Perspectives

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Belgique  
Portée par la demande intérieure  
La croissance accélère, alimentée par la demande intérieure. Emploi et confiance des ménages nourrissent la consommation,  
appelée à rester l’un des principaux moteurs de la croissance. Les problèmes structurels du marché du travail (taux d’activité des  
seniors et des travailleurs non-européens) n’ont pas disparu pour autant. Des excédents d’exploitation élevés, des taux d’intérêt  
faibles et des taux d’utilisation en hausse stimulent la croissance du crédit. Les incertitudes liées au Brexit constituent le principal  
risque à la baisse. La dette publique est toujours aussi élevée. L’assouplissement de la rigueur budgétaire, intervenu l’année  
dernière, n’est pas de bon augure pour ceux qui espéraient une réduction prochaine de la dette.  
La croissance devrait atteindre 1,4% en 2017. La vigueur de la  
demande intérieure compense largement le ralentissement de la  
contribution des exportations nettes. Par ailleurs, le chômage  
poursuit son repli. L’inflation, plus élevée qu’ailleurs en zone euro,  
et la situation des finances publiques demeurent les principaux  
sujets de préoccupation.  
1- Synthèse des prévisions  
Variations annuelles, %  
PIB  
2016 e 2017 e 2018 e  
G
P
G
E
1,2  
0,8  
2,3  
5,8  
1,4  
1,3  
3,0  
4,5  
1,5  
1,3  
3,2  
4,5  
Consommation privée  
Investissement  
Exportations  
PIB et prix  
Indice des prix à la consommation (IPC)  
Taux de chômage (%)  
H
U
C
G
1,8  
8,0  
2,1  
7,8  
1,9  
7,7  
Le premier trimestre 2016 s’est terminé sur une mauvaise note,  
avec les attentats de Bruxelles et de l’aéroport de Zaventem.  
L’activité intérieure a quelque peu marqué le pas et c’est  
principalement la forte croissance des exportations qui a tiré  
l’économie dans son ensemble. Le taux de croissance décevant de  
Balance courante (% PIB)  
0,7  
0,5  
0,5  
Solde des Adm. Publiques (% PIB)  
Dette publique (% PIB)  
-3,0  
-2,3  
-2,2  
G 106,5  
106,2  
106,4  
e : estimations et prévisions BNP Paribas Recherche Economique Groupe  
1,2% en glissement annuel ne devrait constituer qu’un repli  
temporaire. Au cours des prochaines années, la croissance devrait  
2- Croissance et inflation  
s’établir aux environs de 1,5%, en ligne avec le potentiel.  
En glissement annuel et en %  
L’inflation accélère. Elle a atteint 1,8% en 2016, un niveau déjà  
proche de l’objectif de la BCE fixé à 2%. À l’instar de la plupart des  
pays voisins, la Belgique ressent les effets du redressement des  
prix du pétrole et du nouveau glissement de l’euro, entraînant une  
augmentation générale des prix. Mais d’autres facteurs sont à  
l’œuvre. Au cours des derniers mois, plusieurs mesures  
gouvernementales, notamment la hausse des taxes sur l’énergie et  
d’autres impôts, ont poussé l’inflation à la hausse. De plus, l’indice  
des prix à la production a nettement accéléré : de 10% depuis l’été  
dernier, contre 3% en moyenne pour l’UE dans son ensemble. Si  
l’on ajoute à cela la hausse des prix dans l’hôtellerie et la  
restauration ainsi que dans le secteur des télécommunications,  
l’inflation pourrait bien franchir la barre des 2% cette année.  
L’inflation est structurellement plus élevée en Belgique que dans les  
pays voisins : la question taraude le gouvernement depuis  
longtemps au point que ce dernier a commandé une étude à ce  
sujet devant être finalisée cette année. On peut supposer que le  
système d’indexation automatique des salaires et l’absence de  
concurrence dans certains secteurs seront les principales raisons  
pointées du doigt dans ce rapport.  
Croissance du PIB réel ; -- IPC  
4
3
2
1
0
-
1
2
-
2012  
2013  
2014  
2015  
2016  
2017  
2018  
Sources : BNB, prévisions de BNP Paribas Fortis  
particuliers. Aussi prévoyons-nous que la consommation (+1,3%)  
reste un puissant moteur de l’économie en 2017.  
Les réformes récentes du marché du travail ont été saluées par  
l’OCDE comme par le FMI. La réforme des retraites, en particulier,  
devrait contribuer à reporter l’âge moyen effectif de départ à la  
retraite, l’un des plus bas des pays développés. Plusieurs  
problèmes subsistent néanmoins. Le taux d’emploi des seniors est  
bien inférieur à la moyenne européenne, de même que les taux de  
participation à la formation continue. Par ailleurs, le taux d’activité  
des femmes et des non-européens se classe dans le bas du tableau  
au niveau européen. Il reste donc beaucoup à faire pour atteindre  
un taux d’emploi de 73% en 2020, selon l’objectif fixé par la  
Commission européenne.  
Marché de l’emploi et consommation  
Les créations d’emplois restent dynamiques. L’emploi progresse de  
plus de 1% en rythme annualisé. Conséquence : le taux de  
chômage recule, à 7%, contre un peu plus de 8% dans l’UE. La  
confiance des ménages est de nouveau en hausse. Cet indicateur  
évolue au-dessus de sa moyenne à long terme depuis quelques  
mois à en juger par la nette progression enregistrée depuis l’été  
dernier. Le redressement de la confiance des ménages et  
l’accroissement du taux d’emploi ont un impact positif sur les  
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Belgique  
2ème trimestre 2017  
26  
Les entreprises et l’investissement  
3- L’utilisation des capacités stimule l’investissement  
En pourcentage  
Les perspectives s’améliorent aussi progressivement pour les chefs  
d’entreprises, même si le secteur marchand est quelque peu à la  
traîne. Les taux d’intérêt au titre des nouveaux prêts accordés aux  
sociétés non financières (SNF) ont régulièrement reculé. Le taux  
fixe moyen est resté inférieur à 2% sur les douze derniers mois. La  
croissance du crédit (glissement annuel) se situe en moyenne  
autour de 5%. Compte tenu du léger resserrement des conditions  
du crédit pour les SNF, la bonne tenue de la demande est le  
principal facteur à l’origine de l’accroissement de la production de  
prêts.  
 Investissement des entreprises (en g.a., é.d.) ;  Taux d’utilisation des  
capacités  
90  
85  
80  
75  
70  
20  
10  
0
-10  
-20  
L’excédent brut d’exploitation ou part de la valeur ajoutée produite,  
qui est affectée à la rémunération du capital, est à son plus haut  
niveau depuis environ vingt ans. Dans un contexte de marges  
suffisamment élevées pour accroître les dépenses en capital, de  
taux d’intérêt toujours bas et de croissance des nouveaux prêts à un  
sommet inédit depuis la crise, les conditions sont aujourd’hui  
propices aux entreprises qui veulent investir.  
1996  
2001  
2006  
2011  
2016  
Sources : BNB, prévisions de BNP Paribas Fortis  
4- Dette publique  
Le taux d’utilisation des capacités s’établit actuellement aux  
environs de 80% et l’investissement commence à repartir à la  
hausse. Nous tablons sur une progression de 3% des  
investissements des entreprises en 2017, soit un bond considérable  
par rapport à 2016. Cependant, les incertitudes entourant les  
négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE pourraient  
changer la donne.  
En pourcentage du PIB  
Belgique ; UE-15 ; Référence Pacte de stabilité  
120  
9
0
0
0
0
Comme le Royaume-Uni occupe une place importante dans les  
exportations (8% du total en 2015), l’enjeu est considérable pour la  
Belgique. Ses principaux flux commerciaux avec le Royaume-Uni  
concernent l’automobile, les produits pharmaceutiques et le textile.  
Selon une simulation de la Banque nationale de Belgique, un  
nouveau régime tarifaire, comparable à celui mis en place par l’UE  
avec d’autres pays tiers, pourrait générer un coût supplémentaire  
égal à 0,5% du PIB belge.  
6
3
2000  
2004  
2008  
2012  
2016  
Source : Commission européenne  
Les pouvoirs publics multiplient par ailleurs les démarches pour  
inciter les entreprises et organisations basées au Royaume-Uni à  
s’installer à Bruxelles, comme en témoigne l’annonce faite le mois  
dernier selon laquelle la compagnie d’assurance Lloyd’s allait ouvrir  
une filiale dans la capitale belge. M. Van Overtveldt, ministre des  
Finances, a déjà lancé une mission visant à promouvoir les sociétés  
belges du secteur des technologies financières auprès de la City à  
Londres.  
5
- L’emploi et la confiance sont en hausse  
Croissance de l’emploi (en g.a. et en %) ; -- Confiance des ménages  
2
0
-5  
1
Finances publiques  
-10  
-15  
Le déficit des finances publiques a de nouveau augmenté en 2016  
par rapport à l’année précédente. Les dépenses exceptionnelles et  
inattendues liées à la lutte antiterroriste et à l’accueil des réfugiés  
ont incontestablement contribué à creuser ce déficit. Des  
changements s’imposent, néanmoins, au plan structurel.  
0
1
2
-20  
-
-
-25  
-30  
2
013  
2014  
2015  
2016  
Concernant 2017, le gouvernement a montré qu’il était déterminé à  
prendre de bonnes habitudes. Avec la diminution des paiements  
d’intérêts, une compression du déficit budgétaire devrait être  
possible. Toutefois, il ne faut pas s’attendre pour le moment à des  
progrès notables en matière de réduction de la dette publique, qui  
reste considérable en Belgique.  
Sources : BNB, prévisions de BNP Paribas fortis  
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Belgique  
2ème trimestre 2017  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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