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Hongrie : Haut de cycle
Publié le 23 janv. 2019 par Sylvain BELLEFONTAINE

Le premier ministre hongrois Victor Orban, qui entend mener la fronde eurosceptique, souverainiste et anti-immigration lors des élections européennes de mai prochain, peut se prévaloir d’une situation macroéconomique favorable. La croissance du PIB a continué d’accélérer en 2018 grâce à un cocktail de politiques économiques expansionnistes, de fonds structurels européens et de reprise du crédit domestique. Estimée à 4,5% en moyenne sur l’année, un niveau record depuis 2004 et supérieur au potentiel, la croissance devrait ralentir en 2019.

Le « modèle Orban » repose sur un équilibre fragile entre interventionnisme et mesures libérales. Petite économie ouverte, la Hongrie est très intégrée dans les chaînes de valeurs européennes et mondiales, et donc très dépendante de la conjoncture internationale. En dépit d’un fort rejet des institutions européennes, la Hongrie est très friande des fonds structurels, amenés à baisser à partir de 2021. Le patriotisme économique prévaut dans des secteurs stratégiques (énergie, télécommunications, finance). Mais les autorités promeuvent l’ouverture aux investisseurs étrangers dans les secteurs industriels intensifs en main-d’œuvre (automobile, électronique), en proposant un cadre fiscal attractif et un coût du travail faible. En décembre 2018, la loi très favorable aux entreprises rehaussant le plafond des heures supplémentaires a généré de vives protestations sociales.
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