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EcoPerspectives // 4 trimestre 2017  
economic-research.bnpparibas.com  
France  
Budget et croissance : liaisons compliquées  
Le bilan des indicateurs conjoncturels publiés ces derniers mois est globalement positif (poursuite de l’amélioration du climat des  
affaires, dynamisme de l’emploi, nouvelle baisse du taux de chômage) et confirme la solidité de la reprise. Les perspectives de  
croissance à court terme, comme celles à l’horizon 2018, sont à l’avenant malgré quelques écueils sur le chemin, comme la forte  
réduction annoncée du nombre des contrats aidés et, plus globalement, les mesures de rigueur prévues dans le budget 2018. Mais de  
nombreuses mesures de soutien à la croissance leur font aussi face, avec un effet net global que l’on estime neutre. Nous  
maintenons donc inchangées, à 1,7% en moyenne annuelle, nos prévisions de croissance pour 2017 et 2018.  
Croissance et perspectives solides  
1- Croissance et inflation  
Au cours des derniers mois, la plus grande solidité de la croissance  
française s’est confirmée. En outre, les perspectives immédiates  
restent bonnes. Nous continuons donc de tabler sur une croissance  
de 1,7% en 2017, assortie d’un léger risque à la hausse. Ce  
diagnostic s’appuie en particulier sur la poursuite de l’amélioration  
du climat des affaires entre juillet et septembre, commune à  
l’ensemble des enquêtes (INSEE, Banque de France, indices PMI  
de Markit). Toutes se situent à des niveaux élevés, confortablement  
en zone d’expansion (109 pour l’indice composite de l’INSEE, 57,2  
pour le PMI composite) et elles restent bien orientées. Par ailleurs,  
différents indicateurs mesurant les tensions sur l’appareil productif,  
comme le taux d’utilisation des capacités, les goulots de production  
ou encore les difficultés de recrutement des entreprises, sont  
revenus à leur moyenne de longue période, attestant aussi de la  
bonne dynamique conjoncturelle et suggérant même un écart de  
production déjà refermé.  
Croissance du PIB (%)  
 Inflation (%)  
Prévision  
Prévision  
1.7 1.7  
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.6  
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.4  
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1.2  
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Sources : Comptes nationaux, BNP Paribas  
il devrait rester mesuré, la dynamique de la croissance et les effets  
positifs des mesures d’allègement du coût du travail amortissant la  
fin de la prime à l’embauche dans les PME depuis le 30 juin. En  
revanche, dans le secteur non marchand, un fort recul de l’emploi  
se profile, dû à la réduction annoncée du nombre des contrats aidés.  
L’emploi total devrait, en conséquence, accuser un freinage marqué  
(cf. graphique 2), sans pour autant empêcher une poursuite de la  
baisse, très progressive, du taux de chômage.  
Ce contexte favorable permet de relativiser le recul de l’indice de  
confiance des ménages, qui a perdu 7 points entre juillet et  
septembre, pour retomber à 101, tout juste au-dessus de sa  
moyenne 100 de référence. Cette baisse intervient aussi après une  
très forte amélioration en mai et juin (+8 points) typiquement  
observée lors des scrutins présidentiels. Elle s’apparente donc à  
une correction technique, à du bruit statistique plus qu’à un signal  
économique. Nous serons toutefois attentifs à son évolution dans  
les prochains mois et nous inquièterions si sa baisse se poursuivait.  
Le scénario le plus probable, d’après nous, est, toutefois, que la  
confiance des ménages reprenne le chemin de la hausse, soutenue  
par la progression de l’emploi et la baisse du taux de chômage. Au  
deuxième trimestre, l'emploi salarié privé a, en effet, encore  
augmenté de 0,4% t/t et le taux de chômage a enregistré une  
nouvelle petite baisse, de 0,1 point, à 9,5% de la population active.  
Les derniers indicateurs mensuels d’activité laissent également une  
impression mitigée. En août, les dépenses de consommation des  
ménages en biens et la production industrielle ont, en effet, surpris  
assez nettement à la baisse (accusant, respectivement, un recul de  
-
0,4% et -0,3% m/m). Mais leur solide progression de juillet (+0,7%  
et +0,8% m/m, respectivement) leur permet de conserver un acquis  
de croissance positif pour le troisième trimestre. Sur la base des  
données dures disponibles, notre modèle nowcast estime ainsi à  
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,6% t/t la croissance du troisième trimestre, soit le même rythme  
que celui estimé sur la base des données d’enquêtes. Au regard de  
ces résultats, notre prévision de 0,5% t/t est assortie d’un léger  
risque à la hausse. Il en va de même des prévisions de l’INSEE et  
de la Banque de France qui tablent également sur 0,5% t/t.  
En même temps, tous les clignotants du marché du travail ne sont  
pas au vert et le moral des ménages pourrait s’en ressentir. Le  
mouvement de baisse du nombre des demandeurs d’emploi inscrits  
en catégorie A à Pôle emploi a, en effet, laissé la place, depuis le  
début de l’année, à une remontée plutôt nette. Celle-ci a effacé les  
deux tiers du chemin parcouru depuis le pic d’octobre 2015 : alors  
que la baisse cumulée du nombre de demandeurs d’emploi en  
catégorie A avait atteint 122 000 entre cette date et novembre 2016,  
au dernier point disponible d’août 2017, elle n’était plus que de  
La croissance maintiendrait ce rythme au quatrième trimestre 2017,  
l’amenant à 1,7% en moyenne sur l’année d’après nos prévisions.  
Avec un profil trimestriel similaire mais des arrondis que l’on devine  
plus favorables, l’INSEE arrive à 1,8%. La révision en hausse de 0,2  
point de sa prévision par rapport à celle de juin est notable. Elle  
confirme l’amélioration de la situation de l’économie française, grâce  
à la meilleure tenue, observée et anticipée, de l’investissement des  
3
9 000. Il faut s’attendre, par ailleurs, dans les prochains mois, à un  
ralentissement des créations d’emplois. Dans le secteur marchand,  
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entreprises et des ménages (+4,1% attendu en 2017 après +3,4% en  
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- Les composantes de l’emploi  
2016 et +5% après +2,4%, respectivement, d’après nos prévisions,  
Créations nettes d’emplois, en milliers de personnes  
Emploi total Emplois marchands Emplois non marchands aidés  
Autres  
proches de celles de l’INSEE). Dans ce contexte favorable, le  
fléchissement de la consommation des ménages (hausse attendue de  
1,1% après +2,1% en 2016) interpelle mais il est trompeur. D’une part,  
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il porte la trace du contrecoup des divers facteurs ponctuels qui ont  
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fait bondir la consommation au premier trimestre 2016 , biaisant à la  
hausse l’ensemble de l’année. D’autre part, le ralentissement marqué  
de la consommation des ménages masque un ralentissement très  
limité de leur pouvoir d’achat (+1,6% après +1,8%), le dynamisme de  
l’emploi et les hausses de salaires par tête absorbant une bonne part  
de l’inflation un peu plus élevée (1% après 0,2%). Enfin, ce que la  
croissance perd avec la contribution moins positive de la  
consommation des ménages, elle le récupère avec une contribution  
du commerce extérieur moins négative (-0,4 point après -0,8 point),  
grâce au rebond des exportations (+3,1% après +1,9%).  
-50  
-100  
S1  
2013 2013 2014 2014 2015 2015 2016 2016 2017 2017  
P)  
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S1  
S2  
S1  
S2  
S1  
S2  
S1  
S2  
(
Notre prévision de croissance pour 2018 est identique à celle de  
Sources : INSEE, prévisions INSEE (Point de conjoncture octobre 2017), BNP Paribas  
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017 mais sa composition diffère. La consommation des ménages  
devrait rebondir pour progresser plus en ligne avec leur pouvoir  
d’achat (hausse proche de 2%). Le dynamisme de l’investissement  
des entreprises devrait se maintenir (+3,8%) tandis que celui des  
ménages perdrait un peu de vitesse (+3,6%). La consommation  
publique reprendrait le chemin du ralentissement (+1,1% après  
2
017, par les enquêtes de confiance, donnant une éventuelle  
première indication de la réaction, positive ou négative, des  
entreprises et des ménages aux annonces et au contenu du budget.  
L’accueil des entreprises devrait être plutôt favorable. Elles vont, en  
effet, bénéficier d’un certain nombre de baisses d’impôts,  
directement (augmentation du taux du CICE de 6 à 7%, suppression  
de la taxe de 3% sur les dividendes, baisse de l’IS) ou indirectement  
+1,3%). La demande intérieure finale contribuerait à hauteur de +2  
points à la croissance, après +1,7 point en 2017. Les exportations  
accélèreraient encore (+3,6%) mais pas les importations (+4%  
environ comme en 2017), ce qui réduirait encore la contribution  
négative du commerce extérieur (-0,2 point). Ces évolutions  
positives seraient contrebalancées par la contribution des variations  
de stocks, qui, par le seul jeu des effets d’acquis, passerait de +0,4  
point en 2017 à -0,1 point en 2018.  
(
allègement de la fiscalité du capital via la suppression de l’ISF et  
l’introduction d’un prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les  
revenus financiers), tout en étant moins concernées que les  
ménages par les hausses de prélèvements (alourdissement de la  
fiscalité écologique) et les mesures d’économies. Les ménages  
bénéficient également de baisses d’impôts significatives  
Politique budgétaire : sur le fil  
(
suppression de l’ISF, première réduction d’un tiers de la taxe  
d’habitation pour 80% d’entre eux, suppression des cotisations  
salariales maladie et chômage, PFU, élargissement du crédit  
d’impôt pour l’emploi à domicile) et de la première étape de  
revalorisation de diverses prestations (prime d’activité, minimum  
vieillesse, allocation adultes handicapés, chèque énergie). Mais les  
mesures de financement sont tout autant significatives, la hausse  
de la CSG et du prix du tabac s’ajoutant aux économies en  
dépenses et à la hausse de la fiscalité écologique. En même temps,  
les ménages, comme les entreprises, vont aussi tirer profit du grand  
plan d’investissement.  
L’année 2018 est aussi et surtout marquée par la mise en œuvre  
des nombreuses mesures fiscales et budgétaires du budget 2018.  
Le gouvernement s’est livré à un exercice d’équilibriste risqué. La  
question qui se pose est celle de limpact net sur la croissance  
sachant que les mesures passées continuent aussi de produire des  
effets : à quel point les baisses d’impôts et les hausses de  
dépenses contrebalancent-elles les hausses d’impôts et les baisses  
de dépenses, et réciproquement ? On ne peut avoir de certitude en  
la matière tant les mécanismes à l’œuvre sont multiples et difficiles  
à estimer. Le soutien à la croissance des unes et le frein exercé par  
les autres nous semblent toutefois globalement se neutraliser en  
Pour les ménages, il est donc difficile d’évaluer de quel côté penche  
la balance. Plus exactement, l’incertitude ne porte pas tant sur  
l’ampleur de l’effet net sur leur consommation (probablement limité)  
que sur son sens, positif ou négatif. Un élément pourrait toutefois  
faire pencher la balance du bon côté : l’emploi, entraîné à la hausse  
par le soutien budgétaire apporté à l’investissement des entreprises  
et à l’attractivité hexagonale, et aussi par l’effort d’accroissement de  
la flexisécurité sur le marché du travail via la quadruple réforme du  
Code du travail, de l’apprentissage, de la formation professionnelle  
et de l’assurance-chômage.  
2
018, sur le fil. C’est pourquoi nous maintenons inchangée notre  
prévision de croissance à 1,7% pour 2018. Nous maintenons  
également inchangée notre appréciation de la balance des risques,  
qui penche légèrement du côté haussier.  
Avant même que les différentes mesures n’entrent en vigueur en  
2018, un premier effet pourrait transiter, dès les derniers mois de  
1
Achats de billets et de téléviseurs en vue du championnat d’Europe de football ;  
achats de téléviseurs dus au changement de standard de diffusion télévisuelle ;  
rebond des dépenses d’énergie après leur chute du trimestre précédent due aux  
températures supérieures aux normales saisonnières.  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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