Conjoncture

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Conjoncture // Février 2018  
economic-research.bnpparibas.com  
Les résultats publiés par les grandes banques espagnoles pour 2017 sont encourageants. Le système bancaire espagnol affiche, depuis  
013, une relative stabilité de ses revenus, à la faveur du maintien des revenus nets d’intérêts et des commissions nettes. La gestion  
2
active des créances douteuses et le renforcement des relais de croissance à l’étranger ont contribué au redressement de la rentabilité  
financière. Le système bancaire espagnol devrait continuer de bénéficier des effets positifs de ses efforts passés de restructuration et  
de consolidation. Des disparités demeurent néanmoins entre établissements tandis que les ratios de solvabilité restent sous pression.  
Le système bancaire espagnol a connu un important mouvement de Les plus grandes banques espagnoles ont affiché, en 2017, une  
consolidation. Le nombre de banques a diminué de plus de moitié entre dynamique de résultats plus favorable que celle de l’ensemble du  
2007 et 2016 dans le cadre d’un vaste plan de restructuration et système bancaire espagnol entre le T3 2016 et le T3 2017.  
d’assainissement sous l’égide du gouvernement et du Mécanisme  
européen de stabilité (MES). Cette initiative a constitué une réponse  
aux conséquences de la crise immobilière de 2008 et 2009, qui se sont  
D’importantes disparités demeurent cependant en termes d’évolution  
des revenus. Les deux groupes bancaires internationaux, Santander et  
BBVA, ont bénéficié d’une hausse de leur PNB (respectivement +10,3%  
et +2,5%). A l’inverse, en dépit d’un effet périmètre positif consécutif à  
1
aggravées en 2012 et 2013 .  
Les efforts engagés par le système bancaire espagnol lui ont permis l’intégration de Banco Mare Nostrum (BMN), les revenus de Bankia se  
d’afficher une relative stabilité de ses revenus depuis 2013 mais sont repliés de 3,2% en 2017 (-4,4%, pro forma).  
également de restaurer sa rentabilité, qui demeure toutefois à un niveau  
La relative stabilité du PNB des banques espagnoles s’explique à la fois  
inférieur de moitié à celui de 2008, et d’améliorer, en tendance, sa  
par celle des revenus nets d’intérêts et par celle des commissions  
solvabilité. Toutefois, d’importantes disparités entre établissements  
nettes.  
demeurent. Le rachat en juin 2017 de Banco Popular par Santander  
pour 1 euro symbolique tend à démontrer la persistance de fragilités.  
L’étude du compte de résultat agrégé des banques espagnoles permet  
de souligner les évolutions saillantes depuis 2008 et de dresser  
quelques perspectives.  
Les revenus nets d’intérêts constituent la part essentielle du PNB du  
système bancaire espagnol. Ils se sont maintenus, en moyenne, autour  
de EUR 63,7 mds entre 2008 et 2016. Leur relative stabilité depuis  
2
013 est d’autant plus remarquable qu’elle a été obtenue dans un  
Le produit net bancaire (PNB) du système bancaire espagnol affiche, contexte de réduction de l’activité des banques en Espagne. Le volume  
depuis 2013, une relative stabilité. Après une baisse de 2,6% en 2013, global d’activité et la marge nette d’intérêt « mondiale » ont été  
il a enregistré deux années consécutives de croissance en 2014 soutenus par le développement de relais de croissance à l’étranger.  
(
2
+3,6%) et 2015 (+4,7%), de sorte que le repli de 5,7% enregistré en  
016 a ramené le PNB agrégé à un niveau comparable à celui de 2011  
2
Les revenus nets d’intérêts représentent toujours 69% du PNB  
des banques espagnoles  
et de 2012 (cf. tableau 1).  
Depuis 2008, les revenus nets d’intérêts n’affichent pas de tendance  
tranchée et oscillent autour de leur moyenne. Après une progression de  
4
2
,3% en 2014 et de 10,2% en 2015, ils se sont contractés de 3,7% en  
016. Entre le T3 2016 et le T3 2017, ils ont connu une nouvelle  
1
Banque d’Espagne (2017), Informe sobre la crisis financiera y bancaria en  
España, 2008-2014  
progression de 4,3%. Les chiffres pour 2017 des plus grandes banques  
espagnoles font généralement état d’une hausse de leurs revenus nets  
d’intérêts mais, de nouveau, avec de fortes disparités. Ainsi, les  
revenus nets d’intérêts de Santander progressaient de 10,3% en 2017  
alors que ceux de Bankia se repliaient de 8,4% (BMN compris). BBVA  
comptabilise également une hausse de ses revenus nets d’intérêts mais  
elle est inférieure de plus de moitié à celle de Santander (4,1%). Les  
revenus nets d’intérêts de Banco Sabadell (TSB compris) restent quasi-  
inchangés avec une baisse contenue en dessous du point de  
pourcentage.  
2
Les données proviennent des Consolidated Banking Data 2 (CBD2) de la BCE.  
Elles couvrent tous les groupes bancaires et les établissements individuels  
consolidés ainsi que les filiales et succursales des banques étrangères établies  
en Espagne. Au total, les données CDB2 couvrent presque l’intégralité du  
système bancaire de l’Union européenne, soit 337 groupes bancaires et 3063  
établissements individuels au 30 juin 2017. Les CBD2 fournissent une image  
exhaustive du système bancaire espagnol en intégrant les activités à l’étranger  
qui peuvent représenter une source importante de revenus pour des banques  
comme BBVA ou Santander. Les CBD2 sont, en outre, proches des données  
publiées dans le Rapport de stabilité financière de la Banque d’Espagne et  
facilitent les comparaisons entre pays. Leur inconvénient est d’être publiées  
avec un certain retard, ce qui limite les observations pour 2017.  
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Conjoncture // Février 2018  
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Compte de résultat agrégé des banques espagnoles entre 2008 et 2016  
EUR Mds  
2008  
90,3  
55,9  
21,2  
13,2  
-42,0  
-24,4  
-17,7  
48,3  
-27,7  
2009  
105,6  
68,5  
2010  
98,8  
64,1  
22,1  
12,6  
-47,0  
-26,6  
-20,5  
51,8  
-31,8  
2011  
95,4  
61,9  
23,0  
10,6  
-48,8  
-27,5  
-21,3  
46,7  
-44,0  
2012  
96,4  
2013  
93,9  
59,6  
21,9  
12,4  
-48,7  
-26,9  
-21,8  
45,2  
-38,8  
2014  
97,3  
62,2  
21,8  
13,3  
-46,8  
-25,3  
-21,5  
50,5  
-33,1  
2015  
101,9  
68,5  
2016  
96,1  
66,0  
23,0  
7,1  
T3 2016/T3 2017  
1,9%  
Produit net bancaire  
dont revenus nets d'intérêts  
dont commissions nettes  
dont autres revenus nets  
Frais généraux  
66,3  
4,3%  
21,2  
22,3  
23,0  
7,3%  
15,9  
7,9  
10,4  
-31,3%  
0,7%  
-44,9  
-25,6  
-19,2  
60,7  
-48,3  
-26,8  
-21,5  
48,1  
-51,1  
-27,7  
-23,3  
50,8  
-51,0  
-27,9  
-23,1  
45,1  
-27,7  
dont frais de personnel  
dont autres charges d'exploitation  
Revenu brut d'exploitation  
0,6%  
0,7%  
3,2%  
Coût du risque  
-39,6  
-103,0  
-31,3  
n.a.  
Impôts sur les bénéfices et autres  
produits et charges courants  
Autres produits et charges  
exceptionnels  
3,5  
-0,9  
-1,1  
-2,1  
1,7  
5,2  
-3,4  
-2,5  
-3,9  
n.a.  
0,4  
0,0  
0,0  
0,0  
0,4  
1,9  
0,0  
0,0  
0,0  
n.a.  
Résultat net  
24,6  
20,3  
18,9  
0,5  
-52,8  
13,6  
13,9  
17,0  
13,5  
6,0%  
Tableau 1  
Sources : BCE CBD2, BNP Paribas  
En 2016, les revenus nets d’intérêts représentaient 69% du PNB, en  
hausse constante depuis 2008 (62%). Ceci n’est pas propre aux plus  
petits établissements. En effet, les revenus nets d’intérêts  
représentaient 71% du PNB de Santander ou encore 70% de celui de  
BBVA en 2017. En comparaison, les revenus nets d’intérêts du système  
bancaire de l’ensemble de la zone euro constituaient 57% de son PNB  
en 2016 (contre 67% en 2008). Le système bancaire espagnol compte,  
par conséquent, parmi les pays cœur de la zone euro les plus  
dépendants de ces revenus. En outre, cette dépendance s’accroît en  
Espagne alors qu’elle se réduit dans le reste de la zone euro. Cette  
spécificité du système bancaire espagnol est de nature à accroître sa  
sensibilité à la conjoncture. Elle influence les revenus nets d’intérêts par  
le biais de deux principaux facteurs : l’effet activité (quantité) et l’effet  
prix.  
Classement des systèmes bancaires de la zone euro par actif total  
EUR Mds  
000  
8
7000  
6000  
5000  
4000  
3000  
2000  
1000  
0
T3 2016  
T3 2017  
L’actif total s’est contracté de 12% depuis son pic  
Graphique 1  
Sources : BCE - CBD2, BNP Paribas  
Les évolutions des revenus nets d’intérêts s’expliquent notamment par  
l’activité des banques qui est partiellement liée à la quantité d’actifs  
qu’elles détiennent (effet quantité). Or, la réduction de l’encours des  
actifs du système bancaire espagnol est l’un des aspects de sa  
restructuration. L’actif total est ainsi passé de EUR 4 026 mds lors de  
son pic au T2 2012 (soit 381% du PIB espagnol) à EUR 3 547 mds au  
T3 2017 (soit 308% du PIB espagnol), soit un repli de 12% qu’il l’a  
ramené à un niveau comparable à celui de 2008.  
La réduction de la taille du bilan des banques espagnoles, entreprise  
depuis début 2013, pourrait se poursuivre notamment au travers de  
plans de cession de créances douteuses liées à l’immobilier (sous  
réserve que ces actifs ne soient pas remplacés par d’autres de  
meilleure qualité) ; Santander va ainsi vendre en 2018 à Blackstone la  
majorité des parts d’un portefeuille acquis lors du rachat de Banco  
Popular et valorisé à EUR 30 mds. Dans une perspective plus générale,  
Au demeurant, la contraction récente du bilan du système bancaire les banques espagnoles demeurent largement exposées au secteur de  
3
espagnol n’a pas eu d’effet sur son classement par taille d’actif au sein  
l’immobilier qui représente 54% de leur encours total de prêts au  
de la zone euro. Le système bancaire espagnol demeure, au T3 2017, secteur privé non financier (SPNF) espagnol au T3 2017 (contre 59%  
le troisième plus grand système bancaire de la zone euro après le en 2011).  
français (EUR 7 219 mds) et l’allemand (EUR 7 021 mds) mais devant  
l’italien (EUR 2 635 mds) et le néerlandais (EUR 2 546 mds)  
(
cf. graphique 1).  
3
Crédits liés à l’acquisition et à la rénovation de biens immobiliers des ménages,  
crédits aux sociétés non financières appartenant au secteur de la construction  
et au secteur des services liés à l’immobilier.  
1
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Conjoncture // Février 2018  
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Les (grandes) banques espagnoles accroissent leur Prêts bancaires au secteur privé non financier en Espagne  
diversification à l’étranger  
Encours par secteur en EUR Mds  
Sur base consolidée, l’actif total des banques espagnoles est influencé  
tant par leurs activités en Espagne que par celles à l’étranger. Les  
Sociétés non financières  
Ménages - Autres  
Secteur privé non financier  
2
1
1
000  
800  
600  
Ménages - Crédit immobilier  
banques espagnoles ont ainsi enregistré une quasi stabilité de leurs  
4
actifs à l’étranger entre T2 2016 et le T2 2017 (-0,8% ) alors que leurs  
actifs domestiques se repliaient de 4,4% sur la même période. Ces  
évolutions concernent en premier lieu les plus grandes banques comme  
BBVA, Santander et, dans une moindre mesure, Banco Sabadell.  
1 400  
1 200  
1
000  
00  
600  
8
Le léger repli des actifs à l’étranger en 2016/2017 s’explique  
essentiellement par l’appréciation de l’euro face aux devises des pays  
dans lesquels les banques espagnoles sont principalement implantées.  
En effet, les principaux marchés à l’étranger de ces banques sont le  
Royaume-Uni et les Etats-Unis qui représentent respectivement 29% et  
4
2
00  
00  
0
2003  
2005  
2007  
2009  
2011  
2013  
2015  
2017  
Graphique 2  
Sources : BCE - BSI, BNP Paribas  
15% de leurs actifs à l’étranger. Le Brésil, le Mexique et le Chili  
totalisent, quant à eux, 23% des actifs à l’étranger. Ces proportions sont A l’inverse, les microentreprises et les petites entreprises ont  
relativement stables depuis 2015.  
respectivement enregistré une hausse de 12,6% et de 9,7% de leur  
encours de crédit bancaire entre le T2 2016 et le T2 2017.  
Au cours de la dernière décennie, la part des actifs à l’étranger dans  
l’actif total du secteur bancaire espagnol a enregistré une progression Les plus grandes entreprises se sont probablement tournées vers le  
continue. Elle atteignait 45% en juin 2017 contre 24% en juin 2009. En marché de la dette afin de profiter des taux bas (cf. graphique 3) même  
2017, Santander considérait que dix pays constituaient sa base si ce phénomène reste, pour l’heure, relatif.  
domestique. La progression de la part des actifs à l’étranger dans l’actif  
total des banques espagnoles n’est pas seulement le fait du repli des  
activités domestiques, elle résulte également d’une stratégie de  
diversification internationale. Ceci permet de réduire la sensibilité des  
banques espagnoles aux évolutions de la conjoncture domestique.  
Emissions de dettes et crédits bancaires des SNF espagnoles  
Flux annuels en EUR Mds  
Crédits  
2
1
1
00  
80  
60  
10  
8
Total  
L’encours des crédits au secteur privé non financier espagnol  
poursuit son repli  
140  
Titres  
1
20  
100  
6
8
6
4
2
0
0
0
0
0
20  
40  
La baisse de l’actif bancaire depuis 2012 est liée à celle des actifs  
domestiques, et notamment à une réduction des crédits bancaires en  
Espagne. Aussi, la crise immobilière espagnole débutée en 2008 s’est  
traduite, entre autres choses, par un net recul de l’encours des crédits  
bancaires au secteur privé non financier espagnol, principalement  
constitué de crédits immobiliers et de crédits aux entreprises liées au  
secteur de l’immobilier (cf. graphique 2).  
4
2
-
-
0
-60  
-
80  
-
100  
-2  
2004  
2006  
2008  
2010  
2012  
2014  
2016  
2018  
Le repli de l’encours du crédit bancaire en Espagne a succédé à une  
Graphique 3  
Sources : BCE - BSI, BNP Paribas  
période de progression très soutenue entamée au début des années  
La baisse des crédits bancaires et la hausse des émissions obligataires  
se sont accompagnées d’un fléchissement du taux d’intermédiation  
financière au sens large des sociétés non financières espagnoles, qui  
2
000. Cette forte baisse consécutive à une forte hausse s’apparente  
5
typiquement à un retour à la normale après une période de bulle .  
La baisse de l’encours du crédit bancaire en Espagne (-3,2%) entre le est passé de 99% en 2009 à 96% en 2017. Ce taux reste supérieur à  
T2 2016 et le T2 2017 est principalement imputable aux sociétés non celui observé en moyenne dans la zone euro (autour de 89%). Au  
financières (SNF) et, plus particulièrement, à celles liées au secteur de demeurant, les entreprises espagnoles restent largement dépendantes  
l’immobilier (-9,7%). La baisse se concentre sur les grandes entreprises des banques.  
espagnoles puisqu’elles représentent approximativement la moitié des  
La part des demandes de crédits bancaires satisfaites dans le total des  
crédits bancaires aux SNF et que le repli de leur encours s’établissait à  
demandes de crédits bancaires des SNF s’établissait, en 2017, à un  
1
2% sur la période susmentionnée. L’encours des crédits bancaires aux  
niveau faible : environ 30% (contre 45% en 2002). La stabilité de la  
production nouvelle de crédits au SPNF espagnol entre 2015 et 2017 a  
contribué à réduire la taille du bilan des banques domestiques mais elle  
pourrait avoir des conséquences défavorables sur les revenus nets  
d’intérêts futurs.  
entreprises de taille moyenne s’est également réduit de 4,9%.  
4
Banque d’Espagne (2017), Rapport de stabilité financière, novembre  
5
S’agissant d’une crise immobilière, notamment liée à l’immobilier résidentiel, le  
caractère spéculatif de cette bulle peut être à relativiser.  
1
2
Conjoncture // Février 2018  
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La marge nette d’intérêt progresse depuis 2013  
L’augmentation depuis 2013 de la marge nette d’intérêt du système  
bancaire espagnol lui a permis de compenser la contraction de son actif  
du coût des ressources bancaires plus sensible que celle du rendement  
des actifs bancaires, en raison de la moindre duration des premiers. Ce  
n’est que dans un second temps, lorsque le rendement moyen des  
actifs s’est suffisamment redressé (via le renouvellement du portefeuille  
à taux fixe ou la diffusion de la remontée des taux au portefeuille à taux  
révisable) que la marge d’intérêt s’élargit. De ce point de vue, les  
banques qui, à l’instar des banques espagnoles, disposent d’une large  
part de leur portefeuille à taux variable sont en théorie avantagées  
puisqu’elles profitent d’un redressement plus rapide du rendement de  
leurs actifs (et de leur taux de marge d’intérêt). A titre de comparaison,  
la part des crédits à taux variables en Espagne est actuellement proche  
de celle observée en Italie ou au Portugal (respectivement 77% et 80%)  
mais elle demeure bien plus élevée que celle constatée en France ou  
en Allemagne (respectivement 39% et 57%) en décembre 2017. Enfin,  
les banques les plus internationalisées devraient continuer de bénéficier  
des confortables marges d’intérêt dégagées dans le cadre de leurs  
opérations à l’étranger (15,7% au Brésil, 2,8% au Royaume-Uni par  
exemple).  
total, entamée au début de cette même année. Elle est ainsi passée de  
6
1
,73% à 2,20% entre 2013 et 2017 et a donc contribué au maintien des  
revenus nets d’intérêts (cf. tableau 2).  
Marge nette d’intérêt des principaux pays de la zone euro  
Marge nette  
2
008* 2009* 2010* 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017  
d'intérêt (%)  
Allemagne  
Espagne  
France  
1,17 1,40 1,39 1,39 1,37 1,45 1,52 1,54 1,46 NA  
1,58 2,00 1,98 1,92 1,83 1,73 1,95 2,12 2,05 2,2  
0,75 1,19 1,23 1,22 1,07 1,05 1,03 1,02 1,00 0,99  
2,09 1,99 1,82 1,79 1,72 1,52 1,51 1,41 1,34 NA  
1,94 1,56 1,57 1,69 1,47 1,27 1,47 1,48 1,51 NA  
Italie  
Portugal  
Tableau 2  
Sources : SNL, Bankscope, BNP Paribas  
*données rétropolées  
Toutefois, après avoir fortement augmenté entre septembre 2010 et  
août 2014, la marge nette d’intérêt sur la production nouvelle de crédits  
au secteur privé non financier espagnol ne cesse de se contracter. Elle  
est ainsi passée de 2,73% en août 2014 à 1,73% en décembre 2017 (cf.  
graphique 4).  
Les commissions nettes se sont, depuis 2008, montrées encore plus  
stables que les revenus nets d’intérêts. A l’inverse, les autres revenus  
nets ont été plutôt volatils, notamment, en raison de l’évolution des  
marchés financiers.  
Marge nette d'intérêt (nouveaux crédits) pour une sélection de pays de  
la zone euro  
Les commissions nettes demeurent stables  
Les commissions nettes ont affiché une grande stabilité de 2008 à 2016  
relativement aux autres composantes du PNB. Elles enregistrent une  
augmentation de 8% entre juin 2016 et juin 2017 grâce à la hausse des  
revenus tirés des services de paiement (+36%). La digitalisation  
croissante des services bancaires pourrait permettre d’augmenter leur  
rentabilité par le biais d’une réduction des coûts associés, ce qui serait  
de nature à accroître leurs commissions nettes et donc leur PNB.  
%
3
.5  
2
Allemagne  
Espagne  
France  
Italie  
2
1
0
.5  
1
Les autres revenus nets ont pâti de la baisse des revenus de  
marché  
Les autres revenus nets ont connu un repli marqué en 2015 et en 2016  
.5  
(
respectivement, -21,9% et -31,0%) qui s’est poursuivi entre le T3 2016  
0
et le T3 2017 (-31,3%). Ces revenus bancaires ont été divisés par plus  
de deux entre 2009 (EUR 15,9 mds) et 2016 (EUR 7,1 mds). Ainsi,  
Santander a enregistré une baisse de 28% de ses gains nets sur actifs  
financiers pour ses activités en Espagne entre 2016 et 2017. De même,  
ses gains nets sur actifs financiers à l’étranger ont enregistré une  
baisse de 40% en Pologne (effet de change inclus), de 57% aux Etats-  
Unis (effet de change inclus) et de 25% au Portugal. Seule l’Amérique  
latine a connu une progression de ses gains nets sur actifs financiers  
de 27% (effet de change inclus).  
2
003  
2005  
2007  
2009  
2011  
2013  
2015  
2017  
Graphique 4  
Sources : BCE - RAI, BNP Paribas  
La prédominance des taux variables devrait limiter les effets  
d’une hausse des taux de la BCE  
Les effets d’une normalisation de la politique monétaire sur la marge  
nette d’intérêt constitue un enjeu essentiel pour les banques  
espagnoles, au regard de la prépondérance des revenus nets d’intérêts  
dans leur PNB. De manière schématique, la remontée des taux du  
marché monétaire est plutôt pénalisante à court terme et bénéfique à  
moyen terme. Dans un premier temps, elle tend à entraîner une hausse  
L’amélioration de la conjoncture en Espagne et dans certains des pays  
où les banques espagnoles opèrent pourrait accroître la rentabilité de  
leurs actifs financiers et donc leurs autres revenus nets.  
6
SNL : Aggregate Income Statement, revenus net d’intérêts/moyenne des actifs  
productifs  
1
3
Conjoncture // Février 2018  
economic-research.bnpparibas.com  
Dynamiques contraires des frais de personnel en Espagne et à  
l’étranger  
La contraction des frais généraux en Espagne est essentiellement liée à  
celle des frais de personnel qui ont reculé de 13% entre 2012 et 2017.  
A l’inverse, les frais de personnel pour les activités à l’étranger ont  
connu une progression. Par exemple, les frais de personnel de  
Santander ont augmenté de 8,9% à l’échelle du groupe en 2017 (dont  
Dans une perspective globale, les frais généraux des banques  
espagnoles ont crû. Cette évolution reflète essentiellement  
l’augmentation des autres charges d’exploitation puisque les frais de  
personnel n’ont connu qu’une très modeste progression depuis 2008 et  
qu’ils sont, peu ou prou, stables depuis 2015. Cette relative stabilité des  
frais de personnel sur base consolidée masque toutefois les effets de la  
consolidation du système bancaire espagnol à l’échelle domestique. En  
effet, le nombre d’agences et celui des collaborateurs ont très fortement  
reculé entre 2008 et 2016 en Espagne. Ceci s’est traduit par une  
réduction des frais de personnel sur base sociale qui ne transparaît pas  
sur base consolidée. Les frais généraux des activités réalisées en  
Espagne doivent donc être distingués de ceux liés aux activités  
4
,7 points de pourcentage (pp) sont imputables à l‘intégration de  
l’ensemble du groupe Banco Popular) alors qu’ils se réduisaient de  
,1% en Espagne (hors intégration de Banco Popular).  
2
La réduction des frais de personnel en Espagne est susceptible de se  
poursuivre à la faveur des gains liés aux synergies et à la rationalisation  
des activités qui peuvent nécessiter plusieurs années avant de se  
matérialiser.  
Les autres charges d’exploitation continuent leur progression  
réalisées à l’étranger afin de mieux rendre compte de l’ampleur de la Les autres charges d’exploitation ont progressé de 31% entre 2008 et  
réduction des capacités.  
2016. La hausse des dotations aux amortissements et aux  
dépréciations des immobilisations corporelles et incorporelles, ainsi que  
la hausse des autres charges d’exploitation, sont partiellement liées à la  
crise et aux coûts fixes liés à la restructuration du système bancaire.  
Ces coûts pourraient ainsi diminuer à mesure que le système bancaire  
espagnol cueille les fruits de ses efforts passés.  
Les frais généraux ont connu une progression de 21,3% entre 2008 et  
2
016. Ils affichent néanmoins une stabilisation depuis 2015 qui perdure Le coefficient d’exploitation se dégrade  
entre le T3 2016 et le T3 2017. L’augmentation des frais généraux et la  
stabilité du PNB des banques espagnoles ont logiquement conduit à  
une dégradation de leur coefficient d’exploitation.  
Dans un contexte de revenus relativement stables, l’accroissement des  
frais généraux a dégradé le coefficient d’exploitation (cost-to-income  
ratio). Ce dernier reste bien inférieur à celui de la moyenne des  
systèmes bancaires de la zone euro mais cet avantage comparatif se  
réduit depuis 2014 (cf. graphique 5). A cet égard, les banques  
espagnoles bénéficient structurellement de leur important ancrage dans  
la banque de détail au regard de leurs concurrentes européennes.  
L’augmentation des frais généraux est essentiellement imputable  
aux activités réalisées à l’étranger  
L’augmentation des frais généraux du système bancaire espagnol est  
largement due à ses activités à l’étranger. Elle s’explique, entre autres  
choses, par une croissance organique des banques espagnoles à  
l’étranger, qui a nécessité des investissements supplémentaires (cf.,  
notamment, BBVA, Résultats trimestriels, 2010) mais aussi par un fort  
retour de l’inflation sur la période la plus récente dans les pays où les  
banques espagnoles sont implantées. Les frais généraux de BBVA ont  
ainsi augmenté en 2017 de 12,4% (à taux de change constant) en  
Amérique du Sud, de 6,6% (à taux de change constant) en Turquie ou  
encore de 5,3% (à taux de change constant) au Mexique alors qu’ils se  
Comparaison du coefficient d'exploitation des banques espagnoles  
avec celui de la moyenne des banques des pays de la zone euro*  
%
7
0
5
Moyenne zone euro  
Espagne  
6
60  
55  
50  
45  
7
repliaient de 5,6% en Espagne .  
En réduisant le périmètre au compte social agrégé des banques  
8
espagnoles , les frais généraux ont diminué de 2% entre 2012 et 2017.  
Aussi, alors que les frais généraux demeuraient relativement stables  
entre le T3 2016 et le T3 2017 à l’échelle du système bancaire  
espagnol consolidé, ils se réduisaient pour les activités conduites en  
Espagne.  
40  
2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017  
Graphique 5 Sources : BCE - CBD2, BNP Paribas  
Le point du T4 2010 est ajusté pour l’Irlande. Dans le cas contraire, le coefficient  
*
7
BBVA (2018), Rapport financier 2017  
Banque d’Espagne (2018), Bulletin des statistiques, janvier. Le périmètre  
d’exploitation atteindrait 75% pour la zone euro à cette date.  
8
retenu ici couvre les banques privées, les caisses d’épargne, les coopératives  
de crédit, l’institut de crédit officiel et les intermédiaires de crédit financier. Les  
comptes sociaux sont susceptibles d’englober des activités à l’étranger sous  
forme de succursales (et non de filiales).  
Les évolutions les plus récentes se caractérisent par la baisse des  
coefficients d’exploitation de Santander (-0,7 pp en 2017, à 47,4%) et  
de BBVA (-1,4 pp, à 49,3%). Le coefficient d’exploitation de Bankia  
1
4
Conjoncture // Février 2018  
economic-research.bnpparibas.com  
(
hors BMN) s’est, à l’inverse, détérioré de 2,7 pp en 2017 pour s’établir Consolidation du système bancaire espagnol entre 2007 et 2016  
à 51,2%.  
3
1-déc-07  
82  
151  
31-déc-16  
Etablissements autorisés à  
collecter des dépôts  
2
125  
60  
2
La baisse des frais de personnel des banques espagnoles s’explique  
par leur intense restructuration et consolidation en réponse à la crise de  
dont banques (bancos)  
dont caisses d’épargne  
4
6
5
2
008. Le nombre de banques privées, caisses d’épargne et  
(cajas de ahorros)  
coopératives de crédit a été divisé par plus de deux en neuf ans. Le  
nombre d’agences et celui des collaborateurs ont été réduits de plus de  
dont coopératives de crédit  
(cooperativas de crédito)  
8
63  
3
0%. La restructuration du système bancaire espagnol et sa  
Tableau 3 Sources : Banque d’Espagne, Memoria de la supervisión bancaria  
en España (2009, 2017), BNP Paribas  
consolidation ont été réalisées sous l’égide du gouvernement espagnol  
et du MES, notamment au travers de trois plans d’aide successifs ayant,  
entre autres objets, de renforcer la solvabilité des établissements en  
difficulté.  
Un tiers d’agences et de collaborateurs en moins  
La réduction du nombre de banques s’est accompagnée de celle du  
nombre d’agences bancaires. Ces dernières ont ainsi diminué de 37%  
Les caisses d’épargne se sont particulièrement consolidées  
Les banques espagnoles sont passées de 282 entités à 125 entre  
décembre 2007 et décembre 2016 (cf. tableau 3).  
1
0
entre 2007 et 2016, passant de 45 500 à 28 807 . L’ampleur du recul a  
totalement effacé les conséquences des politiques d’accroissement du  
nombre d’agences déployées au cours de la décennie précédente  
Ce mouvement de consolidation est en grande partie dû aux difficultés  
rencontrées par le système bancaire espagnol, qui ont plus  
particulièrement touché les caisses d’épargne (cajas de ahorros), entre  
(
+20%).  
Le nombre de collaborateurs a suivi une trajectoire similaire à celle des  
agences. Il s’est replié de 32%, soit -88 524 emplois directs. Les  
banques espagnoles occupaient à elles seules un tiers des 264 411  
collaborateurs que le système bancaire de la zone euro compte en  
moins depuis 2007. Une part importante de la réduction des capacités  
du système bancaire de la zone euro (-19% d’agences et -12% de  
collaborateurs entre 2007 et 2016) est donc imputable à l’Espagne. En  
comparaison, le nombre d’agences et celui des collaborateurs ont  
nettement moins diminué en Italie (respectivement -12% et -13%), le  
mouvement de restructuration y ayant été plus faible et plus récent.  
Cela explique probablement que les difficultés des banques italiennes  
aient perduré alors que le système bancaire espagnol avait déjà  
entamé son redressement.  
9
2
007 et 2008, puis entre 2012 et 2013 . Leur nombre est ainsi passé  
de quarante-six à seulement deux en neuf ans. En effet, le marché  
bancaire espagnol se caractérisait jusqu’alors par un grand nombre de  
petites caisses d’épargne amplement dédiées au financement des  
ménages, dont le développement avait été extrêmement rapide au  
cours des années d’avant-crise (le crédit accordé par les caisses  
d’épargne a ainsi crû de 266% entre 2000 et 2007 contre « seulement »  
182% pour les banques). Le crédit immobilier étant le principal motif  
d’emprunt des ménages, la crise a donc plus fortement affecté les  
caisses d’épargne qui se sont consolidées dans le dessein de remédier  
à la dégradation de leur situation.  
Le nombre de banques privées s’est également réduit, passant de 151  
entités fin 2007 à 60 fin 2016. Le mouvement de consolidation a été  
nettement moins prononcé pour les coopératives de crédit que pour les  
autres types de banques. Cela s’explique sans doute par leur faible part  
dans le total des crédits accordés en Espagne (5% du total contre 49%  
pour les caisses d’épargne et 46% pour les banques fin 2007), leur plus  
petite taille ou encore, leur plus fort ancrage local.  
Cette rationalisation des capacités pourrait se poursuivre, bien qu’à un  
rythme moins soutenu, à l’image de BBVA qui a de nouveau réduit le  
nombre de ses agences de 4,5% et celui de ses collaborateurs de 2,2%  
en 2017.  
La consolidation du système bancaire espagnol procède de deux  
phénomènes concomitants : d’une part, les plus grandes banques ont  
repris les activités de leur concurrentes de taille plus modeste ; d’autre Le gouvernement espagnol s’est mobilisé dès 2009 afin d’assurer une  
part, les établissements de taille moyenne se sont rapprochés pour restructuration ordonnée des banques domestiques. La consolidation  
e
former de plus grands groupes. Ainsi, BBVA, 2 plus grande banque du système bancaire s’inscrit dans un plan global de restructuration et  
espagnole en termes de fonds propres de base (Tier 1), a repris les de réduction des coûts qui constitue l’une des conditions au soutien  
e
activités de UNNIM en mars 2012 (environ 30 banque espagnole à accordé par l’Union européenne et le gouvernement espagnol. Sa mise  
l’époque) qui résultait elle-même du rapprochement entre Caixa en œuvre a été partiellement orchestrée par le FROB (Fondo de  
Sabadell, Caixa Terrasa et Caixa Manlleu en mars 2010. L’acquisition Reestructuración Ordenada Bancaria). Ce fonds de droit public avait  
par Santander de Banco Popular (qui représentait 11% de son actif pour objet, à sa création le 27 juin 2009 11 , de participer à la  
total) en juin 2017, respectivement 1ère et 6 banque espagnole au  
e
moment de l’opération, demeure pour l’heure une exception.  
1
0
BCE, Banking Structural Financial Indicators, septembre 2017  
9
11  
Publication au Boletín Oficial del Estado de la loi-décret royale 9/2009  
Banque d’Espagne, 2017  
1
5
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restructuration et à la recapitalisation du système bancaire espagnol, ce  
qu’il fit à l’occasion de trois plans successifs entre 2010 et 2013.  
-
le FROB 1, de mars à décembre 2010, avec la souscription à  
des actions de préférence convertibles (convertible  
preference shares) en actions ordinaires à un taux prédéfini et  
dans des conditions particulières pour un montant total de  
EUR 9,674 mds,  
Un fonds public destiné à la restructuration des banques  
Le financement du FROB a été assuré par des ressources publiques et  
privées. La dotation initiale du fonds s’élevait à EUR 9 mds de fonds  
propres dont EUR 2,25 mds apportés par les trois fonds de garantie des  
dépôts des banques, des caisses d’épargne et des coopératives de  
-
-
le FROB 2, de septembre 2011 à mai 2013, avec l’achat  
d’actions ordinaires pour un montant total de EUR 5,749 mds,  
1
2
crédit espagnoles . Les EUR 6,75 mds restant provenaient du budget  
général de l’Etat (Presupuestos Generales del Estado). L’implication du  
gouvernement espagnol souligne sa volonté de voir son système  
bancaire se restructurer tout en mettant à contribution ses parties  
prenantes. Le montant d’un tel soutien est évidemment à mettre au  
regard des coûts, notamment pour l’économie réelle, d’une absence  
d’intervention.  
le FROB 3, de décembre 2012 à avril 2013, avec la  
souscription à des actions ordinaires ainsi qu’à des CoCos  
(
contingent convertible bonds). Ces obligations subordonnées  
sont automatiquement convertibles en actions dans des  
conditions préétablies pour un montant total de  
EUR 39,078 mds.  
En plus des injections de fonds propres et de quasi-fonds propres, le  
FROB a également accordé des lignes de crédit aux banques et mis en  
place des plans de protection des actifs (Esquemas de Protección de  
Activos) pour un montant total de EUR 2,5 mds. Ces derniers  
autorisaient le FROB et le fonds de garantie des dépôts espagnol à  
assumer une partie prédéfinie des pertes subies par les banques durant  
leur phase de restructuration. L’objet de ce mécanisme était de garantir  
la bonne exécution de la restructuration des banques en évitant que  
leur position ne se dégrade au cours du processus.  
En 2012, EUR 6 mds supplémentaires ont été injectés par le  
gouvernement espagnol dans le FROB après que son capital a été  
ramené à zéro à l’issue de l’exercice de 2011. En effet, le soutien  
1
3
gouvernemental ne se limitait pas  
à l’injection initiale de  
capital puisqu’une garantie d’Etat était prévue dans l’hypothèse  le  
passif du fonds excéderait son actif. EUR 3 mds de prêts  
gouvernementaux accordés au fonds ont ainsi été convertis en fonds  
propres le 30 mai 2017 afin de couvrir ses pertes de EUR 1,693 md. Le  
consentement préalable du MES avait été nécessaire. Une telle  
procédure avait déjà été appliquée le 9 décembre 2013 pour un  
montant de EUR 27,170 mds.  
Le FROB a ainsi contribué à la consolidation de trente-quatre entités,  
principalement des caisses d’épargne, en cinq seulement. Depuis, le  
gouvernement central espagnol a commencé son désengagement en  
revendant ses participations puisqu’un tel mécanisme ne peut être que  
temporaire en vertu des règles de l’UE relatives aux aides d’Etat.  
Plusieurs de ces rapprochements se sont inscrits, à partir de 2012,  
dans le cadre du programme d’aide pour la restructuration du système  
bancaire espagnol du Mécanisme européen de stabilité (MES).  
Le FROB a également la possibilité de se financer sur les marchés.  
Pour limiter sa prise de risque, ce financement externe ne pouvait  
excéder trois fois ses fonds propres initialement. Cette limite a été  
er  
portée à dix fois à partir du 1 janvier 2010. Le FROB bénéficiait ainsi  
d’une capacité d’aide avoisinant EUR 100 mds. Seule la moitié fut  
nécessaire au soutien à la restructuration du système bancaire  
espagnol. Ces injections successives de fonds propres sont le signe de  
l’engagement du gouvernement espagnol à assurer la stabilité de son  
système bancaire et financier.  
L’intervention du MES en Espagne  
Le 25 juin 2012, l’Espagne a formulé une demande d’aide extérieure au  
titre de l’assistance pour la recapitalisation des institutions financières  
du Fonds européen de stabilité financière (European Financial Stability  
Facility  EFSF), dont les fonctions seront reprises le 8 octobre 2012  
par le MES. Cette aide d’un montant maximal de EUR 100 mds  
consistait en un prêt accordé à l’Espagne pour une période de dix-huit  
mois. Son unique objet était de participer à la recapitalisation des  
Trois plans d’aide se sont succédé entre décembre 2010 et mai  
2013  
1
4
Au 6 septembre 2016 , le montant total de l’aide en capital apportée  
par le FROB s’élevait à EUR 53,553 mds dont EUR 22,424 mds pour la  
seule Bankia (cf. tableau 4). A ce montant s’ajoutaient EUR 7,942 mds  
apportés par le fonds de garantie des dépôts espagnol (FGDEC).  
15  
banques afin de limiter notamment les répercutions d’une contraction  
de leur bilan sur l’économie réelle. L’octroi de cette aide était  
conditionné à la mise en œuvre d’un ensemble de mesures de  
restructuration imposées aux banques et au gouvernement espagnol.  
Le FROB a apporté son aide à la restructuration des banques  
espagnoles à l’occasion de trois plans successifs :  
1
2
Les Fondos de Garantía de Depósitos en Establecimientos Bancarios  
(
FGDEB), en Cajas de Ahorros (FGDCA) y en Cooperativas de Crédito  
(FGDCC) sont regroupés au sein du Fondo de Garantía de Depósitos de  
15 L’Espagne est le seul pays à avoir bénéficié de cet instrument. L’Irlande, le  
Entidades de Crédito (FGDEC) depuis le 15 octobre 2011 et la publication de la  
Portugal, la Grèce et Chypre ont simplement bénéficié de prêts accordés dans  
le cadre d’un programme d’ajustement macroéconomique. Jusqu’à présent, les  
achats sur le marché primaire ou secondaire ainsi que les lignes de crédit de  
précaution ou encore la recapitalisation directe des institutions n’ont pas été  
loi-décret royale 16/2011.  
1
3
Quatrième disposition additionnelle de la loi-décret royale 2/2012  
1
4
Banque d’Espagne (2016), Background note on public financial assistance in  
er  
the restructuring of the Spanish banking sector (2009-2016); FROB (2017),  
Memoria de actividades; FROB (2014), Investors’ presentation  
utilisés. Depuis le 1 juillet 2013, le MES ne finance plus aucun nouveau plan  
d’aide.  
1
6
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Tableau synthétique des actions du FROB  
Entité finale d'intégration  
BBVA  
FROB 1  
FROB 2  
FROB 3  
Total porté au bilan  
au 31 décembre 2016, EUR m)  
(
Catalunya Banc  
1250  
1718  
9084  
12052  
Caixa Catalunya, Caixa Tarragona,  
Caixa Manresa  
CEISS  
Unicaja Banco  
525  
604  
1129  
9052  
Caja España, Caja Duero  
Nova CaixaGalicia  
Caixa Galicia, Caixanova  
1162  
2465  
5425  
*
Banco Gallego (séparée de NCG et  
vendue à Banco Sabadell)  
245  
245  
BFA-Bankia  
4465  
17959  
22424  
Caja Madrid, Bancaja, Caixa  
Laietana, Caja Insular de Canarias,  
Caja Rioja, Caja Ávila, Caja Segovia  
Banco Mare Nostrum  
Caja Murcia, Caixa Penedés, Sa  
Nostra, Caja Granada  
Banca Cívica  
Caja Navarra, Cajasol-Caja  
Guadalajara, Caja Canarias, Caja  
Burgos  
Banco de Valencia  
Liberbank  
Cajastur, Caja Cantabria, Caja  
Extremadura  
Caja3  
915  
977  
730  
1645  
977  
CaixaBank  
CaixaBank  
Ibercaja  
998  
4500  
124  
5498  
124  
407  
407  
CAI, Caja Círculo de Burgos, Caja  
Badajoz  
Unnim (assumé par le FGDEC à  
partir de mars 2012)  
Caixa Sabadell, Caixa Terrasa, Caixa  
Manlleu  
BBVA  
380  
568  
0
Total des aides  
9674  
5749  
39078  
53553  
Tableau 4  
Sources : Banque d’Espagne, FROB, BNP Paribas  
Les entités qui bénéficiaient des aides devaient restaurer la qualité de La bonne mise en œuvre des réformes imposées à l’Espagne et à son  
leur bilan, réduire leur exposition au secteur de l’immobilier et améliorer système bancaire a fait l’objet d’un suivi par le MES tout au long de la  
leurs procédures de gestion des risques. Ces actions devaient leur procédure d’aide qui s’est achevée avec succès en décembre 2013.  
permettre de restaurer leur stabilité de long terme et de retrouver, par la  
même occasion, l’accès aux marchés de capitaux afin de limiter les  
répercutions d’une contraction des bilans bancaires sur l’économie  
réelle. Le gouvernement espagnol devait réduire son déficit budgétaire,  
ce qu’il fit en divisant par deux le déficit du gouvernement général entre  
Une aide inférieure de moitié à son montant potentiel  
Le montant maximal de l’aide accordée par le MES (EUR 100 mds),  
avait été déterminé préalablement sur la base de tests de résistance qui  
couvraient 90% des besoins en fonds propres du système bancaire  
16  
2012 et 2016 (respectivement -10,5% du PIB et -4,5% du PIB ). Cela  
espagnol, initialement estimés  
à
EUR 54 mds. Finalement,  
reste toutefois inférieur à la réduction observée pour la zone euro dans  
son ensemble (-3,6% en 2012 et -1,6% en 2016). Les conditions  
associées au prêt étaient détaillées dans un protocole d’accord  
EUR 41,333 mds ont été décaissés sous forme d’obligations à taux  
variables17 et d’obligations à coupon zéro émises par le MES puis  
transférées au FROB. Le système bancaire a donc couvert lui-même  
une part de ses besoins en fonds propres. De plus, cette aide n’était  
pas gratuite.  
(
Memorandum of Understanding) signé le 23 juillet 2012 entre le  
Conseil européen et l’Espagne.  
1
6
17  
OCDE (2018), déficit public général (indicateur)  
Euribor 6 mois -0,06%, Euribor 6 mois -0,12% et Euribor 6 mois -0,15%  
1
7
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Le premier décaissement eut lieu le 11 décembre 2012 pour un des créances douteuses avait conduit à un pic en 2012 à EUR 103 mds,  
montant de EUR 39,468 mds avec une maturité finale au 11 décembre soit environ trois fois sa moyenne entre 2008 et 2016 (hors 2012).  
2
027 et une période de remboursement du principal de cinq années.  
Depuis 2012, le coût du risque diminue à la faveur d’une réduction des  
créances douteuses.  
Ces fonds ont été octroyés à l’Espagne en vue de la recapitalisation de  
quatre banques et d’injecter EUR 2,5 mds dans la Sociedad de  
1
8
Gestión de Activos Procedentes de la Reestructuración Bancaria  
Le ratio de créances douteuses a diminué de 46% en trois ans  
(
SAREB) nouvellement créée. Cette bad bank avait la charge de  
Ratios de créances douteuses pour une sélection de pays de l'UE  
liquider les actifs détériorés des banques ayant bénéficié d’un soutien  
gouvernemental. L’instauration d’une telle entité à l’échelle de l’Union  
européenne avait été discutée par l’Autorité bancaire européenne au  
début de l’année 2017. Le mécanisme envisagé ne prévoyait pas de  
mutualiser les pertes entre Etats membres et faisait peser les pertes  
potentielles sur les banques. Début 2018, le gouvernement italien a  
reconnu discuter la pertinence de la mise en place d’une potentielle bad  
bank à l’échelle nationale.  
20%  
T3 2014 T3 2015 T3 2016 T3 2017  
18%  
Encours des créances douteuses dans l'UE :  
T3 2014 : EUR 1147 Mds  
T3 2015 : EUR 1060 Mds  
16%  
14%  
1
2%  
0%  
T3 2016 : EUR 972 Mds  
T3 2017 : EUR 837 Mds  
1
8
6
4
2
%
%
%
%
Le second décaissement, d’un montant de EUR 1,865 md eut lieu le 5  
février 2013 pour une maturité finale au 11 décembre 2025 et une  
durée d’amortissement de deux ans. Cette aide devait servir à la  
recapitalisation de Banco Mare Nostrum, de CEISS, de Caja3 et de  
Liberbank.  
0%  
Portugal  
Italie  
Espagne  
UE  
France Allemagne  
L’Espagne est sortie avec succès du plan d’aide en décembre 2013 et  
avait déjà remboursé EUR 11,612 mds à la date du 23 février 2018,  
Graphique 6  
Sources : ABE - Risk Dashboard, BNP Paribas  
essentiellement par le biais de sept remboursements anticipés. Au final, Le ratio de créances douteuses19 du système bancaire espagnol est  
l’aide accordée par le MES à l’Espagne a été très inférieure à son passé de 8,8% au T3 2014 à 4,8% au T3 2017 (cf. graphique 6). Il s’est  
montant potentiel et le remboursement se fait à un rythme supérieur à ainsi rapproché du ratio de créances douteuses moyen pondéré de  
celui prévu. Ces éléments tendent à démontrer que les mesures mises l’ensemble des systèmes bancaires de l’Union européenne qui  
en œuvre en Espagne ont eu les effets attendus et plus rapidement s’établissait à, respectivement, 6,7% et 4,2% aux mêmes dates. Même  
qu’envisagé initialement. Par ailleurs, l’amélioration de la conjoncture au plus fort de la crise, en 2012, le ratio de créances douteuses  
pourrait participer à l’accélération du remboursement de l’aide espagnol n’a jamais atteint les niveaux observés en Italie ou au  
préalablement obtenue.  
Portugal.  
Parmi les banques espagnoles, celles qui ont été les plus exposées à la  
crise immobilière de 2008 et à son amplification en 2012 continuent  
d’afficher les ratios de créances douteuses les plus élevés. C’est le cas  
en particulier de Bankia, née du rapprochement de plusieurs caisses  
d’épargne, qui affiche un ratio de créances douteuses de 8,5% en  
décembre 2017 (contre 14,7% en décembre 2013), alors que celui de  
Santander atteignait 4,1% en décembre 2017 (en incluant Banco  
Popular). Le ratio de créances douteuses de BBVA (4,4% en décembre  
La baisse du revenu brut d’exploitation a été contenue depuis 2008  
grâce au maintien du PNB. La gestion des créances douteuses,  
notamment en 2012, a permis au cours des années suivantes de  
2017, en repli de 0,5 pp d’une année sur l’autre) demeure proche de la  
moyenne de celui du système bancaire espagnol.  
maintenir le résultat net de l’ensemble des banques espagnoles autour La baisse des ratios de créances douteuses observée en Espagne  
de EUR 14 mds. Dans le même temps, leur rentabilité financière s’est entre juillet 2016 et juillet 2017 résulte d’une baisse de leur encours. Il  
restaurée et leurs ratios de solvabilité ont augmenté bien qu’ils ne s’agit pas d’un effet dilutif induit par une plus forte augmentation de  
demeurent sous pression pour certaines d’entre elles.  
l’encours des crédits bancaires. L’encours des créances douteuses est  
ainsi passé de EUR 185 mds en décembre 2013 à EUR 100 mds en  
2
0
septembre 2017 (cf. graphique 7), à la faveur de l’amélioration de la  
conjoncture en Espagne et dans les pays où les banques espagnoles  
Le coût du risque intègre les dotations nettes aux dépréciations, les sont engagées.  
récupérations sur créances amorties et les pertes sur créances  
irrécouvrables non couvertes par des dépréciations. L’accroissement  
1
9
Définition de l’ABE (European Banking Authority, EBA) : Non-performing loans =  
Non-performing loans and advances/Total gross loans and advances (%)  
Banque d’Espagne (2017), Rapport de stabilité financière 11/2017  
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8
20  
BFA-Bankia, Catalunya Banc, Nova CaixaGalicia et Banco de Valencia  
1
8
Conjoncture // Février 2018  
economic-research.bnpparibas.com  
Encours des créances douteuses par secteur en Espagne  
En Espagne comme en Italie, les ratios de créances douteuses sont  
inversement corrélés à la taille des entreprises auxquelles les banques  
apportaient leurs concours. Ainsi, sur le segment des microentreprises,  
le ratio de créances douteuses s’élevait, en juin 2017, à 23% contre  
00 EUR Mds  
Autre  
ISBLSM  
Ménages  
SNF  
2
1
1
1
1
1
80  
60  
40  
20  
00  
17,1% pour les petites entreprises, 16% pour entreprises de taille  
moyenne et 7,7% pour grandes entreprises.  
IFRS 9 pourrait coûter 0,3 pp de CET1 aux banques espagnoles  
Lapplication, depuis le 1er janvier 2018, de la nouvelle norme de  
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6
4
2
0
0
0
0
0
22  
comptabilisation des pertes associées aux instruments financiers  
(
IFRS 9) va faire évoluer le coût du risque des banques, notamment  
espagnoles. En effet, cette nouvelle norme comptable modifie le mode  
de provisionnement des créances douteuses et requiert des provisions  
supplémentaires.  
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017  
Le mode de provisionnement d’IFRS 9 se veut plus prospectif que le  
régime prévu par l’ancienne norme IAS 39. Désormais, la dépréciation  
Graphique 7 Sources : Banque d'Espagne, BNP Paribas  
En outre, la restructuration et la consolidation du système bancaire des instruments financiers n’est plus uniquement conditionnée par  
espagnol, ainsi que la cession à la SAREB de EUR 51 mds de l’occurrence d’un évènement générateur de pertes potentielles ; en cas  
créances douteuses liées à l’immobilier en décembre 2012 et février d’augmentation significative du risque de crédit d’un emprunteur, des  
2
013, ont sans doute contribué à réduire l’encours des créances provisions supplémentaires doivent être constituées afin de faire face à  
douteuses.  
ce risque. Le passage d’un modèle de pertes subies à un modèle de  
pertes attendues est un changement majeur puisqu’il implique la  
substitution d’une approche fondée sur des principes à une approche  
fondée sur une règle.  
A l’instar de l’Italie, plus de 70% des créances douteuses en Espagne  
concernaient des prêts accordés à des sociétés non financières.  
Néanmoins, les créances douteuses espagnoles étaient plus largement  
liées au secteur de l’immobilier que ne l’étaient les italiennes. En 2012, L’introduction d’IFRS 9 pourrait se traduire par une baisse moyenne de  
6
0% des créances douteuses espagnoles étaient dues par les SNF 0,3 pp du ratio de fonds propres de base (CET1) des banques  
2
3
liées au secteur de l’immobilier (13% étaient dus au crédit à l’habitat espagnoles essentiellement en raison de l’application des nouveaux  
des ménages). Cette différence implique que les créances douteuses modèles de provisionnement. Cet effet est très légèrement inférieur à  
espagnoles étaient plus largement adossées à des actifs immobiliers, celui estimé par l’EBA pour les banques de l’ensemble de l’Union  
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notamment résidentiels, que les italiennes. Ces actifs constituaient sans européenne (-0,45 pp de leur ratio de CET1 ). Outre la différence de  
doute une meilleure garantie que des équipements productifs ou des périmètre et/ou de méthode d’évaluation de l’effet d’IFRS 9, une partie  
biens immobiliers industriels et commerciaux.  
de cet écart pourrait trouver son origine dans l’existence d’un système  
de provisionnement dynamique en Espagne (cf. infra).  
Dans une perspective historique, l’augmentation des créances  
douteuses associées au crédit immobilier des ménages avait précédé Les tests de résistance de l’EBA, débutés en janvier 2018, couvrent  
celle des créances douteuses des SNF liées au secteur de l’immobilier 70% du système bancaire de la zone euro et devraient apporter un  
en Espagne. La réduction de la capacité de remboursement des éclairage supplémentaire sur l’incidence d’IFRS 9 pour les banques  
ménages a donc probablement contribué à détériorer la solvabilité des espagnoles puisqu’ils intégreront la nouvelle norme comptable. La  
SNF, et incidemment fait augmenter leurs créances douteuses.  
publication des résultats est prévue pour le 2 novembre 2018.  
En juin 2017, le ratio de créances douteuses des concours aux SNF  
espagnoles liées au secteur de l’immobilier restait plus élevé (23%, en  
baisse de 4,6 pp depuis juin 2016) que celui du reste des concours aux  
SNF (9,4%, en baisse de 1 pp depuis juin 2016). Le ratio de créances  
douteuses associé au crédit à l’habitat des ménages continue son lent  
repli mais se maintenait à 4,5% en juin 2017.  
IFRS 9 et provisionnement dynamique espagnol  
Eu égard au passage d’IAS 39 à IFRS 9, le système bancaire espagnol  
présente une caractéristique notable puisque depuis 2000, il appliquait  
un mécanisme de provisionnement dynamique. Ce mode de  
provisionnement statistique obligeait les banques à constituer des  
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1
22  
Par ailleurs, la reprise du marché immobilier (+6,7% au T3 2017 , en  
hausse pour le 6e trimestre consécutif) pourrait contribuer à  
l’assainissement des bilans bancaires. Bien que le dynamisme de cette  
reprise puisse susciter quelques inquiétudes quant à sa soutenabilité,  
elle reste inférieure de moitié à celle enregistrée à la veille de la crise  
immobilière espagnole (+13,1% au T1 2007).  
« Tout contrat qui donne lieu à un actif financier d’une entité et à un passif  
financier ou à un instrument de capitaux propres d’une autre entité. »  
Règlement (CE) n° 1126/2008 de la Commission du 3 novembre 2008, IAS 32  
Instruments financiers : présentation.  
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Estimation basée sur celles fournies par Banco Santander S.A., Caixabank  
S.A., Bankinter S.A., Unicaja Banco S.A., Liberbank, Bankia S.A., Banco Bilbao  
Vizcaya Argentaria S.A. et Banco Sabadell S.A. dans le cadre de leur  
communication financière.  
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ABE (2017), EBA report on results from the second EBA impact assessment  
of IFRS 9  
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Instituto Nacional de Estadística, Indice des prix des logements