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EcoPerspectives // 1 trimestre 2018  
economic-research.bnpparibas.com  
Italie  
De meilleures perspectives  
La demande intérieure demeure le principal moteur de la reprise. L’investissement marque un fort rebond, la consommation privée se  
redresse. Tirées par la demande mondiale, les exportations nettes contribuent positivement à la croissance. Comme en 2017,  
l’économie devrait croître d’environ 1,5 % en 2018, une performance qui doit beaucoup aux microentreprises. Celles-ci restent le  
principal poumon de l’économie. Elles représentent encore 95 % des entreprises (97 % dans les services), 47 % de l’emploi total, et  
produisent près de 30% de la valeur ajoutée totale.  
L’économie italienne a poursuivi son redressement au deuxième  
semestre 2017. Au T3, le PIB réel a grimpé de 0,4 % d’un trimestre  
sur l’autre et de 1,7 % en glissement annuel (g.a.), la progression la  
plus forte depuis le début de 2011. Avec un taux de croissance  
comparable attendu au T4, le PIB réel a, selon les estimations,  
augmenté d’un peu plus de 1,5 % sur l’ensemble de l’année 2017.  
1- Croissance et inflation  
Croissance du PIB (%)  
 Inflation (%)  
Prévision  
Prévision  
1.6  
1.5  
1.5  
19  
1.4 1.4  
Une reprise générale  
1.1  
19  
0
.9  
0
.8  
La reprise économique s’est généralisée au T3. La demande  
intérieure hors stocks a été le principal moteur de la croissance  
0.1  
(
0,7 % de la progression globale). La contribution des exportations  
nettes est également devenue positive (+0,2 % vs -0,4 % au T2), les  
exportations ayant davantage augmenté que les importations  
-0.1  
15  
16  
17  
18  
15  
16  
17  
18  
(
respectivement +1,6 % et +1,2 %), grâce à l’amélioration du  
Sources : Comptes nationaux, BNP Paribas  
scénario global. En 2017, les ventes italiennes à l’étranger ont  
accéléré, soutenues par une forte demande des pays non membres  
de l’UE, avec des exportations vers la Chine et la Russie en hausse  
de plus de 20 %, et celles vers les États-Unis de près de 10 %.  
2
- Marché du travail  
Nombre de personnes ayant un emploi (en milliers)  
2
2
2
3.4  
3.2  
3.0  
L’activité manufacturière a gagné en vigueur au cours de 2017. Au  
T3, la valeur ajoutée a augmenté de 1,7 %, après +1,3 % au T2. De  
janvier à novembre, la croissance de la production a été supérieure  
à 7 % dans le secteur des produits pharmaceutiques, de près de  
23.179  
23.183  
6
% dans celui des moyens de transport et d’environ 3 % dans le  
22.8  
secteur des machines-outils, des équipements et dans la  
métallurgie. Le secteur de la construction, en revanche, a continué  
de pâtir. Au T3, la valeur ajoutée de la construction a grimpé de  
2
2.6  
2.4  
2
0
,4 %, après -0,4 % au T2, se maintenant à plus de 30 points de  
22.2  
2.0  
22.119  
pourcentage (p.p.) en dessous de son niveau d’avant la crise.  
2
0
4 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17  
Légère hausse de la consommation privée  
Au T3 2017, la consommation privée a progressé de 0,3 %, avec  
une contribution positive de 0,2 % à la croissance du PIB. Les  
dépenses en biens durables ont rebondi (+2,3 % contre -0,5 % au  
T2), tandis que celles en biens non durables ont continué à  
diminuer. Les dépenses consacrées aux services (plus de la moitié  
du total) ont enregistré la dix-septième hausse consécutive.  
Source : Istat  
l’emploi a soutenu le redressement du revenu disponible des  
ménages (il dépasse EUR 280 mds au T3, un record depuis vingt ans).  
Les ménages ont bénéficié, ces derniers temps, de l’amélioration  
des conditions sur le marché du travail, malgré la persistance de  
signaux contrastés. Le taux de chômage a reculé à 11 %, celui de la  
tranche d’âge des 15-24 ans baissant à 32,7 % contre près de 40 %  
fin 2016. Alors que le nombre de personnes ayant un emploi a  
dépassé le sommet d’avant-crise (près de 23,2 millions), celui des  
heures ouvrées reste inférieur au niveau de 2008. Malgré une  
évolution des salaires décevante, avec un taux d’augmentation  
annuel légèrement supérieur à 0,5 %, la tendance positive de  
Depuis le début de la crise, la progression de la consommation  
privée a été plus soutenue que celle du revenu disponible. Face à  
ce scénario, les ménages ont nettement réduit leur propension à  
épargner, d’environ 12 % en 2008 à 8 % au T3 2017. Ils ont diminué  
la part des nouveaux investissements financiers, pour rester  
concentrés sur les instruments de gestion d’actifs et sur les dépôts.  
La valeur du patrimoine financier des ménages représente plus de  
EUR 4 100 mds, du fait de l’appréciation des actifs.  
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Net rebond de l’investissement  
3- Répartition des entreprises italiennes par taille  
La reprise reflète également le rebond de l’investissement privé,  
consécutif aux mesures d’incitation fiscales et au redressement de  
la situation économique et financière des entreprises, avec une  
valeur ajoutée en hausse à près de EUR 200 mds, contre 175 mds  
au début de 2013. L’amélioration du scénario d’ensemble a conforté  
leur rentabilité et renforcé le moral des chefs d’entreprise, à son  
plus haut depuis dix ans. Au T3, l’investissement total a augmenté  
de 3 % t/t, avec une contribution de 0,5 % à la croissance du PIB.  
Les dépenses en machines-outils et en équipements ont crû de 6 %,  
celles en moyens de transport de 1,9 % après +9,8 % au T2, tandis  
que les investissements dans la construction restaient à la peine.  
En pourcentage du total, 2015  
4
7
,043,032 entreprises  
,353,295 employés  
grandes :  
20.6  
micro : 46.8  
moyennes :  
2.8  
1
2
2
0,795 entreprises  
,018,507 employés  
petites : 19.8  
1
3
74,613 entreprises  
,114,596 employés  
Structure et performances des entreprises italiennes  
Alors que la reprise s’accélère en Italie, il convient de dresser un  
bilan des dommages et changements provoqués par la longue crise  
qu’a connue le pays. Les données officielles les plus récentes  
publiées par l’Istat  relatives à 2015  permettent une comparaison  
avec 2008, qui a marqué le début de la Grande récession. Au cours  
de cette période, le nombre d’entreprises en activité en Italie a  
diminué de 192 911 unités (-4,3 %), une baisse en grande partie  
due (64 %) au secteur de la construction (-123 583 unités) et au  
secteur industriel (-61 651 unités). Dans le secteur des services, la  
baisse est moins prononcée (-7 677 unités par rapport à 2008).  
Source : Istat  
européennes : une grande entreprise manufacturière emploie en  
moyenne 311 actifs de plus en France, 211 de plus en Allemagne.  
En Espagne, l’écart est bien plus faible (environ 12 personnes de  
plus). Les données les plus récentes confirment l’existence d’un  
écart de productivité structurelle entre microentreprises et grandes  
entreprises dans chaque secteur. Dans l’industrie, une  
microentreprise produit EUR 33 200 de valeur ajoutée par personne,  
soit nettement moins qu’une entreprise de taille moyenne  
Pendant cette période, 99,1 % des fermetures ont concerné des  
entreprises de moins de 50 salariés, et 80,2 % des entreprises de  
moins de dix salariés. S’agissant des entreprises de taille moyenne,  
elles sont 1 696 de moins qu’en 2008 ; quant aux grandes  
entreprises, seules 36 ont disparu.  
(
EUR 75 400) et qu’une grande entreprise (EUR 95 900). Les  
différences sont moins grandes dans le secteur des services.  
Les gains de productivité de la main-d’œuvre que les entreprises  
enregistrent au fur et à mesure de leur croissance sont  
particulièrement manifestes pour les microentreprises. Lors du  
passage de la microentreprise à la petite entreprise, la valeur  
ajoutée s’accroit en moyenne de l’ordre de 50 % par employé. Plus  
la taille des entreprises augmente, moins les gains de productivité  
de la main-d’œuvre sont importants : la valeur ajoutée par employé  
augmente d’environ 15 % pour une entreprise passant d’une taille  
moyenne à une grande taille.  
La diminution du nombre de personnes ayant un emploi qu’a  
connue le système productif italien sur la période analysée (environ  
1
,6 million) a donc principalement concerné les petites et les  
microentreprises, dont les effectifs ont fondu d’environ 1,5 million  
91,4 % du total). Les entreprises de taille moyenne ont perdu  
51 000 salariés tandis qu’à l’inverse les grandes entreprises ont  
(
1
créé 18 300 emplois. La taille moyenne des entreprises italiennes  
est ainsi restée quasiment inchangée, à l’exception des grandes  
entreprises, dont la taille moyenne est passée de 918 personnes en  
En Italie, les entreprises qui exportent sont, toutes tailles  
confondues, plus grandes et plus productives que celles opérant  
uniquement sur le marché national. Comme indiqué plus haut, dans  
l’industrie manufacturière, la taille moyenne d’une entreprise est  
d’un peu plus de neuf personnes ; ce chiffre grimpe à 28 pour les  
entreprises exportatrices. Enfin, la propension à l’exportation et la  
productivité sont étroitement liées : la valeur ajoutée des entreprises  
exportatrices par employé est supérieure de 40-55 % à celle des  
entreprises non exportatrices. La différence la plus grande est celle  
observée au sein des microentreprises : celles qui exportent  
produisent en moyenne EUR 39 400 de valeur ajoutée par  
personne, soit 57% de plus que celles opérant sur le marché  
national et 2,7% de plus que les petites entreprises nationales.  
L’écart de productivité est également considérable au sein des  
grandes entreprises.  
2
008 à 931 en 2015.  
La contribution de chaque taille d’entreprise à l’emploi total et à la  
valeur ajoutée totale est restée inchangée. Les microentreprises  
demeurent l’épine dorsale du système de production italien : elles  
représentent 95 % du nombre total d’entreprises (97 % dans les  
services), emploient 46,8 % du total des actifs (de 23,1 % dans  
l’industrie à 66,7 % dans la construction) et produisent 29,7 % de la  
valeur ajoutée totale (52 % dans la construction).  
La taille des entreprises italiennes est, en moyenne, inférieure à  
celle de leurs consœurs de la plupart des pays européens : elle est  
de 3,7 personnes par unité en Italie, de 4,5 en Espagne, 5 en  
France et 11,7 en Allemagne. Dans le secteur manufacturier, l’écart  
est plus important : 9,3 personnes en moyenne en Italie, contre 10,6  
en Espagne, 13,6 en France et 37 en Allemagne. La taille des  
grandes entreprises italiennes, en particulier dans l’industrie  
manufacturière, est nettement inférieure à celle de leurs consœurs  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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