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La banque  
d’un monde  
qui change  
DI RECTI O ND ES ETUDE S E CONOM I QU ES  
La feuille de route européenne vers la décarbonation  
La production doit être moins énergivore et à moindre  
intensité de carbone à l’échelle mondiale afin de réduire les  
émissions de gaz à effet de serre et d’éradiquer la pauvreté  
énergétique.  
Emissions de CO2 liées à l’énergie  
OCDE Non OCDE  
Gt CO  
2
35  
Selon le scénario de référence de l’UE, la hausse des prix  
30  
2
des quotas d’émission de dioxyde de carbone (CO ) est  
25  
indispensable pour réduire l’intensité carbone dans la  
production d’électricité et l’industrie manufacturière.  
2
0
15  
Des mesures supplémentaires s’imposent pour atteindre les  
objectifs européens sur le climat, en particulier dans le  
secteur des transports, manifestement à la traîne.  
10  
5
La politique environnementale européenne pourrait servir  
d’exemple au reste du monde. Encore faut-il, pour  
convaincre les pays émergents, que les Européens  
redoublent d’efforts pour réduire leurs propres émissions de  
0
1990  
1995  
2000  
2005  
2010  
2015  
Graphique 1  
Source : AIE  
2
CO .  
Émissions de CO par habitant  
2
Lors de la COP21 (ou Conférence de Paris de 2015 sur le  
climat), les 195 pays participants se sont mis d’accord pour  
maintenir l’augmentation de la température moyenne mondiale  
bien au-dessous de 2°C de réchauffement par rapport aux  
niveaux de la période préindustrielle. Le programme de  
développement des Nations Unies a, par ailleurs, pour objectif  
d’éradiquer la pauvreté énergétique à l’échelle mondiale.  
Aujourd’hui, 1,2 milliard de personnes (17 % de la population  
mondiale) ne sont pas raccordées à l’électricité. Selon les  
estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), vers  
2015, tonnes/habitant  
2
0
1
6
1
2
8
4
0
2040, plus de 500 millions de personnes, vivant essentiellement  
dans les zones rurales d’Afrique sub-saharienne, pourraient  
n’avoir toujours pas accès à l’électricité.1  
CAN AUS USA RUS JAP CHN EU Monde ARG BRA IDN IND  
Graphique 2 Source : Agence d’évaluation environnementale des  
Pays-Bas (PBL)  
Pour atteindre ces objectifs, l’économie mondiale est confrontée  
à un double impératif : d’une part, réduire les émissions de gaz à  
effet de serre, voire ramener à zéro les émissions nettes de gaz,  
entre 2040 et 2060 ; d’autre part, accroître l’offre totale d’énergie,  
principale source d’émissions de CO , en réponse à la demande  
2
d’une population mondiale grandissante.  
rythme bien plus soutenu que par le passé. En 2014 et en 2015,  
l’intensité énergétique mondiale, correspondant  
à
l’offre  
d’énergie primaire totale par unité de PIB (en parité de pouvoir  
d’achat de 2011), s’est améliorée ; autrement dit, elle a diminué  
d’environ 2,2 %, soit un point de pourcentage de plus que le  
taux annuel moyen sur les dix années précédentes. L’intensité  
annuelle globale devrait, cependant, progresser de 2,6 % par an  
Il faut pour ce faire agir à deux niveaux. Tout d’abord, la  
productivité énergétique – ou production économique obtenue  
par unité d’énergie consommée – doit être accrue et à un  
1
AIE, « Perspectives énergétiques mondiales », 2016  
economic-research.bnpparibas.com  
Raymond Van der Putten  
19 mai 2017  
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qui change  
entre 2016 et 2030 . Il convient, ensuite, de diminuer l’intensité  
Scénario de référence : production d’énergie  
dans les 28 Etats membres de l’UE  
carbone moyenne de l’offre énergétique mondiale en réduisant  
l’utilisation des combustibles à forte teneur en carbone, comme  
le charbon, au profit des sources d’énergie renouvelables. Il faut  
par ailleurs, accroître la part de l’énergie neutre en carbone –  
principalement, les renouvelables, le nucléaire, la biomasse –  
dans le système énergétique global et ce, à hauteur d’un point  
Combustibles solides Pétrole Gaz Nucléaire Énergies renouvelables  
Mtep  
000  
1
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00  
800  
00  
00  
00  
00  
00  
200  
00  
de pourcentage au moins par an d’ici 2050 . Un pari qui est loin  
d’être gagné sachant qu’au cours de la dernière décennie, la  
part de l’énergie neutre en carbone est restée quasiment  
inchangée aux environs de 19 %.  
7
6
5
Néanmoins, quelques progrès sont relevés concernant  
l’inversion de la tendance à la hausse des émissions de gaz à  
effet de serre. En 2015, les émissions de CO liées à l’énergie  
2
se sont stabilisées pour la troisième année consécutive (voir le  
graphique 1). Dans l'OCDE, elles diminuent depuis 2010. En  
4
3
1
2
revanche, les émissions de CO des pays émergents continuent  
d’augmenter en raison de leur processus d'industrialisation et  
les évolutions démographiques.  
0
2000 2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050  
Graphique 3  
Source : Scénario de référence de l’UE 2016  
Le scénario de référence européen  
En Europe, l’intensité énergétique a reculé de 2 % en moyenne  
entre 2003 et 2013, un rythme plus soutenu que dans le reste  
du monde. Néanmoins, il faut noter que cette évolution est en  
partie due à la délocalisation d’activités énergivores. Les  
Européens ont également fait des progrès en matière de  
réduction de l’intensité carbone de l’énergie en recourant de plus  
Scénario de référence : énergies renouvelables  
dans les 28 Etats membres de l’UE  
Hydroélectricité Biomasse et déchets Eolien Solaire Géothermie  
4
00  
350  
300  
en plus aux renouvelables. Ces dernières représentaient, en  
2
015, 16,4 % de l’énergie totale contre 12,8 % en 2010 . Les  
émissions européennes de CO  
2
n’en restent pas moins  
2
50  
00  
50  
00  
relativement élevées. A 6,9 tonnes par habitant en 2015, ces  
émissions sont proches de celles de la Chine (7,9 t/h) mais bien  
supérieures à celles des autres économies émergentes comme  
l’Inde (1,9 t/h) et le Brésil (2,3 t/h) (graphique 2).  
2
1
1
Mais les pays européens veulent aller plus loin encore en  
matière de décarbonation de l’économie. Comme la plupart des  
pays participants à la COP21, l’UE a déposé ses objectifs en  
matière d’émissions de gaz à effet de serre pour les prochaines  
décennies (ou « Contributions déterminées au niveau national »,  
NDC). Les 28 Etats membres se sont engagés à réduire ces  
émissions d’ici 2030 d’au moins 40 % par rapport à 1990. Ces  
engagements s’inscrivent dans le prolongement des objectifs  
déjà mis en place dans le cadre de la deuxième période  
d’engagement du Protocole de Kyoto, ou « Paquet sur le climat  
et l’énergie à l’horizon 2020 ». Ce paquet fixe trois objectifs :  
réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 % (par  
rapport aux niveaux de 1990), porter à 20 % la part des énergies  
renouvelables dans la consommation d’énergie de l’UE, contre  
50  
0
2
000 2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050  
Graphique 4  
Source : Scénario de référence de l’UE 2016  
2016 . Ce scénario donne une feuille de route aux pays  
européens pour parvenir à une économie sobre en carbone  
dans les décennies à venir, dont peuvent également s’inspirer  
les responsables d’autres pays. En faisant le point sur les  
nouvelles opportunités d’investissement, il peut également être  
utile au secteur des entreprises et aux investisseurs à long  
terme.  
9
,8 % en 2010, et améliorer l’efficacité énergétique de 20 % par  
Le scénario de base à moyen et long terme, issu du Rapport  
rapport aux niveaux prévus.  
2015 sur le vieillissement démographique, prend pour  
Pour mesurer les progrès réalisés vers ces objectifs, l’UE a  
publié un scénario de référence en 2013, qu’elle a mis à jour en  
hypothèse une croissance moyenne du PIB de 1,5 % sur la  
période 2020-2050. L’expansion du secteur des services, en  
particulier les services de marché, devrait selon les prévisions  
se poursuivre, générant 78 % de la valeur ajoutée brute en 2050  
contre 75 % en 2015. Par ailleurs, les prix de l’énergie sont  
2
AIE, « Rapport sur le marché de l’efficacité énergétique », 2016  
Commission sur les transitions énergétiques, « Shaping Energy Transitions », 2016  
3
4
Commission européenne, « Rapport sur les progrès accomplis dans le secteur des  
5
énergies renouvelables », 2017  
Commission européenne, « Scénario de référence de l’UE », 2016  
economic-research.bnpparibas.com  
Raymond Van der Putten  
19 mai 2017  
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prévus en hausse constante jusqu’en 2050, portés dans une  
large mesure par l’accroissement de la demande. Au-delà de  
Scénario de référence: production d’électricité  
dans les 28 Etats membres de l’UE  
2030, le rythme devrait sensiblement ralentir, suite  
à
%
1
Combustibles solides Pétrole Gaz Nucléaire Énergies renouvelables  
de la production totale d’électricité  
00  
l’accroissement de l’efficaci énergétique, à la pénétration des  
renouvelables et aux avancées technologiques dans les  
techniques d’extraction. Le cours du Brent pourrait atteindre  
USD 130 (en dollars constants de 2013).  
9
0
8
0
Réforme indispensable du système d’échange de quotas  
d’émissions de l’UE  
7
0
60  
Le scénario englobe les politiques et mesures adoptées en  
décembre 2014 plus trois directives approuvées au début de  
50  
40  
2015. Ces dernières concernent les modifications apportées à la  
30  
directive sur les sources d’énergie renouvelables et à celle sur la  
qualité des carburants ainsi que la décision établissant une  
réserve de stabilité du marché, portant modification du système  
d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre (SEQE)  
de l’Union6.  
20  
10  
0
2000 2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050  
Graphique 5  
Source : Scénario de référence de l’UE 2016  
Les quotas d’émissions constituent la principale « monnaie »  
d’échange du système SEQE-UE. Chaque quota donne à son  
titulaire le droit d’émettre une tonne de CO  
deux autres puissants gaz à effet de serre, l’oxyde d’azote  
N2O) et les perfluorocarbones (PFC). La plupart des quotas  
2
ou l’équivalent de  
Scénario de référence : émissions de CO par  
secteur dans les 28 Etats membres de l’UE  
2
(
sont dorénavant attribués par mise aux enchères, au lieu d’être  
distribués gratuitement par les Etats.  
Production d ’é lectricité et secteur énergétique Industrie Résidentiel  
Tertiaire Transport  
Mt d’équivalent CO  
2
Un durcissement du système SEQE s’impose pour le succès de  
la stratégie européenne de réduction des émissions. Le nombre  
total de quotas SEQE sera abaissé de 1,74 % par an et de 2,2%  
à partir de 2021.  
4500  
4000  
3500  
3000  
En raison d’un excédent substantiel de quotas d’émission, le  
système SEQE n’a pas fonctionné de manière optimale dans le  
passé. Le prix du carbone tourne aujourd’hui autour de EUR 5,  
un niveau bien trop faible pour inciter les industries à investir  
dans des technologies plus propres. La faiblesse du prix du  
carbone est liée à l’excédent notable de quotas, enregistré dans  
le sillage de la crise financière et économique de 2008-2009. En  
reportant la mise aux enchères de 900 millions de quotas sur la  
période 2014-2016 (backloading), l’excédent a été ramené de  
2
500  
000  
1500  
000  
00  
2
1
5
0
2,1 milliards de quotas en 2013 à 1,7 milliard en 2016, donnant  
2000 2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050  
le droit d’émettre 1 694 Mt de CO2.  
Graphique 6  
Source : Scénario de référence de l’UE 2016.  
Les quotas, dont la mise aux enchères a ainsi été reportée,  
seront transférés à la réserve de stabilité du marché (MSR), qui  
sera opérationnelle à partir de janvier 2019. Cette réserve a pour  
objet de lisser le fonctionnement du SEQE. Elle fonctionnera  
entièrement selon des règles préalablement définies, sans  
laisser aucune marge de manœuvre à la Commission ni aux  
Etats membres concernant sa mise en œuvre. Le scénario de  
référence suppose que si l’excédent de quotas dépasse 833 Mt  
attendue de la quantité de quotas devrait pousser les prix à la  
hausse, en particulier après 2025. En 2040, les prix pourraient  
atteindre EUR 50, voire EUR 90 en 2050.  
Secteur de l’électricité : proche de la neutralité carbone  
La hausse des prix des quotas SEQE aura un impact significatif  
dans le secteur de l’électricité en rendant attractif, du point de  
vue économique, l’investissement dans les énergies  
renouvelables (graphiques 3 et 4). D’autant que les prix de ces  
nouvelles technologies sont appelés à baisser davantage.  
L’investissement dans les renouvelables a nettement augmenté  
de CO  
2
, 12 % de quotas seront mis en réserve ; si l’excédent  
, une quantité supplémentaire  
tombe en deçà de 400 Mt de CO  
2
de 100 Mt sera réintroduite sur le marché. L’insuffisance  
ces dernières années, grâce  
à des mesures d’incitation  
6
Le système d’échange de quotas d’émission (SEQE) de l ’U E est le plus vaste  
financière comme les tarifs de rachat de ces énergies. Vers  
2020, les renouvelables devraient représenter 37,2 % de la  
production nette d’électricité contre 28,3 % en 2015, dont 52 %  
système international d’échange dans ce domaine ; il couvre environ 11 000  
installations électriques et industrielles, responsables de 45 % environ des émissions  
totales de gaz à effet de serre de l ’U E. Depuis 2012, le système porte également sur  
les émissions du secteur de l’aviation.  
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Raymond Van der Putten  
19 mai 2017  
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d’énergie éolienne et solaire (graphique 5). Vers 2045, les  
renouvelables pourraient constituer plus de 50 % de la  
production d’électricité totale. L’éolien sera le plus important  
contributeur (24 %) suivi de l’hydroélectricité, du solaire et de la  
biomasse, chacun représentant environ 10 % de la production  
d’électricité. Par ailleurs, avec la hausse des prix des quotas  
SEQE, le déploiement de technologies de capture et de  
stockage du carbone devient commercialement viable. Entre  
saturation du parc de véhicules particuliers. En revanche, le  
transport ferroviaire de passagers pourrait croître de 1,4 % par  
an, porté par la mise en œuvre et l’achèvement du réseau  
transeuropéen de transport (RTE-T). Ce réseau devrait  
permettre une couverture plus appropriée en infrastructures et  
l’intégration des différents modes de transport (routes, voies  
ferrées et voies navigables). La part du transport ferroviaire est  
appelée à augmenter, de 7,7 % en 2010 à 9,7 % en 2050. Le  
trafic de marchandises affiche une nette corrélation avec le PIB  
jusqu’en 2030. La croissance devrait marquer le pas après  
l’achèvement du TEN-T en 2030.  
2
000 et 2050, les émissions de CO du secteur de l’énergie  
2
devraient reculer de 70 % (graphique 6).  
2
Tendance à la baisse des émissions de CO dans  
l’industrie  
Malgré le développement des activités de transport, l’utilisation  
d’énergie dans le secteur est plus ou moins stable, grâce aux  
progrès accomplis en matière d’efficacité énergétique.  
Cependant, on n’observe pas de modification significative du  
mix énergétique. La pénétration des véhicules électriques reste  
très lente et, en 2050, la consommation d’électricité ne  
représente que 4 % de la demande d’énergie finale dans le  
secteur des transports, contre 1 % en 2015. Les émissions de  
gaz à effet de serre demeurent proches de 1000 Mt de CO2e  
sur la période de projection.  
Dans le secteur industriel, la tendance au repli de l’intensité  
énergétique devrait se poursuivre, les entreprises privilégiant un  
accroissement de la valeur ajoutée et des produits moins  
énergivores. Avec l’augmentation des coûts de l’énergie liée au  
renchérissement des prix du carbone, l’investissement dans les  
technologies garantissant l’efficacité énergétique devient plus  
intéressant. En 2050, l’intensité énergétique de la production  
sera divisée par deux par rapport à 2000. Selon l’hypothèse  
retenue dans le scénario de référence, une part significative de  
la production à forte intensité énergétique sera conservée en  
Europe, et ce, pour deux raisons : d’une part, les avantages liés  
au maintien de l’intégration industrielle et, d’autre part, le  
progrès technologique compensant les effets de la hausse des  
coûts de l’énergie sur la compétitivité. De plus, l’adoption, dans  
d’autres régions du monde, de mesures visant à limiter les  
Conclusion  
Le scénario de référence décrit une trajectoire des émissions de  
gaz à effet de serre en se fondant sur l’hypothèse d’une  
croissance modérée du PIB jusqu’en 2050 et en tenant compte  
des politiques adoptées dans l’ensemble des pays de l’UE. Ces  
politiques n’ont, pour la plupart, que des effets à court et moyen  
terme. Les mesures prises pour améliorer le fonctionnement du  
système d’échange de quotas d’émission de l’Union (SEQE-UE)  
auront aussi un impact à long terme. En particulier, la hausse  
émissions de CO  
délocalisation d’activités énergivores. Les émissions industrielles  
de CO liées à l’énergie devraient reculer, passant de 691 Mt de  
CO e en 2000 à 252,7 Mt de CO e en 2050 (graphique 6).  
2
rendra aussi moins pertinente la  
2
2
2
2
des prix du CO à EUR 90 d’ici 2050 pourrait être un facteur  
majeur d’investissement dans les technologies économes en  
carbone.  
Abandon des combustibles fossiles par les ménages  
Dans le secteur résidentiel, la demande d’énergie reste  
inférieure aux niveaux de 2015 sur la durée de la période de  
projection. Sur le court terme, cette stabilisation de la demande  
tient à l’introduction de mesures politiques, comme la directive  
sur l’efficacité énergétique, et au développement des  
équipements et appareils à haut rendement énergétique, à la  
faveur des règlements en matière d’écoconception. Grâce à une  
meilleure isolation des bâtiments, l’énergie utilisée pour le  
chauffage pourrait diminuer, passant de 65 % en 2010 à 58 %  
en 2050. De plus, l’intensité carbone est appelée à baisser car  
l’électricité et les énergies renouvelables vont probablement  
occuper une place prépondérante dans la consommation  
d’énergie résidentielle au détriment des combustibles à forte  
teneur en carbone comme les combustibles solides et le pétrole.  
Quant à la part de marché du gaz naturel, elle devrait rester  
inchangée.  
Le scénario montre que les politiques actuelles sont suffisantes  
pour atteindre les objectifs à l’horizon 2020. Les gains de  
rendement énergétique obtenus s’établissent à 18,4 %, juste en  
deçà de l’objectif de 20 %. En revanche, la part des  
renouvelables pourrait atteindre 21 %, et la réduction des  
émissions de gaz à effet de serre, 25,7 % par rapport au niveau  
de 1990, soit bien au-delà de l’objectif de 20 % dans les deux  
cas. Cependant, des mesures supplémentaires devront être  
prises pour respecter les objectifs à long terme. Selon le  
scénario, les émissions de gaz à effet de serre auront diminué  
de 35,2 % en 2030 et de 47,2 % en 2050, soit des niveaux  
inférieurs aux objectifs fixés dans les NDC. Par ailleurs, ces  
contributions devront probablement être relevées à l’avenir pour  
limiter le réchauffement de la planète à moins de 2°C. Dans le  
secteur des transports, en particulier, d’importantes économies  
de CO  
2
peuvent être réalisées sous l’effet conjugué de  
Un secteur des transports à la traîne  
l’accélération de l’électrification des véhicules particuliers et de  
la décarbonation du secteur de l’électricité.  
Comme le montre le scénario de référence, les politiques de  
réduction des gaz à effet de serre dans le secteur des transports,  
responsable de 30 % des émissions de gaz à effet de serre en  
Le scénario de référence est également pertinent pour les pays  
non membres de l’UE, dans le sens où il montre quelles sont les  
politiques les plus efficaces pour réduire les émissions de CO .  
2
2015, accusent un net retard sur celles mises en œuvre dans  
En particulier, des systèmes de plafonnement et d’échange  
pourraient se révéler très efficients pour lutter contre les  
d’autres secteurs. L’expansion du transport routier de passagers  
devrait ralentir en ligne avec la croissance démographique et la  
economic-research.bnpparibas.com  
Raymond Van der Putten  
19 mai 2017  
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La banque  
d’un monde  
qui change  
émissions de CO  
2
dans la production d’électricité et l’industrie.  
européennes pourraient acquérir un avantage compétitif dans le  
domaine des technologies économes en carbone. Cependant,  
les pays européens auront du mal à convaincre la plupart des  
De plus, le reste du monde pourrait tirer des leçons de  
l’expérience du système d’échange de quotas d’émission de  
l’Union (SEQE-UE). D’autres politiques telles que l’introduction  
et le durcissement des normes énergétiques pour les appareils  
électroménagers pourraient aussi être utiles. Enfin, l’exemple  
européen montre que les politiques de réduction des émissions  
pays émergents d’abaisser leurs émissions de CO  
2
aussi  
longtemps que ces mêmes émissions par habitant en Europe  
resteront supérieures à la moyenne mondiale.  
2
de CO n’ont pas nécessairement un impact négatif sur la  
croissance économique. Au contraire, les industries  
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Raymond Van der Putten  
19 mai 2017  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
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