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EcoPerspectives // 4 trimestre 2017  
economic-research.bnpparibas.com  
Italie  
Une reprise tirée par la demande intérieure  
Au premier semestre de 2017, la demande intérieure est restée le principal moteur d’une reprise qui s’étend à l’ensemble des secteurs  
et gagne en pérennité. Le moral des consommateurs et des chefs d’entreprises s’est amélioré. Le gouvernement a récemment  
approuvé le Document économique et financier, tablant sur une croissance du PIB de 1,5% en 2017 et 2018. Le déficit budgétaire  
devrait, dans ces conditions, être ramené à 1,6% du PIB à la fin de l’année prochaine. En juin 2017, l’emploi s’établissait à 23 millions,  
renouant quasiment avec les niveaux antérieurs à la crise. La répartition de la population active par tranche d’âge a, quant à elle,  
connu une nette transformation.  
La reprise gagne en ampleur  
1- Croissance et inflation  
Au cours du premier semestre de 2017, la reprise économique s’est  
poursuivie, s’étendant aux divers secteurs et gagnant en pérennité.  
Au T2, le PIB réel a progressé de 0,3% d’un trimestre sur l’autre,  
après une hausse de 0,5%. Le glissement annuel (g.a.) s’est  
accéléré à 1,5%, rythme le plus soutenu de ces six dernières  
années. Si le PIB demeure inchangé au second semestre, la  
croissance pour l’année 2017 s’établira à 1,2%. Le secteur de la  
construction, dont la valeur ajoutée est inférieure de plus de 30  
points de pourcentage (p.p.) à son niveau d’avant la crise, continue  
de stagner ; en revanche, les conditions s’améliorent dans  
l’industrie manufacturière et l’économie italienne en bénéficie. De  
janvier à juillet, la production a progressé de plus de 6% en g.a.  
dans le secteur des moyens de transport et celui des produits  
pharmaceutiques ; elle a progressé de près de 3% dans les produits  
chimiques. Dans les services, la valeur ajoutée s’est encore  
redressée revenant quasiment au niveau de 2008.  
Croissance du PIB (%)  
 Inflation (%)  
Prévision  
Prévision  
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Sources : Comptes nationaux, BNP Paribas  
2- Croissance et commerce international  
T1 2013 = 100  
PIB ; Exportations ; Importations  
Le gouvernement a récemment approuvé le Document économique  
et financier (DEF). Le plan, qui doit être validé d’ici la fin de l’année  
par la Commission européenne, projette une croissance de 1,5% en  
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017 et en 2018. Le déficit budgétaire devrait être ramené de 2,5%  
du PIB en 2016 à 1,6% en 2018 tandis que le ratio de dette  
publique, tout en se maintenant à un niveau élevé, devrait baisser  
pour la première fois en dix ans.  
Un changement structurel  
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L’économie mondiale s’est nettement redressée et les exportations  
italiennes en ont profité, après une année de stagnation. De janvier  
à juillet, les exportations ont gagné près de 8 % (g.a.), portées par  
une demande robuste de la part des pays non membres de l’UE.  
Les exportations vers la Chine ont augmenté de 26%, celles  
relatives aux moyens de transport ayant plus que doublé ; elles sont  
aussi en hausse de 10% vers les États-Unis qui, malgré une  
évolution défavorable du taux de change, sont désormais le  
troisième marché à l’exportation de l’Italie. Parmi les pays de l’UE,  
les exportations vers l’Allemagne, la France et l’Espagne ont  
progressé de, respectivement, 6,5%, 4,2% et 11%.  
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2013  
2015  
2017  
Source : Istat  
Conséquence de la crise, l’économie italienne semble dépendre  
davantage des importations pour satisfaire la demande intérieure.  
Les importations rapportées aux achats de biens de consommation  
se sont envolées à plus de 20% et, rapportées aux investissements  
en machines-outils, à plus de 30%.  
Malgré cette évolution positive, le redressement de l’économie  
italienne a été freiné par une contribution négative des échanges  
extérieurs, qui a amputé la croissance de 0,7 p.p. au cours des trois  
dernières années. Depuis le premier trimestre de 2013, les  
exportations ont progressé de 14,5% et les importations de près de  
Hausse de la demande intérieure  
Au premier semestre de 2017, la demande intérieure est restée le  
principal moteur de la croissance. La confiance des ménages s’est  
sensiblement redressée sous l’effet de l’amélioration persistante  
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0%, expliquant en partie la croissance limitée du PIB.  
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des conditions prévalant sur le marché du travail. Le nombre de  
personnes ayant un emploi est passé à plus de 23 millions, effaçant  
quasiment les pertes enregistrées pendant la crise, tandis que le  
taux de chômage a reculé à un peu plus de 11%. Au T2 2017, la  
consommation privée a augmenté de 0,2%, après +0,6% au  
trimestre précédent. Les dépenses consacrées aux services ont  
progressé de 0,6%, tandis que celles en biens durables ont reculé  
après avoir nettement augmenté depuis le début de 2013.  
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- Répartition de la population active par tranche d’âge  
Variation en pourcentage (2017 vs. 2008)  
80  
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Suite à l’amélioration des perspectives économiques, la confiance  
des chefs d’entreprises s’est redressée, pour atteindre le niveau le  
plus élevé en dix ans. Après le repli enregistré au début de l’année,  
l’accumulation de capital est repartie à la hausse, stimulée par les  
incitations fiscales. Au T2, les investissements ont augmenté  
d’environ 9% dans les moyens de transport, tandis qu’ils étaient de  
nouveau à la peine dans la construction, restant inférieurs de près  
de 40 p.p. à leurs niveaux d’avant la crise.  
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15-24  
25-34  
35-44  
45-54  
55-64  
65 +  
Source : Istat  
Population active : retour à l’avant-crise  
d’avant la crise (-4%) et il en va de même du nombre total d’heures  
travaillées (-5%).  
La reprise s’accompagne d’une nette amélioration sur le marché du  
travail. En particulier, le taux de croissance de la population active  
est en hausse : il a en effet progressé de 3,9% depuis le T2 2008,  
pour atteindre près de 26 millions. En d’autres termes, près d’un  
million d’actifs sont entrés sur le marché du travail depuis 2008.  
Depuis le début de la Grande récession, la population active, dont la  
croissance a été de moitié inférieure à la moyenne des dix années  
précédentes (1999-2008), a connu une recomposition qui s’est  
soldée par une participation accrue des seniors. En 1999, les actifs  
de moins de 45 ans étaient majoritaires : 69%, contre 1,5% à peine  
pour les plus âgés (plus de 65 ans). Le pourcentage des moins de  
Le pourcentage de contrats à durée déterminée est conforme à la  
moyenne de la zone euro, mais la part des travailleurs  
indépendants (qui fournissent des services aux entreprises dans le  
cadre d’une collaboration externe) est particulièrement élevée en  
Italie. Malgré une forte baisse (-10,7% depuis 2008), ce type  
d’emploi concerne environ un travailleur sur quatre.  
Comme dans les autres pays de l’OCDE, la part de l’emploi  
moyennement qualifié s’est contractée en Italie au cours des trente  
dernières années, avec certaines particularités, toutefois, pour le  
marché du travail italien dans la période récente : entre 2008 et  
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5 ans a progressivement diminué au fil des ans (il s’établissait à  
3,2% en 2008), pour atteindre 51,8% en 2017 (alors que le poids  
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017, le repli des emplois moyennement qualifiés est allé de pair  
avec celui des emplois hautement qualifiés. Sur la même période, la  
proportion des emplois faiblement qualifiés est passée de 20,4% à  
des seniors est passé à 2,3%). Cette recomposition s’est faite  
notamment au détriment de la tranche d’âge des 25-34 ans qui, en  
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8,1%, avec l’accroissement du nombre de salariés dans les  
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017, ne représentait plus que 19,1% de la population active totale  
services peu productifs : serveurs, barmans, guides, coiffeurs,  
cuisiniers, personnel d’entretien et de sécurité, et (en particulier)  
personnel commercial. Seule la Grèce a enregistré une hausse  
comparable de la part des emplois faiblement qualifiés sur la même  
période.  
contre 29,7% en 1999.  
À 23 millions, l’emploi total a quasiment retrouvé son niveau d’avant  
la crise. Cependant, la répartition de la population active par  
tranches d’âge a connu une évolution notable : actuellement, les  
actifs de plus de 45 ans représentent 50,5% de la population ayant  
un emploi, contre 37,2% en 2008. Dans le même intervalle, la part  
des 25-34 ans est passée de 24,7% à 17,9%.  
Selon l’OCDE, 9% environ des emplois actuels vont disparaître à  
terme dans les pays développés sous l’effet d’une automatisation  
grandissante. L’Italie affiche des valeurs conformes à la moyenne  
de l’OCDE ; cependant, compte tenu du nombre plus élevé  
d’emplois comportant des tâches susceptibles d’être radicalement  
transformées par un recours de plus en plus large aux technologies,  
les chiffres italiens sont, en fait, bien plus élevés : 35% contre 25%  
en moyenne dans les pays de l’OCDE.  
L’accroissement de l’emploi tient dans une large mesure à  
l’augmentation du temps partiel : d’après les données de l’Istat, quel  
que soit le type de contrat (à durée déterminée ou indéterminée), la  
part des emplois à temps partiel a grimpé de 14,7% à 18,7% entre  
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008 et 2017. On dénombre à présent 912 000 travailleurs à temps  
partiel de plus qu’en 2008. Dans la plupart des cas, il ne s’agit pas  
d’un temps partiel choisi : selon l’OCDE, le pourcentage de  
travailleurs à temps partiel qui souhaiteraient travailler à plein temps  
en Italie est passé de 38,2% en 2007 à 62,5% en 2016. Ce chiffre  
classe l’Italie à la troisième place des pays développés, juste après  
la Grèce et la Slovaquie. Dans ces conditions, mesuré par le  
nombre de postes en équivalent temps plein (regroupant les heures  
travaillées à temps partiel), l’emploi reste inférieur à son niveau  
Paolo Ciocca Simona Costagli  
paolo.ciocca@bnlmail.com simona.costagli@bnlmail.com  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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