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EcoPerspectives // 1 trimestre 2018  
economic-research.bnpparibas.com  
Pays-Bas  
Une croissance robuste après les réformes  
L’économie néerlandaise connaît un net redressement, une évolution de bon augure pour la nouvelle coalition quadripartite de  
centre-droit arrivée au pouvoir fin octobre. Le gouvernement a décidé de maintenir un léger excédent budgétaire. Les ménages  
comme les entreprises vont bénéficier d’importantes réductions fiscales. Concernant l’Europe, le gouvernement souhaite le retour  
aux règles strictes du traité de Maastricht. La croissance devrait rester forte dans les prochaines années mais la production pourrait  
être confrontée à des goulets d’étranglement. Il faut donc s’attendre à une hausse plus rapide des salaires tandis que l’inflation  
pourrait atteindre 2 %.  
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- Croissance et inflation  
Forte croissance en 2017  
Croissance du PIB (%)  
 Inflation (%)  
En 2017, l’économie néerlandaise a crû de 3,3 %, un record depuis  
007. L’économie tourne à un niveau proche de son potentiel. En  
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Prévision  
Prévision  
3.2  
octobre, l’utilisation des capacités dans le secteur manufacturier  
s’inscrivait à 83,1 %, la valeur la plus élevée depuis le sommet  
atteint en 2007. De plus, le taux de chômage a reculé à 4,4 %,  
niveau inédit depuis juin 2009.  
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.3 2.2  
2.3  
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.8  
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.7  
1.7  
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.4  
La reprise est générale, la consommation privée, l’investissement et  
le commerce extérieur représentant une contribution d’environ 1  
point de pourcentage à la croissance du PIB. La consommation  
privée a augmenté d’environ 2,3 % en 2017. Le rebond des  
dépenses de consommation est en partie lié au redressement des  
prix de l’immobilier. Ceux-ci se situent à présent à un niveau proche  
du pic atteint avant la crise. Ainsi, le problème des prêts  
hypothécaires « sous l’eau » s’est-il atténué : en 2017, le  
pourcentage de propriétaires dont la valeur du logement était  
inférieure à l’encours du prêt a reculé à 20 % contre près de 40 %  
en 2013.  
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.2  
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.1  
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19  
Sources : Comptes nationaux, BNP Paribas  
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- La consommation réagit aux prix des logements  
, moyenne mobile sur 3 mois  
%
Consommation réelle des ménages (é.d.) ▬ Prix des logements  
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0
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0
5
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L’investissement est en grande partie tiré par le secteur de la  
construction, lui-même stimulé par la hausse des prix de l’immobilier  
et des conditions de financement favorables. L’investissement dans  
le logement a augmenté de plus de 10 % en 2017, après une  
hausse de près de 20 % en 2016. De plus, l’investissement dans les  
machines-outils et les équipements se redresse, de nombreuses  
entreprises faisant état de pénuries de capacités. Enfin, les  
exportateurs ont bénéficié du rebond du commerce mondial.  
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4
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0
-
Les salaires ne réagissent que très lentement à l’amélioration du  
climat économique, car de nombreuses conventions collectives sont  
conclues pour plusieurs années. De plus, les syndicats pourraient  
avoir perdu une partie de leur pouvoir de négociation du fait de la  
flexibilité accrue du marché du travail et de la part grandissante du  
temps partiel et des contrats atypiques. Enfin, les tensions sur le  
marché du travail ne sont pas uniformes. Le chômage concerne  
principalement les travailleurs faiblement qualifiés. Dans le secteur  
privé, les augmentations issues des conventions collectives se sont  
établies à 1,5 % à peine en 2017, soit un peu moins qu’en 2016  
-2  
-4  
-
10  
-15  
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996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016  
Source : Office central de la statistique des Pays-Bas  
chrétiens-démocrates. Le nouveau gouvernement poursuit une  
politique budgétaire prudente, et cible un léger excédent budgétaire  
de 0,6 % du PIB pour disposer d’une marge de manœuvre  
budgétaire permettant de stabiliser la croissance en cas de repli  
conjoncturel.  
(
1,6 %).  
La coalition de centre-droit démarre sur de bonnes  
bases  
Les impôts baisseront de EUR 5 mds (0,7 % du PIB), dont  
EUR 2,3 mds pour les ménages, qui bénéficieront de la réduction  
de l’impôt sur le revenu. De plus, l’impôt sur la fortune sera abaissé  
en alignant le rendement imputé sur les rendements du marché et  
A la fin du mois d’octobre, après plus de six mois de négociations,  
le Premier ministre sortant, Mark Rutte, a réussi à constituer une  
coalition quadripartite de centre-droit, autour des libéraux et des  
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en relevant le seuil d’imposition à EUR 30 000. Quant au taux  
d’imposition des entreprises, il diminuera progressivement, passant  
de 25 % à 21 % en 2021 (et de 20 % à 16 % pour les bénéfices  
inférieurs à EUR 200 000). Par ailleurs, la taxation des dividendes  
sera abolie afin d’encourager les investissements étrangers dans  
les entreprises néerlandaises. Ces mesures seront en partie  
financées par un relèvement du taux réduit de la TVA, de 6 % à 9 %,  
par l’« écologisation » du régime fiscal et par l’élargissement de  
l’assiette de l’impôt sur les sociétés.  
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- Les indicateurs conjoncturels sont bien orientés  
PIB (%, y/y, RHS) Traceur conjoncturel du CBS  
2,0  
1,5  
1,0  
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0
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,0  
-0,5  
0
Concernant le marché du travail, le nouveau gouvernement veut  
assouplir la législation sur la protection de l’emploi en contrepartie  
d’une hausse des indemnités de licenciement. Pour limiter le  
recours aux agences d’intérim, les travailleurs comptabilisés dans  
les effectifs de ces dernières devront bénéficier de conditions  
similaires à celles des salariés permanents dans les entreprises qui  
les recrutent. De plus, le statut des « indépendants » (zzp) sera  
amélioré : le tarif horaire minimum sera augmenté et fixé entre  
EUR 15 et EUR 18.  
-2  
-1,0  
-1,5  
-2,0  
-4  
-6  
2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016  
Source : Office central de la statistique des Pays-Bas (CBS)  
L’accord de coalition souligne l’importance de l’Europe pour les  
Pays-Bas en matière de paix, de sécurité et de protection sociale.  
Aussi, l’amélioration du fonctionnement de l’Union monétaire revêt-  
elle la plus haute importance pour la nouvelle équipe au pouvoir. Le  
gouvernement attribue la crise de l’euro au non-respect des règles  
budgétaires fixées par le traité de Maastricht.  
La croissance du PIB devrait progresser de 2,3 % en 2018, portée  
en particulier par la robustesse de la demande intérieure. Les  
réductions d’impôt, ajoutées à de généreuses revalorisations, vont  
probablement stimuler la consommation privée. Dans un premier  
temps, l’investissement devrait rester soutenu, l’utilisation des  
capacités ayant atteint des niveaux record. De plus, l’activité dans le  
secteur de la construction continue de bénéficier de conditions de  
financement favorables, d’une solide demande de logements et de  
la baisse des taux de vacance dans l’immobilier commercial.  
La solution serait de revenir à des règles budgétaires transparentes,  
simplifiées et appliquées de manière plus indépendante. L’accès  
aux fonds structurels et de cohésion actuels pourrait permettre de  
parvenir à un plus grand respect des recommandations spécifiques  
par pays et des exigences du Pacte de stabilité et de croissance. Le  
nouveau gouvernement souhaite que la clause de non-renflouement  
soit rétablie et appliquée de manière crédible.  
Cependant, l’économie va être de plus en plus confrontée à des  
contraintes. Des goulets d’étranglement sont apparus dans la  
production manufacturière et les tensions se renforcent sur le  
marché du travail. Le principal syndicat FNV a déjà annoncé des  
revendications d’augmentations salariales d’au moins 3,5 % pour  
Le gouvernement est opposé au financement commun de la dette  
publique (Eurobonds) car il craint que cela ne conduise à une union  
de transfert. Il est, par ailleurs, hostile à une politique budgétaire  
commune au niveau de l’UEM pour faire face aux chocs  
économiques. Enfin, s’il est partisan d’une Union bancaire, il n’est  
pas favorable à une garantie des dépôts à l’échelle européenne dès  
lors que le secteur bancaire n’est pas en bonne santé dans tous les  
Etats membres. Il souhaiterait, en outre, une meilleure pondération  
du risque des obligations d’Etat dans les bilans des banques.  
2
018. La hausse des salaires va également faire grimper les prix à  
la consommation. L’inflation devrait atteindre 2 % dans les  
trimestres à venir, en partie en raison de la hausse de la TVA.  
Conséquence, les coûts de production vont augmenter, ce qui aura  
pour effet de compromettre la compétitivité et de réduire les marges  
bénéficiaires. De plus, le commerce mondial devrait, selon les  
prévisions, marquer le pas en 2019. La contribution du commerce  
extérieur à la croissance du PIB va probablement diminuer et  
l’excédent substantiel des comptes courants, proche de 9 % du PIB,  
est appelé à diminuer.  
Le gouvernement Rutte III arrive au pouvoir à un moment propice :  
l’économie s’est largement redressée depuis la Grande récession et  
les finances publiques ont été assainies. La coalition, constituée de  
quatre partis, fait, cependant, face à un défi de taille car elle ne  
dispose que d’une courte majorité au Parlement.  
Raymond Van der Putten  
raymond.vanderputten@bnpparibas.com  
Des contraintes de capacité apparaissent  
Au début de 2018, tous les indicateurs conjoncturels sont bien  
orientés grâce à une forte demande intérieure et extérieure. Le  
traceur conjoncturel de l’Office central de la statistique (CBS) a de  
nouveau grimpé en janvier, pour atteindre 1,4, un niveau proche de  
son pic historique atteint en mars-avril 2008.  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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