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EcoPerspectives // 3 trimestre 2018  
economic-research.bnpparibas.com  
France  
Croissance sous surveillance  
Au début de l’année 2018 et jusqu’à l’approche de l’été, la croissance française a été pénalisée par un certain nombre de facteurs  
ponctuels (fiscalité, grèves dans les transports) ou impondérables (tensions sur les prix du pétrole). Au second semestre, elle devrait  
accélérer de nouveau grâce aux facteurs internes de soutien qui reprendraient le dessus (amélioration du marché du travail, baisses  
d’impôts, conditions de financement et politique économique favorables). Le maintien d’une demande mondiale dynamique est aussi une  
hypothèse centrale mais plus incertaine, entourant d’un risque baissier notre prévision de 2% de croissance en moyenne cette année.  
Rétrogradage  
1- Croissance et inflation  
Au premier trimestre 2018, la croissance française a connu un  
accès de faiblesse particulièrement marqué. Le PIB n’a, en effet,  
progressé que de 0,2% t/t, une rupture de rythme nette après une  
série de cinq trimestres avec une croissance comprise entre 0,6%  
et 0,8% t/t.  
Croissance du PIB (%)  
Inflation (%)  
Prévision  
Prévision  
2.3  
2
.0  
2.0  
1
.9  
Le ralentissement est, de plus, généralisé à presque toutes les  
composantes du PIB. La consommation des ménages n’a  
pratiquement pas progressé pour le deuxième trimestre d’affilée  
1.6  
1.1  
1.2  
17  
1.0  
0
.3  
(
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0,1% après 0,2% t/t), une atonie à mettre en regard du recul de  
,6% t/t de leur pouvoir d’achat. Ce recul important est imputable au  
0
.1  
calendrier particulier des mesures fiscales du budget 2018. Leur  
impact négatif sur le pouvoir d’achat est double : au travers de  
l’augmentation des prélèvements fiscaux et sociaux (le relèvement  
de la CSG l’emportant sur la diminution, avant suppression totale  
ultérieure, des cotisations salariales maladie et chômage) et au  
travers de l’effet haussier sur l’inflation de l’alourdissement de la  
fiscalité sur les carburants et le tabac. La bonne nouvelle est que le  
taux d’épargne des ménages a joué son rôle d’amortisseur, sa  
baisse évitant celle de la consommation malgré le recul du pouvoir  
d’achat.  
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Sources : comptes nationaux, BNP Paribas  
pour une contribution totale de 0,1 point, soit près de la moitié de la  
contribution de la demande intérieure finale (0,2 point).  
Cet accès de faiblesse de la croissance au premier trimestre 2018  
peut être mis sur le compte de trois types de facteurs. Il existe, tout  
d’abord, des facteurs ponctuels (l’épisode de froid entre fin février et  
début mars, les évolutions de la fiscalité sur les ménages et le  
freinage des exportations susmentionnés). On peut aussi voir dans  
le tassement de la croissance au premier trimestre un contrecoup  
ponctuel après plusieurs trimestres sur un rythme soutenu. Jouent,  
ensuite, des facteurs exogènes, comme la remontée des prix du  
pétrole, l’appréciation passée de l’euro, les inquiétudes engendrées  
par les tensions commerciales et l’escalade protectionniste  
alimentées par les Etats-Unis. Interviennent, enfin, les facteurs liés  
au cycle et au positionnement de l’économie française dans ce  
cycle. D’après les indicateurs disponibles, et au regard notamment  
des tensions sur les capacités et les facteurs de production, la  
France serait, en effet, entrée dans la phase d’expansion (phase  
intermédiaire du cycle entre la reprise et le blocage), qui se  
caractérise par une décélération de la croissance, celle-ci restant  
L’investissement des entreprises et des ménages a également  
nettement marqué le pas (respectivement 0,1% après 1,2%, et  
0,2% après 0,6% t/t), ce qui était attendu après plusieurs trimestres  
très dynamiques mais pas avec cette ampleur. Le recul des  
exportations (-0,3% t/t) constitue une autre mauvaise nouvelle mais  
qui peut être plus facilement relativisée. Il s’agit pour partie d’un  
contrecoup après la forte progression du trimestre précédent (2,4%),  
un phénomène déjà observé fin 2016-début 2017 et dont on  
s’attend à ce qu’il se reproduise au tournant de 2018-2019. La forte  
hausse du nombre d’Airbus exportés en toute fin d’année est à  
l’origine de ces variations. D’autre part, le recul des exportations et  
la faiblesse des autres composantes de la demande intérieure finale  
ont entraîné dans leur sillage les importations (-0,1% t/t). La  
contribution négative du commerce extérieur se limite donc à  
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toutefois supérieure à son rythme potentiel .  
Faute de pouvoir distinguer précisément ce qui relève de chacun de  
ces facteurs, il est également difficile d’estimer l’ampleur du rebond  
à venir une fois les freins ponctuels dissipés. Il devrait toutefois  
s’avérer limité au deuxième trimestre, pour une petite partie à cause  
des grèves dans les transports dont l’INSEE estime l’impact sur la  
croissance à, au plus, -0,1 point. La poursuite du repli des enquêtes  
sur le climat des affaires en avril et mai, qui ne porte que  
-
0,1 point. La contribution nulle des variations de stocks constitue,  
par ailleurs, une amélioration relative après avoir ôté 0,4 point à la  
croissance au quatrième trimestre 2017.  
En hausse, respectivement, de 0,3% et 0,4% t/t, la consommation  
et l’investissement publics se retrouvent être les deux composantes  
du PIB avec le taux de croissance le plus élevé au premier trimestre,  
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France : où en est-on dans le cycle, Conjoncture n°5, juin 2018  
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EcoPerspectives // 3 trimestre 2018  
economic-research.bnpparibas.com  
partiellement la trace des grèves, a aussi refroidi les attentes d’un  
net rebond. La stabilisation en juin de l’indice composite de l’INSEE  
2- France : pouvoir d’achat et consommation des ménages  
Pouvoir d’achat (g.a.) Consommation (g.a.)  
(
à 106) et le redressement de l’indice PMI de Markit (de 54 à 56)  
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3
2
1
%
sont une bonne nouvelle pour la croissance au troisième trimestre  
mais ils ne suffisent pas à changer la donne au deuxième.  
%
Les données d’activité actuellement disponibles pour le deuxième  
trimestre sont également mitigées. Le rebond de la consommation  
en biens des ménages en mai (0,9% m/m) ne corrige que  
partiellement leur baisse marquée en avril (-1,8% m/m). Leur acquis  
de croissance pour le T2 reste négatif à hauteur de 0,4%. La  
nouvelle baisse de la production industrielle en avril (dernier point  
disponible, -0,5% après -0,4% m/m en mars) se traduit par un  
acquis négatif de même ampleur.  
%
%
0%  
-1%  
-2%  
Notre modèle nowcast estime toutefois à 0,4% t/t la croissance au  
deuxième trimestre sur la base des données d’enquêtes comme  
des données d’activité. C’est aussi notre prévision sur la base des  
composantes du PIB. Le rebond ne viendrait pas de la  
consommation, qui progresserait à peine plus qu’au premier  
trimestre, mais de l’investissement des entreprises et des  
exportations. Notre prévision est légèrement plus haute que celle de  
l’INSEE ou de la Banque de France, qui tablent sur 0,3%. Nous  
considérons cette différence comme non significative dans la  
mesure où le détail de notre prévision est très proche de celui de  
l’INSEE.  
2006  
2008  
2010  
2012  
2014  
2016  
2018  
Sources : INSEE, prévisions BNP Paribas  
personnelles de production est plus particulièrement encourageante.  
La croissance au troisième trimestre devrait aussi bénéficier d’un  
petit « effet rebond », de l’ordre de 0,1 point, lié au retour à la  
normale supposé de l’activité après les grèves du deuxième  
trimestre.  
Plus fondamentalement, l’amélioration du marché du travail  
poursuite des créations d’emplois, de la baisse du taux de  
(
chômage et début de redressement des salaires) constitue un  
soutien important du revenu disponible des ménages et donc de  
leur consommation. A compter de la fin de l’année, revenu comme  
consommation devraient aussi trouver un soutien important dans les  
baisses d’impôts prévues (suppression des cotisations salariales  
maladie et chômage, baisse de la taxe d’habitation). Les entreprises  
bénéficient également d’un certain nombre d’allègements fiscaux .  
A ce soutien de la politique budgétaire, il convient d’ajouter celui de  
la politique économique et des réformes actuellement mises en  
œuvre, même s’il est encore limité à ce stade .  
Plus de soutiens que de freins ?  
En revanche, pour le second semestre de 2018, notre scénario  
demeure relativement favorable (0,6% t/t de croissance attendu au  
troisième trimestre puis 0,5% t/t au quatrième contre deux fois 0,4%  
t/t pour l’INSEE). Notre prévision pour l’année 2018 s’élève encore  
à 2%, quand celle de l’INSEE s’établit à 1,7% et celle de la Banque  
de France à 1,8%. Elle figure également légèrement au-dessus du  
consensus (1,9%).  
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Les tensions sur les capacités de production nous semblent, par  
ailleurs, être davantage un vecteur de croissance qu’un frein, en  
tout cas en 2018, car elles ont un effet stimulant sur l’investissement  
des entreprises. Et celles-ci, comme les autres agents économiques  
Certes, depuis mars, le ciel s’est voilé, les perspectives de  
croissance apparaissent moins dégagées et favorables et les  
inquiétudes afférentes sont allées crescendo. On se trouve dans  
une situation où l’on doit soupeser les vents contraires et les  
facteurs de soutien à la croissance pour tenter de déterminer  
lesquels l’emportent. Certes, la menace d’accentuation des tensions  
commerciales se fait plus sérieuse. Et la remontée des prix du  
pétrole exerce d’ores et déjà un effet négatif concret sur la  
croissance. Les mesures d’économies budgétaires, qui restent  
d’actualité, constituent un autre frein concret à la croissance. Le  
manque de détails ne permet toutefois toujours pas d’être plus  
précis sur la nature et l’ampleur de ce frein, en particulier à quel  
point il peut l’emporter sur les mesures de soutien budgétaire.  
Compte tenu de ces éléments, la croissance française en 2018  
risque plus de surprendre à la baisse qu’à la hausse.  
(
secteur financier, ménages, administrations publiques), bénéficient  
de conditions de financement toujours très favorables. Enfin, la  
croissance mondiale est peut-être dans une dynamique moins  
généralisée et plus dépendante de la bonne tenue de la croissance  
américaine (alors même que ce sont aussi des Etats-Unis que  
viennent les principales craintes de retournement) mais, pour le  
moment, l’une comme l’autre restent élevées et les perspectives  
outre-Atlantique demeurent positives, soutenues par les effets du  
stimulus budgétaire.  
Toutefois, la poursuite de la reprise reste à nos yeux l’hypothèse la  
plus probable. A court terme et comme déjà évoqué, les enquêtes  
sur le climat des affaires ont terminé le deuxième trimestre sur une  
note positive, de bon augure pour le troisième trimestre. La nette  
amélioration du jugement des industriels sur leurs perspectives  
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France : moins de déficit, moins d’impôts, moins de dépenses, EcoFlash n°21,  
9 octobre 2017  
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France : Macrononomics, an 1, EcoFlash n°4, 29 mai 2018  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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