eco TV Week

La quadrature du cercle

28/07/2017

Le FMI ne modifie pas ses prévisions de croissance mais signale les risques pesant sur les perspectives de moyen terme et appelle à un soutien du policy-mix.

Alexandra ESTIOT

TRANSCRIPT // La quadrature du cercle : juillet 2017

Dans la mise à jour de juillet, le FMI n’a pas modifié ses projections de croissance mondiale, qui devrait accélérer cette année avant de se stabiliser l’an prochain. L’accélération serait généralisée et soutenue par un rebond du commerce mondial.

Le FMI identifie un risque haussier à court terme, lié à la possibilité d’une reprise plus marquée en Europe. A moyen terme, les risques pesant sur ses prévisions sont en revanche à la baisse et principalement liés aux variables financières. Sont identifiés la possibilité d’un ajustement des marchés actions, les conséquences d’une croissance trop vive du crédit en Chine ainsi que l’éventualité d’un resserrement trop rapide des conditions monétaires et financières dans le sillage de la normalisation de la politique de la Fed.

Le FMI note que malgré le rebond, la croissance demeure très en-deçà de ses performances d’avant la crise. Dans le monde développé, les capacités de production demeurent excédentaires, comme l’illustre la faiblesse de l’inflation. Si la croissance reste décevante, c’est sous le poids de facteurs structurels mais aussi des conséquences de la crise : vieillissement de la population, faiblesse de l’investissement et des gains de productivité.

Le FMI appelle donc à des politiques de soutien à la croissance potentielle, permettant de relever les anticipations d’inflation tout en assurant un partage équitable des gains de la croissance qu’il s’agirait de rendre plus résistante et plus équilibrée. Quant à expliquer la méthode de cette quadrature du cercle, le FMI garde le silence…

Voir plus de vidéos Eco TV Week

Sur le même thème

Marchés financiers : des signaux contradictoires 13/07/2018
D’après les positions spéculatives des contrats à terme sur le VIX, la volatilité resterait faible et exclurait tout choc de croissance ou d’inflation. L’aplatissement de la courbe des taux aux États-Unis montre que les investisseurs anticipent un ralentissement. Ces anticipations contradictoires peuvent refléter des horizons d’investissement différents mais au final une seule sera juste.
Incertitude : la hausse reste contenue 13/07/2018
L’incertitude influence les décisions des ménages et des entreprises. A défaut d'observations directes, les indicateurs permettent de le vérifier : ceux de la couverture médiatique, de la dispersion des estimations des perspectives économiques par les entreprises allemandes et les indices de la dispersion des rendements des composantes des indices S&P500 et Eurostoxx 50.
Confiance relative 11/07/2018
Les hypothèses de croissance restent favorables pour 2018 grâce aux créations d’emplois, au développement du crédit, à la faiblesse des taux d’intérêt. Pourtant, les risques augmentent. Ils sont de nature politique et commerciale. Si tous ne se matérialisent pas, ils font naître un climat d’incertitude qui, à la longue, peut freiner la consommation des ménages, l’investissement des entreprises et les échanges mondiaux.
Y a-t-il retournement de conjoncture ? Regards croisés sur les États-Unis et l’Europe 10/07/2018
Le climat des affaires se tempère quelque peu, aux États-Unis mais surtout en Europe. Assagissement passager ou début de retournement conjoncturel ?
Economie mondiale : (in)évitable incertitude 06/07/2018
L’incertitude modifie le comportement des ménages et des entreprises. Les imprévus et leurs effets de second tour impliquent qu’elle est, dans une certaine mesure, inévitable. La politique économique doit éviter d’y contribuer. Alors que la politique monétaire vise à contenir l’incertitude, les mesures protectionnistes en génèrent et peuvent, à terme, freiner la croissance.
La communication inclusive soutient la croissance inclusive 22/06/2018
La communication des banques centrales a profondément évolué au cours des dernières décennies : elle est devenue plus fréquente, moins opaque, très nuancée et plus complexe. L’initiative prise par le président de la Fed, M. Powell, de commencer sa conférence de presse en langage simple mérite d’être saluée.
Le frein des incertitudes liées au relèvement des droits de douane 22/06/2018
Le relèvement des droits de douane fait naître des incertitudes qui pénalisent la croissance. La mondialisation des chaînes de valeur vient compliquer l’analyse. La hausse des droits de douane fait grimper les prix des intrants dans les pays importateurs et pèse sur les carnets de commandes des pays exportateurs. Toutefois, depuis le début de l’année les prix des intrants comme les commandes à l’export ont baissé dans de nombreux pays, mais il est trop tôt pour trouver un lien avec les mesures tarifaires.
Les ressorts de la contagion internationale 08/06/2018
Les fortes corrélations entre marchés internationaux pourraient être le résultat de chocs mondiaux, de fluctuations de l’aversion au risque ou d’un effet de contagion. Un large éventail de facteurs peut expliquer cet effet de contagion. Il est important de déterminer la nature de la contagion pour en évaluer les conséquences économiques.
Économie mondiale : les nuages s'amoncellent 07/06/2018
La combinaison de taux d'intérêt réels bas, créations d'emplois, hausse des bénéfices des entreprises et augmentation des échanges internationaux devrait permettre à la croissance économique mondiale de rester soutenue. Toutefois, les nuages font leur apparition : les indicateurs de confiance régressent en Europe, au Japon et dans les marchés émergents ; ce qui n'était jusqu'alors qu'une menace protectionniste est devenu réalité ; en Italie, l'incertitude politique a provoqué des turbulences sur les marchés et des questions concernant les choix économiques du nouveau gouvernement restent en suspens. Ensemble, ces vents contraires pourraient freiner la croissance mondiale.
Montée des incertitudes et du risque de "mauvaise inflation" 11/05/2018
La réaction des marchés au retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien a été modérée. Malgré la montée de l’incertitude, la fuite vers les valeurs refuges n’a pas eu lieu et le cours du pétrole comme le rendement des Treasuries ont augmenté. Si les prix du pétrole continuaient leur ascension, la croissance mondiale finirait par en souffrir.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 1848 articles et 510 vidéos