Perspectives

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Italie  
Rebond de l’investissement privé  
En 2016, la croissance est ressortie à près de 1%, portée par la demande intérieure. Les exportations nettes ont continué de peser. La  
formation brute de capital fixe a progressé d’environ 3%, les dépenses en machines-outils et en équipements gagnant près de 4%. Au  
cours des trois dernières années, l’investissement des sociétés non financières a progressé de EUR 11 mds, tandis que l’investissement  
public reculait, de EUR 45 mds en 2011 à EUR 35 mds en 2016. Les prix de l’immobilier ont progres au quatrième trimestre 2016. Aussi  
modérée soit-elle, cette hausse n’en est pas moins la première en cinq ans. Les données restent bien orientées. Selon l’Agenzia delle  
Entrate, plus de 528 000 logements ont été vendus en 2016, près de 20% de plus qu’en 2015.  
Une reprise tirée par la demande intérieure  
1- Synthèse des prévisions  
En 2016, le PIB réel a progressé de près de 1% à la faveur du  
raffermissement de la demande intérieure finale qui a contribué à  
hauteur de 1,4 point de pourcentage à la croissance. Pour la  
troisième année consécutive, la contribution des exportations nettes  
a été négative (-0,1 pt), les importations progressant plus  
rapidement que les exportations (+2,9% et +2,4%, respectivement).  
Malgré ce redressement, le PIB réel reste inférieur de 7 points de  
pourcentage à son niveau d’avant-crise.  
Variations annuelles, %  
PIB  
2016 e 2017 e 2018 e  
G
P
G
E
1,0  
1,4  
2,0  
1,2  
0,6  
0,5  
0,9  
2,4  
0,6  
0,8  
1,3  
2,4  
Consommation privée  
Investissement  
Exportations  
Indice des prix à la consommation (IPC)  
Taux de chômage (%)  
H
U
C
G
-0,1  
11,6  
2,1  
1,6  
11,4  
2,2  
1,0  
10,9  
2,1  
Balance courante (% PIB)  
Au cours de l’année écoulée, l’économie italienne a bénéficié de la  
poursuite de l’embellie dans le secteur manufacturier, avec un  
accroissement de la production de près de 2%, plus rapide qu’en  
France et en Allemagne. Alors qu’en 2015 la progression de l’activité  
industrielle était restée très concentrée, avec notamment une hausse  
de plus de 15% dans le secteur des moyens de transport, expliquant  
l’essentiel de la progression globale, en 2016, plusieurs secteurs ont  
connu une dynamique positive. La production de métaux et produits  
métalliques a augmenté de 3,3% et celle des machines-outils et  
équipements de 3,6%, les mesures d’incitation fiscale ayant  
encouragé l’investissement privé. Quant à la progression dans le  
secteur des produits alimentaires et celui des produits  
pharmaceutiques, elle est principalement imputable à la vigueur des  
exportations, qui ont grimpé de 4,2% et 6,8%, respectivement.  
Solde des Adm. Publiques (% PIB)  
Dette publique (% PIB)  
-2,4  
-2,4  
-2,5  
G 132,8  
133,2  
134,1  
e : estimations et prévisions BNP Paribas Recherche économique Groupe  
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- Formation brute de capital fixe  
en glissement annuel et en %  
6
3
0
-3  
-6  
-9  
Consommation des ménages toujours incertaine  
Au cours des derniers mois, la situation sur le marché du travail a  
continué de s’améliorer. Malgré l’arrêt définitif des allégements de  
cotisations sociales, au début de 2017, les recrutements sous  
contrat à durée déterminée ou indéterminée ont poursuivi leur  
progression. Près de 480 00 emplois ont ainsi été créés ces deux  
dernières années, mais le taux de chômage reste supérieur à 11%  
en raison de l’augmentation du taux d’activité. Cette évolution  
favorable n’a pas eu, toutefois, l’effet escompté sur le revenu  
disponible du fait de l’érosion des salaires. Par ailleurs, depuis le  
début de la crise, les revenus nets de l’épargne des ménages  
italiens se sont effondrés, passant de EUR 64 mds en 2008 à  
EUR 26 mds en 2016.  
-12  
2007  
2010  
2013  
2016  
Source : Istat  
Elle montre néanmoins des signes d’essoufflement en cours d’année  
suite au ralentissement des dépenses en biens durables et en  
services. La consommation des ménages reste inférieure d’environ  
,5% au niveau de 2007, les dépenses en alimentation, habillement  
et meubles accusant la plus forte contraction.  
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Redressement de l’investissement  
Malgré un léger mieux et, notamment, l’augmentation du pouvoir  
d’achat de plus de 1,5%, due entre autres à une hausse toujours  
modérée des prix, les ménages italiens restent extrêmement prudents.  
Après avoir atteint un sommet à la fin de 2015, la confiance des  
ménages est en baisse, mais tout en restant élevée par rapport aux  
niveaux historiques. Il s’ensuit une légère augmentation de la  
propension à épargner, qui avait chuté à un niveau très bas en 2015.  
En 2016, la consommation privée a enregistré une hausse de 1,3%.  
En 2016, la formation brute de capital fixe a progressé de près de  
%, ajoutant ainsi 0,5 point de pourcentage à la croissance du PIB.  
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Depuis 2014, l’investissement a augmenté de plus de 7% dans le  
secteur des machines-outils et équipements et d’environ 65% dans  
les moyens de transport, alors qu’il a continué à pâtir dans le  
bâtiment. La reprise de l’investissement est en grande partie due à  
une meilleure orientation des dépenses des entreprises, alors que  
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Italie  
2ème trimestre 2017  
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l’investissement public a continué à marquer le pas, passant de  
EUR 45 mds en 2011 à EUR 35 mds en 2016.  
3- Ventes de logements  
en milliers  
Au cours des trois dernières années, les sociétés non financières  
italiennes ont accru leur budget d’investissement de EUR 11 mds,  
passant de EUR 138 mds à EUR 149 mds. La propension à investir  
reste néanmoins faible. En 2016, le rapport de l’investissement à la  
valeur ajoutée s’établissait à 19,7%, soit quatre points de  
pourcentage en deçà des niveaux antérieurs à la crise.  
9
00  
800  
700  
6
00  
00  
La situation des entreprises italiennes reste dans l’ensemble  
contrastée. La valeur ajoutée des sociétés non financières s’est  
redressée, ces dernières années, atteignant en 2016 un sommet  
inédit depuis vingt ans, mais leur rentabilité demeure décevante.  
Dans les prochains mois, l’investissement privé devrait poursuivre  
son ascension, comme le confirme l’enquête de la Banque d’Italie  
sur les anticipations d’inflation et de croissance, réalisée auprès  
d’un échantillon d’entreprises de cinquante salariés ou plus.  
5
400  
300  
1986  
1991  
1996  
2001  
2006  
2011  
2016  
Source : Agenzia delle Entrate  
Le secteur italien de l’immobilier  
Il convient, par ailleurs, de souligner un point important : le soutien  
grandissant du système bancaire à l’achat de biens immobiliers par  
les ménages, que ce soit à des fins de logement ou  
d’investissement. Selon l’Agenzia delle Entrate, 246 182 biens ont  
été acquis à l’aide d’un crédit immobilier en 2016 (+27,3% par  
rapport à 2015), soit un montant total de EUR 29,45 mds (+27,8%  
en glissement annuel) ou un prix unitaire moyen d’environ EUR  
120 000. L’encours des prêts bancaires a augmenté sur l’ensemble  
du territoire. En tout, la part des biens immobiliers acquis à l’aide  
d’un prêt hypothécaire a grimpé à 48,5% en 2016, 3 points de  
pourcentage de plus que l’année précédente.  
Dans l’immobilier, la longue période de baisse des prix pourrait  
arriver à son terme. Au quatrième trimestre 2016, les prix de  
l’immobilier résidentiel se sont inscrits en hausse de +0,1% en  
glissement annuel, une progression qui, si elle reste faible, n’en est  
pas moins la première depuis le quatrième trimestre 2011. Par  
rapport au trimestre précédent, en revanche, les prix sont restés  
inchangés, sous l’effet conjugué d’une croissance de +0,5% dans le  
neuf et d’un repli de -0,2% dans l’ancien.  
En 2016, les prix de l’immobilier ont reculé de 0,7%, soit beaucoup  
moins qu’en 2015 (-2,6% en glissement annuel) et 2014 (-4,4% en  
glissement annuel). Le ralentissement de la chute des prix est en  
particulier manifeste dans l’ancien ; dans ce segment en effet, les  
prix ont baissé de -0,6% en glissement annuel après -3% en 2015  
et -5,2% en 2014. Dans l’ensemble, les prix observés en 2016  
étaient inférieurs de 14,6 % à ceux de 2010 (première année pour  
laquelle les données Istat sont disponibles), et ce, en grande partie  
en raison de l’évolution des prix dans l’ancien (-19,6%), alors que la  
décrue des prix des logements neufs a été bien plus limitée (-2,3%).  
Par ailleurs, la dernière série d’enquêtes menées par la Banque  
d’Italie auprès des professionnels de l’immobilier fait état d’un  
rebond significatif de la confiance dans la consolidation de la reprise,  
pour ce qui est des tendances des prix comme des transactions.  
Les résultats d’autres enquêtes ad hoc spécifiques sur l’évolution  
actuelle et future du marché résidentiel sont tout aussi  
encourageants : selon Nomisma, la durée nécessaire pour vendre  
un logement, qui avait atteint, en 2014, un point culminant de dix  
mois en moyenne, se réduit peu à peu pour atteindre actuellement  
huit mois environ. Sur la même période, la durée nécessaire pour  
louer un logement a reculé de 3,9 à 2,8 mois, tandis que la marge  
de négociation moyenne sur le prix de vente affiché n’a cessé de  
baisser, se situant à présent autour de 16,2%.  
Selon certaines institutions internationales, le niveau actuel du  
rapport des prix des logements au revenu reste légèrement inférieur  
à sa moyenne de long terme en Italie. Peut-être faut-il y voir un  
indicateur de la sous-évaluation des prix du marché.  
Les volumes de transactions dans l’immobilier résidentiel continuent  
d’afficher des taux de croissance à deux chiffres. Au quatrième  
trimestre 2016, les ventes de biens résidentiels ont crû de 15,2% en  
glissement annuel, soit une hausse annuelle de 18,9% (en g.a.), la  
plus forte jamais enregistrée depuis que la série existe (1986). En  
La longue période de crise qu’a connue le pays depuis 2008 a eu  
un impact significatif sur le secteur du bâtiment. Selon l’ANCE  
(
association italienne des entreprises de construction), 100 000  
entreprises (16%) ont fermé leurs portes entre 2008 et 2014. La  
crise a notamment frappé les sociétés de petite taille (-40%) et  
celles de taille moyenne à grande (-31%), tandis que les  
microentreprises (moins de dix salariés) et, en particulier, celles qui  
n’emploient qu’une seule personne, ont beaucoup mieux résisté  
2016, le nombre de transactions s’est ainsi élevé à 528 800, environ  
le même chiffre que celui de 1997 et 350 000 de moins que le niveau  
record atteint en 2006 (877 000). La croissance a été générale, mais  
elle a surtout concerné (comme pour les autres trimestres) les régions  
septentrionales (+22,3% en 2016, contre +16,2% dans le centre et  
(
-20% et -5,7%, respectivement).  
+14,6% dans le sud). Parmi les grandes villes, la croissance la plus  
forte en 2016 a été enregistrée à Turin (+26,4%), à Bologne (23,7%),  
à Gênes (22,9%) et Milan (21,8%). En 2016, environ 50% des  
transactions ont été réalisées dans le nord du pays.  
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Italie  
2ème trimestre 2017  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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