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Indonésie  
Réaccélération progressive  
Après une année 2015 difficile, la situation macroéconomique de l’Indonésie s’est redressée en 2016. La croissance économique a  
légèrement accéléré sous l’impulsion d’une forte augmentation des dépenses publiques au premier semestre 2016 mais les  
finances publiques se sont malgré cela redressées, la vulnérabilité extérieure a diminué et les entreprises ont consolidé leurs  
bilans. Dans le même temps, les réformes ont accéléré et l’environnement des affaires s’est amélioré. Par ailleurs, même si les  
risques de crédit ont continué d’augmenter en dépit du redressement des prix des matières premières, le secteur bancaire dispose  
de ressources suffisantes pour y faire face.  
Accélération de l’activité en 2016  
1- Prévisions  
Au cours des neufs premiers mois de l’année 2016, la croissance  
économique indonésienne a légèrement accéléré à 5,2% alors  
qu’elle s’établissait à 4,8% en 2015. Même si cette performance  
reste bien en deçà de sa croissance de moyen terme, cette  
accélération reflète la bonne résistance de l’économie à  
l’environnement extérieur.  
2015 2016e 2017e 2018e  
PIB réel, variation annuelle, %  
4,8  
6,4  
4,9  
3,5  
5,0  
3,5  
5,5  
4,3  
Inflation IPC, moyenne, variation annuelle, %  
Solde budgétaire du gouv. et adm. % du PIB  
Dette du gouvernement, % du PIB  
Balance courante, % du PIB  
-2,7  
26,8  
-2,1  
36,0  
-2,8  
28,9  
-2,0  
35,0  
-3,0  
30,6  
-2,5  
34,8  
-2,8  
31,5  
-2,8  
34,6  
Dette externe, % du PIB  
Sur la première partie de l’année 2016 l’activité a été  
particulièrement soutenue par la forte hausse de la demande  
intérieure alors que les exportations se contractaient. Les dépenses  
du gouvernement, notamment ses investissements en infrastructure,  
ont enregistré une très forte accélération, laquelle s’est interrompue  
au troisième trimestre pour des raisons budgétaires. Dans le même  
temps, la consommation des ménages est restée robuste, favorisée  
par une baisse des pressions inflationnistes. En revanche, la  
contribution des exportations nettes à la croissance est restée  
négative dans la mesure où la contraction des exportations est  
demeurée supérieure à celles des importations.  
Réserves de change, mds USD  
Réserves de change, en mois d'imports  
100,6 106,0 113,6 119,0  
6,3 7,2 7,4 7,4  
Taux de change IDR/USD (spot, fin d'année) 13 788 13 436 13 800 14 500  
e: estimations et prévisions BNP Paribas Recherche Economique Groupe  
2- Croissance du PIB  
Croissance du PIB (g.a.) et contribution à la croissance (points de pourcentage)  
Consommation publique  
Erreurs statistiques  
Exportations nettes  
PIB  
Consommation des ménages  
Investissements et stocks  
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Ce sont essentiellement les secteurs de la construction et de  
l’industrie manufacturière qui ont connu la plus forte accélération sur  
les neuf premiers mois de l’année. Au quatrième trimestre, mais  
surtout à partir du début de l’année 2017, l’activité économique  
devrait rebondir dans l’industrie minière, portée par la hausse des  
prix des matières premières (charbon, caoutchouc, huile de palme  
notamment) et l’assouplissement de l’interdiction d’exporter des  
10  
8
6
4
2
er  
produits miniers non finis comme le nickel au 1 janvier 2017.  
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Les perspectives de croissance pour 2017 et 2018 sont  
relativement bien orientées. L’activité économique devrait être  
soutenue par un rebond des exportations mais aussi par une reprise  
des investissements publics et privés, qui devraient profiter de  
l’assouplissement des conditions monétaires.  
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2
-4  
2011  
2012  
2013  
2014  
2015  
2016  
Source : Banque centrale  
Légère consolidation des finances publiques  
comparaison, dans tous les autres pays de l’ASEAN-5 ce ratio est  
compris entre 16% et plus de 21% du PIB.  
En 2015, les finances publiques indonésiennes avaient été  
fragilisées par la baisse des prix des matières premières.  
Dans le même temps, sur les onze premiers mois de l’année, les  
dépenses du gouvernement ont diminué et n’ont atteint que 15,1%  
du PIB, un niveau bien inférieur à l’objectif fixé par le ministère des  
Finances dans son budget prévisionnel. En effet, alors que le  
gouvernement avait sensiblement augmenté ses dépenses au S1  
En 2016, sur les onze premiers mois de l’année, et en dépit de la  
baisse continue des recettes pétrolières, les revenus du  
gouvernement central ont augmenté de 3,9% alors qu’ils se  
contractaient de 3,2% un an plus tôt. L’amnistie sur les capitaux  
placés à l’étranger (votée en juillet 2016) a permis d’accroître les  
recettes du gouvernement de 0,6 point de PIB. Néanmoins, la base  
fiscale reste parmi les plus faibles d’Asie. En 2016, les revenus du  
gouvernement s’élevaient à seulement 12,5% du PIB. A titre de  
2
016, il a été contraint de les réduire à partir du mois de juillet, en  
raison d’un moindre perçu fiscal, afin de contenir le déficit  
budgétaire sous le seuil légal de 3% du PIB. Le gouvernement reste  
contraint dans ses actions par la part élevée des dépenses fixes qui  
atteignaient encore 31% de l’ensemble des dépenses en 2016,  
malgré la baisse des subventions depuis deux ans.  
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Indonésie  
1er trimestre 2017  
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Sur l’ensemble de l’exercice budgétaire 2016, on estime que le  
déficit du gouvernement s’est légèrement réduit à 2,5% du PIB en  
dépit d’une hausse des transferts aux régions.  
3
- Balance des Paiements  
(en % du PIB annualisé)  
IDE  Inv. Portefeuille  Autres investissements  Solde courant  
Pour l’exercice 2017, le ministère des Finances prévoit une hausse  
de l’ensemble de ses recettes budgétaires de près de 0,3 point de  
PIB à 12,8% du PIB et des dépenses d’environ 0,1 de point de PIB  
à 15,2% du PIB. Ce budget, qui semble réaliste, permettrait ainsi de  
poursuivre la consolidation des finances publiques en réduisant le  
déficit à 2,4% du PIB.  
8
6
4
2
0
2
Renforcement de la position extérieure  
En 2015, la balance des paiements indonésienne s’était dégradée  
en raison de la baisse des prix des matières premières et des  
importantes sorties de capitaux.  
-
-4  
-6  
En 2016, la position extérieure s’est renforcée. Ainsi, sur les onze  
premiers mois de l’année, la balance des paiements présentait un  
excédent de 1,1% du PIB alors que son déficit était de 0,9% du PIB  
un an plus tôt. Cette consolidation résulte d’une forte hausse de  
l’excédent commercial (favorisé par la baisse des importations) et  
des entrées nettes de capitaux. Sur les trois premiers trimestres, le  
déficit du solde courant est resté contenu à 2% du PIB, en dépit  
d’une forte hausse des charges d’intérêt, et le surplus du compte de  
capital et du compte financier a atteint 3,1% du PIB, soit deux points  
de plus qu’en 2015. L’amélioration de l’environnement des affaires,  
la mise en place des réformes et la reprise de l’activité économique  
ont créé un environnement favorable aux investissements directs  
étrangers et aux investissements de portefeuille qui ont augmenté  
de près de 0,5 point de PIB chacun en 2016. Ainsi, les  
investissements directs dans le pays couvraient fin septembre  
l’intégralité du déficit courant.  
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011  
2012  
2013  
2014  
2015  
2016  
Source : Banque centrale  
Les derniers résultats d’enquête publiés par la banque centrale  
confirment que la situation financière des entreprises s’est  
améliorée depuis un an. Plus de 37% des entreprises estiment que  
leur situation financière est bonne, soit huit points de plus qu’il y a  
un an. Elles ne sont que 3,3% à considérer que leur situation s’est  
dégradée au T4 2016 alors qu’elles étaient plus de 8% à le penser  
il y a un an.  
En 2016, la consolidation de la situation financière des entreprises a  
été favorisée par le redressement des prix des matières premières  
non agricoles, la stabilisation du cours de la rupiah face au dollar  
après quatre années de baisses successives et le léger  
assouplissement des conditions de crédit.  
Le surplus de la balance des paiements s’est traduit par une hausse  
des réserves de change de USD 11 mds sur les onze premiers mois  
de l’année, lesquelles couvraient ainsi 1,4 fois les besoins de  
financement à court terme du pays.  
 Bonne résistance du secteur bancaire  
Au cours des douze derniers mois, les taux d’intérêt sur les crédits  
aux entreprises ont baissé de 100 points de base (pb). Les banques  
n’ont répercuté que partiellement l’assouplissement monétaire de la  
banque centrale (-275pb) Ce manque de transmission de la  
politique monétaire reflète la volonté des banques indonésiennes de  
consolider leurs bilans pour faire face à la hausse des risques de  
crédit.  
Néanmoins, comme tout pays importateur net de capitaux,  
l’Indonésie reste vulnérable aux sorties de capitaux. Fin septembre,  
elle présentait une position extérieure nette de USD 340 mds soit  
l’équivalent de 37,5% du PIB. Cette position est d’autant plus  
exposée à l’environnement économique et financier international  
que l’encours net des investissements de portefeuille dans le pays  
en représente les deux tiers (25,1% du PIB en septembre soit six  
points de plus qu’il y a un an).  
En effet, à partir de 2014, conjointement à la détérioration de la  
situation financière des entreprises, la qualité des actifs bancaires  
s’est dégradée. Fin novembre 2016, les créances douteuses  
représentaient 3,2% des crédits bancaires, soit deux points de plus  
qu’il y a deux ans. Cette légère hausse des risques de crédit reste  
néanmoins parfaitement maîtrisée et les banques disposent des  
ressources suffisantes pour y faire face. En outre, depuis 2015,  
elles sont parvenues à consolider leur situation financière. Fin  
novembre, le ratio de solvabilité des banques commerciales  
s’élevait à 23% et le ratio Tier 1 à 21,3%. Par ailleurs, leur  
rentabilité s’est améliorée en raison de la hausse de leurs marges  
d’intérêt.  
Consolidation de la position financière des  
entreprises  
Sur la période 2011-2014 la dette des entreprises indonésiennes a  
augmenté de près de 30% par an en moyenne. Elle atteignait  
28,6% du PIB au T1 2014 soit près de dix points de plus qu’en 2011.  
Les entreprises les plus endettées, celles appartenant au secteur  
des matières premières, ont été particulièrement fragilisées lorsque  
la croissance économique mondiale a ralenti et que les prix des  
matières premières ont baissé. Elles ont, dès lors, été contraintes  
de consolider leurs finances. Depuis mi-2014 la dette des  
entreprises a décéléré pour n’augmenter que de 0,5% en g.a. au T3  
2
016. Le ratio de dette rapportée au PIB a ainsi diminué à 28,4% fin  
septembre alors qu’il était de l’ordre de 31% un an plus tôt.  
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Indonésie  
1er trimestre 2017  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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