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DIRECTION DES ETUDES ECONOMIQUES  
Pays-Bas : budget sans surprise en attendant une nouvelle équipe  
L’activité s’est nettement redressée en 2017, portée par la  
consommation des ménages, l’investissement privé et les  
exportations.  
Grâce à un contexte économique favorable, l’excédent  
budgétaire 2017 s’établit à 0,6 % du PIB.  
Pays-Bas : Prévisions économiques  
(1)  
(1)  
(1)  
2019  
2
016  
2017  
2018  
Activité  
PIB  
2,2  
1,6  
5,5  
4,4  
4,2  
6,4  
3,2  
2,1  
5,7  
5,4  
5,1  
6,6  
2,2  
2,2  
3,4  
4,4  
5,0  
6,7  
1,7  
2,0  
2,5  
4,5  
5,3  
6,7  
Consommation privée  
Investissement fixe  
Exportations  
Le gouvernement démissionnaire a présenté le budget 2018  
qui ne comporte guère de mesures nouvelles. L’excédent  
budgétaire pourrait atteindre 0,8 % du PIB.  
Les négociations pour former un gouvernement se  
poursuivent entre les libéraux (conservateurs et sociaux) et  
les chrétiens-démocrates. Elles pourraient aboutir d’ici fin  
octobre.  
Le nouveau gouvernement devrait poursuivre les politiques  
budgétaires prudentes de la coalition sortante.  
Il faut s’attendre à une croissance forte dans les prochains  
trimestres, notamment grâce à la demande intérieure.  
Cependant, des pénuries croissantes de main-d’œuvre et de  
capacité pourraient freiner la production.  
Importations  
Taux d'épargne (%)  
Inflation & labour  
IPCH  
0,1  
1,3  
6,0  
1,4  
2,3  
4,8  
1,7  
1,3  
4,2  
2,0  
0,6  
4,2  
Emploi  
Chômage (%)  
Comptes extérieurs et publics (% du PIB)  
Compte courant  
8,5  
8,5  
0,6  
8,1  
0,6  
7,7  
0,4  
Solde des Adm. Publiques  
Dette publique (fin période)  
0,4  
Forte croissance en 2017  
61,8  
58,6  
55,9  
53,6  
Notes (1) prévisions ou données préliminaires  
En glissement annuel sauf indication contraire  
Source : BNP Paribas  
L’activité est nettement repartie à la hausse aux Pays-Bas  
depuis peu. Au premier semestre 2017, le PIB a grimpé de  
3,2 % par rapport à l’année précédente, les dépenses des  
ménages, l’investissement et le commerce extérieur ayant  
respectivement contribué à hauteur d’un point de pourcentage  
environ à la croissance du PIB (graphique 1).  
Croissance à large assise  
Contribution des composantes du PIB à la croissance, en g.a. et en points de  
pourcentage  
Les dépenses des ménages ont bénéficié d’une hausse  
substantielle du revenu réel disponible. Au premier semestre  
Consommation des ménages ▌Consommation publique ▌Investissement  
Commerce extérieur Croissance du PIB  
2
017, les salaires ont augmenté, en tout, de 3,3 % par rapport  
4
3
2
1
0
à l’année précédente. Une situation due en premier lieu au  
dynamisme du marché de l’emploi. Pendant cette période, le  
volume de l’emploi salarié a augmenté de 2,5 % par rapport à  
l’année précédente, entraînant une hausse des salaires  
d’environ 0,8 %, inférieure de moitié  
à
l’augmentation  
découlant des conventions salariales (1,6 %). Cet écart  
s’explique en partie par le remplacement des départs à la  
retraite de salariés relativement bien rémunérés par de plus  
jeunes moins bien payés. Mais cela pourrait aussi indiquer que  
les créations récentes sont pour la plupart des emplois à bas  
salaires.  
-
1
2
-
Deuxième pilier : l’investissement. Sur la période allant de  
janvier à juin 2017, les dépenses en capital des ménages et  
des entreprises ont augmenté de 7,5 % par rapport à l’année  
2015  
2016  
2017  
Graphique 1  
Source : Office néerlandais des statistiques  
economic-research.bnpparibas.com  
Raymond Van der Putten  
5 octobre 2017  
1
précédente, contribuant à hauteur d’un point de pourcentage à  
la croissance du PIB.  
La construction stimulée par le prix immobilier  
Permis de construire des logements en propriété (en milliers, é. d.)  
Prix de vente moyen dans l’ancien (en milliers d’EUR)  
Le secteur de la construction a joué un rôle important, sa  
valeur ajoutée ayant progressé de près de 6 % par rapport à  
l’année précédente. En particulier, l’investissement dans le  
logement, qui avait sensiblement reculé dans le sillage de la  
Grande récession, a poursuivi son essor, soutenu par des  
conditions de financement favorables et la nette appréciation  
de l’immobilier (graphique 2). Au premier semestre 2017,  
l’investissement dans le logement neuf était en hausse de  
Moyenne mobile sur 12 mois  
2
2
2
2
60  
50  
40  
30  
35  
30  
25  
20  
15  
10  
5
1
5 % par rapport à l’année précédente, une performance  
également due à des conditions météorologiques favorables.  
Les projets immobiliers excluant le logement reprennent  
également des couleurs, mais à un rythme beaucoup moins  
soutenu. Au premier semestre 2017, leur progression a été d’à  
peine 2,5 % par rapport à l’année précédente. Cela tient aux  
difficultés observées dans l’immobilier commercial, en  
particulier en dehors de la mégalopole de Randstad,  
constituée par les villes d’Amsterdam, Rotterdam, La Haye et  
Utrecht. Le taux de vacance des bureaux a baissé à 15,9 %  
vers la fin 2016, contre 17,1 % vers la fin 2015, en partie suite  
à la diminution de l’offre de bureaux. Selon NVM, association  
néerlandaise des agences immobilières, malgré la baisse de  
l’offre d’espaces de bureaux, 16,8 % des magasins vacants le  
sont depuis plus de trois ans, contre 15,7 % en 2015. Au  
premier semestre 2017, le secteur de la construction a  
contribué à hauteur de 0,4 point de pourcentage à la  
croissance du PIB en glissement annuel, soit légèrement  
moins qu’au cours du semestre précédent.  
220  
10  
200  
90  
2
1
0
2
010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017  
Graphique 2  
Source : Office néerlandais des statistiques  
Le manque de capacité relance l’investissement  
Investissement en machines-outils et équipements (en % et en g.a.)  
▬ Taux d’utilisation des capacités (é. d.)  
20  
90  
88  
1
5
0
5
0
5
86  
84  
82  
1
L’investissement en machines-outils et en équipements donne  
également des signes de reprise. D’après les résultats de  
l’enquête semestrielle sur l’investissement, les entreprises  
manufacturières ont l’intention d’augmenter leurs dépenses en  
capital de 15 % en 2017 contre 4 % seulement en 2016. Dans  
l’importante industrie chimique, l’investissement pourrait même  
croître de 50 %, une hausse en partie motivée par la pénurie  
de capacités. En juillet 2017, l’utilisation des capacités avait  
grimpé à 83,1 %, un plus haut depuis juillet 2008 (graphique 3).  
De plus, selon un nombre record de sociétés, la pénurie de  
main-d’œuvre et d’équipements a freiné la production.  
80  
78  
-
76  
74  
72  
-
10  
-15  
20  
-
70  
2
008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017  
Graphique 3 Sources : Office néerlandais des statistiques,  
Commission européenne  
Troisième et dernier pilier : la demande extérieure. La  
contribution des échanges nets à la croissance du PIB a  
grimpé à un point de pourcentage au premier semestre 2017,  
confirmant les rapports qui montrent une amélioration de la  
compétitivité de l’industrie néerlandaise sur les marchés à  
La baisse du chômage fait monter les salaires  
T1 2000 T2 2017  
Les salaires réels correspondent aux salaires nominaux déflatés de l’inflation sous-  
jacente. Le taux de chômage est retardé de six mois.  
l’exportation, au sein de l’Union européenne comme  
à
l’extérieur du marché commun. La production de l’industrie  
manufacturière a même grimpé de plus de 3 % sur la période  
allant de janvier à juin par rapport à l’année précédente.  
Toutefois, la contribution de ce secteur à la croissance du PIB  
est restée limitée à 0,5 point de pourcentage, une bonne partie  
de ses matières premières et biens intermédiaires étant  
importés. La principale contribution à la croissance au premier  
semestre 2017 a été celle du secteur du commerce et des  
services professionnels  en particulier les agences d’intérim  
et agences de voyages  à hauteur de 0,9 point dans chaque  
cas.  
4
3
2
1
0
T2 2017  
-1  
-2  
Grâce à l’accroissement de l’activité, le marché du travail  
continue de se tendre. Le taux de chômage (définition OIT) a  
baissé à 4,8 % à peine en juillet (6 % d’après la définition  
nationale, qui compte comme chômeur également les  
personnes ayant travaillé entre une et 12 heures).  
3
4
5
6
7
8
taux de chômage (%)  
Graphique 4  
Source : Office néerlandais des statistics  
economic-research.bnpparibas.com  
Raymond Van der Putten  
5 octobre 2017  
2
Ces bons résultats s’expliquent en partie par un large recours  
au travail à temps partiel. En 2016, les salariés néerlandais ont  
travaillé en moyenne 1360 heures par an, l’un des taux les  
plus bas de l’OCDE. Seule l’Allemagne affiche un nombre  
moyen d’heures annuelles travaillées inférieur (1298 heures).  
Le Parlement des Pays-Bas  
Deuxième  
Chambre  
Coalition prévue  
Sénat  
VVD  
Libérale-conservatrice.  
33  
13  
12  
10  
3
Les salaires ne réagissent que très lentement à la décrue du  
taux de chômage (graphique 4). Au T2 2017, les  
augmentations issues des conventions collectives se sont  
établies à 1,6 % par rapport à l’année précédente tandis que la  
hausse effective des salaires a été de 0,9 %, une situation qui  
s’explique par la conclusion de contrats salariaux portant  
souvent sur plusieurs années. De plus, les tensions sur le  
marché du travail ne sont pas uniformes. Le chômage  
concerne principalement les travailleurs faiblement qualifiés.  
Dans un tel contexte, les niveaux historiquement bas de  
l’inflation n’ont rien d’étonnant. En août, l’inflation totale  
s’établissait à 1,5 % (indice harmonisé) et l’inflation sous-  
jacente à 0,8 % à peine.  
CDA  
Démocrates-chrétiens  
Social-libéral  
19  
19  
5
D66  
CU  
Protestant  
Tottal coalition prévue  
Opposition  
PVV  
76  
38  
Droite populiste  
20  
14  
14  
9
9
4
GROENLINKS  
SP  
Protection environnementale  
Gauche radicale  
Travailliste  
9
PvdA  
8
PvdD  
Droits des animaux  
5
2
Other  
12  
150  
5
Malgré une hausse somme toute modérée des prix à la  
consommation, les prix de l’immobilier s’envolent depuis le  
milieu de l’année 2014. Au T2 2017, le prix du logement a  
augmenté de 7,7 % en moyenne, tout en se maintenant à 8 %  
en dessous du pic atteint au T3 2008. Il existe néanmoins  
d’importantes disparités géographiques avec une progression  
à deux chiffres dans les quatre plus grandes villes du pays. À  
Amsterdam, les prix ont même grimpé de 20 % par rapport à  
leurs niveaux d’avant la crise financière.  
Total des sièges  
75  
Sources : Kiesraad, BNP Paribas  
gouvernement démissionnaire ne peut, en tant que tel, adopter  
de nouvelles politiques ; aussi le budget 2018 ne comporte-t-il  
que de légers changements avec l’approbation des partis  
actuellement engagés dans les négociations pour former une  
alliance : EUR 270 m pour l’augmentation des salaires des  
enseignants du primaire, EUR 435 m de plus pour les maisons  
de soins et EUR 425 m pour soutenir le pouvoir d’achat des  
retraités et des allocataires. Les taxes et contributions sociales  
seront maintenues aux environs de 39 % du PIB.  
Les ménages, lourdement endettés, se félicitent du  
redressement du marché immobilier. La part des prêts  
hypothécaires « sous l’eau », c’est-à-dire ceux dont le solde  
est supérieur à la valeur de marché du bien, s’élevait à 20 %  
vers la fin de 2016, contre près de 40 % en 2013. À  
Amsterdam, elle est même passée à 10 % à peine des crédits  
hypothécaires, soit 30 points de pourcentage de moins qu’il y a  
trois ans. Pour la banque centrale néerlandaise, l’envolée des  
prix de l’immobilier n’est pas imputable au crédit. La  
croissance du crédit hypothécaire ne dépasse pas en effet  
D’après le Bureau central du Plan (CPB), le pouvoir d’achat  
des ménages moyens progressera de 0,6 % en 2018. Les  
employés peuvent s’attendre à une hausse d’un peu plus de  
% grâce aux augmentations substantielles découlant des  
conventions collectives. Pour les retraités et allocataires  
1
sociaux, le gain sera de près de 0,5 % l’année prochaine.  
0
,2 % par an. Une situation qui s’explique en partie par le  
Le gouvernement a annoncé que l’excédent grimperait à 0,8 %  
du PIB pour passer, en l’absence de nouvelles mesures, à  
,6 % du PIB en 2021. Mais cela a peu de chances de se  
produire. Une fois que la nouvelle équipe sera en place, le  
budget 2018 et les projections pluriannuelles seront modifiés.  
vieillissement de la population : le pourcentage de  
propriétaires agés, qui empruntent moins que les jeunes  
générations, est en augmentation. Près de 20 % des  
propriétaires ont plus de 55 ans contre moins de 10 %, dix ans  
auparavant. De plus, des conditions de prêts plus restrictives,  
comme la baisse du ratio maximum prêt sur valeur (LTV) et la  
limitation de la déduction fiscale des intérêts hypothécaires  
aux crédits avec amortissements par annuités ou  
remboursement linéaire, ont freiné le crédit aux ménages.  
1
La formation du nouveau gouvernement s’annonce  
compliquée  
Il ne sera pas facile de constituer un nouveau gouvernement,  
tant l’éventail des partis aux idées parfois opposées est large.  
Après le scrutin du mois de mars, le VVD, principale formation  
Budget 2018 : des excédents toujours plus élevés  
Après les élections législatives du mois de mars, la coalition  
sortante entre le VVD (libéraux-conservateurs) et le PvdA  
politique,  
a
pris l’initiative de constituer un nouveau  
gouvernement. L’objectif est de former une nouvelle alliance  
entre le VVD, les chrétiens-démocrates (CDA) et les sociaux-  
libéraux (D66). Comme ces trois partis ne représentent que 71  
sièges sur 150 à la Deuxième Chambre du parlement, il fallait  
trouver un quatrième partenaire. Après la sévère sanction des  
urnes, le PvdA a exclu toute participation ; il ne compte plus,  
en effet, que neuf sièges contre 38 avant l’élection. Les  
négociations avec la Gauche Verte (GL) ayant achoppé,  
officiellement sur le dossier de l’immigration, les trois  
formations vont à présent essayer de former un gouvernement  
avec la CU, petit parti protestant qui compte cinq sièges au  
parlement.  
(
travaillistes), ou gouvernement Rutte II, a perdu la majorité au  
parlement. Jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement,  
elle expédie les affaires courantes, en sa qualité de  
gouvernement démissionnaire.  
Les pourparlers en vue d’une coalition n’avançant que très  
lentement, le budget 2018 a été élaboré par le gouvernement  
Rutte II. Comme prévu, M. Dijsselbloem, ministre des Finances,  
a annoncé, non sans une certaine fierté, un excédent 2017  
bien supérieur aux prévisions (0,6 % du PIB contre un déficit  
de 0,5 %, d’après le budget présenté en septembre 2016) et  
ce, grâce à des résultats économiques meilleurs que prévu. Le  
economic-research.bnpparibas.com  
Raymond Van der Putten  
5 octobre 2017  
3
Ces quatre partis vont probablement approuver et poursuivre  
les politiques budgétaires mises en place par la coalition  
sortante. Les négociations traînent néanmoins en longueur, la  
CU étant particulièrement hostile à une nouvelle libéralisation  
de l’euthanasie, un projet de loi porté par D66. En revanche,  
ces deux partis sont favorables à un durcissement de la  
réglementation sur l’environnement et à une politique plus  
généreuse sur l’immigration, mais leurs propositions vont trop  
loin pour le VVD et le CDA.  
probablement avoir plus de certitudes sur le régime fiscal qui  
leur sera proposé et sur les autres avantages éventuels. De  
plus, les Pays-Bas pourraient être laissés de côté dans les  
discussions de l’UE sur l’approfondissement de l’intégration.  
Les négociations sont désormais entrées dans une phase  
décisive. Un nouveau gouvernement pourrait être formé d’ici  
fin octobre. En attendant, le gouvernement sortant Rutte II est  
celui qui est resté le plus longtemps au pouvoir depuis la  
Seconde Guerre mondiale.  
Il existe également des divergences sur la flexibilité du marché  
du travail. Le VVD souhaiterait voir augmenter le nombre et la  
durée des contrats temporaires tandis que D66 militerait plutôt  
en faveur d’un seul et même type de contrat, dont les  
garanties augmenteraient avec la durée. Pour les chrétiens-  
démocrates, le recours à des indépendants sans personnel  
Perspectives  
Les perspectives restent prometteuses, soutenues par le  
dynamisme de la demande intérieure et extérieure. Selon nos  
prévisions, la croissance économique devrait être d’environ  
2
% en 2018 comme en 2019, notamment grâce à la demande  
(
« zzp ») devrait faire l’objet de restrictions. Ces travailleurs  
intérieure soutenue. Les réductions d’impôts et de généreuses  
revalorisations salariales vont probablement stimuler la  
consommation privée. L’investissement devrait, dans un  
premier temps, rester fort, l’utilisation des capacités  
s’établissant à des niveaux record. De plus, le secteur de la  
construction continue de bénéficier de conditions de  
financement favorables, d’une solide demande de logements  
et de la baisse des taux de vacance dans l’immobilier  
commercial.  
seraient dans l’obligation de souscrire une assurance invalidité.  
Pour leur part, le VVD et D66 souhaiteraient uniquement  
faciliter l’affiliation de ces travailleurs aux régimes de retraite.  
La flexibilité du marché du travail n’est pas seulement un sujet  
sensible pour les partis de la future coalition, mais aussi pour  
les syndicats et les organisations patronales. Les négociations  
sur la réforme du marché du travail ont récemment échoué  
entre les partenaires sociaux réunis au sein du Conseil social  
et économique. Les pourparlers se poursuivent néanmoins sur  
la réforme des retraites. L’issue de ces tractations influencera  
également les négociations sur la coalition, la réforme des  
retraites comptant parmi les questions prioritaires du prochain  
gouvernement. Les quatre formations prônent un système de  
retraite plus individuel avec partage collectif des risques.  
Des goulets d’étranglement sont néanmoins apparus. Le  
secteur de la construction résidentielle pâtit de l’insuffisance  
de terrains constructibles. De plus, avec la décrue persistante  
du chômage, les tensions se renforcent sur le marché du  
travail. De nombreux chefs d’entreprises se plaignent en effet  
de la difficulté à trouver de la main-d’œuvre suffisamment  
qualifiée. En conséquence, les syndicats ont d’ores et déjà  
porté à 3 % le niveau de leurs revendications salariales dans  
la perspective des prochaines conventions collectives.  
Le nouveau gouvernement commencera par revoir le budget  
2
018 avec, en ligne de mire, les élections municipales qui  
doivent se tenir en mars prochain. Les partis de la coalition  
s’attacheront probablement à présenter un ensemble de  
mesures de nature à séduire les électeurs, notamment une  
réduction de l’impôt ciblée sur les revenus moyens. Les  
chrétiens-démocrates (CDA et CU) entendent améliorer le  
régime fiscal des couples mariés à salaire unique. De plus, le  
prochain gouvernement investira certainement dans la santé,  
l’éducation, la sécurité et la protection de l’environnement. Les  
mesures déjà adoptées dans le cadre du budget 2018 sont loin  
d’être suffisantes. Aucune augmentation n’est prévue pour le  
budget de la défense et celui de la protection de  
l’environnement.  
Des augmentations salariales plus généreuses risquent de  
compromettre la compétitivité et d’amputer les marges  
bénéficiaires. Les entreprises pourraient dès lors être tentées  
de délocaliser certaines de leurs activités. À court terme, de  
telles évolutions pourraient peser sur les dépenses en capital  
et les exportations. La contribution du commerce extérieur à la  
croissance du PIB va probablement diminuer et l’excédent  
notable des paiements courants devrait reculer.  
De plus, la hausse des revendications salariales va également  
faire grimper les prix à la consommation. L’inflation devrait  
atteindre 2 % dans les trimestres à venir.  
Quoi qu’il en soit, le temps presse pour les négociateurs. Pour  
réellement modifier en profondeur le budget 2018, ils doivent  
rapidement parvenir à un accord en raison du déclenchement  
automatique de certaines mesures. Le parlement a déjà gelé à  
EUR 385 le risque personnel dans le cadre des régimes  
d’assurance santé. Si rien n’avait été fait, il aurait  
Après l’entrée en fonction du nouveau gouvernement,  
l’orientation budgétaire va certainement devenir plus  
accommodante en raison de la réduction de la charge fiscale.  
Quoi qu’il en soit, les finances publiques devraient rester  
excédentaires dans les prochains trimestres permettant ainsi à  
la dette publique de poursuivre sa décrue.  
automatiquement augmenté  
à EUR 400. Les chrétiens-  
démocrates et tous les partenaires de l’opposition souhaitent  
l’abaisser dans les années à venir. Par ailleurs, l’absence de  
gouvernement pleinement opérationnel est un sérieux  
handicap pour les Pays-Bas sur la scène internationale. À  
l’approche du Brexit, certaines multinationales envisagent de  
transférer leur siège du Royaume-Uni en Europe et souhaitent  
economic-research.bnpparibas.com  
Raymond Van der Putten  
5 octobre 2017  
4
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
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