EcoWeek

PDF
Les enquêtes publiées cette semaine indiquent un raffermissement de la croissance aux Etats-Unis en septembre Le repli  
de l’inflation sous-jacente n’est pas enrayé pour autant Pour le marché obligataire et le marché des changes, le FOMC va se  
focaliser sur les indicateurs de croissance  
Jusqu’où va le bonheur économique ? Plus loin qu’on ne le pense. C’est ce qui  
ressort des principales données des enquêtes publiées au début de mois et qui  
reflètent la dynamique économique de septembre. Alors que le PMI  
manufacturier mondial reste stable à 53,2, celui de la zone euro a grimpé à 58,1  
ETATS-UNIS : ISM VS. INFLATION  
65  
2,2  
2
(
contre 57,4), un niveau qui se rapproche du pic de 60,5 atteint en avril 2000.  
Aux Etats-Unis, l’indice ISM pour le secteur manufacturier a augmenté à 60,8  
contre 58,8) avec une nette progression des nouvelles commandes. L’ISM non  
6
0
5
(
5
1,8  
1,6  
1,4  
1,2  
1
manufacturier ressort à 59,8 (contre 55,3 en août). Comme prévu, ces chiffres  
ont entraîné un bond de l’estimation de croissance en temps réel (« nowcast »)  
de la Fed d’Atlanta. La croissance du PIB réel en rythme trimestriel annualisé  
est à présent estimée à 2,8 %. Or la variation en glissement annuel de l’indice  
PCE sous-jacent évolue à la baisse depuis le début de l’année. Même si elle est  
restée stable quatre mois d’affilée, la variation en glissement mensuel s’est  
maintenue à un niveau très bas (0,1%). Autrement dit, nous retrouvons ce  
curieux mélange de croissance soutenue et d’inflation faible, dont les  
conséquences sur la politique monétaire suscitent bien des questions. Le  
maintien d’une inflation basse à terme va raviver le débat entre les tenants  
d’une accélération prochaine de l’inflation (la courbe de Phillips devrait, à un  
50  
4
5
0
ISM secteur manufacturier  
4
ISM secteur non manufacturier  
35  
Déflateur sous-jacent des dépenses  
des ménages, g.a. % (éch. D)  
30  
0,8  
2
009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017  
Sources : ISM,BEA, BNP Paribas  
certain stade, se pentifier) et ceux qui considèrent, au vu de facteurs réels (mondialisation, évolutions technologiques et sensibilité de la demande aux prix),  
que nous sommes dans une nouvelle ère. Les marchés financiers estiment pour leur part qu’il existe des raisons suffisantes pour justifier une hausse des taux  
par la Fed au point d’anticiper, avec une probabilité de 77 %, un relèvement en décembre. La hausse des rendements des Treasuries et l’appréciation du  
dollar n’ont pas empêché Wall Street d’enchaîner les records à la faveur d’un environnement de croissance, de taux bas et de prudence de la Fed. Les  
espoirs de baisse de l’impôt sur les sociétés viennent également soutenir le marché des obligations d’entreprises : les émissions obligataires pourraient  
diminuer si les entreprises devaient rapatrier leurs bénéfices conservés à l’étranger. Si le dollar n’est pas un sujet de préoccupation pour Wall Street, Francfort  
se sera probablement félicité de son appréciation. A moins de trois semaines de la réunion cruciale de la BCE, qui devrait se prononcer sur le devenir du  
programme d’assouplissement quantitatif en 2018, les nombreuses références à l’euro, dans le compte rendu de la réunion de septembre, publié cette  
semaine, en disent long sur l’importance de ce facteur dans l’analyse des membres du Conseil des gouverneurs.  
Revue des marchés  
Baromètre  
Scénario économique  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 1680 articles et 437 vidéos