Graphiques de la semaine

Sur la période 2014-2016, les entrées nettes de capitaux étrangers se sont réduites et les sorties nettes de capitaux résidents se sont accrues, notamment à cause de la dégradation des perspectives économiques chinoises et des changements des anticipations de taux de change, dans un contexte d’ouverture du compte de capital, de réforme du régime de change et d’expansion à l'international des entreprises locales. Ces dynamiques ont contribué à la réduction des réserves de change (-20% entre fin 2013 et fin 2016) et à la dépréciation du renminbi contre le dollar (-14%).

Les autorités ont renforcé progressivement les contrôles sur les sorties de capitaux depuis la mi-2015. Les sorties nettes de capitaux (flux de dette et investissements de portefeuille) se sont réduites, et les flux nets d’investissements directs sont même redevenus positifs au T2 2017 (cumul glissant sur 4 trimestres). Les investissements directs étrangers en Chine sont restés sur la pente descendante entamée en 2014, mais les investissements directs chinois à l’étranger se sont contractés depuis le T4 2016 en réponse au durcissement des restrictions. En 2017, les réserves de change ont pu se redresser (USD 3109 mds en septembre) et le renminbi s’est réapprécié contre le dollar.

PORTUGAL : INVERSION DE TENDANCE POUR LES CRÉANCES DOUTEUSES Publié le 4 oct. 2017 par Thomas HUMBLOT
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La recapitalisation de la Caixa Geral de Depósitos et de Millennium-BCP, ainsi que la restructuration d’une partie du portefeuille de Banco BPI sont autant d’exemples d’initiatives engagées par les banques portugaises afin d’assainir leur bilan. L’amélioration de la qualité des actifs bancaires a également été favorisée par l’une des croissances les plus dynamiques de la zone euro et un taux de chômage divisé par près de 2 en l’espace de quatre ans.

Après avoir culminé à EUR 13,7 mds en août 2015, l’encours des créances douteuses (overdue loans des sociétés non financières) a reculé de 23% (EUR 3,2 mds) pour s’établir à EUR 10,5 mds en juillet 2017. Le ratio de créances douteuses a enregistré toutefois un repli plus modeste de 16,12% à 14,01% sur la même période, en lien avec une contraction de 12% de l’encours total des prêts. L’immobilier et le commerce/tourisme présentent toujours les ratios de créances douteuses par secteur les plus élevés à respectivement 29,48% et 10,11%.

LE TAUX DE MARGE DES ENTREPRISES ESPAGNOLES S'EST FORTEMENT AMÉLIORÉ Publié le 27 sept. 2017 par Frédérique CERISIER
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Au plus fort de la crise économique espagnole, la valeur ajoutée dégagée par l’ensemble des entreprises du secteur non-financier (ENF) a baissé de plus 10% en l’espace de cinq ans, passant d’EUR 605 mds fin 2008 à EUR 543 mds fin 2013. Elle se redresse depuis et vient tout juste de retrouver, en euros courants, le niveau qui était le sien en 2008.

Sur l’ensemble de la période, l’amélioration du taux de marge moyen des ENF est très importante. Contrairement à ce qui a été observé dans la plupart des autres Etats membres de la zone euro, elle commence dès le début de la crise, reflétant sans doute l’ajustement de la construction, un secteur particulièrement intensif en main-d’œuvre et aux marges faibles ; puis, plus largement, les efforts de maîtrise des coûts salariaux et de renforcement de la compétitivité menés dans l’ensemble de l’économie. Nettement inférieur à la moyenne européenne avant la crise (36,6% contre 41,6% dans l’UEM en 2006), le taux de marge moyen des ENF espagnoles est désormais parmi les plus élevés, à 43,2% début 2017.

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Moins de crédits donc moins de croissance 06/07/2017
Le resserrement monétaire et le renforcement du cadre prudentiel et réglementaire du secteur financier devraient, en toute logique, freiner la progression des crédits à l’économie en 2017. Pour le moment, les conséquences sont surtout visibles dans le ralentissement des financements interbancaires, la correction sur le marché obligataire et la moindre expansion de certaines activités du shadow banking. En revanche, les prêts des banques commerciales n’ont pas encore véritablement fléchi. Le tassement de l’activité observé ces derniers mois dans l’immobilier pourrait s’étendre à d’autres secteurs dépendants du crédit, et la croissance économique devrait à nouveau ralentir au cours des prochains trimestres.
Dangers dans la nébuleuse financière chinoise 27/06/2017
Les fragilités du système financier chinois se sont considérablement aggravées au cours de la dernière décennie. Eu égard à l’importance et à la multiplicité des facteurs de risque de crédit et de liquidité ainsi qu’à l’opacité des activités de « shadow banking » et des liens entre les banques et les institutions non bancaires, la réduction de ces fragilités constitue un réel défi pour les autorités. Les mesures récemment adoptées pour resserrer les conditions monétaires et les efforts réalisés pour renforcer le dispositif de supervision du secteur financier vont dans le bon sens. Les actions ainsi engagées pourraient néanmoins freiner l’activité économique, et la détermination du gouvernement à limiter la progression de la dette interne ne devrait pas tarder à être de nouveau mise à l’épreuve.
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Chine : industrie manufacturière et prix des matières premières, deux faces d’une même pièce ? 24/05/2017
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L'amélioration conjoncturelle a permis à la banque centrale chinoise de commencer à resserrer prudemment sa politique monétaire, mais les risques baissiers sur la croissance restent élevés et la détermination des autorités à contenir les risques financiers pourrait rapidement être testée en cas de nouveau ralentissement de l’activité.
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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