Graphiques de la semaine
Hausse des droits de douanes américains et evolution du yuan
Publié le 9 oct. 2019 par Christine PELTIER

De fin mars 2018 à fin août 2019, le yuan a perdu près de 13% contre le dollar. Les autorités chinoises ont laissé le yuan se déprécier en réponse à chaque nouvelle hausse des droits de douane américains (annoncée ou effective) afin d’en compenser partiellement les effets sur les entreprises exportatrices. Au mois de septembre, malgré l’introduction d’une nouvelle barrière tarifaire, le yuan s’est stabilisé face au dollar, Pékin et Washington s’étant mis d’accord pour reprendre les négociations. A court terme, le recours à la politique de change pour soutenir l’activité devrait rester modéré, surtout à cause du risque de spirale négative d’anticipations de dépréciation et de nouvelles sorties de capitaux que la chute du yuan peut provoquer. En même temps, ce risque est lui-même limité par le maintien de contrôles sur les sorties de capitaux des résidents. La légère amélioration de l’excédent courant et l’augmentation attendue des entrées d’investissements de portefeuille étrangers sur les marchés financiers chinois (suite à de nouvelles mesures d’ouverture) pourraient aussi soutenir le yuan à court terme.

 

Note : Les listes de biens chinois importés par les US et surtaxés sont appelées « Liste 1 » : total de USD 34 mds ; « Liste 2 » : USD 16 mds ; « Liste 3 » : USD 200 mds ; « Liste 4A » : USD 125 mds (première tranche de la « liste 4 »).

 

PDF

Sur le même thème

Dosage monétaire sous contrainte 10/10/2019
Pékin a laissé le yuan se déprécier face au dollar après chaque hausse des droits de douane des Etats-Unis sur leurs importations de biens chinois. A court terme, l’usage de la politique de change pour soutenir l’activité devrait néanmoins rester modéré. La marge de manœuvre pour relancer le crédit est également étroite. En cause : le niveau de dette excessivement élevé de l’économie et le souhait des autorités de poursuivre les efforts d’assainissement du secteur financier, du secteur public et du marché immobilier. Le dilemme – soutien à la croissance contre désendettement – pourrait encore s’accroître si les récentes mesures de relance fiscale n’ont pas les effets escomptés sur la demande interne ou si l’environnement externe se détériore davantage.
Chine : la consommation privée, un moteur fragile 23/09/2019
Le rôle de la consommation privée comme moteur de la croissance économique chinoise s’est accru ces dernières années, mais ce moteur reste fragile. A l’heure où le secteur exportateur subit les effets des mesures protectionnistes américaines et l’affaiblissement de la demande mondiale, la Chine cherche de solides relais de croissance. La consommation privée marque cependant le pas, et pourrait continuer de décevoir à court et moyen terme. Le rattrapage va nécessairement se poursuivre avec l’urbanisation et le vieillissement de la population, ainsi que grâce à l’action du gouvernement, déterminé à réduire les inégalités de revenus, à améliorer l’accès au logement et à renforcer davantage le système de protection sociale. Néanmoins, ces changements structurels prendront du temps. Ensuite, bien que d’importants gains de productivité soient possibles dans certains secteurs, la hausse des salaires pourrait être freinée par les difficultés de l’industrie, dont l’activité est ralentie, et la montée en gamme entravée par les rivalités avec les Etats-Unis. Enfin, l’endettement des ménages, qui a fortement augmenté ces dernières années, pourrait devenir une contrainte pesant sur la consommation.
Coup dur 10/07/2019
Le secteur exportateur subit de plein fouet les effets des mesures tarifaires américaines, la consommation privée marque le pas, et l’investissement ralentit en conséquence. Alors que la demande interne pourrait montrer des signes d’amélioration à court terme grâce aux mesures d’assouplissement monétaire et de relance fiscale, les perspectives d’exportation dépendent des négociations entre Pékin et Washington, dont le résultat reste très incertain. Les autorités devraient faire un usage limité de la politique de change afin de ne pas créer de source d’instabilité financière. En outre, l’excédent courant s’est redressé depuis quelques mois.
Que voir dans la multiplication des défauts des entreprises ? 18/04/2019
Les entreprises industrielles ont souffert du resserrement de leurs conditions de crédit en 2017 et début 2018, puis du ralentissement de leur activité et de leur chiffre d’affaires. Ces difficultés ont contribué à la détérioration de leur capacité de paiement en 2018, avec notamment la multiplication des défauts sur le marché obligataire local. Indicateur de la fragilité financière des entreprises, la montée des défauts semble aussi accompagner une plus grande différenciation des risques de crédit par les créanciers et un certain assainissement du secteur financier. Cette dynamique pourrait se poursuivre à court terme avec l’assouplissement ciblé de la politique monétaire. Cependant, la persistance de l’excès de dette des entreprises entretiendra les risques de crédit à moyen terme.
Vers une stabilisation de la croissance ? Pas encore 15/03/2019
Les très nombreuses données publiées cette semaine n’ont pas dissipé les inquiétudes concernant le ralentissement de la croissance chinoise. Compte tenu du biais lié au Nouvel An lunaire et des mesures récentes de relance budgétaire, il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives. La question est centrale pour l’économie mondiale mais, en raison du poids de la Chine, elle l’est aussi pour les principaux pays qui exportent vers l’empire du Milieu, comme l’Allemagne. Dans ce contexte, la conclusion d’un accord commercial avec les États-Unis constitue un enjeu crucial.
Négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine : enfin de bonnes nouvelles ? 15/02/2019
Les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine pourraient aboutir à des résultats concluants à court terme, levant ainsi une importante incertitude pour l’économie mondiale. On peut néanmoins se demander si la conclusion d’un accord ne risque pas d’entraîner une réorientation des échanges au détriment d’autres pays.
Ralentissement chinois 01/02/2019
La croissance chinoise ralentit. Les autorités ajustent leur politique économique en conséquence.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 2230 articles et 563 vidéos