eco TV Week

Eblouis par la lumière ? Convergence et écarts en zone euro

13/07/2017

La zone euro bénéficie d’une conjoncture particulièrement favorable. Ce dynamisme est partagé par l’ensemble de ses membres mais des écarts structurels importants subsistent. L’environnement actuel invite à mener une politique structurelle afin de stimuler la croissance potentielle et d’augmenter la résilience en cas de retournement cyclique.

William DE VIJLDER

TRANSCRIPT // Eblouis par la lumière ? Convergence et écarts en zone euro : juillet 2017

Est-ce que nous sommes éblouis par la lumière ? La forte croissance en zone euro risque de nous rendre aveugles aux écarts structurels.

La croissance en zone euro est robuste et ce dynamisme est bien partagé entre ses membres. Ainsi sept pays sur huit affichent un PMI du secteur manufacturier largement supérieur à 50, la Grèce dépasse cette barrière tout juste. Pour le PMI du secteur des services, quatre pays sur cinq sont dans cette position. Ici c’est l’Italie qui est à la traîne.

En outre, depuis le démarrage de l’UEM, la convergence a augmenté, comme en témoigne la baisse de la dispersion en termes de  

  • Croissance du PIB réel
  • Inflation sous-jacente
  • Deficit budgétaire
  • Solde courant

Bien que la Grande Récession ait donné lieu à une divergence accrue du chômage et de l’output gap, celle-ci a nettement baissé depuis lors.

La forte croissance en zone euro risque de nous rendre aveugles aux écarts structurels, qui restent importants. Citons à titre d’exemple

  • L’endettement du secteur public
  • L’endettement du secteur privé
  • La productivité (en niveau et en taux de croissance)
  • Les créances douteuses

Des écarts structurels importants constituent un vrai défi pour la politique économique. Ils impliquent qu’à long terme, certains pays se développeront plus lentement que d’autres et que leurs citoyens risquent de se sentir mis à l’écart par rapport à d’autres pays.

En outre, la capacité de résister à des chocs serait également très différente d’un pays par rapport à l’autre.

En conséquence, augmenter le taux de croissance potentielle du PIB et renforcer la résilience sont des objectifs importants d’une politique structurelle.

L’environnement actuel constitue une toile de fond idéale pour intensifier les efforts dans ce domaine :

  1. On n’est plus dans l’urgence de lutter contre un essoufflement cyclique, bien au contraire
  2. Dans la mesure où certains de ces efforts risquent de créer un vent défavorable, la croissance soutenue actuelle permet aux pays de mieux y résister.

Rappelons d’ailleurs que les efforts individuels de différents pays ont des externalités positives pour les autres puisqu’ils renforcent la résilience globale de l’UEM.

Voir plus de vidéos Eco TV Week

Sur le même thème

« Et croyez-moi, ce sera suffisant » : cinq ans plus tard… 21/07/2017
Les mots « Et croyez-moi, ce sera suffisant » prononcés en 2012 par Mario Draghi se sont concrétisés en deux temps, d'abord avec le lancement du programme OMT puis un assouplissement quantitatif (QE). Pour paraphraser son discours de Londres, et compte tenu du cycle actuel, les marchés aimeraient désormais entendre « concernant la normalisation, croyez-moi, le processus sera suffisamment lent »… Reste à voir si ces mots seront prononcés un jour.  
De "ce sera suffisant" à "le processus sera suffisamment lent" ? 21/07/2017
Le discours de Mario Draghi du 26 juillet 2012 avait nettement contribué à calmer les marchés. Aujourd’hui, comment lancer le processus de normalisation de la politique monétaire sans perturbation majeure ?
L'heure est aux politiques structurelles 13/07/2017
Les Etats membres de la zone euro affichent une croissance robuste. D’importantes différences structurelles subsistent. La conjoncture actuelle est particulièrement favorable à une politique de stimulation de la croissance potentielle et de renforcement de la résilience.
Convergence cyclique, différences structurelles 13/07/2017
La convergence cyclique se renforce depuis quelques années dans la zone euro avec une moindre dispersion des soldes budgétaires, du chômage, de l’inflation, etc.
La syntaxe de Sintra 07/07/2017
Le marché a fortement réagi au discours de Mario Draghi à la conférence de la BCE à Sintra. Cela témoigne du grand malaise créé par la perspective d'une normalisation de la politique monétaire. Les réunions du Conseil des gouverneurs de la BCE du 20 juillet et du 7 septembre revêtent une importance toute particulière.
De mieux en mieux 06/07/2017
La croissance économique est de plus en plus rapide et… solide. L’accélération des créations d’emplois et le redressement du taux d’investissement augmentent la résistance de la reprise aux chocs extérieurs. La Banque centrale européenne a pris acte de cette embellie, d’abord en abandonnant la référence à des taux d’intérêt directeurs potentiellement plus bas à l’avenir ; ensuite en se disant prête à ajuster sa politique à l’amélioration conjoncturelle. Un optimisme qui n’empêcherait pas une certaine prudence, notamment en regard du sous-emploi des capacités de production, dont l’ampleur est sujette à débat.
BCE : une question d'équilibre 30/06/2017
La communication de la BCE entretient l’équivoque, ce qui évite une transition trop brutale vers la normalisation monétaire.
BCE : confiance, persévérance, prudence 30/06/2017
La communication de la BCE entretient l’équivoque, ce qui évite une transition trop brutale vers la normalisation monétaire.
La BCE reste prudente 09/06/2017
La BCE a amendé sa "forward guidance" prenant acte de l'amélioration économique en zone euro. Mais elle reste prudente sur les perspectives d'inflation.
La BCE tient l’équilibre 09/06/2017
La BCE modifie sa « forward guidance ». Les projections de croissance sont revues en hausse mais le discours reste prudent sur l’inflation.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 1570 articles et 400 vidéos