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Europe centrale : renchérissement du coût de financement sur les marchés obligataires

13/06/2022
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Europe centrale : taux de rendement des obligations d’État à 5 ans

Ces dernières semaines, la remontée des taux des obligations d’État a été très marquée en Europe centrale. Depuis janvier 2022, les rendements à 5 ans ont respectivement augmenté de 338 points de base (pb) en Pologne, de 331 pb en Hongrie, de 350 pb en Roumanie et de 216 pb en République tchèque, et se situent désormais à des niveaux comparables à ceux de 2008. La tendance est similaire pour les taux à 10 ans.

Ce mouvement peut s’expliquer en partie par une surréaction des marchés au regard de l’exposition relativement importante des pays d’Europe centrale à la Russie, en matière de débouchés et d’approvisionnement en énergie. De même, leur proximité géographique avec l’Ukraine et la Russie contribue à une perception, par les marchés, d’un risque géopolitique plus élevé. Parallèlement, le durcissement monétaire, conséquence de la montée des pressions inflationnistes (+16% en g.a. en mai en République tchèque, +14,5% en Roumanie, +10,7% en Hongrie), a également poussé les rendements obligataires vers le haut.

L’ampleur de la hausse des taux interpelle en Pologne alors que le pays est l’un de ceux qui résistent pour l’instant le mieux aux conséquences macroéconomiques de la guerre en Ukraine. Par ailleurs, la Pologne est bien préparée à une coupure du gaz russe grâce à des investissements passés visant à diversifier ses fournisseurs. Le pays pourrait aussi bénéficier d’un déblocage de fonds européens, sous certaines conditions.

Le coût de financement de l’État sur le marché obligataire local s’est donc fortement renchéri pour l’ensemble des pays. Cela pourrait en inciter certains à recourir aux marchés internationaux pour couvrir leurs besoins de financement. Cette situation conduirait à une augmentation de la dette en devises étrangères et à une plus forte exposition des gouvernements au risque de change. À l’heure actuelle, la proportion de la dette du gouvernement en devises rapportée au PIB reste modérée pour l’ensemble des pays d’Europe centrale.

LES ÉCONOMISTES AYANT PARTICIPÉ À CET ARTICLE