Graphiques de la semaine

L'Allemagne est fréquemment tancée par la Commission européenne et d'autres organisations internationales pour ses excédents courants importants.

Le mois dernier, le gouvernement américain s’est joint aux critiques quand l’Allemagne a annoncé un surplus de 270 milliards d’euros (soit 8,5% du PIB) pour 2016, un nouveau record. D’un point de vue purement arithmétique, l’augmentation de l’excédent allemand se traduit par une diminution du solde du compte courant d’autres pays. Cependant, contrairement aux idées reçues, cette hausse se fait davantage au détriment des Etats-Unis, du Royaume-Uni et des pays émergents (y compris la Chine), que de la zone euro.

Cette augmentation est en partie liée à la faiblesse des dépenses d'investissement allemandes, publiques comme privées. Le renforcement des infrastructures publiques et la stimulation des dépenses en capital privé, par une plus grande concurrence et une déréglementation des services, sont parmi les enjeux auxquels le prochain gouvernement allemand sera confronté.

 
CHINE : MONTÉE DE LA DETTE DES MÉNAGES Publié le 15 mars 2017 par Christine PELTIER
PDF

La dette chinoise est excessivement élevée et continue d’augmenter. Le ratio de dette interne sur PIB s’élevait à 210% fin 2016, contre 160% en 2011 (hors dette du gouvernement central et hors composantes du shadow banking qui n’apparaissent pas dans les statistiques officielles de crédits à l’économie). Alors que la dette des entreprises est la source principale des risques de crédit pesant sur le système financier, la progression récente de l’endettement interne s’explique surtout par la montée de la dette des ménages (43% du PIB en septembre 2016). Celle-ci a notamment été tirée par la forte croissance des prêts aux logements. La qualité des actifs des banques pourrait donc à l’avenir devenir plus vulnérable à la baisse des prix immobiliers.

L’art subtil d’orienter les attentes des marchés devrait faire de la réunion du FOMC des 14 et 15 mars prochains un non-événement : au vu des données publiées et, surtout, des allusions des responsables de la Fed, dont Janet Yellen, à un resserrement, la probabilité d’une hausse de taux de 25 points de base, telle qu’évaluée par les marchés de taux, a fortement augmenté ces dernières semaines.

Elle est désormais la même que celle qui avait précédé le resserrement de décembre 2016. Cela implique avec une quasi-certitude une remontée du taux officiel. Les orientations fournies par la Fed permettant aux marchés de s’adapter, il n’y aura plus de surprise au moment de la hausse. La publication de bons chiffres de l’emploi vendredi prochain aura peu d’impact, les investisseurs étant déjà persuadés d’un relèvement du taux officiel. Mais des chiffres très décevants pourraient semer un doute de dernière minute quant à ce mouvement.

Sur le même thème

A propos des excédents allemands 24/03/2017
Les excédents allemands explosent dans le monde… mais pas dans la zone euro.
Les infrastructures menacées 24/02/2017
La qualité des infrastructures allemandes se détériore faute de dépenses suffisantes dans ce domaine. Les communes ont particulièrement réduit leurs investissements.
Allemagne : des infrastructures délabrées 22/02/2017
Les infrastructures allemandes figurent parmi les meilleures au monde. Selon le dernier rapport sur la compétitivité du Forum économique mondial, le pays est classé huitième, juste derrière la France mais devant le Royaume-Uni (9ème) et les Etats-Unis (11ème). Cependant, l’Allemagne perd peu à peu du terrain en raison du manque d’investissement et d’entretien. Les communes réalisent plus de 60% de l'investissement public total. Cependant, leur stock de capital diminue, leur investissement net (investissement brut moins amortissement) étant dans le rouge depuis 2003. En dépit des conditions de financement favorables, les communes à faibles moyens surtout ont réduit leurs dépenses en capital. Les communes déficitaires investissent un tiers moins que celles avec un budget équilibré ou excédentaire. Par ailleurs, certains projets municipaux ne sont pas lancés, ou avec retard, en raison de l'incertitude entourant le partage des dépenses entre le Land et la commune, et du manque de capacité administrative en matière de planning et de mise en œuvre.
Allemagne : rémunération réelle en forte hausse 25/01/2017
La dynamique des salaires en Allemagne est différente de celle du reste de la zone euro. En raison de la croissance économique forte de ces dernières années, le marché du travail s’est tendu et, par conséquent, les accords salariaux ont été plus généreux. En 2016, les taux de salaire négociés ont augmenté d’environ 2% dans les entreprises et le secteur public. Les salaires réellement versés ont évolué encore plus vite en raison des promotions et de l’augmentation des primes et du nombre d‘heures supplémentaires. En 2016, la rémunération par salarié a augmenté de 2,3% ; grâce à l'inflation faible, la rémunération réelle a crû de 2%. Le 18 janvier, les négociations salariales ont démarré pour plus de 2 millions de fonctionnaires et employés des services publics dans les 16 régions (Länder). Les syndicats ont demandé une hausse de salaire de 6% pendant un an, mais l’accord final devrait aboutir à une augmentation d’environ 2,5%.
Inquiétudes quant aux politiques 24/01/2017
En 2016, l'économie allemande a connu sa plus forte croissance en cinq ans. L’activité devrait rester robuste au cours des prochaines années. Même si les prix à la consommation n’augmentent que légèrement, l’orientation de la politique monétaire est jugée trop accommodante par certains. Le débat tient, notamment, aux conséquences distributionnelles de la politique monétaire. Bien que l'écart de production soit positif, certains organismes internationaux demandent à l’Allemagne de délier les cordons de la bourse pour stimuler la croissance dans la zone euro. Il est peu probable que le gouvernement suive ce conseil avant les élections générales de septembre.
Solidité budgétaire 11/10/2016
Bien qu’elle ait ralenti depuis le début de l’année, la croissance du PIB allemand devrait atteindre 1,8 % en moyenne en 2016. L’an prochain, la politique budgétaire sera moins accommodante et les prix de l’énergie pourraient repartir à la hausse. Du fait de cet environnement moins porteur, la croissance du PIB devrait marquer sensiblement le pas, à 1,3 %. Des ralentissements très marqués sont à prévoir pour la consommation et l’investissement. Du fait de la forte augmentation des importations et d’une dégradation des termes de l’échange, l’excédent de la balance des paiements courants pourrait reculer à 7,5 % du PIB.
La croissance ralentit, mais la confiance est au beau fixe 30/09/2016
Le rythme de croissance a ralenti au S1 2016 tout en restant au-dessus du potentiel. Les enquêtes indiquent une activité soutenue au cours des prochains mois. En 2017, le Brexit devrait peser sur l’activité allemande.
Robuste et frileuse 08/07/2016
La croissance a ralenti au printemps après l’étonnante vigueur du premier trimestre. Elle devrait rester robuste en 2016, portée par la forte progression de l’emploi, la faiblesse de l’inflation et la générosité des accords salariaux. En 2017, la reprise risque de perdre de son élan en partie en raison de l’incertitude engendrée par le « Brexit ». L’inflation devrait accélérer avec la hausse des coûts de production. L’excédent des comptes courants, l’un des principaux déséquilibres macroéconomiques, devrait rester proche des sommets historiques, en raison du niveau élevé de l’épargne et de la morosité des dépenses d’investissement.
La BCE devra modifier les paramètres du QE 06/07/2016
La hausse de l’aversion au risque, consécutive au referendum britannique, a fait plonger un peu plus les rendements du Bund, désormais négatifs jusqu’à échéance 15 ans. Près de 60% des Bunds ne sont plus éligibles au programme d’achats d’actifs publics, la BCE ne pouvant pas acquérir de titres dont le rendement est inférieur au taux de la facilité de dépôt (aujourd’hui de -0,40%). Cela complique la conduite du QE : les achats de dettes publiques sont répartis en fonction de la participation des Etats au capital de la BCE. Il est probable que la BCE change un ou plusieurs paramètres de son programme d’achats d’actifs. Une augmentation de la part de chaque ligne obligataire qu’elle peut acquérir (de 33% à 50%) est une option, mais seulement pour les obligations d’Etat qui ne portent pas de CAC.  Ce serait insuffisant surtout si, comme nous l’anticipons, la BCE augmente la durée minimum du QE de 6 mois.  Une déviation de la clé de répartition et/ou la possibilité d’acheter des titres à un rendement inférieur au taux de la facilité de dépôt devront être considérées.
Taux faibles et comportement d’épargne des ménages 17/06/2016
Quelle influence ont les taux bas sur les comportements d’épargne ?

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 1459 articles et 358 vidéos