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Les exportations du Brésil à l’aune de la guerre commerciale sino-américaine
Publié le 2 janv. 2019 par Salim HAMMAD

Depuis 2009, la Chine a très largement évincé les États-Unis (EU) en tant que principal partenaire commercial du Brésil. D’après les données d’exportations sur 12 mois glissants, cette position s’est raffermie en 2018, la Chine représentant 30% des exportations brésiliennes, soit une augmentation de 5 p.p. par rapport à novembre 2017. Fin 2017, le Brésil exportait déjà USD 20 mds de plus vers la Chine (USD 47,5 mds vs USD 27,2 mds vers les EU). Quant à son surplus commercial avec l’empire du Milieu, il était environ 10 fois supérieur à celui avec les EU (~ USD 20 mds). Dans le contexte de guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, la récente hausse résulte en partie d’une réorientation - en faveur du Brésil - de la demande chinoise notamment en graines de soja qui, déjà fin 2017, représentaient à elles seules 1,5 fois les cinq principales exportations du Brésil vers les États-Unis.

La balance commerciale brésilienne reste très largement exposée au risque chinois puisque environ 80% des exportations totales de graines de soja, 50% de celles de minerais et 35% des exportations d’huiles et autres combustibles minéraux (pétrole brut inclus) sont absorbées par le géant asiatique. Au vu de ces chiffres (et sans compter le fait que le Brésil attire la moitié des IDE de la Chine en Amérique latine), il paraît essentiel pour le Brésil de soigner ses relations avec Pékin. La visite de Bolsonaro à Taiwan début 2018, son commentaire selon lequel « la Chine achète le Brésil » ainsi que la nomination d’un ministre des Affaires étrangères pro-américain interrogent toutefois sur ses intentions : sa géopolitique pourrait-elle prendre le dessus sur les intérêts économiques du pays ?

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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