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EcoEmerging// 4 trimestre 2017  
economic-research.bnpparibas.com  
Arabie Saoudite  
La consolidation budgétaire pèse sur la croissance  
Après un fort ralentissement en 2016, l’économie saoudienne sera très probablement en récession en 2017. La chute de  
l’investissement public provoquée par la baisse des revenus pétroliers est la principale cause de cette mauvaise conjoncture. A  
court terme, les perspectives d’activité du secteur non pétrolier restent mitigées. Le processus de réforme budgétaire devrait  
ralentir tandis que les entreprises et le secteur bancaire subissent les conséquences de ce ralentissement. La nécessité de  
poursuivre l’assainissement budgétaire et la lenteur du processus de diversification économique devraient continuer de peser sur  
l’activité économique à moyen terme.  
La prise en compte du nouveau paradigme du marché pétrolier par  
1- Prévisions  
le gouvernement saoudien a des conséquences économiques  
significatives. La forte baisse des revenus pétroliers a entraîné des  
déficits budgétaires importants et une hausse de l’endettement  
public. Parallèlement, la prise de conscience du caractère durable  
de la modération des prix du pétrole, en raison notamment de  
l’importance grandissante de nouveaux producteurs, a obligé les  
autorités saoudiennes à un effort de consolidation budgétaire et de  
transition économique inédit qui pèse sur l’activité du Royaume.  
Contrairement aux périodes précédentes de baisse des prix du  
pétrole (2009 par exemple), la croissance du secteur privé non  
pétrolier a fortement ralenti depuis 2015 et les perspectives sont  
assez mitigées à moyen terme. Les données du premier trimestre  
de 2017 confirment cette tendance.  
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015 2016 2017e 2018e  
PIB réel, variation annuelle, %  
Inflation, IPC, var. annuelle, %  
Solde budgétaire, % du PIB  
4,1  
2,2  
-15  
1,6  
3,5  
-17  
-1,8  
-0,4  
-12  
1,6  
4,0  
-13  
Dette du gouv. central, % du PIB  
Balance courante, % du PIB  
5,8 13,0 20,0 27,0  
-8,9  
14  
-4,5  
20  
-0,5  
22  
-1,8  
24  
Dette externe, % du PIB  
Réserves de change, mds USD  
Réserves de change, en mois d'imports  
Taux de change SAR/USD (fin d'année)  
609  
46  
529  
31  
497  
32  
456  
28  
3,75 3,75 3,75 3,75  
e: estimations et prévisions BNP Paribas Recherche Economique Groupe  
Possible récession en 2017  
2- Contributions à la croissance du PIB réel  
%
En 2016, malgré une progression du PIB pétrolier (environ 40% du  
PIB total) de 3,4% en termes réels, le PIB total n’a cru que de 1,6%.  
Le secteur privé non pétrolier (39% du PIB total) a connu une  
progression quasi-nulle (+0,1%) après cinq années de croissance  
forte (+6% en moyenne durant la période 2011-2015).  
 Consommation privée  Consommation publique  Investissement  
Exportations nettes  PIB total  
1
5
0
5
0
1
Au premier semestre 2017, l’économie a enregistré un véritable trou  
d’air, l’ensemble des indicateurs d’activité étant négativement  
orientés. Les données sectorielles d’activité indiquent une baisse  
réelle de 0,1% du PIB non pétrolier. Le secteur de la construction  
décline de 2,7% tandis que les services de commerce de détail et  
de loisir se replient de pratiquement 1%. La croissance du secteur  
manufacturier connaît un plus bas depuis quatre ans (+2,6%).  
D’autres indicateurs tels que les nouvelles lettres de crédit à  
l’importation et la production de ciment ont atteint leur plus bas  
niveau depuis plus de cinq ans. Ces tendances se confirment au  
niveau de l’activité bancaire. A fin août 2017, l’ensemble des crédits  
au secteur privé (entreprises et ménages) se contractait pour le  
cinquième mois consécutif d’environ 1% a/a. Au T2 2017, le taux de  
chômage des nationaux a atteint 12,8% contre 11,6% un an  
auparavant.  
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16  
-5  
-10  
Sources : Ministère de l’Economie et de la Planification, BNP Paribas  
décliné de 19% en termes réels, tandis que celles d’investissement  
baissaient de 16%. Même si les ajustements devraient être moins  
radicaux cette année, l’évolution des investissements publics reste  
orientée négativement. Les données budgétaires pour le premier  
semestre 2017 indiquent une réduction du déficit de moitié en  
raison d’une quasi-stabilité des dépenses (les dépenses  
d’investissement ont même légèrement augmenté de 0,9%) et d’une  
hausse significatives des recettes. Néanmoins, à la mi-octobre, le  
montant des projets d’investissement planifiés ou en cours est en  
La cause principale de cette baisse d’activité dans le secteur privé  
est la baisse des dépenses publiques et plus particulièrement la  
chute des investissements. L’investissement public a été la  
première variable d’ajustement utilisée par le gouvernement. De  
nombreux projets ont été annulés ou retardés, et des arriérés de  
paiements envers les entreprises de la construction se sont  
accumulés. En 2016, les dépenses budgétaires courantes ont  
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baisse de 17% sur un an, contre -6.8% pour l’ensemble des pays du  
Conseil de Coopération du Golfe .  
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- Crédits bancaires et dépôts  
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Glissement annuel, en %  
Créances sur le secteur public, excl. titres SAMA, é.d.  
• • Créances sur le secteur privé  M2  
Cette morosité de l’investissement, principalement de la part du  
secteur public, a des conséquences négatives importantes sur la  
croissance économique. Malgré certains efforts de diversification et  
de stimulation du secteur privé, la conjoncture saoudienne reste  
étroitement liée aux dépenses publiques. Un rapport récent du FMI2  
a montré que sur la période 2011-2016, parmi les dépenses  
publiques, ce sont les dépenses d’investissement qui affectent le  
plus l’évolution du PIB non pétrolier. L’effet multiplicateur des  
dépenses d’investissement est de 0,9 tandis qu’il n’est que de 0,4  
pour les dépenses courantes.  
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160  
140  
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40  
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La contribution du secteur pétrolier à la croissance du PIB devrait  
être négative en 2017 étant donné la mise en place de la politique  
de baisse de la production pétrolière dans le cadre des accords  
entre les pays de l’OPEP et certains pays en dehors du cartel.  
L’Arabie Saoudite est le principal contributeur à cette baisse  
concertée de production qui doit durer au moins jusqu’en mars 2018.  
En moyenne, la production de pétrole devrait baisser d’environ 5%  
en 2017, entraînant une réduction quasi équivalente du PIB pétrolier.  
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-10  
-20  
2012  
2013  
2014  
2015  
2016  
2017  
Sources : SAMA, BNP Paribas  
réduites en 2017 grâce aux injections de liquidité de la banque  
centrale et du gouvernement (les dépôts du gouvernement ont  
augmenté de 24% en août dernier en rythme annuel) et au  
ralentissement du crédit. Le taux interbancaire à trois mois a perdu  
58 points de base depuis son plus haut (2,4% en octobre 2016),  
même s’il reste à un niveau historiquement élevé. Les difficultés  
financières du secteur de la construction, en raison des arriérés de  
paiement de la part du gouvernement, entraînent une détérioration  
de la qualité des actifs bancaires. Cependant, le secteur de la  
construction ne représente que 7% du crédit bancaire domestique.  
Plus généralement, si le ratio de créances douteuses en  
pourcentage des actifs devrait se détériorer dans les trimestres à  
venir, il est actuellement à un niveau très bas (1,4% à fin 2016) et le  
taux de provisionnement est élevé (177% en 2016).  
Au total, étant donné un secteur non pétrolier qui ne devrait pas  
progresser de plus de 1% et un secteur pétrolier qui pourrait se  
contracter d’environ 5%, nous prévoyons un repli du PIB d’environ  
1,8% en 2017.  
Ralentissement des réformes et baisse des résultats  
A court terme, le ralentissement de la croissance économique a peu  
de conséquences sur les finances publiques par comparaison avec  
les prix du pétrole. La base fiscale est très faible et environ 80% des  
revenus budgétaires dépendent des recettes pétrolières. En  
revanche, le lien étroit entre l’activité du secteur non pétrolier et les  
dépenses publiques peut être un facteur de ralentissement des  
réformes. Or la faible croissance du PIB non-pétrolier ne permet pas  
la création d’emplois en nombre suffisant. La coordination entre les  
objectifs de moyen terme (consolider les finances publiques) et  
ceux de plus long terme (diversifier l’économie pour créer des  
emplois en dehors du secteur public) est rendue plus difficile en  
période de croissance faible.  
En 2018, les risques pesant sur la croissance restent importants  
notamment en raison des incertitudes sur les prix du pétrole. Le  
maintien des quotas actuels sur le niveau de production pourrait  
peser sur le PIB pétrolier. Par ailleurs, l’introduction possible de la  
TVA en 2018 pèsera sur la consommation privée bien que la  
période déflationniste actuelle devrait en limiter les conséquences.  
Dans ce contexte, le gouvernement a annoncé une pause dans la  
baisse des subventions énergétiques et pourrait engager certaines  
dépenses de relance de l’économie. Au total, nous prévoyons un  
retour à une croissance positive (+1,6%) mais insuffisante pour  
accélérer la création d’emplois et absorber les 200 000 nouveaux  
entrants annuels sur le marché du travail.  
Dans ce contexte économique déprimé, les profits des entreprises  
non-financières sont en baisse régulière depuis 2014. Selon une  
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étude du FMI portant sur un échantillon d’entreprises saoudiennes,  
ceux-ci ont baissé de pratiquement 6% en 2016. Sans surprise, les  
entreprises du secteur de la construction voient leur résultat  
opérationnel se contracter (-12% en 2016), tandis que celui des  
secteurs du commerce et de l’immobilier enregistre des évolutions  
positives (respectivement +1% et +31% en 2016), en raison  
notamment de la relative résistance de la consommation et de  
l’investissement des ménages.  
Dans un environnement opérationnel plus difficile, le secteur  
bancaire reste solide. Les tensions sur la liquidité bancaire se sont  
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Gulf Projects Index, Meed, Octobre 2017  
Saudi Arabia, Staff report for the 2017 art. IV consultation, IMF  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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