depuis l’automne une embellie permise par les politiques de relance et devrait à nouveau dépasser 8% en 2013. Mais le modèle atteint ses limites, du fait de la baisse prolongée de la demande mondiale, de la montée des coûts de production et des déséquilibres sociaux, sectoriels ou environnementaux qu’il a engendrés. Alors que la croissance poursuivra son ralentissement structurel, les autorités devront mener des réformes pour bâtir un modèle plus équilibré

image plus Grèce

La récession en Grèce devrait s’atténuer à partir de cette année sous le double effet de la disparition du risque de sortie de l’euro et de l’assouplissement de la cure d’austérité. L’ « amélioration » reste toutefois très relative : nous attendons une contraction du PIB de 4,8% en 2013 après 6,4% en 2012. Le réaménagement de l’aide financière européenne obtenu en novembre va considérablement améliorer le profil de remboursement de la dette publique. Pour autant, la question de sa soutenabilité reste en suspens. Une nouvelle restructuration, impliquant cette fois les créanciers officiels, semble très probable

image plus Turquie

2012 aura marqué la fin d’un cycle de croissance économique exceptionnelle. Compte tenu des déséquilibres macroéconomiques (inflation, comptes extérieurs) accumulés en 2010 et 2011, cet ajustement était crucial. Il aurait pu être bien plus violent sans une forte contribution des exportations, des conditions financières internationales favorables et l’action de la banque centrale. Le relèvement de la notation de la dette souveraine de la Turquie en catégorie investissement (Fitch) est un signal important. S’il n’est pas intervenu plus tôt, c’est en raison des déséquilibres extérieurs du pays, que le rebond économique pourrait remettre au premier plan