Graphiques de la semaine

Information économique : un économiste commente un graphique

Recul des banques britanniques dans le classement The Banker depuis l’annonce du Brexit
Publié le 21 juil. 2021 par Thomas HUMBLOT

La position des cinq plus grands groupes bancaires britanniques par les fonds propres Tier 1 (HSBC, Barclays, NatWest [ex-RBS], Lloyds et Standard Chartered) s’est globalement repliée au sein du classement The Banker depuis 2013. Ce recul, commun à l’ensemble des grandes banques européennes et qui s’explique notamment par des différences de croissance entre zones géographiques, est encore plus marqué au Royaume-Uni depuis 2016 et le vote du Brexit. HSBC a quasiment conservé son rang à la faveur de sa grande diversification géographique.

Le repli des banques britanniques procède à la fois d’une diminution absolue de leurs fonds propres Tier 1 (-12,6% entre 2013 et 2020) mais également d’une augmentation de ceux des autres grandes banques de la zone euro (+29,6%). Cette variation de l’encours des fonds propres des banques britanniques est toutefois à nuancer par un effet de change négatif lié à leur conversion en dollar. En effet, entre 2015 - soit juste avant le Brexit -, et 2020, la livre sterling s’est dépréciée de 8% face au dollar, tandis qu’elle se dépréciait de 18% face à l’euro.

Les incertitudes entourant le Brexit, la persistance de taux historiquement bas ainsi que les conséquences économiques de la pandémie de COVID-19 ont lourdement pesé sur le résultat net agrégé des banques britanniques (-53,2% en 2020). Ce dernier a subi en 2020 un effet de ciseau négatif découlant d’une baisse du produit net bancaire de 7,3% et d’une hausse de 70,1% du coût du risque. L’amélioration des résultats des grandes banques britanniques observée au premier trimestre 2021, permise notamment par des reprises sur provisions, devrait être confirmée par les résultats du deuxième trimestre, attendus à partir de la fin du mois de juillet.

PDF

Sur le même thème

Sous la menace du Delta 19/07/2021
Avec près de 35 000 contaminations quotidiennes recensées la semaine dernière, la Covid-19 gagne à nouveau du terrain au Royaume-Uni. En cause, le variant « indien », rebaptisé Delta, 40% à 60% plus transmissible que son prédécesseur « anglais » (rebaptisé Alpha). Signe néanmoins encourageant et preuve de l’efficacité du vaccin, l’augmentation des formes graves apparait nettement atténuée au regard des vagues antérieures. 
Mauvais départ 06/07/2021
C’était à craindre. Sitôt acté son divorce avec l’Union européenne, le Royaume-Uni en conteste les termes. Le 16 mars dernier, deux procédures d’infraction lui étaient notifiées, l’une pour violation des dispositions du protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord, l’autre pour violation du devoir de bonne foi. La suite, qui pourrait aller jusqu’à des sanctions, est à écrire. Reste que le Brexit, qualifié « d’erreur historique » par les Vingt-Sept, n’apparait ni plus ni moins que pour ce qu’il est : un acte de rupture. Certes, il n’empêchera pas l’économie britannique de se redresser dans l’immédiat. Parvenu à éviter les droits de douane, converti au « quoiqu’il en coûte » et en passe de gagner son combat contre la Covid-19, le Royaume-Uni connait, comme d’autres pays, un climat des affaires euphorique. Mais pour la suite, les bénéfices à escompter de son cavalier seul restent à démontrer.
Royaume-Uni : entre soulagement et crispation 31/05/2021
Subissant la double peine du Brexit et de la crise sanitaire, l’économie a particulièrement souffert. Au premier trimestre de 2021, le PIB a encore baissé de 1,5%, du fait des restrictions imposées par la seconde vague épidémique et en dépit d’un fort soutien budgétaire.
Les Anglais vaccinent les premiers 08/04/2021
Jouer comporte des risques, mais peut parfois rapporter gros. Adepte des paris hasardeux (Brexit, immunité collective contre la Covid-19) le premier ministre britannique Boris Johnson n’en reste pas moins celui qui, en misant vite et beaucoup sur les vaccins, aura permis au Royaume-Uni d’entrevoir avant d’autres le bout du tunnel. Plombée en début d’année par un confinement strict, souffrant aussi du recul des échanges avec l’Union européenne, l’économie semble avoir touché le fond ; les enquêtes de conjoncture ainsi que les rapports de mobilité promettent du mieux. Les politiques publiques, budgétaire comme monétaire, soutiendront quant à elles la reprise avant de songer à s’attaquer aux déficits, un premier tour de vis étant prévu pour 2023.
Peut-être la fin du commencement 29/03/2021
Particulièrement endeuillé par l’épidémie de Covid-19 (plus de 126 000 Britanniques y ont déjà succombé), le Royaume-Uni n’en reste pas moins l’un des pays qui, aujourd’hui, vaccinent le plus. Avec 31 millions de doses injectées depuis le début de l’année, le taux de couverture de sa population atteint 46%...
Quelle trajectoire pour les finances publiques du Royaume-Uni après la crise de la Covid-19 ? 02/03/2021
Avant même que ne survienne la pandémie de Covid-19, le Royaume-Uni avait déjà amorcé sa sortie de « l’âge de l’austérité », d’après l’expression de l’ancien Premier ministre David Cameron. L’intervention massive des autorités britanniques pour soutenir l’économie suite à la crise sanitaire a sensiblement renforcé cette tendance. Le déficit du gouvernement s’est approché de 20% du PIB en 2020, et le ratio de dette publique sur PIB a augmenté de vingt points de pourcentage jusqu’à atteindre près de 100%. Une fois la crise passée, nul doute que des ajustements seront nécessaires. Cependant, l’empressement que montre le Trésor à ramener les finances publiques sous contrôle pourrait être contre-productif s’il provoquait un étouffement de la reprise économique. De surcroît, les perspectives de long terme, particulièrement du point de vue démographique, laissent penser que cet objectif sera difficile à atteindre.
De la lumière au bout du tunnel 05/02/2021
Contrairement aux grands pays de l’Union européenne (UE), le Royaume-Uni n’a pas encore publié ses chiffres de PIB pour le dernier trimestre 2020. Néanmoins, l’indicateur mensuel de l’Office for National Statistics (ONS) fournit un avant-goût de l’évolution de l’économie pendant cette période...
Royaume-Uni : un mois après le Brexit 29/01/2021
Un mois après la sortie du Royaume-Uni du marché unique et de l’union douanière de l’UE, les effets économiques du Brexit commencent à se faire sentir, même si plusieurs facteurs en atténuent l’impact. À l’avenir, les Britanniques feront face à un dilemme important entre exercer leur autonomie retrouvée et rester aligné avec la réglementation de l’UE pour ne pas davantage pénaliser leurs exportateurs.
Brexit : Le pire a été évité 06/01/2021
Le Royaume-Uni a, depuis le 1er janvier, les deux pieds en dehors de l’Union européenne et un accord de libre-échange entre les deux parties a été trouvé, telle semble être la coutume, à la dernière minute. Si cela est une bonne nouvelle pour les économies britannique et européenne, le Brexit est néanmoins « dur » et s’accompagnera certainement de pertes économiques importantes dans le long terme.
Une rechute en fin d’année, avant la reprise définitive ? 17/12/2020
La baisse record du PIB du Royaume-Uni au deuxième trimestre a laissé place à un rebond lui aussi inédit au troisième, et l’arrivée prochaine d’un vaccin efficace contre la Covid-19 laisse penser que l’économie entrera dès 2021 dans sa phase de reprise définitive. Cependant, le Royaume-Uni n’est pas encore tiré d’affaire. Au regard de la réimposition d’un confinement généralisé durant le mois de novembre, il fait peu de doute que l’activité économique chutera de nouveau au dernier trimestre. De surcroît, l’intensité de la reprise est, du fait du Brexit, plus incertaine qu’ailleurs. Cela est dû non seulement au caractère inédit de la décision du Royaume-Uni de sortir du marché unique et de l’union douanière de l’UE, mais aussi aux incertitudes quant à la signature d’un accord de libre-échange.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 2764 articles et 733 vidéos