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d’un monde  
qui change  
DIRECTION DES ÉTUDES ÉCONOMIQUES  
France : Croissance modérée au premier trimestre 2017  
Avec 0,3% t/t de croissance au premier trimestre 2017,  
l’économie française démarre l’année sur une note mitigée.  
Décomposition de la croissance française  
Contribution à la croissance des composantes du PIB, t/t, points de %  
consommation des ménages ▌consommation publique  
▌investissement des entreprises ▌investissement des ménages  
▌variations de stocks ▌commerce extérieur ▬ croissance du PIB  
La croissance est modérée, tirée vers le bas par la  
consommation des ménages qui marque le pas et par le net  
recul des exportations.  
1
,2  
,9  
,6  
,3  
0,0  
0,3  
0,6  
0,9  
Ces points de faiblesse sont toutefois imputables à des  
facteurs ponctuels et un rebond devrait s’ensuivre. Ils ne  
doivent pas masquer les points forts, à savoir le dynamisme  
de l’investissement des entreprises et celui des ménages.  
0
0,6  
0,5  
0
0,4  
0,6  
0,2  
0,3  
0,2  
0
Les enquêtes de conjoncture restent, par ailleurs, bien  
orientées en avril, notamment le nouvel indicateur de  
l’INSEE du « climat de l’emploi » qui pointe vers des  
créations d’emplois encore robustes au premier trimestre.  
0,0  
-0,1  
-
-
Au premier trimestre 2017, la croissance française a été de  
0,3% en rythme trimestriel (t/t) selon la première estimation  
-
+
T1 2015 T2 2015 T3 2015 T4 2015 T1 2016 T2 2016 T3 2016 T4 2016 T1 2017  
de l’INSEE. Ce résultat est légèrement en deçà de ce que  
suggéraient les enquêtes de conjoncture. Mais il n’est pas  
surprenant pour autant : il confirme le risque baissier qui  
entourait notre prévision (+0,4% t/t) et que laissaient entrevoir  
les données mensuelles d’activité médiocres pour les mois de  
janvier et février. Ce chiffre de croissance ne remet pas non  
plus en cause la dynamique de la reprise et le diagnostic d’une  
croissance française peu à peu plus solide même si elle n’est  
Graphique 1  
Source : INSEE  
Consommation et pouvoir d’achat des ménages  
Pouvoir d’achat (g.a.)  Consommation (g.a.)  
4%  
4%  
3%  
3%  
2%  
1%  
0%  
-1%  
-2%  
2%  
pas beaucoup plus élevée (1,3% de croissance attendue en  
2
017 en moyenne annuelle après 1,1% en 2016 ).  
1%  
Croissance limitée à 0,3% au premier trimestre 2017  
0%  
En plus d’être modérée, la croissance du premier trimestre est  
moyennement robuste, moins équilibrée qu’au trimestre  
précédent (dont la croissance a été rehaussée de 0,1 point, à  
-1%  
-2%  
0
,5% t/t). La contribution de la demande intérieure finale est  
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017  
certes comparable (+0,4 point de pourcentage au premier  
trimestre, +0,5 point au quatrième trimestre) mais si l’on va  
plus dans le détail des composantes, il ressort que les bases  
de cette croissance sont étroites (cf. graphique 1).  
Graphique 2  
Source : INSEE  
mais pas de cette ampleur (cf. infra). Les exportations ont  
accusé un net recul (-0,7% t/t après +1,4%), conséquence de  
l’écroulement des livraisons d’airbus en janvier après leur bond  
en décembre 2016. Les importations ont, en même temps,  
fortement progressé (+1,5% t/t après déjà +0,8% t/t), tirées à  
la hausse par le rebond des achats de produits pétroliers  
raffinés et par un approvisionnement exceptionnel, en janvier,  
La consommation des ménages a, en effet, marqué le pas  
(+0,1% t/t après +0,6% t/t). Une décélération était attendue  
1
Cf. « France : Sur la voie d’une lente accélération », EcoPerspectives  
ème  
2
trimestre 2017.  
economic-research.bnpparibas.com  
Hélène Baudchon  
28 avril 2017  
1
 
 
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de produits pharmaceutiques en provenance d’Autriche. La  
contribution très négative du commerce extérieur (-0,7 point  
après +0,2 point) qui résulte de ces évolutions est certes  
contrebalancée par la contribution très positive des variations  
de stocks (+0,6 point après -0,2 point) mais celle-ci est une  
source éphémère de croissance. Ces différents points de  
faiblesse ne doivent pas masquer le point fort du chiffre de  
croissance du premier trimestre, à savoir le dynamisme, au  
rendez-vous, de l’investissement des entreprises (+1,3% après  
Climat de l’emploi  
Variation trimestrielle emploi salarié marchand non agricole [é.g.]  
Indice INSEE du climat de l’emploi [é.d.]  
1
,2  
,8  
,4  
140  
30  
20  
10  
100  
1
0
1
0
1
+
0,9% t/t) et des ménages (+0,9% t/t comme au trimestre  
0,0  
-0,4  
-0,8  
précédent). Si l’investissement des entreprises a autant  
progressé, c’est en partie en anticipation de l’expiration, en  
avril, de la mesure de suramortissement. Il ne va pas  
poursuivre sur ce rythme le trimestre prochain.  
90  
80  
70  
La croissance du premier trimestre porte la trace des  
conditions climatiques particulières en janvier et février  
-
1,2  
60  
2
001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017  
(respectivement, le mois le plus froid depuis 2010 et le plus  
Graphique 3  
Source : INSEE  
chaud depuis 2007). On peut en effet leur imputer la très faible  
progression de la consommation des ménages, tirée vers le  
bas par le recul des dépenses en biens (-0,4% t/t) en dépit de  
Enquêtes de confiance  
Indice composite INSEE du climat des affaires [é.g.]  Indice PMI  
la bonne tenue de la consommation de services (+0,5% t/t) .  
composite [é.d.] --- Indice synthétique INSEE confiance des ménages [é.g.]  
Si les dépenses en biens ont ainsi reculé et pas seulement  
ralenti comme attendu, c’est parce que la nette baisse en  
février de l’indicateur mensuel correspondant (-0,7% m/m,  
causée par la chute des dépenses d’énergie liée au redoux)  
s’est doublée d’une nouvelle baisse en mars (-0,4% m/m), qui  
l’ont largement emporté sur la progression de janvier (+0,7%  
m/m, alimentée par les dépenses d’énergie dues au froid). Le  
trimestre se termine ainsi sur une note négative.  
120 65  
6
0
110  
55  
1
00  
50  
45  
9
0
40  
8
0
35  
30  
Le facteur météo a joué un rôle d’amplificateur de la  
décélération de la consommation des ménages au premier  
trimestre. Derrière celle-ci sont aussi à l’œuvre les premiers  
effets négatifs, sur les gains de pouvoir d’achat, du retour de  
l’inflation (cf. graphique 2). Proche de zéro tout au long de  
70  
25  
60  
20  
2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017  
Graphique 4  
Sources : INSEE, Markit  
2
1
015 et jusqu’à la mi-2016, l’inflation est en effet remontée à  
,2% en glissement annuel au premier trimestre 2017,  
Croissance similaire en perspective au deuxième  
trimestre, voire un peu plus élevée  
uniquement poussée à la hausse par la contribution de moins  
en moins négative puis positive des prix de l’énergie.  
Simultanément, l’inflation sous-jacente ralentissait pour  
retomber à 0,4% sur un an au premier trimestre 2017. D’après  
l’estimation préliminaire de l’INSEE pour le mois d’avril,  
l’inflation globale est restée inchangée à 1,2% en glissement  
annuel mais l’inflation sous-jacente semble amorcer un timide  
redressement (0,5% sur un an).  
Maintenant que la croissance du premier trimestre est connue,  
nous reportons notre attention sur le deuxième trimestre. Les  
premiers éléments disponibles sont plutôt positifs. Le niveau  
élevé des enquêtes sur le climat des affaires (disponibles  
jusqu’en avril) et leur orientation en hausse sont, notamment,  
de bon augure (cf. graphique 4). Ces enquêtes pointent vers  
un taux de croissance trimestriel au moins égal à celui du  
premier trimestre. C’est également le résultat auquel nous  
arrivons sur la base des évolutions prévisibles des principales  
composantes de la croissance compte tenu de leur évolution  
au premier trimestre : rebond de la consommation des  
ménages et des exportations ; contrecoup sur l’investissement  
des entreprises ; maintien sur un rythme élevé de la reprise de  
l’investissement des ménages ; contribution négative des  
variations de stocks ; décélération des importations. Mais la  
croissance pourrait être sans trop de difficulté un peu plus  
élevée que 0,3% t/t. L’INSEE table ainsi sur 0,5%.  
La remontée de l’inflation vient certes réduire les gains de  
pouvoir d’achat. Mais il est bienvenu qu’elle s’éloigne de son  
rythme inconfortablement bas et qu’elle commence à donner  
des signes de raffermissement en lien avec celui de la  
croissance. De plus, le redémarrage de l’emploi vient en  
soutien du pouvoir d’achat. Les créations d’emplois devraient  
être restées soutenues au premier trimestre, si l’on en croit  
l’orientation favorable du nouvel indicateur développé par  
l’INSEE du « climat de l’emploi » (cf. graphique 3).  
Hélène Baudchon  
2
La consommation de biens et celle de services comptent chacune  
pour 50% du total.  
economic-research.bnpparibas.com  
Hélène Baudchon  
28 avril 2017  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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