EcoFlash

PDF
La banque  
d’un monde  
qui change  
DIRECTION DES ÉTUDES ÉCONOMIQUES  
France : 2016 se termine sur un bon chiffre de croissance  
Avec 0,4% t/t de croissance au quatrième trimestre 2016,  
l’économie française termine l’année sur une note positive.  
Décomposition de la croissance française  
Contribution à la croissance des composantes du PIB, t/t, points de %  
consommation des ménages ▌consommation publique  
▌investissement des entreprises ▌investissement des ménages  
▌variations de stocks ▌commerce extérieur ▬ croissance du PIB  
En moyenne annuelle, la croissance s’élève à 1,1%, soit  
quasiment le même rythme qu’en 2015 (1,2%). L’absence  
d’accélération s’explique, pour partie, par une série de  
facteurs ponctuels qui ont pesé sur l’activité et plus  
particulièrement sur les exportations.  
1
,2  
0,9  
,6  
,3  
,0  
0,3  
-0,6  
0,9  
0,6  
Cette croissance faible masque toutefois une contribution  
de 1,9 point de la demande intérieure finale, portée par une  
accélération de la consommation des ménages et de  
l’investissement des entreprises et des ménages.  
0
0,4  
0,6  
0,4  
0,2  
0,2  
0
0,0  
0
La croissance apparaît ainsi sous un jour plus favorable.  
Elle bénéficie, en outre, d’un acquis positif dû au bon chiffre  
du quatrième trimestre 2016 et à la perspective d’une  
croissance similaire au premier trimestre 2017.  
-
-0,1  
-
Il existe ainsi une chance que la croissance accélère  
légèrement cette année (1,3% d’après nos prévisions).  
T1 2015 T2 2015 T3 2015 T4 2015 T1 2016 T2 2016 T3 2016 T4 2016  
Graphique 1  
Source : INSEE  
De plus, la forte contribution de la demande intérieure finale  
s’appuie elle-même sur l’ensemble de ses composantes. Les  
dépenses de consommation des ménages rebondissent  
nettement, de 0,6% t/t, soit un rythme légèrement plus élevé  
que celui de 0,5% enregistré en moyenne sur le long terme.  
Ce rebond fait suite à deux trimestres au cours desquels la  
consommation des ménages avait à peine progressé (+0,1%  
t/t à chaque fois). Il s’appuie sur le fort rebond des dépenses  
de consommation en biens (+0,9% t/t après -0,4%) tandis que  
la consommation de services se maintient à peu près au  
même rythme (+0,3% t/t après +0,4%), qui correspond à son  
rythme moyen observé ces quatre dernières années. La  
progression des dépenses de consommation en biens est,  
toutefois, un peu moins forte qu’il n’y paraît lorsque l’on  
regarde l’évolution mensuelle de la donnée correspondante :  
après +0,8% m/m en octobre et +0,6% m/m en novembre, la  
consommation des ménages en biens accuse, en effet, en  
décembre une correction logique mais nette (-0,8% m/m).  
Au quatrième trimestre 2016, la croissance française a été de  
0,4% en rythme trimestriel (t/t) selon la première estimation de  
+
l’INSEE. Après la hausse limitée de 0,2% du PIB au troisième  
trimestre 2016, le rebond attendu de la croissance a donc bien  
eu lieu, avec un doublement de son rythme, même si cette  
évolution est très légèrement en deçà de nos attentes (nous  
tablions sur +0,5% t/t). Sur l’ensemble de l’année, la croissance  
est de 1,1% en moyenne annuelle et marque donc une légère  
décélération par rapport au 1,2% de 2015 en données corrigées  
des variations saisonnières et des jours ouvrés (1,2% et 1,3%,  
respectivement, hors correction des jours ouvrés).  
Croissance robuste au quatrième trimestre 2016  
Le détail par composantes du PIB montre une croissance  
robuste. La hausse de 0,4% du PIB s’appuie en effet sur une  
contribution de 0,6 point de pourcentage de la demande  
intérieure finale et de 0,1 point du commerce extérieur. Les  
variations de stocks viennent ôter 0,2 point à la croissance,  
une contribution négative, d’ampleur limitée, attendue après  
celle très positive du troisième trimestre (+0,7 point, cf.  
graphique 1).  
La progression des dépenses de consommation des  
administrations publiques reste soutenue (+0,4% t/t).  
L’investissement total augmente de 0,8% t/t, en nette  
accélération par rapport au troisième trimestre (+0,3%), à la  
economic-research.bnpparibas.com  
Hélène Baudchon  
1er février 2017  
1
 
La banque  
d’un monde  
qui change  
faveur du rebond, plus marqué encore que prévu, de  
l’investissement des entreprises (+1,3% t/t après +0,1% t/t) et  
de la nouvelle accélération, attendue, de l’investissement des  
Enquêtes de confiance bien orientées  
Indice composite INSEE du climat des affaires [é.g.]  Indice PMI  
composite [é.d.] --- Indice synthétique INSEE confiance des ménages [é.g.]  
ménages (+0,9% t/t après +0,7% t/t). Le seul bémol vient de  
120 65  
l’investissement public qui recule de 1,1% t/t  
. Avec  
6
0
l’investissement des entreprises plus fort qu’attendu, les  
exportations sont l’autre bonne surprise de cette première  
estimation de la croissance au quatrième trimestre 2016. Elles  
enregistrent en effet une accélération plus vigoureuse encore  
que prévu (+1,1% t/t après +0,5% t/t) et supérieure à celle des  
importations (+0,8% t/t). La contribution légèrement positive du  
commerce extérieur l’est pour de bonnes raisons.  
110  
100  
55  
50  
45  
90  
40  
80  
35  
3
0
En comparaison, la croissance française au quatrième  
trimestre 2016 (+0,4% t/t, +1,7% en rythme trimestriel  
annualisé) ressort proche mais légèrement moins élevée que  
celle de la zone euro dans son ensemble (+0,5% t/t), qui  
continue d’être tirée vers le haut par la croissance espagnole  
notamment (+0,7% t/t). Elle est également peu éloignée du  
chiffre américain (+0,5% t/t, +1,9% en rythme trimestriel  
annualisé). L’écart est un peu plus important avec la  
croissance britannique qui continue de surprendre  
favorablement (+0,6% t/t).  
70  
25  
60  
20  
2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017  
Graphique 2  
Sources : INSEE, Markit  
pâti de conditions climatiques  
secteur céréalier  
a
défavorables au printemps (expliquant la chute de près de 6%  
de la production agricole en 2016) et le secteur aéronautique a  
souffert de problèmes d’approvisionnement et de retards de  
livraison.  
Bilan 2016 : faiblesse apparente de la croissance  
La contre-performance des exportations françaises en 2016  
(hausse de seulement 0,9% en moyenne sur l’année après  
+6% en 2015) est en partie imputable aux difficultés de ces  
deux secteurs qui s’ajoutent à la modération de la demande  
mondiale adressée à la France et la faiblesse structurelle de la  
compétitivité de l’économie. Et ce mauvais chiffre des  
exportations explique à son tour la contribution très négative  
du commerce extérieur l’année dernière (-0,9 point), qui se  
trouve donc être la principale cause de la faiblesse de la  
croissance en 2016.  
En moyenne annuelle, la croissance française en 2016 s’élève  
donc à 1,1% : c’est moins que dans la zone euro (1,7%) et  
qu’en 2015 (1,2%). L’écart est certes insignifiant entre les deux  
années mais c’est l’absence d’accélération qui frappe au  
regard de la configuration favorable combinant prix du pétrole,  
taux d’intérêt et taux de change bas.  
Cette absence d’accélération porte la trace des à-coups subis  
par la croissance au cours de l’année. Ainsi, la forte  
croissance du premier trimestre (+0,6% t/t) a été suivie d’un  
contrecoup marqué au deuxième (-0,1%) et d’un rebond limité  
au troisième (+0,2% t/t) de telle sorte que le bon chiffre du  
quatrième trimestre (+0,4% t/t) n’a pas suffi à redresser la  
barre.  
De plus, cette faiblesse masque une contribution de 1,9 point  
de la demande intérieure finale, tandis que la contribution des  
variations de stocks est nulle. De plus, cette contribution de la  
demande intérieure finale est en nette hausse par rapport à  
2015 (1,3 point), à la faveur de l’accélération, entre les deux  
années, de la consommation des ménages (1,8% après 1,5%),  
de l’investissement des entreprises (4,3% après 2,7%) et des  
ménages (1,5% après -0,8%, première progression annuelle  
depuis 2011). A l’aune de ces évolutions, la croissance  
française en 2016 apparaît sous un jour plus favorable.  
Ces à-coups sont dus à une série de facteurs ponctuels . En  
début d’année, la croissance a été soutenue par la mesure de  
suramortissement (dont l’expiration était initialement prévue  
pour avril 2016 et finalement prolongée d’un an) et par les  
achats anticipés de téléviseurs en vue de l’Euro 2016 et du  
changement de norme pour la TNT numérique. La disparition  
de ces facteurs a entraîné un contrecoup sur l’activité,  
accentué par les grèves et les blocages de raffineries qui ont  
eu lieu sur une partie des mois de mai et juin. Par ailleurs, le  
2017 : vers un peu plus de croissance ?  
L’impression mitigée laissée par le faible chiffre de croissance  
en 2016 peut donc être relativisée par sa composition  
particulière et par le bon chiffre trimestriel qui clôture l’année.  
La croissance a, par ailleurs, gagné en solidité, si ce n’est en  
vigueur, grâce au redressement du marché du travail, du  
1
Compte tenu des révisions importantes dont fait l’objet cette  
composante du PIB, nous avons tendance à ne pas accorder trop  
d’importance à ses variations. Par ailleurs, la part de l’investissement  
public dans le PIB n’est que de 3,4%.  
3
Les variations de température en général ont aussi un rôle dans la  
volatilité des chiffres via leurs effets sur les dépenses d’énergie des  
ménages. Ainsi, ces dernières ont fortement rebondi au premier  
trimestre 2016 après avoir nettement reculé le trimestre précédent  
pour cause de températures supérieures aux normales saisonnières.  
L’épisode de froid observé en janvier 2017 devrait aussi se traduire  
par une forte progression de ces dépenses, avec un effet positif  
possible sur la croissance du premier trimestre.  
2
Les données des comptes nationaux du troisième trimestre,  
notamment les dépenses d’hébergement-restauration et de transport,  
ne portent pas de trace visible de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice. Si  
effets négatifs il y a eu, ils ont été contrebalancés par des effets de  
rattrapage après la baisse marquée de ces dépenses au deuxième  
trimestre.  
economic-research.bnpparibas.com  
Hélène Baudchon  
1er février 2017  
2
 
 
 
La banque  
d’un monde  
qui change  
secteur de la construction et de la situation financière des  
entreprises. L’espoir d’une accélération, légère, de la  
croissance se reporte ainsi sur 2017, avec une hausse du PIB  
Remontée de l’inflation  
Inflation totale  Inflation sous-jacente  
4
4
3
2
1
0
-1  
attendue de 1,3% en moyenne annuelle .  
La croissance attendue en 2017 bénéficie aussi d’un effet  
d’acquis favorable dû au bon chiffre du quatrième trimestre  
3
2
1
0
2
016 et à la perspective d’une croissance similaire au premier  
trimestre 2017. Perspective étayée par l’orientation en hausse  
des enquêtes sur le climat des affaires que le redressement de  
la confiance des ménages vient renforcer (cf. graphique 2).  
L’indice qui synthétise cette dernière a gagné 1 point en  
janvier, pour atteindre 100 et retrouver, enfin, sa moyenne de  
longue période. Cette amélioration s’appuie sur un jugement  
plus favorable des ménages sur l’évolution passée du niveau  
de vie en France, sur les perspectives d’évolution du chômage  
et sur celles de leur situation financière personnelle.  
-
1
1999 2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017  
Graphique 3  
Source : INSEE  
Si le début de l’année se présente plutôt bien, 2017 ne  
manque pas non plus d’embûches. La principale d’entre elles  
est la remontée en cours de l’inflation dans le sillage des prix  
du pétrole. Progressive jusqu’ici, elle a soudainement pris  
forme beaucoup plus nettement dans les chiffres provisoires  
du mois de janvier. La hausse des prix atteint, en effet, 1,4%  
sur un an contre 0,6% en décembre (cf. graphique 3).  
L’inflation sous-jacente reste plus que mesurée et l’ampleur de  
l’accélération de l’inflation totale résulte pour partie d’un effet  
de base défavorable mais la tendance est là. L’inflation reste  
peu élevée mais sa remontée va tout de même venir réduire  
les gains de pouvoir d’achat des ménages et donc freiner leur  
consommation, limitant ce faisant la croissance dans son  
ensemble.  
Hélène Baudchon  
4
Cf. Ecoweek n°17-04, « France : La croissance 2017 peut-elle être  
un meilleur cru que 2016 ? », 27 janvier 2017.  
economic-research.bnpparibas.com  
Hélène Baudchon  
1er février 2017  
3
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 1460 articles et 358 vidéos