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EcoPerspectives // 2 trimestre 2018  
economic-research.bnpparibas.com  
Norvège  
Une dynamique de croissance soutenue  
La croissance de l’activité devrait légèrement accélérer en 2018. La Norvège devrait en effet bénéficier d’une conjoncture favorable  
chez ses principaux partenaires commerciaux. L’investissement devrait à son tour soutenir l’activité grâce aux perspectives de  
croissance et à des conditions de financement toujours avantageuses. Les créations d’emplois et la progression des salaires  
devraient favoriser la consommation des ménages, tandis que le gouvernement profitera de ces vents porteurs pour mener une  
politique budgétaire moins expansionniste.  
La croissance de l’activité devrait accélérer en 2018. L’économie  
1
- Croissance et inflation  
Croissance du PIB* (%)  
Prévision  
norvégienne devrait en effet continuer à bénéficier de vents porteurs  
et croître à un rythme supérieur à son potentiel. Le PIB total et le  
 Inflation (%)  
1
PIB hors activités pétrolières et transport maritime devraient ainsi  
3.5  
Prévision  
progresser respectivement de 2% et 2,4% en 2018 (après + 1,8%  
pour l’un et l’autre en 2017).  
2.4  
2.2  
2.1  
2
.0 1.9  
Une croissance équilibrée  
1.9  
17  
1.8  
1.4  
La Norvège devrait profiter de l’amélioration de sa compétitivité en  
017 et d’une conjoncture mondiale favorable. La bonne tenue de la  
1.0  
2
croissance au sein de l’Union européenne (UE), son principal  
partenaire commercial, 2 devrait en particulier soutenir ses  
exportations. La nouvelle progression de l’indice des commandes  
étrangères dans le secteur manufacturier (Office statistique  
norvégien), à 57,3 points au T4 2017 après 53,8 au T3 2017,  
annonce d’ailleurs celle des exportations. Dans ce contexte, les  
entreprises œuvrant dans le secteur non pétrolier seront davantage  
enclines à investir, et ce d’autant qu’elles bénéficieront de  
conditions de financement avantageuses. Celles présentes dans le  
secteur pétrolier, confortées par la remontée des prix du pétrole  
depuis le printemps 2016, ne seront pas en reste. Les dépenses  
d’investissement dans le secteur pétrolier, qui se sont contractées  
durant quatre années consécutives, devraient ainsi amorcer une  
reprise cette année. Seule ombre au tableau, l’investissement  
résidentiel devrait se contracter en 2018 en raison de la baisse des  
prix immobiliers depuis le printemps 2017.  
1
5
16  
17  
18  
19  
15  
16  
18  
19  
* Hors activités pétrolières et transport maritime  
Sources : Comptes nationaux, BNP Paribas  
2- Remontée de l’inflation  
Taux directeur (%) • • • Indice des prix à la consommation (g.a., %)  
Objectif d’inflation (%)*  
6
4
2
0
Malgré tout, l’embellie économique devrait se diffuser à l’ensemble  
de l’économie. Dès lors, le rythme des créations d’emplois pourrait  
-2  
légèrement accélérer au cours des prochains trimestres (après  
2
006  
2008  
2010  
2012  
2014  
2016  
2018  
3
+
1,1% en 2017). Le taux de vacance , qui a atteint 2,2% au dernier  
trimestre 2017 selon Eurostat, restait d’ailleurs orienté à la hausse.  
Ces créations d’emplois devraient s’accompagner d’une nouvelle  
baisse du taux de chômage, qui s’est établi à 4% en janvier 2018.  
*
A 2% à partir de mars 2018  
Sources : Norges Bank, Office statistique norvégien  
Légère hausse escomptée du taux directeur  
La résorption des capacités excédentaires s’accompagnera  
vraisemblablement, à son tour, d’une hausse plus soutenue des  
salaires en 2018. Ces créations d’emplois conjuguées à la hausse  
des salaires alimenteront le revenu disponible et la consommation  
des ménages.  
Le gouvernement a revu à la baisse l’objectif d’inflation de la  
politique monétaire en mars 2018. Celui-ci, fixé à 2,5% en 2001 au  
moment où d’importantes recettes pétrolières soutenaient  
l’économie norvégienne, a été ramené à 2%. Ce nouvel objectif  
d’inflation modifiera à terme la dynamique des taux directeurs. La  
diminution de la cible d’inflation devrait s’accompagner d’un taux  
directeur plus élevé à moyen terme mais d’une inflation plus faible  
et donc de taux directeurs plus bas à long terme.  
1
Le PIB hors activités pétrolières et transport maritime équivalait à 84% du PIB  
total en 2017.  
2
En 2017, 80% des exportations de marchandises norvégiennes étaient  
destinées à l’UE.  
3
Le taux de vacance d'emplois mesure la proportion des emplois totaux vacants.  
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L’inflation est orientée à la hausse depuis fin 2017. Elle a atteint  
3
- Norvège et Union européenne : quelles relations ?  
2
,2% en mars 2018, notamment soutenue par les effets de  
er  
Même si les Norvégiens ont refusé d’adhérer à l’Union européenne  
lors des référendums de 1972 et 1994, la Norvège entretient des  
liens étroits avec l’UE. Elle est, en effet, l’un des trois membres de  
l’Association européenne de libre-échange (AELE) à avoir ratifié  
l’accord sur l’Espace économique européen (EEE) avec l’UE en mai  
l’augmentation des prix de l’énergie et de la fiscalité indirecte au 1  
janvier 2018. Certains de ces effets devraient s’estomper au fil des  
mois, mais la résorption des capacités de production et la hausse  
des salaires soutiendront probablement l’inflation sous-jacente. La  
Banque centrale de Norvège, qui avait ramené le taux directeur à  
1992.  
0,5% en mars 2016, pourrait donc initier un cycle de durcissement  
Cet accord, entré en vigueur au 1er janvier 1994, vise à étendre les  
dispositifs du marché intérieur européen à l’Islande, à la Norvège et  
au Liechtenstein. Il prévoit ainsi que l’ensemble des signataires  
respectent les quatre libertés fondamentales du marché unique, à  
savoir la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des  
personnes.  
de sa politique monétaire dès la fin de cet été.  
La politique monétaire devrait cependant demeurer accommodante  
au cours des prochains trimestres, avec une remontée des taux  
progressive. D’autant que la banque centrale, qui prévoit un taux  
directeur à 2% à l’horizon seulement de la fin 2021, préfère se  
montrer prudente.  
Les marchandises, à l’exception des produits agricoles et de la  
pêche, peuvent ainsi circuler librement sans droits de douane.  
L’accord sur l’EEE donne également accès au passeport européen  
pour les services financiers. Cet accord promeut, en outre, la  
coopération des signataires dans les domaines de la recherche et  
développement, de l’éducation, des politiques sociales, de  
l’environnement, de la protection des consommateurs, du tourisme  
et de la culture.  
Une politique budgétaire globalement neutre en 2018  
Le gouvernement devrait poursuivre une politique budgétaire  
globalement neutre en 2018 après avoir mené une politique  
expansionniste au cours des dernières années. Les recettes  
fiscales devraient progresser, mais il envisage de réduire certains  
impôts et d’accroître les dépenses publiques en faveur des  
infrastructures, mais aussi de la recherche et développement dans  
le but de diversifier l’économie norvégienne. Le solde structurel non-  
pétrolier, devrait ainsi peu varier en 2018 (après respectivement -  
L’EEE n’est pas une union douanière. La Norvège, l’Islande et le  
Liechtenstein, qui sont exclus des accords commerciaux négociés  
par l’Union européenne avec des pays tiers, peuvent déterminer  
librement leurs tarifs douaniers et leur politique commerciale vis-à-  
vis de ces pays tiers. L’EEE ne couvre pas non plus la politique  
étrangère et de sécurité commune de l’UE.  
7,2% et -7,9% du PIB hors activités pétrolières et transport maritime  
en 2016 et 2017).  
Ce déficit, représentera environ 2,9% de l’actif du fonds de pension  
global norvégien en 2018, et demeurera donc juste en deçà du  
nouveau seuil de 3% fixé par le gouvernement. La règle fiscale  
prévoit en effet que les sommes prélevées sur le fonds de pension  
global norvégien pour financer le déficit ne dépassent pas les  
revenus que celui-ci génère, donc son rendement réel. Autrement  
dit, le déficit structurel non pétrolier (en % de l’actif du fonds  
souverain) doit être équivalent au rendement du fonds souverain.  
La Norvège, l’Islande et le Liechtenstein contribuent au cadre  
financier pluriannuel (CFP) de l’UE, en fonction du poids relatif de  
leur PIB respectif, au regard du PIB total de l’EEE, et des  
programmes spécifiques de l’UE. Cette contribution inclut par  
ailleurs la mise à disposition de la Commission européenne des  
ressources humaines qu’ils rémunèrent.  
Ces trois pays influent cependant peu sur les décisions prises par  
l’UE. L’accord sur l’EEE prévoit en effet que ceux-ci intègrent  
l’ensemble de la législation relative au marché intérieur adoptée par  
l’UE après qu’elle a été examinée par un comité mixte de l’EEE,  
composé de représentants de l’UE et des Etats membres de  
l’AELE/EEE. La Cour de l’AELE, compétente pour l’application de  
l’accord sur l’EEE, a par ailleurs l’obligation d’appliquer la  
jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne.  
Or, le gouvernement norvégien a revu à la baisse le taux de  
rendement réel escompté de son fonds souverain. Celui-ci est  
passé de 4% - taux en vigueur depuis 2001 - à 3% en 2017, en  
raison de la baisse durable des taux d’intérêt. Les sommes  
prélevées augmenteront également moins rapidement qu’au cours  
des années passées en raison de la baisse des revenus pétroliers  
et d’une moindre accumulation du capital au sein du fonds. De fait,  
les revenus nets générés par les activités pétrolières - en moyenne  
de NOK 284,9 millions de 2000 à 2014 - ont atteint respectivement  
NOK 124,8 millions et NOK 167,8 millions en 2016 et 2017. Enfin, la  
diminution du seuil à 3% coïncide avec le souhait du gouvernement  
de limiter sa politique expansionniste.  
Catherine Stephan  
catherine.stephan@bnpparibas.com  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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