Perspectives

PDF
Italie  
Une reprise plus forte en début d’année  
Début 2017, la reprise italienne a gagné en ampleur, avec une croissance au plus haut depuis 2011 (1,2%). La consommation a gagné  
0
,5% d’un trimestre sur l’autre, alors que l’investissement enregistrait un recul surprise, les entreprises restant extrêmement  
prudentes. La participation des femmes au marché du travail est faible : elles ne représentant que 41,6% de l’emploi. Fin 2016, leur  
taux d’emploi était inférieur de 12,4 points de pourcentage à la moyenne de la zone euro, écart bien moins important lorsque l’on ne  
retient que la population la plus éduquée.  
Consommation et stocks portent la reprise  
1- Croissance et inflation  
Croissance du PIB (%)  
Prévision  
 Inflation (%)  
Au début de l’année, la reprise s’est légèrement accélérée. Au  
premier trimestre, l’activité a progressé de 0,4% t/t, principalement  
soutenue par la demande intérieure finale en hausse de 0,3%. La  
variation des stocks a ajouté 0,4 point à la croissance, alors que,  
pour le troisième trimestre consécutif, la contribution des échanges  
extérieurs était négative, les exportations progressant moins  
rapidement que les importations (+0,7% et +1,6%). En glissement  
annuel, la croissance atteint 1,2%, la plus robuste depuis le second  
semestre 2011, et l’acquis de croissance pour 2017 est de 0,9%.  
Prévision  
1.6  
1.2  
1.2  
0.9  
0.8  
0.6  
0.2  
0.1  
0.1  
-
0.1  
Après avoir tiré l’activité en 2016, l’industrie a pesé au T1, sa valeur  
ajoutée reculant de 0,5% t/t en repli généralisé (produits métalliques,  
machines-outils et équipements, denrées alimentaires et boissons).  
Pour le deuxième trimestre consécutif, la construction se redresse,  
l’activité s’y maintenant toutefois plus de 30 pp sous les niveaux  
d’avant-crise. Finalement, la valeur ajoutée des services a gagné  
1
4
15  
16  
17  
18  
14  
15  
16  
17  
18  
Sources : Comptes nationaux, BNP Paribas Recherche économique Groupe.  
2
- PIB réel  
Glissement annuel, %  
0
,6% (après +0,3% au T4 2016), grâce aux bonnes performances  
du commerce, des transports et de l’hôtellerie ainsi que des  
services financiers et de l’assurance.  
4
Emploi, revenu et consommation  
2
Au T1, la consommation a accéléré, progressant de 0,5% t/t (après  
0,1%), contribuant à hauteur de 0,3 pp à la croissance. Les  
0
+
ménages ont surtout augmenté les dépenses en biens durables, qui  
ont progressé de 1,8% après +1,7% au T4 2016, alors que les  
autres dépenses stagnaient. Les immatriculations automobiles ont  
progressé de près de 7% en glissement annuel, alors que la valeur  
des ventes au détail reculait de 0,5%. L’évolution de la  
consommation reflète la légère amélioration des conditions  
économiques et financières des ménages. En 2016, le pouvoir  
d’achat a augmenté de 1,6%, sous l’effet conjugué d’une inflation  
toujours faible et d’un redressement de l’emploi, qui s’est poursuivi  
dans les premiers mois de 2017, malgré la fin de l’allégement des  
charges sociales. En avril, l’emploi s’élevait à près de 23 millions de  
personnes, soit environ 150 000 de plus qu’à la fin de 2016. Le taux  
de chômage recule, mais reste élevé, à un peu plus de 11% (en  
recul, depuis 2014, de 45% à 35% pour les 15-24 ans).  
-2  
-4  
-6  
-8  
2007  
2009  
2011  
2013  
2015  
2017  
Source : Istat  
Investissement : une évolution incertaine  
Au début de 2017, l’économie a pâti du repli inattendu de  
l’investissement, qui, après s’être redressé de près de 7% au cours  
des deux dernières années, a reculé de 0,8%. Le repli a été  
particulièrement sensible dans les machines-outils et équipements  
-2,2 %). Malgré un rebond de la confiance, qui a atteint des  
niveaux historiquement élevés, les entreprises italiennes restent  
extrêmement prudentes, augmentant leurs liquidités. À la fin de  
Malgré l’amélioration générale des dix-huit derniers mois, la  
confiance des ménages recule, après avoir atteint le niveau le plus  
élevé de ces quinze dernières années. La progression de l’emploi  
reste en partie compensée par le ralentissement du salaire horaire,  
(
(
+0,5% en g.a. au T1). Les derniers renouvellements de contrats  
2
016, leurs dépôts bancaires ont augmenté à près de EUR 340 mds,  
environ EUR 25 mds de plus qu’un an auparavant.  
indiquent une évolution modérée des salaires dans les prochains  
mois, suite à l’application du mécanisme d’indexation des  
rémunérations sur l’inflation passée.  
economic-research.bnpparibas.com  
Italie  
3ème trimestre 2017  
12  
Les Italiennes et l’emploi  
3- Taux d’emploi des femmes  
En % de la population  
Les principaux chiffres relatifs à la participation des femmes au  
marché du travail en Italie sont les suivants : en 2016, les femmes  
représentaient un peu plus de la moitié de la population, mais  
seulement 41,6% des personnes pourvues d’un emploi et 46,8%  
des chômeurs. Leur part est néanmoins importante parmi les  
inactifs (61,1%).  
Femmes avec un diplôme du supérieur ; Total  
100  
Allemagne  
France  
80  
Italie  
De manière plus détaillée, sur les 8,5 millions de femmes ayant un  
emploi à la fin de 2016, 6,9 millions étaient salariées tandis que  
60  
1
,6 million avaient le statut de travailleur indépendant. Par rapport à  
la fin de 2008 (début de la première récession), le nombre de  
femmes actives a reculé, mais moins que les hommes. Le nombre  
de femmes ayant un emploi a enregistré une baisse d’environ  
4
0
0
0
2
3
3 000, due à la diminution du nombre de travailleuses  
indépendantes (-61 000), que la progression des salariées  
+28 000) n’a pas permis de compenser. Sur la même période, on  
(
recense 766 000 emplois masculins en moins, principalement en  
raison de l’évolution négative de l’emploi salarié. Sur la base de ces  
évolutions, la part des salariées dans l’emploi total des femmes  
représente désormais 81% tandis que, chez les hommes, le taux  
correspondant ne dépasse pas 71%.  
Source : Eurostat  
Si l’on se réfère à la fraction la plus diplômée de la population,  
l’écart entre l’Italie et ses principaux partenaires de l’UE est bien  
plus faible concernant la participation des femmes au marché du  
travail. Au cours des dernières années, le nombre d’Italiennes  
diplômées a progressivement augmenté et, parmi les plus jeunes,  
ce nombre a davantage progressé que chez leurs homologues  
masculins. En 2015, le pourcentage de diplômées parmi les  
femmes de 30 à 34 ans était de 30,8%, contre 20 chez les hommes  
de la même tranche d’âge. Un taux significatif et en augmentation,  
même s’il reste bien en dessous de la moyenne de l’UE (43,4%) et  
en particulier du chiffre enregistré en France où près d’une femme  
sur deux de cette tranche d’âge a suivi des études supérieures.  
Ces tendances ont permis une réduction de l’écart du taux de  
chômage femmes-hommes : de 3,2 points de pourcentage (pp) au  
T1 2008 à 2 pp au T4 2016. Cependant, et notamment pendant la  
récession, la réduction de l’écart du taux de chômage a été  
davantage due à une dégradation de la situation pour les hommes  
qu’à une amélioration régulière de celle des femmes, comme en  
témoignent des taux toujours élevés pour les hommes comme pour  
les femmes (11,5% et 13,5 au T4 2016, respectivement, pour les  
hommes et les femmes de 15-64 ans). L’écart femmes-hommes  
reste manifeste en termes de taux d’emploi : s’il demeure très bas  
dans les deux cas, il s’établit néanmoins à 48,3% à présent pour les  
femmes et à 66,5% pour les hommes.  
Les avantages liés à la poursuite des études dans l’enseignement  
supérieur sont évidents : sur un total de 8,6 millions d’inactives, plus  
de 4,9 millions (soit 57% du total) ont à peine achevé l’école  
primaire ou le premier cycle du secondaire. En revanche, les  
inactives ayant suivi des études dans l’enseignement supérieur en  
Italie ne sont que 689 000 ou 8% du total, un pourcentage qui, tout  
en restant bas, est presque trois fois supérieur à celui du début des  
années 2000.  
La comparaison avec les autres grands pays européens permet de  
faire ressortir plus nettement encore les problèmes liés à la  
participation des femmes au marché du travail. Au T4 2016, le taux  
d’emploi des femmes en Italie était inférieur de 12,4 pp à la  
moyenne de la zone euro, de 12,3 pp à celui observé en France et  
de 23,2 pp au taux allemand. L’écart s’est notamment creusé avec  
l’Allemagne : il était d’environ 18 pp à la fin des années 1990, puis il  
est revenu à 13 pp en 2004, pour augmenter de nouveau depuis,  
atteignant actuellement le niveau le plus élevé depuis les années  
Le taux d’emploi des Italiennes ayant un niveau d’études élevé est  
assez voisin de la moyenne européenne. Au T4 2016, le taux  
d’emploi des femmes diplômées en Italie s’inscrivait à 73,6%, soit  
25,3 pp de plus que le chiffre national total, même si ce taux restait  
inférieur de 11 pp à celui enregistré en Allemagne. L’écart avec la  
France, qui s’est creusé pendant la crise, est revenu par la suite à  
1
990. Par rapport à la France, en revanche, cet écart est resté  
assez stable.  
6
pp, retrouvant ainsi son niveau de 2008.  
Les différences en termes d’inactivité des femmes sont également  
criantes avec les autres marchés du travail de la zone euro. Au  
T4 2016, environ 8,6 millions de femmes âgées de 15-64 ans  
étaient inactives en Italie, un chiffre qui, tout en ayant baissé au  
cours des deux dernières décennies, n’en reste pas moins  
impressionnant. Le taux d’inactivité (44,1% à la fin de 2016) des  
femmes italiennes était supérieur de 18,1 pp au taux allemand, de  
1
1,7 pp au taux français et de 13,1 pp au taux espagnol.  
economic-research.bnpparibas.com  
Italie  
3ème trimestre 2017  
13  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 1570 articles et 400 vidéos