EcoWeek

PDF
Grèce  
Accord en vue ?  
Le gouvernement grec accepte de programmer des  
mesures d’économies supplémentaires en 2019 et 2020.  
Les créanciers européens se déclarent proches d’un  
Reprise mal assurée  
Croissance du PIB,  % t/t ;  % g.a.  
8
4
0
3
1
accord. Le FMI est satisfait, mais réclame de nouvelles  
discussions sur la soutenabilité de la dette avant d’entamer  
un nouveau programme.  
Les conséquences de ces délais sur la situation  
-
1
3
économique commencent à se faire sentir.  
-4  
-
Les chances d’aboutir à un accord pour la conclusion de la seconde  
revue du programme de financement ont bien progressé avec  
l’accord « politique » intervenu à Malte début avril lors d’une nouvelle  
réunion de l’Eurogroupe. Ce dernier porte sur les ajustements  
budgétaires à propos desquels le gouvernement grec accepte de  
légiférer dès maintenant pour garantir à ses créanciers, en particulier  
le FMI, qu’il sera capable de dégager un excédent budgétaire  
primaire de 3,5% du PIB dans la durée, c’est-à-dire au-delà de 2018,  
date de la fin du programme de financement européen. Pour ce faire,  
le gouvernement Tsipras accepte de programmer des mesures à  
-8  
-5  
-1  
2005  
2007  
2009  
2011  
2013  
2015  
Graphique  
Source : Eurostat  
distinguer la question de l’implication du FMI de celle de la  
conclusion de la seconde revue, cette dernière pourrait être atteinte  
assez rapidement. De retour à Athènes, les équipes techniques  
pourraient finaliser les paramètres des réformes à venir dans les  
prochains jours ou les prochaines semaines. Cela ouvrirait la voie à  
une reprise des versements du Mécanisme européen de stabilité à  
l’Etat grec, incontournable pour celui-ci qui devra rembourser plus de  
six milliards d’euros à la BCE et à des investisseurs privés au mois  
de juillet prochain. En revanche, si les Européens, et en particulier,  
l’Allemagne, persistent à lier ces éléments (implication du FMI et  
versement d’une nouvelle tranche du programme), la course contre  
la montre pourrait se poursuivre, et l’incertitude perdurer encore de  
1
hauteur de 2% du PIB . Un nouvel ajustement du régime de retraite  
devrait ainsi permettre d’économiser 1 point de PIB en 2019, et une  
réforme de l’impôt sur le revenu devrait aboutir à un élargissement  
de l’assiette fiscale de cet impôt et rapporter 1 point de PIB en 2020.  
En contrepartie de ces efforts, le gouvernement grec sera libre, s’il  
dépasse ses cibles budgétaires, d’utiliser tout surcroit de recettes  
pour des mesures de soutien budgétaire, compensant ainsi au moins  
partiellement l’impact des réformes.  
2
longues semaines .  
Encore plusieurs zones d’ombre  
La reprise économique tangue  
Le président de l’Eurogroupe, J. Dijselbloem, a jugé à Malte cette  
avancée très prometteuse, déclarant que les équipes techniques, qui  
seront bientôt de retour à Athènes, n’avaient plus qu’à régler les  
points de détail. Le FMI a également salué des progrès substantiels,  
mais rappelé que ces avancées ne règlent pas à elles seules les  
questions sur la soutenabilité de la dette grecque. Pour lui, les  
discussions doivent maintenant se poursuivre avec les pays de la  
zone euro, le Fonds réclamant des assurances sur une « stratégie  
crédible de restauration de la soutenabilité de la dette », avant d’être  
en mesure de recommander à son conseil d’administration l’entrée  
dans un nouveau programme. Cette semaine, Christine Lagarde,  
tout en se disant optimiste, a précisé que seule « la moitié du  
chemin » avait été parcourue avec l’accord sur les réformes, l’autre  
moitié ayant trait aux discussions sur l’allègement de dette que les  
Européens seront prêts à consentir à la Grèce à l’issue du  
programme. Elle a toutefois fait un pas important vers les Européens  
en déclarant que l’ampleur de la restructuration n’avait pas  
nécessairement besoin d’être connue dès maintenant, mais que les  
modalités devaient en revanche être précisées. Dans ces conditions,  
deux voies nous semblent possibles. Si les Européens acceptent de  
Pourtant, ces délais alimentent la défiance, et ont un coût  
économique qui, même s’il est encore modéré, commence à se faire  
sentir. Une première alerte a été donnée en début d’année, quand il  
est apparu que la reprise économique avait temporairement calé fin  
2016, le PIB enregistrant un repli (-1,2% t/t) alimenté par une chute  
de la consommation publique et un coup de frein sur les dépenses  
des ménages et l’investissement des entreprises. Même limitée, la  
reprise de la baisse des dépôts bancaires des entreprises et des  
ménages (EUR -1,6 md au cours du T1 pour les dépôts des  
résidents privés), depuis le début de 2017, constitue une seconde  
alerte. A ce stade, si nous avons révisé à la baisse notre prévision  
de croissance pour 2017 (autour de 1,5%), c’est surtout pour tenir  
compte d’un acquis très défavorable fin 2016. Mais une trop longue  
attente et l’apparition de craintes réelles quant à la capacité des  
parties à trouver un accord avant le mois de juillet pourraient  
changer la donne. Pour ne pas casser la dynamique favorable qui  
semblait s’être enclenchée au cours de 2016, il devient urgent  
d’aboutir.  
Pour un rappel du désaccord entre Européens et FMI sur ce sujet, voir « Grèce :  
1
En plus de celles prévues lors de la signature du 3ème programme de financement.  
nouveau tour de piste » Ecoweek du 27 février 2017.  
economic-research.bnpparibas.com  
Frédérique Cerisier  
14 avril 2017 17-15  
3
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 1509 articles et 378 vidéos