Graphiques de la semaine

Information économique : un économiste commente un graphique

Marché du travail français : les signes de retour à meilleure fortune sont-ils déjà là ?
Publié le 25 août 2021 par Hélène BAUDCHON

Pour juger du retour à meilleure fortune du marché du travail français, on peut s’appuyer sur les deux indicateurs retenus par le gouvernement dans le cadre de la réforme en cours de l’assurance-chômage : 1/ le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A doit avoir diminué d’au moins 130 000 sur 6 mois ; 2/ les déclarations d’embauche de plus d’un mois (hors intérim) doivent, concomitamment, dépasser les 2,7 millions cumulés sur 4 mois glissants.

En juin 2021, le double critère d’amélioration est satisfait. C’est moins une surprise pour les déclarations d’embauche que pour les inscriptions à Pôle emploi, la barre semblant plus facile à franchir pour les premières que pour les secondes. Ce premier signal positif[1] doit encore s’inscrire dans la durée mais cela semble en bonne voie. Cette bonne nouvelle s’ajoute à celle de l’emploi salarié privé – déjà revenu, au T2 2021, à son niveau d’avant-crise du T4 2019 – et à celle du taux de chômage – qui n’a pas connu l’envolée crainte après la crise de la Covid-19 et se situe également, à 8% au T2 2021, à son niveau d’avant-crise, lui-même à un plus bas depuis 2008. Ces bons résultats sont, en grande partie, à mettre sur le compte des mesures d’urgence prises pour amortir la crise. Une remontée future du taux de chômage ne peut être exclue mais, a priori, la situation devrait continuer de s’améliorer, portée par le rebond de la croissance et le plan France Relance.

 

[1] Le signal positif du point d’octobre 2020 est factice et éphémère car reposant sur un effet de base favorable.

PDF

Sur le même thème

Soutien des services à la croissance française : le (grand) retour ? 19/11/2021
Après avoir été durement touchés en 2020 par la crise sanitaire, les services auraient actuellement, en novembre 2021, plutôt le vent dans le dos. S’il se confirme qu’ils sont de retour dans leur rôle habituel d’amortisseur, ce serait un plus pour la croissance française. 
Les bons chiffres du troisième trimestre 08/11/2021
La première estimation de la croissance française au T3 2021 a réservé une bonne surprise : le rebond du PIB a atteint 3 % t/t, dépassant nettement nos attentes (2,2 %) ainsi que celles de la Banque de France (2,3 %) et de l’INSEE (2,7 %). De plus, la croissance du T2 a été rehaussée de 0,2 point, à 1,3 %. Avec un trimestre d’avance, le PIB français retrouve ainsi quasiment son niveau d’avant crise du T4 2019. Et l’acquis de croissance s’élève à 6,6 %. En moyenne sur 2021, la croissance sera donc très certainement supérieure aux prévisions (6,25% pour le gouvernement, 6,3 % pour la nôtre).
France, budget 2022 : réduction mécanique du déficit 22/10/2021
Dans son projet de loi de finances pour 2022, le gouvernement français prévoit un déficit de 8,4% du PIB en 2021 et de 4,8% en 2022 (après 9,1% en 2020). Le ratio de dette publique s’élèverait à 115,6% du PIB en 2021 (après 115% en 2020), avant de refluer légèrement à 114% en 2022. La réduction importante du déficit entre 2021 et 2022 est de nature mécanique. L’amélioration du déficit conjoncturel y contribue pour 1,6 point, tandis que la diminution de 2,1 points du déficit structurel est imputable à l’arrêt de l’essentiel des mesures d’urgence. Cette disparition contribue à la forte baisse du poids des dépenses publiques dans le PIB (-4,3 points), qui fait plus qu’expliquer la réduction du déficit budgétaire (-3,6 points) et couvre également la baisse de la pression fiscale (-0,8 point). L’heure de la consolidation budgétaire discrétionnaire n’a pas encore sonné. L’ombre de la crise de la Covid-19 plane toujours sur ce budget 2022 : l’économie et la société française ont encore besoin d’être soutenues, et elles le sont (montée en puissance du plan France Relance, plan France 2030 à venir, hausse des dépenses ordinaires). Bien que dans des proportions nettement moindres qu’en 2020 et 2021, la logique du « quoi qu’il en coûte » continue de prévaloir : aucune mesure de financement n’est mise en face des mesures de soutien. Le Haut Conseil des Finances Publiques estime « prudente » la prévision de croissance du gouvernement pour 2021 (6%) et « plausible » celle pour 2022 (4%). S’agissant des prévisions de déficit budgétaire, le HCFP ne s’est pas prononcé sur leur plausibilité, faute de disposer d’un PLF complet. En effet, certaines dépenses, annoncées mais non finalisées (nouveau plan d’investissement France 2030, revenu d’engagement notamment), ne sont pas intégrées au PLF 2022. Il est prévu qu’elles le soient par voie d’amendement lors du débat parlementaire. Les prévisions de déficit budgétaire du gouvernement sont donc susceptibles de bouger dans les prochaines semaines. Le gouvernement a déjà rehaussé sa prévision de croissance pour 2021 à 6,25%. Un déficit plus dégradé en 2022 n’est toutefois pas une certitude, la sous-estimation actuelle des dépenses pouvant être contrebalancée par celle des recettes.
Croissance forte 08/10/2021
Le PIB français a progressé de façon significative de 1,1% t/t au T2 2021. L’impact négatif du confinement d’avril a été très limité et l’activité s’est nettement redressée en juin. La croissance au T3 atteindrait 2,2% t/t, portée par l’élan hérité du T2 mais freinée par les contraintes d’offre à l’œuvre. Dans les enquêtes sur le climat des affaires, l’optimisme reste de mise mais il s’est tempéré depuis juin. Au T4, le PIB comblerait quasiment le dernier point de pourcentage manquant pour revenir à 100% de son niveau d’avant-crise. En moyenne annuelle, la croissance s’élèverait à 6,3% en 2021. En 2022, elle se normaliserait mais resterait soutenue par l’impulsion budgétaire. La situation sanitaire continue de constituer un aléa baissier auquel s’ajoutent la poussée d’inflation et les craintes sur l’ampleur du ralentissement chinois. La croissance pourrait aussi surprendre favorablement grâce au surplus d’épargne disponible des ménages, à la situation financière globalement préservée des entreprises et aux mesures de relance budgétaire.
Remontée de la confiance en septembre malgré celle de l’inflation 04/10/2021
Cela faisait quelques mois que ce n’était pas arrivé : en septembre, les enquêtes sur le climat des affaires de l’INSEE et de Markit n’ont pas évolué dans le même sens. L’indice composite de l’INSEE s’est légèrement redressé (de 1 point, à 111) tandis que le PMI composite a poursuivi son effritement (en perdant un nouveau point, à 55). La baisse du PMI manufacturier se fait plus nette.
France : deuxième étape de la stratégie de sortie de crise 17/09/2021
Alors que la reprise économique se confirme, une nouvelle étape de la stratégie de sortie de crise peut s’enclencher pour poursuivre le retrait progressif du filet de sécurité des mesures d’urgence.
08/09/2021
Optimisme plus tempéré 30/08/2021
D’après la première estimation de l’INSEE, le PIB français a progressé de 0,9% t/t au T2 2021. Ce résultat est légèrement meilleur qu’attendu : nous tablions sur 0,8% et l’INSEE sur 0,7%. La croissance française est, certes, nettement moins élevée que celle de la zone euro (2% t/t) ou des États-Unis (1,6% t/t) mais il s’agit tout de même d’un bon chiffre compte tenu des circonstances. Il est, en effet, significativement positif malgré le troisième confinement d’avril.
06/07/2021
Belle embellie 06/07/2021
Au regard des enquêtes sur le climat des affaires en mai et juin, le rebond de l’économie française, au sortir du troisième confinement, est plus vigoureux que prévu. Nous avons rehaussé notre prévision de croissance au T2, d’un chiffre frôlant zéro à presque 1% t/t. Au T3, le rebond mécanique porterait la croissance à environ 3% t/t. Elle refluerait ensuite, l’effet de rattrapage se dissipant, mais resterait élevée, soutenue par l’impulsion budgétaire. Le revers de la médaille du redressement vigoureux de la demande est la mise sous tension de l’offre. Les contraintes d’approvisionnement, la hausse des prix des intrants, les difficultés de recrutement qui en découlent sont autant de points de friction pouvant freiner la reprise. Sur l’ensemble de 2021, la croissance s’élèverait à 6% en moyenne (une prévision optimiste, un demi-point au-dessus du consensus de juin 2021) et elle resterait forte en 2022 (4,6%). Les risques économiques sont équilibrés : le déblocage de l’épargne forcée accumulée reste un aléa haussier tandis que les tensions sur l’offre et certains prix constituent un aléa baissier. Si l’épidémie de Covid-19 a fortement reculé, l’aléa sanitaire n’a toutefois pas disparu du fait de la circulation accrue des variants.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 1614 articles et 292 vidéos