Perspectives

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Italie  
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016 : amélioration au second semestre  
La reprise accélère, avec une croissance de 0,3% au T3 2016. La demande intérieure en est le principal moteur. Les ménages  
demeurent prudents malgré l’amélioration des perspectives économiques et une situation financière toujours robuste : la  
propension à épargner est en hausse. Le secteur résidentiel a été sévèrement touché et la crise se prolonge. Le prix des logements  
continue de baisser, mais les transactions sont plus nombreuses. Même si elle est inégale, cette reprise est généralisée et, selon  
certaines estimations, l’investissement résidentiel pourrait avoir connu un rebond marqué en 2016. Il en faudra pourtant davantage :  
les logements sont anciens et ont été, pour bon nombre d’entre eux, construits avant les normes parasismiques de 1974.  
Consolidation de la reprise  
1- Synthèse des prévisions  
Au second semestre 2016, la reprise italienne a gagné en vigueur.  
Au troisième trimestre, le PIB réel a augmenté de 0,3% en rythme  
trimestriel (après +0,1% le trimestre précédent), tiré par la demande  
intérieure. La contribution des exportations nettes était négative, les  
ventes de l’Italie à l’étranger ayant stagné en termes réels, reflétant  
une demande toujours décevante à l'extérieur de l'Union  
européenne. Le déficit est particulièrement sensible avec la Turquie,  
la Russie et les pays producteurs de pétrole.  
Variations annuelles, %  
PIB  
2016 e 2017 e 2018 e  
G
P
G
E
0,9  
1,4  
2,0  
1,2  
0,6  
0,6  
0,9  
2,4  
0,7  
0,8  
1,4  
3,0  
Consommation privée  
Investissement  
Exportations  
Indice des prix à la consommation (IPCH)  
Taux de chômage (%)  
H
U
C
G
-0,1  
11,4  
2,0  
1,1  
11,2  
2,2  
0,9  
10,8  
2,0  
Balance courante (% PIB)  
Entre juillet et septembre, l’activité manufacturière a rebondi, la  
progression de la valeur ajoutée s’accélérant pour dépasser 1%.  
L’amélioration est générale, avec un fort rebond de la production de  
matériel de transport, de machines et équipements, et de produits  
métalliques. Le secteur de la construction se contacte de nouveau  
et l'activité poursuit sa tendance modérément positive dans les  
services, où elle est freinée par le déclin persistant des secteurs de  
la finance et de l’assurance. Ceux-ci accusent une perte de près de  
Solde des Adm. Publiques (% PIB)  
Dette publique (% PIB)  
-2,5  
-2,6  
-2,6  
G 133,1  
133,9  
134,8  
e: estimations et prévisions BNP Paribas Recherche Economique Groupe  
2
- Croissance réelle  
Glissement annuel, %  
4
3
% en cumulé sur les 18 derniers mois.  
2
0
En glissement annuel, le PIB enregistre son taux de croissance le  
plus élevé depuis le début de 2014, à +1%, et une nouvelle  
accélération est attendue pour le quatrième trimestre, qui pourrait  
bien porter la croissance annuelle à 1% pour l’année 2016.  
-2  
-4  
-6  
-8  
Les ménages demeurent prudents  
La situation économique et financière des ménages italiens s’est un  
peu améliorée. Malgré les effets négatifs de la volatilité des  
marchés, la richesse financière des ménages reste élevée, à un peu  
moins de EUR 4 000 mds, tandis que leurs engagements sont  
limités à environ 60% du revenu disponible. L'endettement des  
Italiens est faible, inférieur de quelque 30 points de pourcentage à  
la moyenne de la zone euro.  
2007  
2009  
2011  
2013  
2015  
Source: Istat  
taux d’inflation à un niveau peu élevé, le pouvoir d’achat a continué  
d’augmenter, se redressant de près de 5% par rapport à la fin de  
2
012.  
En 2016, malgré la baisse des incitations à l’embauche (les  
allègements de charge dans le cadre d’une embauche à durée  
indéterminée ont été réduits entre 2015 et 2016), la situation sur le  
marché du travail s’est encore améliorée. Depuis le creux du  
second semestre 2013, l’Italie a regagné presque 700 000 emplois.  
Le taux d’emploi passe de 55,3% à 57,3%, la part des contrats  
permanents restant inchangée et supérieure à 65% du total.  
Comme les demandeurs d’emploi qui avaient baissé les bras  
reviennent sur le marché du travail, le taux de chômage demeure  
élevé, à peine inférieur à 12%.  
Malgré l’amélioration du scénario économique et une situation  
financière toujours robuste, les ménages demeurent prudents,  
augmentant leur épargne et la plaçant de préférence dans les actifs  
liquides et les polices d'assurance. En conséquence, la consommation  
a ralenti, n’augmentant que de 0,8% sur les trois premiers trimestres de  
2016, alors que la hausse du pouvoir d'achat atteint 2,2%.  
Les entreprises en meilleure forme  
La rentabilité des entreprises italiennes s’est modérément améliorée.  
Sur les trois premiers trimestres de 2016, la valeur ajoutée brute  
des entreprises non financières a augmenté de 3,5% et l’excédent  
brut d’exploitation de presque 5%. Ce dernier atteint 41,5% de la  
En 2016, le revenu disponible des ménages a augmenté, les  
contributions positives des revenus du travail compensant  
largement la baisse des revenus du capital. Grâce au maintien du  
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Italie  
1er trimestre 2017  
12  
valeur ajoutée, son plus haut en cinq ans. Par ailleurs, les  
entreprises ont continué de rééquilibrer leur situation financière,  
consolidant leurs fonds propres à la faveur de la mesure de  
déduction pour fonds propres introduite en 2011. Malgré  
l’amélioration de la conjoncture économique et des modalités de  
financement, le taux d’investissement des entreprises non  
financières a chuté (en données brutes) à son plus bas niveau en  
plus de 15 ans.  
3- Prix de l’immobilier  
2010=100  
Total ;  Neuf ; --- Ancien  
106  
96  
L’immobilier en Italie  
En Italie, les prix des logements continuent de baisser : au troisième  
trimestre 2016, même s’ils sont restés fondamentalement stables en  
rythme trimestriel (+0,1%), ils ont reculé de 0,9% en glissement  
annuel. C'est le dix-neuvième repli consécutif. La tendance négative  
était particulièrement marquée pour les logements neufs, dont le  
prix a chuté de 1,1% d’un trimestre sur l’autre et de 2,1% en  
glissement annuel. C’est l’une des pires performances depuis le  
milieu de 2014. Par rapport à la moyenne de 2010, le prix des  
logements baisse de 15,1% au troisième trimestre 2016, en raison  
principalement de la chute des prix dans l’ancien (-19,9% sur la  
période). La baisse des prix des logements neufs est plus modeste :  
86  
76  
2010  
2012  
2014  
2016  
Source: Istat  
ensemble. En outre, les propriétaires italiens ont relativement peu  
recours aux prêts hypothécaires (ou toute autre forme de prêt) pour  
financer l’acquisition de leur logement : selon les données les plus  
récentes d’Eurostat (2015), seulement 17% des propriétaires  
avaient une hypothèque (ou un prêt) en cours, contre 26% en  
Allemagne et 31% en France et en Espagne.  
-
3,8%.  
Selon certaines organisations internationales, le ratio du prix des  
logements par rapport au revenu est légèrement inférieur à sa  
moyenne à long terme. On peut considérer qu’il s’agit d’un  
indicateur de légère sous-évaluation du marché résidentiel.  
La crise qui se prolonge dans le pays depuis 2008 a considérablement  
affecté l'investissement immobilier, et en particulier le logement. Selon  
l’ANCE (l’association italienne des entreprises du bâtiment),  
l’investissement résidentiel a reculé de 27,7% entre 2008 et 2015, suite  
à la baisse significative de la construction de logements neufs (-61%).  
Ce recul n’a été compensé qu'en partie par l’accroissement des  
dépenses d’entretien courant (+19,1%). Sur l’ensemble de 2016 et  
selon les estimations de l’ANCE, l’investissement résidentiel devrait  
progresser en termes réels, mais à peine, à la faveur d’une baisse plus  
limitée sur le segment des logements neufs (-3,4% en termes réels) et  
d'une hausse d'environ 2% des investissements de rénovation du parc  
de logements existants.  
Les statistiques restent contradictoires en ce qui concerne les  
transactions. Selon l’administration des impôts (Agenzia delle  
Entrate), 123 410 logements (neufs et anciens) ont été vendus au  
troisième trimestre 2016, soit une progression de 17,4% en un an  
(
après +20,6% et +22,9% aux premier et deuxième trimestres,  
respectivement). Il s’agit de la meilleure performance depuis 2004.  
Si la hausse s’est poursuivie à un rythme aussi soutenu au dernier  
trimestre, l’année 2016 battait le record de 1997, année très  
dynamique. Le nombre de transactions reste toutefois, nettement  
inférieur aux 866 000 unités vendues en 2006.  
L’Italie compte quelque 12,2 millions d’immeubles résidentiels  
Il convient de remarquer que la bonne tenue des ventes de  
logements s’observe sur l’ensemble du territoire, même si elle est  
plus marquée dans le nord du pays (+22,3% en rythme annuel au  
troisième trimestre 2016) où se concentrent près de 50% du total  
des transactions. Les ventes augmentent de 10% dans le sud et de  
(
(
3
31,2 millions de logements). Plus de la moitié de ces logements  
environ 16,5 millions) ont été construits avant 1970, approximativement  
1% entre 1971 et 1990, 7,4% entre 1991 et 2000, et le restant au  
cours des 15 dernières années. L’âge moyen du parc résidentiel est  
donc élevé, et plus de 70% des immeubles ont été construits avant  
l'entrée en vigueur de la réglementation parasismique (1974).  
1
5,2% dans le centre du pays. Si elle n’est pas homogène, la  
hausse s'observe aussi bien dans les grandes agglomérations que  
dans les petites. Parmi les grandes villes, Milan et Gênes  
enregistrent des hausses significatives (+23,9% et +25%,  
respectivement), et les transactions ont été moins dynamiques que  
la moyenne nationale à Rome (+8,9%).  
Promouvoir la réhabilitation et la rénovation du parc résidentiel en  
Italie présenterait le double avantage d’améliorer la sécurité des  
logements et de stimuler la reprise d’un secteur parmi les plus  
sévèrement touchés par la crise.  
Le pourcentage élevé des logements occupés par leur propriétaire  
demeure l’apanage du marché immobilier italien. Selon Eurostat, en  
2
015, 72,9% des Italiens étaient propriétaires de leur logement, un  
pourcentage relativement stable au cours de la dernière décennie et  
plus élevé que dans la zone euro ou l’Union européenne dans son  
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Italie  
1er trimestre 2017  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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