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France  
Hiatus sur la croissance au premier trimestre  
Les enquêtes sur le climat des affaires laissaient entrevoir  
Enquêtes sur le climat des affaires  
Indicateurs centrés-réduits  
de nouveau un bon chiffre de croissance au premier trimestre  
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017, similaire voire supérieur à celui du quatrième trimestre  
016 (0,4% t/t).  
 indice composite INSEE  indice composite Banque de  
France --- indice composite PMI  
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Mais les données mensuelles d’activité, disponibles  
jusqu’en février, ont été médiocres.  
Le risque qui entoure notre prévision de croissance de  
,4% t/t au premier trimestre est désormais à la baisse.  
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Jusqu’alors assez forte, la présomption d’un bon chiffre de  
croissance au premier trimestre 2017, similaire à celui du quatrième  
trimestre 2016 (soit 0,4% en rythme trimestriel), est désormais sur la  
sellette : elle reste étayée par les résultats favorables des données  
d’enquêtes, et plus particulièrement celles sur le climat des affaires,  
mais pas par les données mensuelles d’activité, à la peine.  
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005  
2007  
2009  
2011  
2013  
2015  
2017  
S’agissant des enquêtes tout d’abord (disponibles jusqu’en mars),  
l’indicateur synthétique du climat des affaires de l’INSEE atteint 104  
en moyenne sur le premier trimestre. Il se situe ainsi nettement au-  
dessus de sa moyenne 100 de référence (elle-même compatible  
avec un taux de croissance trimestriel de l’ordre de 0,3-0,4%). De  
plus, il dépasse - légèrement - son niveau moyen du quatrième  
trimestre 2016 (103), signalant une possible accélération de la  
croissance entre les deux trimestres. Le signal envoyé par les  
indices PMI de Markit apparaît plus positif encore. L’indice composite  
a, en effet, grimpé de 6,2 points en l’espace de quatre mois. A 57,6  
en mars et 55,9 en moyenne sur le premier trimestre, il se situe  
confortablement au-dessus du seuil critique des 50 délimitant les  
zones d’expansion de l’activité des zones de contraction. L’ampleur  
du redressement des PMI interroge toutefois sur ce qui le sous-tend  
et le crédit qu’il faut lui accorder. La même dynamique n’étant pas  
observée du côté des autres enquêtes sur le climat des affaires, il  
nous semble être le fruit d’un effet de rattrapage, plus que le signe  
d’une amélioration fondamentale, sous-estimée, de la situation  
économique (cf. graphique).  
Graphique  
Sources : INSEE, Markit, Banque de France, BNP Paribas  
L’histoire est à la fois similaire et différente du côté de la production  
industrielle, avec un bilan plus négatif. En effet, les conditions  
climatiques ont impacté de la même manière la production d’énergie  
(
+4,6% m/m en janvier, -7,9% m/m en février) mais la production  
industrielle a baissé les deux mois (de -0,2% m/m et -1,6% m/m,  
respectivement) : en janvier, parce que la baisse de la production  
manufacturière (-0,9% m/m) l’a emporté sur la hausse de la  
production d’énergie ; en février, parce que la production  
manufacturière a accusé une nouvelle baisse (-0,6% m/m) cumulée  
à celle de la production d’énergie. Le recul de la production  
manufacturière est généralisé à quasiment tous les secteurs  
d’activité. Cela renforce le résultat négatif d’ensemble mais laisse  
aussi entrevoir un rebond technique marqué en mars.  
Les données mensuelles du commerce extérieur sont également  
contrastées : les exportations (+1,6% m/m en février après -7,6%  
m/m en janvier) portent la trace des à-coups sur les livraisons  
d’airbus (le chiffre exceptionnellement élevé de décembre 2016 a été  
suivi d’un violent contrecoup en janvier et d’un modeste retour à la  
tendance en février) ; les importations (-2% m/m en février après  
3,3% m/m en janvier) portent quant à elles la trace d’un  
approvisionnement exceptionnel, en janvier, de produits  
pharmaceutiques en provenance d’Autriche.  
Une amélioration que ne retracent d’ailleurs pas les données  
mensuelles d’activité disponibles pour les mois de janvier et février.  
Leur évolution vient, au contraire, ternir le tableau conjoncturel, à  
tout le moins brouiller le message. Les dépenses de consommation  
des ménages en biens (c’est-à-dire énergie plus produits  
manufacturés) portent la trace des à-coups subis par les dépenses  
d’énergie (+5,1% m/m en janvier, -11% m/m en février), eux-mêmes  
occasionnés par les fortes variations de températures : le mois de  
janvier, le plus froid depuis 2010, a été suivi du mois de février le  
plus chaud depuis 2007. Mais il faut aussi savoir que la hausse puis  
la baisse de la consommation totale de biens (+0,6% m/m en janvier,  
+
Ces résultats plutôt médiocres côté activité pèsent plus lourdement  
dans la balance que les résultats favorables des enquêtes : le risque  
qui entoure notre prévision de croissance de 0,4% t/t au premier  
trimestre est désormais à la baisse et non plus à la hausse comme  
suggéré par les enquêtes. Notre modèle nowcast basé sur les  
données d’activité estime, en effet, à 0,2% t/t la croissance au  
premier trimestre contre 0,5% t/t sur la base des données d’enquêtes.  
A titre de comparaison, l’INSEE table sur 0,3% t/t ainsi que la  
Banque de France dorénavant, qui a abaissé sa prévision de 0,1  
point lors de son actualisation en mars.  
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0,8% m/m en février) masquent une évolution en sens inverse des  
achats de produits manufacturés (-0,2% m/m en janvier, +1,3% m/m  
en février), avec un effet amortisseur sur le total.  
economic-research.bnpparibas.com  
Hélène Baudchon  
14 avril 2017 17-15  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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