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Zambie : la croissance du crédit au secteur privé souffre de l'absence d'accord avec le FMI
Publié le 21 févr. 2018 par Sara CONFALONIERI

Les finances zambiennes sont sous pression en raison de la détérioration des finances publiques et, notamment, de la charge élevée de la dette. L’aide demandée au FMI est pour l’instant suspendue en raison du manque d’efforts de consolidation budgétaire.

Alors que le resserrement monétaire avait permis de contenir l’inflation et de stabiliser le taux de change, l’absence d’accord avec le FMI alimente de nouveau les pressions baissières sur la kwacha (-9% depuis juillet) avec un risque de résurgence de l’inflation et de durcissement de la politique monétaire. Par ailleurs, la forte augmentation des financements bancaires du déficit budgétaire a évincé le crédit au secteur privé. Le secteur bancaire continuera d’être largement sollicité pour boucler les fins de mois de l’Etat ; l’effet d’éviction ne peut donc que se renforcer.

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À la suite des élections présidentielles du 12 août dernier, à l’issue desquelles le leader de l’opposition zambienne Haikande Hichilema a battu le président sortant Edgar Lungo, le scénario macroéconomique de la Zambie montre des signes d’amélioration, tandis que la relation avec le Fonds monétaire international progresse, un accord portant sur un programme de financement étant attendu dans les prochains mois. La liquidité extérieure s’est renforcée avec le versement, le 23 août dernier, des allocations de nouveaux droits de tirages spécieux (DTS) du FMI. Elles s’élèvent à USD 1,3 milliard soit le montant le plus important derrière ceux de l’Afrique du Sud, du Nigeria et de la RDC. Les réserves de change représentent 7% du PIB et couvrent actuellement environ 4,7 mois d’importations contre 2,5 avant le versement. De plus, l’excédent du compte courant est en augmentation grâce à la hausse des prix du cuivre et au faible niveau des importations, ce qui réduit la pression sur les besoins de financements extérieurs. Enfin, l’augmentation des flux d’investissements de portefeuilles des non-résidents dans des obligations d’État a apporté de la liquidité en devise et atténué, récemment, la pression sur la monnaie locale (la kwacha s’est appréciée de 40% contre le dollar depuis mi-juillet). Néanmoins, l’aide financière du FMI est cruciale pour permettre au pays de sortir durablement du défaut de paiement. Le nouveau président s’est engagé à une meilleure transparence. Le niveau de l’endettement public devrait être plus élevé que les chiffres officiels car certaines dettes ont été contractées sans l’accord du Parlement. Selon les derniers chiffres fournis par le précédent gouvernement, la dette publique atteignait déjà près de 130% du PIB à fin 2021. M. Hichilema doit aussi trouver un accord avec les créanciers internationaux du pays le plus vite possible pour restructurer la dette extérieure. Le pays doit ainsi rembourser USD 750 millions d’eurobonds qui arriveront à maturité l’année prochaine.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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