Graphiques de la semaine
TUNISIE : LE DINAR SOUS PRESSION Publié le 13 déc. 2017 par Stéphane ALBY
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La détérioration de la position extérieure de la Tunisie inquiète. De 5% du PIB en 2010, le déficit de la balance des transactions courantes a atteint 9% en 2016 et la situation s’est encore aggravée sur les neuf premiers mois de l’année, malgré le rebond du tourisme. La montée des déséquilibres externes alimente de fortes pressions sur le change. Depuis 2016, le dinar a perdu 25% de sa valeur contre l’euro. La banque centrale a en effet de moins de moins les moyens de soutenir sa monnaie. Les réserves de change sont tombées à USD 5,6 mds en octobre, un niveau à peine suffisant pour couvrir trois mois d’importations de biens et services.

La chute de la monnaie tunisienne alimente des pressions inflationnistes et pèse sur l’endettement du gouvernement. Dans le même temps, l’érosion de la compétitivité extérieure du secteur manufacturier limite les gains à l’exportation. L’équilibre des comptes extérieurs risque d’être difficile à atteindre sans une baisse des réserves de change et une poursuite de la dépréciation du dinar.

"OUTPUT FLOOR" : À LA VEILLE D'UN (MAUVAIS) ACCORD ? Publié le 6 déc. 2017 par Céline CHOULET
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Le 7 décembre, le Groupe des gouverneurs de banque centrale et des responsables du contrôle bancaire (GHOS) pourrait annoncer la finalisation des accords bâlois de régulation bancaire, ajournée depuis un an. Le compromis atteint verrait l’instauration d’un plancher de fonds propres. Les risques pondérés (AMP) calculés à l’aide des modèles internes des banques ne pourront alors plus être inférieurs à une proportion (probablement 72,5%) des AMP qui découlent de l’approche standard. Ce floor unique se heurte à deux écueils.

D’abord, les méthodes de calcul des floors, proposées par le Comité de Bâle ou appliquées de part et d’autre de l’Atlantique, varient. Ainsi, aux Etats-Unis, le plancher à 100% imposé par le Collins Amendment s’applique à une base de calcul restreinte, qui n’englobe pas le risque opérationnel notamment. Il en résulte que l’exigence de floor américaine est moins contraignante qu’il n’y paraît (en moyenne, le rapport des AMP avancés aux AMP standards s’établit à 75% après correction). Le maintien d’une définition américaine propre du floor et, par ailleurs, l’éventuel rejet, unilatéral, du nouveau cadre spécifique au trading book (FRTB) par les Etats-Unis iraient à l’encontre de l’harmonisation voulue par le Comité de Bâle.

Le second écueil tient à la place relative des banques dans l’intermédiation du crédit et aux différences en matière d’intensité du risque des portefeuilles bancaires. Les modèles internes d’évaluation des risques ne sont certes pas exempts d’imperfections et leur examen, par les superviseurs, demeure indispensable. Néanmoins, la norme de levier bâloise joue déjà le rôle de filet de sécurité que l’on souhaiterait confier au floor ; avec le même inconvénient, celui de pénaliser davantage les « bons » risques plutôt que les « mauvais ».

ZONE EURO, RÉDUCTION DES ÉCARTS DE COMPÉTITIVITÉ Publié le 29 nov. 2017 par Jean-Luc PROUTAT
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En zone euro, les écarts de positions concurrentielles ont tendance à se resserrer. Au prix de politiques d’ajustement sévères, les pays du sud ayant bénéficié de l’aide européenne (Espagne, Portugal, Grèce) ont réduit leurs coûts salariaux unitaires, dans l’absolu comme en regard des pays du nord de la zone. Jadis structurellement déficitaire, leur balance courante est à l’équilibre, voire en excédent. L’Italie a aussi fourni des efforts, tout comme la France, qui met depuis quelques années l’accent sur l’offre. Depuis 2013, les crédits d’impôt compétitivité-emploi et recherche ainsi que le pacte de responsabilité ont permis l’inflexion de la trajectoire des coûts et aidé au redressement des marges. En lâchant un peu de lest sur les salaires et la politique budgétaire (introduction d’un revenu minimum en 2015, accueil de nombreux migrants…) l’Allemagne a, à sa façon, accompagné l’effort.

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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