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France  
Nettement plus d’emplois, un peu moins de chômage en 2016  
Emploi et chômage  
Le marché du travail donne désormais des signes clairs  
Emploi salarié marchand non agricole (niveau en millions, é.d.)  
Taux de chômage (% de la population active, é.g.)  
d’amélioration. En 2016, 170 000 emplois salariés ont été  
créés dans le secteur marchand non agricole ; c’est le  
rythme de création le plus élevé depuis 2007.  
11  
16,5  
Le taux de chômage a reculé de 0,3 point, à 10,1% en  
moyenne sur 2016, sa baisse la plus importante depuis 2008.  
La situation sur le marché du travail est cependant  
16,4  
10  
9
16,3  
16,2  
16,1  
16,0  
15,9  
encore loin d’être bonne. D’autres mesures doivent être  
prises pour remédier aux dysfonctionnements de ce marché  
et au chômage de masse qui s’ensuit. Ce sera, encore, l’un  
des chantiers du prochain chef de l’Etat.  
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Le bilan de l’année 2016 sur le front du marché du travail est positif,  
de manière nette s’agissant de l’emploi et dans une ampleur plus  
limitée s’agissant du chômage. Le redémarrage, amorcé en 2015,  
s’est non seulement confirmé mais aussi amplifié (cf. graphique).  
7
15,8  
2
005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017  
Graphique  
Source : INSEE  
Les 62 200 créations nettes d’emplois salariés marchands non  
agricoles au quatrième trimestre 2016 (première estimation de  
l’INSEE) portent à 170 000 le total sur l’ensemble de 2016 et à  
catégorie A en moins : c’est infime sur un total de 3,5 millions mais  
c’est tout de même la première baisse depuis 2008. La courbe s’est  
bel et bien modestement inversée.  
1
91 700 lorsque la variation est mesurée sur un an. Ces chiffres  
Le crédit de ces évolutions favorables est davantage à mettre sur le  
compte des mesures d’enrichissement du contenu en emplois de la  
croissance, prises au cours des quatre dernières années, que sur le  
compte de la seule croissance, au regard de sa relative faiblesse.  
Cependant, si la situation du marché du travail français s’améliore,  
elle est encore loin d’être bonne. Par exemple, l’emploi marchand  
non agricole est encore près de 2% en deçà de son pic d’avant-crise  
marquent une nette amélioration par rapport à 2015 et ses 24 000  
créations en moyenne annuelle et les 99 000 enregistrées en  
glissement annuel au quatrième trimestre 2015. Ces créations sont  
portées par le secteur des services (159 000 créations nettes en  
2016 après 82 000 en 2015) et l’intérim (53 000 et 29 000,  
respectivement) ; l’industrie et la construction restent dans le rouge  
mais les destructions nettes d’emplois ont diminué (-29 000 après -  
(
quand le PIB est 4,5% au-dessus). Surtout, le problème du  
4
0 000 dans l’industrie et -13 000 après -46 000 dans la  
chômage de masse et de son caractère structurel reste entier.  
construction).  
D’autres mesures sont nécessaires pour remédier aux  
Le rythme de création d’emplois atteint en 2016 est aussi le plus  
élevé depuis 2007, alors même que la croissance l’est sensiblement  
moins (1,1% en moyenne l’année dernière contre 2,3% en 2007). En  
fait, l’emploi salarié marchand non agricole a progressé en 2016 au  
même rythme que la croissance, une absence d’écart exceptionnelle  
et synonyme d’écrasement des gains de productivité du travail. Or, si  
le dynamisme des créations d’emplois est de bon augure pour la  
croissance à court terme, l’absence de gains de productivité est  
préjudiciable aux perspectives à plus long terme.  
dysfonctionnements profonds et persistants du marché du travail  
français . Ce sera, encore, l’un des chantiers du prochain chef de  
1
l’Etat. Pour éclairer le débat, le tableau ci-après reprend une partie  
des propositions des principaux candidat(e)s à la présidentielle (les  
quatre premiers dans les intentions de vote actuelles), celles  
relatives au marché du travail. Ce tableau présente à la fois les  
mesures spécifiques et celles visant à soutenir les entreprises et les  
ménages, et donc la croissance et l’emploi (sachant que d’autres  
mesures, typiquement les mesures de financement, non présentées  
ici, jouent en sens inverse). Les propositions avancées sont diverses  
mais s’articulent autour de deux axes : la flexibilité du marché du  
travail (plus ou moins accrue) et le type de politique économique  
(selon que l’accent est davantage mis sur le soutien de l’offre ou sur  
la relance de la demande).  
L’amélioration de la situation sur le front du chômage est d’ampleur  
moindre que sur le front de l’emploi. Au quatrième trimestre 2016, le  
taux de chômage s’établit à 10% de la population active (9,7% pour  
la France métropolitaine), en baisse de 0,1 point par rapport au  
trimestre précédent et de 0,2 point sur un an. En moyenne sur 2016,  
il atteint 10,1% et recule de 0,3 point par rapport à 2015, soit sa  
baisse la plus importante depuis 2008.  
Le nombre des demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A à Pôle  
emploi a également repris le chemin de la baisse : en décembre  
dernier, le recul atteignait 3% sur un an. Sur l’ensemble de 2016 par  
rapport à 2015, l’économie comptait 30 000 demandeurs d’emploi en  
1
Cf. « France : chômage, la profondeur du mal », Conjoncture n°2, février 2015.  
economic-research.bnpparibas.com  
Héléne Baudchon  
17 février 2017 17-07  
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Comparatif des programmes  
Fillon  
Macron  
Hamon  
Le Pen  
Marché du travail  
- loi Travail conservée et  
accentuée avec recentrage du  
Code du travail sur les normes  
sociales fondamentales et  
renvoi de tout le reste à la  
négociation d’entreprises ou de  
branches  
- loi Travail conservée  
- abrogation de la loi Travail  
- maintien des 35h mais  
incitations diverses à la  
réduction du temps de travail  
- retrait de la loi Travail  
- maintien des 35h avec  
autorisation de négocier une  
hausse du temps de travail au  
niveau exclusivement des  
branches à la condition d’une  
compensation salariale intégrale  
- création d’un dispositif  
« premier emploi » qui exonère  
totalement de charges  
l’embauche d’un jeune de moins  
de 21 ans pendant 2 ans  
maximum  
- développement massif de  
l’alternance  
- maintien des 35h avec recherche  
d’une plus grande possibilité de  
modulation  
- universalisation des indemnités  
chômage (ouvertes aux indépendants,  
autoentrepreneurs et salariés  
démissionnaires) ; fin de la gestion  
paritaire de l’Unédic, transférée à l’Etat  
- instauration d’un plafond et d’un  
plancher aux indemnités prud’homales  
- introduction d’un système de bonus-  
malus sur les CDD  
-
suppression de toute durée  
du travail de référence et liberté  
laissée à chaque entreprise de  
négocier un accord collectif  
fixant la durée du travail  
adaptée à ses besoins (dans la  
limite européenne de 48h  
hebdomadaires)  
- augmentation de 50% de la  
prime d’activité  
-
dégressivité des indemnités  
- limitation des contrats aidés au  
secteur privé  
chômage  
-
-
introduction d’un CDI sécurisé  
relèvement des seuils sociaux  
Soutien aux entreprises  
- 40 mds de baisses d’impôts  
y compris les mesures sur la  
fiscalité du capital) :  
transformation du CICE en  
baisse de charges ; baisse de  
l’IS (de 33,3% à 25%) ; baisse  
de divers impôts payés par les  
entreprises  
- CICE transformé en baisse de  
charges  
- 4 points supplémentaires  
d’allègement de charges au niveau du  
SMIC (en plus des 6 points de baisse  
issus de la transformation du CICE)  
- CICE conditionné à des  
objectifs d’emploi, de progrès  
écologiques et de réduction du  
temps de travail  
- soutien ciblé sur les TPE-PME :  
introduction d’un taux  
intermédiaire d’IS à 24% (€ 5,5  
mds)  
- CICE transformé en baisse de  
charges, conditionné au maintien  
de l’emploi  
- priorité donnée aux entreprises  
françaises, en particulier les  
PME, dans les marchés publics  
(
(sauf si produits nationaux + de  
2
5% + chers que produits  
étrangers)  
Soutien aux ménages  
-  12 mds de baisses d’impôts : - suppression des cotisations salariés  
- revalorisation immédiate de  
10% du SMIC et des minima  
sociaux ; revalorisation du  
point d’indice de la fonction  
publique  
- baisse de la CSG pour les  
plus modestes (via fusion avec  
IR ; augmentation à 10 du  
nombre de tranches)  
-  40 mds de baisses d’impôts  
(20 mds) et de soutien au  
pouvoir d’achat (20 mds) :  
défiscalisation des heures  
supplémentaires ; baisse de 10%  
rétablissement de l’universalité  
des allocations familiales ;  
relèvement du plafond du  
quotient familial ; abattement  
forfaitaire sur les cotisations  
salariales ; revalorisation des  
petites pensions de retraite  
maladie et chômage (22 mds)  
ères  
de l’IR sur les trois 1  
tranches ; baisse des impôts  
locaux/fonciers ; relèvement du  
plafond du quotient familial ;  
rétablissement de l’universalité  
des allocations familiales ;  
revalorisation de 20% du  
minimum vieillesse et de  
l’allocation adultes handicapés ;  
prime de pouvoir d’achat  
(revalorisation des petits salaires  
et des petites retraites) ;  
revalorisation du point d’indice de  
la fonction publique  
Tableau  
Source : BNP Paribas  
economic-research.bnpparibas.com  
Héléne Baudchon  
17 février 2017 17-07  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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