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EcoEmerging// 2 trimestre 2018  
economic-research.bnpparibas.com  
Emirats Arabes Unis  
Des perspectives économiques positives  
Dans un environnement régional moins porteur et un contexte de consolidation budgétaire, l’activité économique est restée  
positive malgré un trou d’air en 2017. La hausse modérée des prix du pétrole en 2018 ainsi qu’un stimulus budgétaire devront  
permettre un retour progressif à une croissance plus soutenue, même si des incertitudes géopolitiques et économiques subsistent.  
L’équilibre budgétaire reste précaire mais la solvabilité du gouvernement demeure solide. A moyen terme, l’endettement extérieur  
du secteur public devrait continuer d’augmenter. Les Emirats bénéficient de conditions financières favorables, ce qui aidera à la  
poursuite de la diversification de l’économie.  
Dubaï reste le moteur de l’activité économique  
1-Prévisions  
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016 2017 2018e 2019e  
En 2017, les Emirats Arabes Unis (EAU) ont enregistré leur plus  
faible taux de croissance économique depuis la crise de 2009. Le  
PIB a augmenté de 1,1% en termes réels, pénalisé par la baisse du  
PIB pétrolier (-1%) liée aux restrictions de production imposées par  
l’OPEP, et par la faiblesse de l’activité non pétrolière (70% du PIB  
total). Cette dernière n’a progressé que de 2% en 2017 (contre  
PIB réel, variation annuelle (%)  
Inflation moy enne (IPC, %)  
3,0  
1,8  
1,1  
2,1  
-1,7  
21  
3,0  
2,8  
1,0  
19  
3,7  
2,5  
0,0  
18  
Solde budgétaire / PIB (%)  
-4,3  
21  
Dette publique / PIB (%)  
Solde courant / PIB (%)  
3,8  
65  
7,4 13,1  
9,7  
65  
4,6% en moyenne entre 2012 et 2016), soit la croissance la plus  
Dette extérieure / PIB (%)  
69  
95  
66  
100  
3,5  
faible parmi les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG),  
hormis l’Arabie Saoudite. Cette sous-performance de la croissance  
émiratie est due aux conséquences négatives de la consolidation  
budgétaire à Abu Dhabi (57% du PIB total), tandis qu’à Dubaï  
l’activité subissait les conséquences négatives de la conjoncture  
pétrolière déprimée et des tensions politiques régionales. Dominée  
par les services et très ouverte sur l’extérieur, l’économie de Dubaï  
est particulièrement sensible aux variations de la situation politique  
régionale.  
Réserves de change, mds USD  
Réserves de change, en mois d'import.  
Taux de change USDAED (fin d'année)  
85  
105  
3,5  
3,67  
3,2  
3,4  
3,67 3,67 3,67  
e: estimations et prévisions BNP Paribas Recherche Economique Groupe  
2- Croissance du PIB réel (%)  
Hydrocarbures  Hors hydrocarbures  Total  
1
5
0
5
0
A Abu Dhabi, l’introduction de nouvelles taxes sur les expatriés et  
sur certains produits de consommation a eu un effet négatif sur la  
consommation privée. A Dubaï, l’activité touristique a connu une  
nouvelle année difficile bien qu’en amélioration par rapport à 2016.  
Le chiffre d’affaires hôtelier a baissé de 3,5% (après une chute de  
1
1
0% en 2016), tandis que le taux d’occupation des hôtels a  
légèrement augmenté de 0,5%. L’activité aéroportuaire a connu en  
017 sa croissance la plus faible jamais enregistrée (+5,5%). La  
2
-5  
-10  
fréquentation touristique en provenance du CCG (20% du total) a  
significativement diminué avec notamment une baisse de 6% du  
nombre de touristes saoudiens (deuxième pays d’origine des  
touristes derrière l’Inde). Si, d’une manière générale, les  
conséquences économiques de l’embargo touchant le Qatar ont été  
limitées (les échanges commerciaux avec le Qatar représentent  
moins de 1% de l’ensemble du commerce extérieur des EAU), les  
effets sur l’activité du secteur des services n’ont pas été  
négligeables à Dubaï. Les dépenses de consommation effectuées  
05  
06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16e 17e 18e 19e  
Sources : Département des statistiques économiques, BNP Paribas  
devrait être soutenue par un relâchement des mesures de  
consolidation budgétaire à Abu Dhabi et un environnement plus  
favorable à l’économie de Dubaï. La TVA a été introduite en janvier  
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018 mais au taux réduit de 5% et avec de nombreuses exemptions.  
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par les touristes qataris (4 plus gros contributeurs en 2016) ont  
D’une manière générale, une meilleure conjoncture pétrolière (nous  
anticipons une hausse de 19% du prix moyen du baril de pétrole  
brut cette année) et une politique budgétaire plus accommodante  
dans la région devraient être favorables aux secteurs du tourisme et  
de l’immobilier. Un autre moteur de l’activité à Dubaï est la poursuite  
des investissements liés à l’organisation de l’Exposition universelle  
de 2020. Environ USD 7 mds (5,7% du PIB de Dubaï) ont été  
alloués à ces investissements.  
chuté de 42%. L’activité du secteur de la construction est restée  
soutenue bien que la baisse des prix de l’immobilier se soit  
poursuivie en 2017.  
Accélération modérée de l’activité attendue en 2018  
Le rebond de l’activité attendu en 2018 devrait être modéré. Etant  
donné la reconduction par les membres de l’OPEP de l’accord de  
2017, le PIB pétrolier devrait rester stable. L’activité non pétrolière  
La banque  
d’un monde  
qui change  
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Cependant les indicateurs de l’activité de court terme restent  
mitigés. L’indice PMI est en baisse depuis novembre 2017 mais  
reste largement en territoire positif (54,8 en mars 2018). Le crédit  
bancaire au secteur privé continue de progresser à un rythme faible.  
Le crédit aux entités quasi-publiques continue de décroître en  
rythme annuel (-9,7% en février 2018) et la croissance de celui  
destiné au secteur privé est tout juste positive (+1,4%). La remontée  
actuelle des taux d’intérêt américains risque de limiter toute  
tentative de reprise du crédit. L’ancrage du dirham au dollar impose  
à la banque centrale des EAU de suivre la politique monétaire  
américaine. Le taux interbancaire à trois mois a augmenté de plus  
de 90 points de base (pb) depuis octobre dernier à 2,46%.  
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- Conditions de financement  
Spread CDS 5 ans Abu Dhabi, pb, é.g.  EIBOR 3 mois, %  
140  
120  
100  
2,5  
2
1
1
0
0
,5  
80  
60  
4
0
0
0
,5  
2
Le rebond de l’activité en 2018 reste vulnérable à un certain nombre  
d’éléments : le niveau des prix du pétrole, la reprise économique en  
Arabie Saoudite, le risque de dépréciation du rouble (en 2017, la  
2015  
2016  
2017  
2018  
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Russie était le 4 contributeur étranger à la consommation à Dubaï),  
Sources : Thomson Reuters, CBUAE  
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l’évolution du régime de sanctions appliqué à l’Iran (5 partenaire  
commercial des EAU).  
Une dette publique élevée mais soutenable  
Les dépenses budgétaires restent sous contrôle  
Si la dette des administrations publiques est modérée, celle du  
secteur public au sens large est importante. Elle est principalement  
liée à la période de surendettement des conglomérats dubaïotes au  
cours de la décennie précédente. Selon les estimations du FMI, la  
dette publique de Dubaï (incluant les participations  
gouvernementales supérieures à 50%) équivaut à 111% du PIB de  
Dubaï (25% du PIB à Abu Dhabi). En 2018 les tombées de dette  
sont significatives pour Dubaï (équivalant à 26% du PIB) mais la  
dette sera reconduite.  
En 2017, le budget des EAU a enregistré un déficit pour la troisième  
année consécutive (1,7% du PIB). La remontée attendue des  
recettes budgétaires pétrolières en 2018 devrait permettre au  
gouvernement de dégager un léger excédent (1,0% du PIB attendu).  
La situation financière du gouvernement reste très confortable. Sa  
dette est estimée à 21% du PIB en 2017, tandis que les avoirs  
extérieurs sont estimés à presque deux fois le PIB.  
L’effort de consolidation budgétaire devrait se poursuivre,  
notamment à Abu Dhabi (environ 70% du budget consolidé des  
EAU), mais à un rythme moindre que lors des années précédentes.  
Le gouvernement a prévu d’augmenter les dépenses liées à  
l’éducation et à la santé. La hausse de la fiscalité devrait être plus  
modérée à partir de cette année mais les efforts de rationalisation  
du secteur public se poursuivent. En 2017, le gouvernement a  
procédé à des fusions importantes dans le secteur bancaire et dans  
celui des fonds souverains. A Dubaï, le budget est plus clairement  
expansif. Il prévoit en effet une hausse des dépenses totales de  
Etant donné la hausse des taux d’intérêt internes et les conditions  
de financement favorables sur les marchés internationaux, la dette  
externe du secteur public devrait continuer d’augmenter à moyen  
terme. Le gouvernement d’Abu Dhabi a procédé à deux émissions  
d’Eurobonds en 2016 et 2017 (USD 10 mds), tandis que certaines  
entreprises publiques (ADCOP et Investment Corporation of Dubaï)  
ont fait appel au marché pour des montants importants. Les besoins  
de financement vont rester élevés étant donné le fragile équilibre  
budgétaire et les projets d’investissements. Ainsi la compagnie  
pétrolière nationale d’Abu Dhabi (ADNOC) prévoit de dépenser  
USD 109 mds dans le raffinage, la pétrochimie et l’exploration  
gazière au cours des cinq prochaines années.  
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0% avec une augmentation des dépenses en infrastructures de  
7%, notamment en lien avec l’Exposition Universelle de 2020.  
Malgré la consolidation budgétaire entreprise depuis 2015, la  
vulnérabilité des finances publiques aux variations du prix du pétrole  
va rester importante à moyen terme. Une grande partie des  
dépenses sont difficilement compressibles et l’impulsion de l’activité  
économique reste largement dépendante de l’Etat. La hausse des  
revenus fiscaux non pétroliers, liée à l’introduction de nouvelles  
taxes, est pour le moment faible par rapport à l’ensemble des  
revenus budgétaires. Ainsi, la TVA introduite en janvier 2018 ne  
devrait au mieux que rapporter l’équivalent de 1,5% du PIB. A  
moyen terme, étant donné les perspectives mitigées de prix du  
pétrole et la pression à la hausse des dépenses publiques, le solde  
budgétaire ne devrait être au mieux que légèrement positif.  
A moyen terme, les perspectives économiques des EAU sont  
positives, notamment grâce à la complémentarité économique des  
différents émirats. Le développement de l’aval pétrolier se poursuit  
à Abu Dhabi, permettant d’améliorer la valorisation des ressources  
en hydrocarbures. A Dubaï, si le tourisme reste une activité  
importante, d’autres secteurs connaissent des perspectives  
encourageantes. Ainsi Dubaï se positionne de plus en plus comme  
la plateforme régionale pour les nouvelles technologies.  
Pascal Devaux  
pascal.devaux@bnpparibas.com  
La banque  
d’un monde  
qui change  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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