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France : Macronomics, an 1  
Hélène Baudchon  
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La politique du président Emmanuel Macron fait le pari du  
choc » de compétitivité et de confiance, qu’appelait déjà  
de ses vœux le rapport Gallois, en 2012.  
l’attractivité de l’économie française et à stimuler la prise de  
risque et l’investissement des entreprises. L’emploi est aussi  
en ligne de mire car il devrait s’en trouver indirectement  
soutenu. Avec ces mesures, et celles en faveur des  
entreprises (cf. infra.), le président mise sur un effet  
d’entraînement de l’ensemble de l’économie.  
«
Menés à vive allure et sur tous les fronts, les  
«
Macronomics » ambitionnent de libérer et réorienter les  
initiatives au profit de la croissance et de l’emploi.  
Les revenus du capital ne sont pas les seuls à être soutenus :  
aux yeux du président, c’est une condition nécessaire mais  
non suffisante. Ainsi, deux mesures clés concernent le  
revenu disponible des ménages : la suppression des  
cotisations salariales chômage et maladie et l’exonération de  
la taxe d’habitation pour 80% des ménages encore  
Nous retraçons ici, dans un jeu de questions-réponses,  
l’action du gouvernement au terme de la première année du  
quinquennat Macron.  
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Nous évoquons aussi la suite de l’agenda, qui s’annonce  
chargé. Les trois principaux chantiers qui restent à mener à  
bien sont la rationalisation des dépenses publiques, la  
réforme systémique des retraites et la refonte de la fiscalité  
locale.  
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assujettis . L’objectif commun est le soutien au pouvoir  
d’achat, doublé, pour la mesure qui porte sur les cotisations,  
d’un autre objectif, à savoir faire en sorte que le travail soit  
mieux valorisé.  
Une dernière catégorie de revenus fait l’objet d’un soutien  
ciblé : les transferts sociaux, sous la forme d’une  
revalorisation de diverses prestations (minimum vieillesse,  
allocation adulte handicapé, prime d’activité, chèque énergie).  
Une année s’est écoulée depuis l’élection d’Emmanuel  
Macron la présidence de la République française.  
à
L’occasion d’établir, sous forme de questions - réponses, un  
bilan intermédiaire. A grands traits, l’action menée jusqu’ici a  
consisté à poser les premiers jalons de la transformation du  
modèle économique et social français, vers un modèle « plus  
mobile et plus juste » pour reprendre la terminologie officielle.  
2
L’évocation, début mai, par le président de la suppression de l’“exit  
tax”, en 2019, s’inscrit aussi dans cette logique. Cet impôt, créé en  
2
011, visait à prévenir les délocalisations fiscales.  
Soit une baisse de 3,15 points pour les salariés du privé. Pour les  
Quels sont les marqueurs de la politique économique  
menée et l’objectif recherché ?  
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fonctionnaires, l’allègement prend la forme d’une indemnité  
compensatrice équivalant à 1,67% de leur rémunération brute (réduite à  
Ces marqueurs correspondent aux différents types de  
revenus stimulés. Ainsi, concernant les revenus du capital, la  
mesure la plus emblématique est la suppression de l’ISF, plus  
exactement sa transformation en un impôt de solidarité sur la  
seule fortune immobilière (IFI). L’introduction du PFU,  
0,67% pour les fonctionnaires redevables de la contribution  
exceptionnelle de solidarité de 1%, assimilée à une cotisation chômage  
et qui disparaît au même titre que celle payée par les salariés du privé).  
Les indépendants bénéficient d’une réduction de leurs cotisations  
maladie et famille.  
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4
prélèvement forfaitaire unique de 30% sur les revenus  
Pour être éligible, il ne faut pas être déjà exonéré (le revenu fiscal de  
financiers, entre aussi dans cette catégorie. En allégeant la  
fiscalité du capital, ces deux mesures cherchent à améliorer  
référence (RFR) de 2017 doit donc être supérieur à 10 815 € pour la  
première part, + 2 888 € par demi-part supplémentaire) et le RFR de  
l’année précédente ne doit pas dépasser les plafonds suivants : 27 000  
pour 1 part de quotient familial ; 35 000 € pour 1,5 part ; 43 000 €  
pour 2 parts ; + 6 000 € pour chaque demi-part supplémentaire. Pour  
éviter les effets de seuil, un dispositif de lissage a été mis en place.  
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12,8% d’impôt sur le revenu ; 17,2% de prélèvements sociaux  
EcoFlash // 29 mai 2018  
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Le souci de préserver les équilibres financiers compte aussi  
parmi les marqueurs de la politique économique actuellement  
menée. Des hausses d’impôts accompagnent ainsi les  
baisses mais elles ne se limitent pas à répondre à l’objectif  
budgétaire de limitation du déficit. La hausse de la CSG  
correspond à l’esprit d’origine de cet impôt et participe d’un  
vise à aligner le taux français sur la moyenne européenne et,  
ce faisant, à renforcer la compétitivité et l’attractivité de la  
France. Elle permettra aussi de contrebalancer le surcroît d’IS  
dû à la transformation du CICE en baisse de charges.  
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-
La loi PACTE (plan d’action en faveur de la croissance et de  
la transformation des entreprises) cherche à étoffer le tissu  
élargissement nécessaire du financement de la protection  
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productif français et à améliorer le financement de l’économie  
sociale. La hausse, importante, du prix du tabac répond  
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(
en mobilisant mieux et plus l’épargne salariale) . Elle  
aussi et surtout à un objectif de santé publique tandis que  
l’alourdissement de la fiscalité sur les carburants répond à  
l’impératif de la transition énergétique.  
consiste en un nouvel ensemble de mesures en faveur du  
développement des PME et des ETI et d’une participation  
accrue des salariés aux résultats et aux décisions de  
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0
l’entreprise . Le financement des nouvelles mesures de  
soutien doit se faire par la diminution d’autres aides aux  
entreprises. Cette loi comprend aussi un volet sur les  
privatisations qui doit venir abonder le fonds de EUR 10 mds  
dédié au financement de l’innovation de rupture. Plus  
globalement, le développement de l’innovation est une  
composante importante des Macronomics.  
En plus de ces mesures fiscales et budgétaires, quelles  
sont les autres composantes des Macronomics ?  
Pour reprendre une autre formule du président de la  
République, la philosophie générale des réformes engagées  
est de « libérer et protéger » (l’économie, les entreprises, les  
individus). C’est sous cet angle qu’est structuré le programme  
national de réforme (PNR), remis en avril 2018 à la  
Commission européenne en même temps que le programme  
de stabilité. Les grands axes de ce programme, les mesures  
correspondantes et leur degré d’avancement, tels que  
présentés par le gouvernement, sont repris dans le tableau 2  
en fin d’article. Dans les lignes qui suivent, nous avons fait  
notre propre regroupement d’une sélection de réformes.  
Ce volet « libérer » se double d’un volet « protéger » :  
davantage de flexibilité s’accompagne de davantage de  
sécurité des personnes, plus exactement la sécurisation des  
parcours professionnels. Flexibilité et sécurité sont  
nécessaires et complémentaires et l’association des deux  
augmente la fluidité du marché du travail, afin de passer plus  
facilement d’une situation à une autre. C’est tout l’objet du  
triptyque de la réforme de la formation professionnelle, de  
l’apprentissage et de l’assurance-chômage. Le projet de loi  
qui regroupe ces trois réformes conjointes est intitulé « Pour  
la liberté de choisir son avenir professionnel ».  
S’agissant du volet « libérer », nous y incluons les réformes  
suivantes qui poursuivent, en l’accentuant, la politique de  
l’offre engagée par François Hollande :  
-
La nouvelle réforme du code du travail (après les  
assouplissements déjà apportés par la loi El Khomri de 2016)  
introduit, pour les entreprises, un surcroît de flexibilité, de  
simplicité et de visibilité dans l’organisation du travail et la  
gestion des effectifs pour mieux répondre aux fluctuations de  
L’objectif de la réforme de la formation professionnelle et de  
l’apprentissage n’est pas nouveau. Il s’agit de simplifier les  
deux systèmes dans toutes leurs dimensions (gouvernance,  
financement, certification), de les rendre plus souples, moins  
dispendieux, accessibles à tous et, in fine, plus efficaces. La  
formation, la qualification, l’adéquation des compétences sont  
des leviers essentiels pour (re)trouver un emploi et réduire le  
chômage. Les mesures envisagées sont, elles, novatrices, au  
premier rang desquelles la monétisation du compte personnel  
de formation ou CPF (désormais crédité en euros et non plus  
en heures).  
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l’activité, à la baisse comme à la hausse . Cette réforme n’a,  
cependant, pas pour seul objectif d’augmenter la flexibilité du  
marché du travail français. Elle vise aussi, et c’est une  
condition de sa réussite, à établir un dialogue social de  
meilleure qualité. Son intitulé officiel est d’ailleurs « Loi sur le  
renforcement du dialogue social ». Elle contient également  
quelques mesures directement favorables aux salariés, dont  
l’augmentation des indemnités légales de licenciement et le  
renforcement du droit au télétravail.  
L’effort en faveur de la formation professionnelle est aussi  
financier puisque EUR 15 mds des EUR 57 mds du grand  
-
La transformation, en 2019, du CICE (crédit d’impôt pour la  
plan d’investissement (GPI) sont dédiés  
à
un plan  
compétitivité et l’emploi, instauré en 2013) en une baisse  
pérenne, plus simple et plus lisible, de cotisations patronales  
d’investissement dans les compétences (PIC). Ces sommes  
seront consacrées à la formation d’un million de jeunes sortis  
du système scolaire, sans emploi ni en formation (les NEET –  
Neither in Employment, Education or Training) et autant de  
chômeurs peu qualifiés. Dernier point à souligner : cette  
réforme de la formation continue est complétée de  
changements à tous les niveaux du système éducatif pour  
améliorer la formation initiale, autre domaine critique où le  
niveau nécessite d’être relevé.  
(
-6 points sur les salaires inférieurs à 2,5 SMIC), avec un  
allègement supplémentaire au niveau du SMIC (-3,9 points,  
dégressif jusqu’à 1,6 SMIC), vise à en renforcer les effets  
positifs attendus sur l’emploi.  
-
La baisse, par étapes, du taux marginal standard de l’impôt  
8
sur les sociétés (IS), de 33,3% aujourd’hui à 25% d’ici 2022 ,  
5
+
1,7 point sur le taux normal sur les revenus d’activité (à 9,2%), les  
2020 : application du taux de 28% sans distinction ; 2021 : baisse à  
26,5% puis à 25% en 2022. Les PME dont le chiffre d’affaires est  
inférieur à EUR 7,6 millions continuent de bénéficier du taux réduit de  
15% sur leurs 38 000 premiers euros de bénéfices.  
pensions de retraite et d’invalidité (8,3%) et les revenus de l’épargne et du  
capital (9,9%). Le taux normal de CSG sur les allocations chômage  
(6,2%) et le taux réduit sur les retraites, les allocations chômage et les  
9
pensions d’invalidité (3,8%) sont inchangés.  
Plusieurs fois reportée, la présentation de cette loi en Conseil des  
6
ministres est désormais annoncée pour juin.  
7
10  
La fin du forfait social pour les entreprises de moins de 250  
salariés avec un accord d’intéressement et la simplification des seuils  
fiscaux et sociaux sont les deux mesures les plus parlantes. Autre  
nouveauté : la modification possible du statut de l’entreprise pour y  
inscrire son rôle social et environnemental. La loi cherche aussi à  
faciliter la création d’entreprise.  
5
8
Trajectoire fixée dans le budget 2018. 2018 : réduction du taux à  
8% sur les 500 000 premiers euros de bénéfices, toutes entreprises  
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confondues ; 2019 : abaissement à 31% pour les bénéfices au-delà ;  
EcoFlash // 29 mai 2018  
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La réforme de l’assurance-chômage, dont l’objectif général  
est de rendre le système plus universel et plus juste, introduit  
aussi plusieurs nouveautés : extension aux démissionnaires  
et aux indépendants (sous strictes conditions) ; renforcement  
du principe des « droits et devoirs » et contrôle plus étroit de  
la recherche d’emploi ; arrangement à trouver au niveau des  
branches, d’ici la fin 2018, pour limiter et mieux réguler le  
recours aux contrats très courts (sinon, introduction par le  
gouvernement d’un système de bonus-malus sur les  
cotisations chômage des employeurs) ; possible modification  
des règles du cumul chômage-emploi ; modification du mode  
de gouvernance, du bipartisme actuel vers un tripartisme  
associant plus étroitement l’Etat aux partenaires sociaux.  
Les principales mesures fiscales en 2018  
EUR mds  
Baisses d'impôts en faveur des ménages*  
-8,5  
Création de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) en lieu et place de l'ISF -3,2  
ère  
Dégrèvement de la taxe d'habitation pour 80% des ménages (1 étape) -3,0  
Mise en place d'un prélèvement forfaitaire unique (PFU)  
Elargissement du crédit d'impôt pour l'emploi à domicile**  
Baisses d'impôts en faveur des entreprises  
-1,3  
-1,0  
-5,9  
CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) - Hausse du taux de  
-4,0  
-1,2  
-0,6  
6
à 7 %**  
En résumé, le volet « libérer » vise à stimuler l’activité et  
l’emploi quand le volet « protéger » vise à réduire le chômage  
et la précarité en améliorant la formation, l’insertion et la  
mobilité sur le marché du travail.  
Baisse du taux d'IS de 33% à 28%** (objectif 25% en 2022)  
CITS (crédit d'impôt sur la taxe sur les salaires, équivalent CICE pour les  
associations)**  
Suppression de la quatrième tranche de la taxe sur les salaires  
-0,1  
4,2  
Les réformes suivent-elles un ordre particulier ?  
Alourdissement de la fiscalité comportementale  
Hausse de la fiscalité énergétique  
Les réformes suivent un ordre chronologique précis, ce qui a  
pu alimenter la polémique quant à l’orientation réelle de la  
politique suivie.  
3,7  
Hausse de la fiscalité du tabac  
0,5  
TOTAL net (baisses moins hausses d'impôts ; en année pleine)  
-10,3  
Ainsi, le volet « flexibilité » de la réforme du marché du travail  
Suppression des cotisations salariales maladie & chômage / hausse de la  
a
précédé de quelques mois le volet « sécurité » :  
promulgation des ordonnances réformant le code du travail en  
septembre 2017 ; présentation du projet de loi « Pour la  
liberté de choisir son avenir professionnel » en Conseil des  
ministres le 27 avril et débat au Parlement prévu en juin. Ce  
décalage dans le temps et le caractère moins concret du volet  
CSG (mesure neutre en année pleine mais qui dégage un excédent en 3,7  
2018 du fait du décalage temporel)  
TOTAL net 2018  
-6,6  
*
aux baisses d'impôts s'ajoutent des mesures de revalorisation de certaines  
«
protéger » par rapport à certaines mesures emblématiques  
prestations sociales (AAH, minimum vieillesse, prime d'activité), en plusieurs  
étapes, avec un premier geste courant 2018, pour un montant cumulé estimé de  
EUR 3,7 mds sur 2018-2020  
du volet « libérer » alimentent le sentiment d’un déséquilibre  
en faveur de la flexibilité, perçue négativement, au détriment  
de la sécurité perçue comme le parent pauvre. La réalité est  
pourtant plus équilibrée.  
*
* mesure votée par le gouvernement précédent  
Tableau 1  
Source : Gouvernement  
Les mesures fiscales et budgétaires décidées pour 2018 et  
leur chronique ont, de leur côté, alimenté deux débats, l’un  
quant à leur effet redistributif (qui sont les principaux  
bénéficiaires ?) et l’autre portant sur leur effet net sur le  
pouvoir d’achat des ménages en 2018 (positif, négatif ou  
nul ?). Le bilan diffère selon que l’on regarde les chiffres en  
moyenne sur l’année, en fin d’année ou en année pleine (une  
fois les mesures intégralement mises en œuvre, certaines  
montant progressivement en charge).  
Compte tenu de ce calendrier, les hausses d’impôts  
l’emportent sur les baisses au premier trimestre 2018, le  
rapport s’inversant au quatrième trimestre. Le frein à la  
consommation et à la croissance ressenti en début d’année  
ne serait donc que temporaire. L’essentiel des hausses  
d’impôts étant passé, et plusieurs baisses restant à venir, ce  
frein ferait place à une impulsion, potentiellement importante  
13  
fin 2018 et qui le resterait en 2019 .  
Le gouvernement a, en effet, fait le choix d’augmenter la CSG  
et de supprimer l’ISF en une fois, dès le début de l’année,  
mais d’étaler dans le temps la suppression des cotisations  
Quelle part de responsabilité les Macronomics ont-ils eu  
dans les bons chiffres de la croissance en 2017 ?  
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1
salariales maladie et chômage ainsi que l’exonération de la  
1
2
taxe d’habitation . L’alourdissement de la fiscalité  
comportementale s’étale aussi sur plusieurs années et, pour  
Elle est forcément limitée, car les réformes sont en vigueur  
depuis trop peu de temps pour avoir déjà produit des effets.  
L’amélioration conjoncturelle de 2017 est une coïncidence,  
opportune, mais non une conséquence des nouvelles  
réformes. On décèle toutefois un possible effet positif derrière  
le redressement du climat des affaires de mai à décembre  
2017 et, de manière plus avérée, sur l’image de la France  
auprès des investisseurs étrangers. La croissance et l’emploi  
pourraient s’en trouver soutenus dès 2018. Mais ce sont  
surtout des résultats en termes de relèvement de la  
croissance potentielle et de baisse du chômage structurel qui  
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018, la hausse a déjà eu lieu : en janvier pour les  
carburants, en mars pour le tabac. Enfin, même principe  
d’étalement pour les revalorisations de prestations sociales,  
avec un premier geste en avril pour le minimum vieillesse et  
l’allocation adulte handicapé. Pour la prime d’activité, il faut  
attendre octobre, 2019 pour le chèque énergie (cf. tableau 1  
pour un rappel des différentes mesures fiscales et de leurs  
montants tels qu’estimés par le gouvernement).  
1
1
13  
Une première baisse de 2,2 points en janvier, la seconde de 0,95  
point, en octobre  
Etalée sur trois ans, avec une 1 baisse d’un tiers en octobre 2018  
1
2
ère  
er  
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EcoFlash // 29 mai 2018  
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sont attendus. Or, ils seront longs à émerger et dans une  
ampleur difficile à estimer à ce stade .  
Cote de confiance des présidents français  
1
4
Question posée : « Faites-vous tout à fait confiance, plutôt confiance,  
plutôt pas confiance ou pas du tout confiance à … pour résoudre les  
problèmes qui se posent en France actuellement ? »  
Emmanuel Macron sera aussi, et peut-être surtout, jugé sur  
sa capacité, au travers de l’ensemble de ses réformes, à  
réduire les fractures de la société française, à rassembler le  
pays plus qu’à le relever économiquement. Telle que nous  
analysons son action jusqu’ici, il fait du redressement  
économique, et du marché du travail en particulier, la  
condition de l’amélioration sociétale. Partant du diagnostic  
selon lequel la société va mal parce que l’économie va mal, il  
fait le pari que si l’économie va mieux, alors la société ira  
mieux. Mais la causalité inverse est aussi importante :  
redonner confiance aux Français est autant une conséquence  
qu’une cause du redressement économique.  
Pourcentage d’opinions favorables (ensemble des Français)  
80  
Sarkozy  
(2007-2012)  
Chirac  
1995-2002)  
Mitterrand  
(1981-1988)  
70  
60  
50  
(
40  
30  
Chirac  
2002-2007) (1988-1995)  
Mitterrand  
(
2
0
0
0
Macron  
2017-2022)  
Hollande  
(2012-2017)  
1
(
L’amélioration économique que le président cherche  
à
impulser devra être suffisamment importante pour se diffuser  
à toutes les strates de la société et que les fruits de cette  
croissance soient partagés par tous : le « graal » de la  
croissance forte et inclusive. Le défi est de taille. Le président  
doit y faire face sans un fort degré d’adhésion à sa politique :  
sa cote de confiance est plutôt basse, moins que ses deux  
prédécesseurs au même moment de leur mandat mais  
inférieure à 50% d’opinions favorables (cf. graphique).  
1
7
13 19 25 31 37 43 49 55 61 67 73 79 85  
Nombre de mois en exercice  
Graphique  
Source : Baromètre Kantar TNS / Figaro-Magazine  
2
019 sera aussi marquée par le passage au prélèvement à la  
source des impôts sur le revenu et 2020 par le changement  
de la formule de calcul du taux du livret A .  
15  
Pour conclure, il reste un dernier chantier à mentionner : celui  
du renforcement de l’Europe et de la zone euro en particulier.  
Un autre enjeu de taille qui mettra à l’épreuve le volontarisme  
français.  
Que sait-on de la suite du quinquennat ?  
Emmanuel Macron déroulant son programme électoral et un  
certain nombre dorientations économiques ayant déjà été  
fixées dans le budget 2018, on dispose d’une certaine  
visibilité sur la suite du quinquennat. Les trois gros chantiers  
suivants, dossiers sensibles s’il en est, restent à mener à  
bien :  
-
La réforme systémique des retraites : le projet est de  
fusionner l’ensemble des régimes en un seul, universel, et de  
mettre en place un système de cotisations tel quun euro  
cotisé ouvre les mêmes droits pour tous.  
-
La rationalisation des dépenses publiques et, parallèlement,  
la réforme de l’État et de la fonction publique : l’objectif est de  
réduire de 4 points la part des dépenses publiques dans le  
PIB à l’horizon 2022 (qui passerait d’environ 56% en 2017 à  
5
2% dans cinq ans). Il s’agit de retrouver des marges de  
manœuvre budgétaires indispensables pour réduire le ratio  
de dette publique et alléger plus nettement la pression fiscale.  
Un comité dédié (Comité Action Publique 2022) a été chargé  
de conduire une revue des missions et des dépenses  
publiques pour identifier les pistes possibles d’économies et  
leurs montants. Ses conclusions, très attendues, sont  
annoncées pour juin.  
-
La refonte de la fiscalité locale : elle doit permettre de  
financer, sans nouveaux impôts, la suppression totale à venir  
de la taxe d’habitation. Une gageure.  
D’autres baisses d’impôts, non encore budgétées ni datées,  
sont aussi  
patronales et salariales) sur les heures supplémentaires et  
une diminution des impôts sur la production.  
à venir, dont l’exonération de cotisations  
(
1
4
Le gouvernement doit néanmoins se livrer à l’exercice dans son  
PNR il estime ainsi que « l’ensemble des mesures fiscales  
pourraient rehausser l'activité de 3,3 points de PIB à long terme, pour  
40 000 emplois créés, avec une montée en puissance progressive  
1
5
Fonction de la moyenne semestrielle du taux d’inflation et des taux  
:
interbancaires à court terme (Eonia), arrondie au dixième de point (et  
non plus au quart de point). Le taux sera révisé deux fois par an et ne  
pourra descendre sous 0,5%. Le gouvernement pourra toujours  
s’écarter de la règle en cas de situation exceptionnelle.  
4
et des effets attendus à +1,6 points de PIB et 260 000 emplois à  
l'horizon 2025 ».  
EcoFlash // 29 mai 2018  
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Tableau 2 : programme national de réforme grands axes, principales mesures et degré d’avancement  
Défis  
Axes  
Mesures  
Avancement  
Stimuler l’activité et  
l’emploi en réformant le  
marché du travail  
Ordonnances relatives au renforcement du dialogue social  
Fait  
Réforme de l’assurance-chômage  
En cours  
Baisse du taux d’IS à 25% d’ici 2022  
Transformation de l’ISF en IFI  
Fait  
Fait  
Fait  
Libérer le  
plein  
potentiel de  
l’économie  
française  
Stimuler l’investissement  
et la montée en gamme  
en allégeant la fiscalité  
Prélèvement Forfaitaire Unique de 30% sur les revenus financiers  
Transformation en 2019 du CICE en une baisse de charges et allègement supplémentaire  
au niveau du SMIC  
Fait  
Alourdissement de la fiscalité comportementale (carburants, tabac)  
Loi PACTE (développement des entreprises et de l’actionnariat salarié)  
Simplification et soutien pour les indépendants  
Fait  
Créer un environnement  
attractif pour les  
En cours  
Fait  
entreprises et renforcer  
la compétitivité  
Renforcer l’attractivité du territoire (fiscalité, attractivité de Paris, « Choose France »)  
Modifier l’écosystème de l’export et améliorer la compétitivité-coût  
En cours  
Fait  
Grand Plan d’Investissement (GPI, EUR 57 mds sur 5 ans)  
Fait  
Construire une  
économie de  
Investir dans l’éducation et la formation :  
- Petite enfance et collège  
Fait  
l’innovation, des  
- Lycée et enseignement supérieur (réforme du bac et de l’accès à l’université)  
En cours  
Faire émerger compétences et du  
- Formation professionnelle et apprentissage (+ Plan d’Investissement Compétences du GPI) En cours  
le modèle de  
croissance  
de demain  
respect de  
l’environnement  
Accélérer la transition écologique pour un développement durable (plan Climat, plan  
économie circulaire et recyclage, plan rénovation énergétique)  
En cours  
Favoriser l’innovation (fonds de EUR 10 mds pour l’innovation de rupture, plan IA)  
En cours  
Fait  
Fait  
En cours  
En cours  
Transformer les  
secteurs clefs de  
l’économie pour rénover  
leur modèle  
Stratégie logement (loi Elan, APL)  
États généraux de l’alimentation  
Transformation du modèle de transport ferroviaire  
Ambition pour l’industrie (French Fab, CNI)  
Désegmenter le marché du travail et universaliser les protections (ordonnances réformant le  
code du travail ; ouverture de l’assurance-chômage aux démissionnaires et aux  
indépendants ; renforcement de l’accompagnement des jeunes dans l’emploi ; PIC ; réforme  
des contrats aidés ; accompagnement des personnes issues de l’immigration)  
Valoriser le travail en soutenant le pouvoir d’achat (bascule CSG / cotisations sociales  
salariales maladie et chômage ; exonération taxe d’habitation)  
Améliorer l’accès à la santé et la prévention  
Choisir l’emploi comme  
première protection  
Fait  
Fait  
Accompagner les  
personnes quelle que  
soit leur situation  
En cours  
En cours  
En cours  
Agir pour l’égalité entre les femmes et les hommes  
Réforme systémique des retraites  
Refonder le  
modèle social  
pour  
Développer l’engagement de tous les jeunes en France et à l’étranger (service national  
universel, service civique)  
En cours  
Couverture haut et très haut débit  
Fait  
construire  
une société  
de mobilité et  
de justice  
Plan contre les déserts médicaux  
En cours  
En cours  
En cours  
Fait  
Renforcer la cohésion  
des territoires  
Meilleurs services de mobilité et de transports du quotidien (loi d’orientation des mobilités)  
Mobilisation en faveur des quartiers les plus défavorisés (emplois francs, banlieues)  
Plan « Cœurs de villes » (revitalisation des villes moyennes)  
Assises des Outre-mer  
En cours  
En cours  
Fait  
Stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes  
Soutien aux élèves les plus fragiles (dédoublement de classes de CP)  
Inclusion des personnes en situation de handicap  
En cours  
Protéger les personnes  
les plus vulnérables  
Accompagner les personnes les plus modestes vers la transition écologique (chèque  
énergie)  
Renforcer les filets de sécurité sur les personnes les plus vulnérables (revalorisation du  
minimum vieillesse, prime d’activité, allocation adulte handicapé)  
Lutte contre l’inflation normative  
Fait  
Fait  
Un État qui privilégie  
l’accompagnement à la  
norme  
Fait  
En cours  
En cours  
Transformer  
l’État et  
Projet de loi sur État au service d’une société de confiance (droit à l’erreur, etc)  
Projet de loi relatif à la lutte contre la fraude  
restaurer  
Un État qui privilégie le  
service aux usagers et  
l’investissement  
Action publique 2022 (réforme de l’État, de la fonction publique, rationalisation des dépenses  
publiques)  
Transformation de l’action publique et numérisation de l’État (fonds de EUR 9 mds du GPI)  
LFI, LFSS 2018 ; LPFP 2018-2022  
En cours  
l’équilibre  
des finances  
publiques  
Fait  
Fait  
En cours  
Un État qui redresse les  
finances publiques  
Responsabilisation des collectivités territoriales et contractualisation  
Source : Gouvernement  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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