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EcoPerspectives // 1 trimestre 2018  
economic-research.bnpparibas.com  
France  
En marche, d’un bon pas  
Portée par une demande intérieure et une croissance mondiale robustes, l’économie française continue d’avancer à un bon rythme,  
qui s’accélère même au moment d’aborder 2018. Sa croissance atteindrait 2% en moyenne cette année, après 1,9% en 2017. Clé de  
voute de notre scénario, l’emploi privé verrait sa dynamique préservée, voire renforcée. Il constituerait le principal facteur de soutien  
au pouvoir d’achat des ménages, alors que l’effet net des mesures fiscales est sujet à débat et s’avèrerait, somme toute, limité. Le  
chômage est appelé à reculer davantage, et la consommation des ménages à retrouver le dynamisme qui lui manquait jusqu’ici.  
Croissance retrouvée  
1- Croissance et inflation  
La croissance française, qui progresse à un rythme soutenu,  
légèrement supérieur à 2% par an depuis la fin 2016, ne donne  
aucun signe de ralentissement, au contraire. Les signaux favorables  
sont nombreux. Depuis la mi-2017 et jusqu’en janvier 2018, les  
indicateurs conjoncturels ont plutôt surpris favorablement. Au fil des  
estimations de l’INSEE, chaque chiffre trimestriel de croissance, du  
T4 2016 au T3 2017, a été revu en hausse, à hauteur de 0,14 point  
en moyenne. Le renforcement de la croissance est aussi visible  
dans l’augmentation, au fil des trimestres, de la contribution de la  
demande intérieure finale (+0,1 point, à 0,5 point de pourcentage,  
au T2 2017 et encore +0,1 point au T3 2017, d’après les comptes  
trimestriels disponibles).  
Croissance du PIB (%)  
 Inflation (%)  
Prévision  
Prévision  
2.0  
1.9  
1.7 1.7  
1
.6  
1.2  
1.2  
17  
1
.1  
0
.3  
0
.1  
1
5
16  
17  
18  
19  
15  
16  
18  
19  
Sources : Comptes nationaux, BNP Paribas  
Les enquêtes sur le climat des affaires ont poursuivi leur  
redressement jusqu’aux derniers mois de 2017. L’indice composite  
de l’INSEE a ainsi gagné 8 points entre mai et décembre, après être  
resté stable les quatre premiers mois de l’année dernière. Une  
amélioration de cette ampleur n’avait pas été observée depuis 2010.  
À 112, il dépasse son précédent point haut de 110, atteint en mars-  
avril 2011, pendant la courte phase de reprise post-Grande  
Récession, avant qu’elle ne soit interrompue par la crise des dettes  
souveraines européennes. L’indice de l’INSEE retrouve aussi son  
plus haut niveau depuis la fin 2007. Il se situe toutefois encore  
légèrement en deçà du point haut du cycle (115) atteint quelques  
mois auparavant. Il dispose d’une marge de progression plus  
importante par rapport à d’autres points hauts de cycle, qui sont  
aussi des points hauts historiques (119 en décembre 1999 et avril  
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- France : confiance des entreprises et des ménages sur  
longue période  
1
00 = niveau moyen de référence  
Climat des affaires  Confiance des ménages  
30  
1
120  
110  
1
00  
90  
80  
70  
1989). Par ailleurs, les créations d’entreprises sont toujours  
dynamiques, les défaillances moins nombreuses et le crédit est de  
plus en plus soutenu. Les signes de tensions sur les capacités de  
production, les difficultés d’offre et de recrutement rapportées par  
les entreprises témoignent également du plus grand dynamisme de  
la croissance même sils interpellent par leur caractère précoce à ce  
stade du cycle.  
1973 1978 1983 1988 1993 1998 2003 2008 2013 2018  
Source : INSEE  
La croissance en 2018 est également placée sous de bons  
auspices. Nous prévoyons désormais qu’elle atteigne 2% en  
moyenne annuelle (versus 1,7% en septembre dernier). Notre plus  
grand optimisme découle de la meilleure dynamique héritée de  
2017 et d’une légère révision en hausse du profil trimestriel de  
croissance en 2018 à la faveur d’environnements intérieur, extérieur  
et financier plus porteurs. Notre prévision se situe légèrement au-  
dessus du consensus de janvier 2018 (moyenne des prévisions à  
1,9%, dans une fourchette comprise entre 1,6% et 2,4%).  
Sur la base des données mensuelles d’activité disponibles jusqu’en  
novembre 2017, notre modèle nowcast estime à +0,6% t/t la  
croissance au T4 2017 (soit le même rythme qu’au T3). L’estimation  
obtenue sur la base des données d’enquêtes (disponibles jusqu’en  
décembre) est un peu plus haute, à 0,7% t/t, pointant un risque à la  
hausse sur notre prévision de 0,6% t/t. L’INSEE et la Banque de  
France tablent également sur une croissance de 0,6% t/t. En  
moyenne annuelle, la croissance s’élèverait ainsi à 1,9% en 2017.  
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Les risques entourant notre scénario nous semblent équilibrés et  
cela vaut pour chacune des composantes du PIB. Les incertitudes,  
de nature économique comme politique, au niveau mondial comme  
national, et les risques baissiers afférents se sont atténués. En  
revanche, les vulnérabilités et risques financiers globaux se sont  
accrus.  
consommation, et donc la facture finale pour les ménages. L’INSEE,  
qui estime l’impact des mesures en prélèvements obligatoires (PO)  
à comportements inchangés et en moyenne sur 2018, aboutit à une  
hausse nette des PO de EUR 4,5 mds, ce qui ôterait 0,3 point à  
l’évolution du pouvoir d’achat (impact qui se décompose en une  
contribution de +0,2 point des mesures de fiscalité directe et de -0,5  
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point de celles de fiscalité indirecte) . L’OFCE, qui raisonne aussi  
Accélération possible, nécessaire mais sous  
conditions de la consommation des ménages  
en moyenne sur 2018 mais en supposant une modification des  
comportements de consommation, estime à EUR 0,8 mds la hausse  
nette des PO, soit un impact de -0,1 point sur l’évolution du pouvoir  
d’achat (dont +0,3 point de fiscalité directe et -0,3 point de fiscalité  
Aujourd’hui, la croissance est soutenue par l’ensemble de ses  
composantes mais toutes ne progressent pas encore sur un rythme  
que l’on peut qualifier de « soutenu ». Cest le cas de  
l’investissement (des entreprises comme des ménages) mais ça ne  
l’est pas de la consommation ni des exportations qui, selon diverses  
4
indirecte) . L’OFCE estime, en sus, à +0,1 point la contribution des  
mesures en dépenses (revalorisation de certaines prestations  
sociales, baisse des APL et prime des fonctionnaires), ce qui  
ramène à zéro l’impact net de l’ensemble des mesures fiscales et  
budgétaires sur l’évolution du pouvoir d’achat des ménages en 2018.  
comparaisons, sont moins dynamiques aujourdhui quhier 1  
.
S’agissant de la consommation des ménages, son manque de  
dynamisme est aussi visible dans leur confiance, encore loin de ses  
plus hauts (cf. graphique 2). De ce point de vue, la croissance  
française dispose d’un potentiel d’accélération et les réserves de  
croissance se situent du côté de la consommation des ménages et  
des exportations.  
Les difficultés d’évaluation et le débat ne s’arrêtent pas là : se pose  
aussi la question de l’impact de ces mesures sur la consommation  
des ménages, selon qu’ils sont bénéficiaires nets ou non et selon  
leur position dans l’échelle des revenus. Une baisse dimpôt a un  
effet attendu d’autant plus positif qu’elle bénéficie aux ménages  
soumis à une contrainte de revenus (que la baisse d’impôt vient  
relâcher) et dont la propension marginale à consommer est élevée.  
Ces mêmes ménages sont aussi plus négativement affectés par  
une hausse d’impôt. Or, toutes mesures confondues, compte tenu  
de leur calendrier de mise en œuvre, les principaux bénéficiaires  
nets, en moyenne cette année, se situent en haut de l’échelle des  
revenus, là où la propension marginale à consommer est faible. Il  
n’y a donc pas d’effet positif à attendre sur la consommation des  
ménages, en moyenne, cette année. S’il y en avait un, ce serait  
seulement à compter du dernier trimestre.  
Dans les lignes qui suivent, nous nous focalisons sur la  
consommation des ménages pour poser les termes du débat sur  
ses perspectives de progression en 2018, plus précisément sur  
celles des gains de pouvoir d’achat des ménages, car elles sont  
entourées d’un grand nombre de questions et d’incertitudes. Celles-  
ci se scindent en deux groupes : sur les perspectives d’emploi, d’un  
côté, et sur l’impact des mesures fiscales et budgétaires de la loi de  
finances (LFI) 2018, de l’autre.  
S’agissant de l’emploi, la question porte sur son degré de résistance  
face à la disparition ou l’atténuation de certaines mesures de  
2
Pour terminer, il est temps de réintroduire l’autre terme important du  
débat sur l’évolution du pouvoir d’achat des ménages : la  
dynamique de l’emploi privé. C’est un élément central de la  
prévision en général et de notre scénario en particulier. La légère  
accélération de l’emploi privé que nous anticipons conditionne, en  
effet, la nette accélération que nous prévoyons de la consommation  
des ménages (1,9% en moyenne annuelle en 2018 après 1,2% en  
soutien . Nous pensons que l’emploi privé devrait échapper à un  
ralentissement et même accélérer légèrement, porté par le plus  
grand dynamisme intrinsèque de la croissance. S’agissant de  
l’impact net des mesures de la LFI 2018 sur l’évolution du pouvoir  
d’achat des ménages, le débat porte sur son signe (positif, nul ou  
négatif). Cela tient à la multitude des mesures (qui jouent à la  
baisse et à la hausse sur le pouvoir d’achat et ne sont pas  
forcément toutes prises en compte, ou de la même manière, dans  
les estimations) et aux effets de calendrier (dates différentes de  
mise en œuvre des mesures, par étapes pour certaines).  
2
2
017), et ce malgré des gains de pouvoir d’achat identiques en  
018 à ceux de 2017 (1,6-1,7%). Cela s’explique par le double effet  
positif que nous attendons du dynamisme de l’emploi sur la  
consommation des ménages. C’est, tout d’abord, un soutien direct à  
leur pouvoir d’achat via sa composante principale, les revenus  
d’activité, qui vient contrebalancer le léger effet négatif de la  
politique budgétaire que nous intégrons. C’est ce qui permet,  
ensuite, une poursuite de la baisse du taux de chômage, propice à  
une baisse du taux d’épargne des ménages et à une hausse de leur  
confiance.  
Ainsi, le montant de EUR 5,5 mds de baisses nettes d’impôts en  
2
018 avancé par le gouvernement est un chiffre en année pleine. Le  
total des baisses d’impôt s’en trouve augmenté par rapport à un  
calcul en moyenne sur l’année, qui tient compte des effets de  
calendrier. Le gouvernement suppose, par ailleurs, que  
l’alourdissement de la fiscalité sur le tabac en réduira fortement la  
1
Comparaisons : 1/ entre la progression trimestrielle moyenne de chacune de ces  
composantes au cours des quatre derniers trimestres (T4 2016  T3 2017), qui  
marquent l’accélération de la croissance, et celle à la même phase du cycle  
précédent (T3 2005  T2 2006), après donc quatre années de reprise ; 2/ entre leur  
hausse trimestrielle moyenne sur l’ensemble du cycle actuel et celle au même stade  
des cycles précédents ; 3/ entre leur rythme actuel et leur rythme historique moyen.  
3
« Un effet de calendrier marqué des mesures en prélèvements obligatoires sur le  
pouvoir d’achat des ménages en 2018 », Note de conjoncture, décembre 2017.  
4
Pierre Madec, Mathieu Plane et Raul Sampognaro, Budget 2018 : pas d’austérité  
2
Cf. France : l’emploi et ses soutiens, EcoFlash n°27, 5 décembre 2017.  
mais des inégalités, OFCE working paper n°01, janvier 2018.  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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