Graphiques de la semaine

Information économique : un économiste commente un graphique

Portugal : vers un tassement de la marge d’intérêt sur encours ?
Publié le 28 janv. 2020 par Thomas HUMBLOT

En période de baisse des taux, la marge d’intérêt sur les opérations avec la clientèle s’élargit car le rendement des actifs bancaires présente une plus grande inertie à la baisse que le coût  des ressources. Les banques portugaises détiennent toutefois une forte proportion de prêts à taux variable qui tend à accélérer l’ajustement à la baisse du rendement du portefeuille de prêts.

Dans un contexte de taux durablement bas et de coût des ressources clientèle désormais proche de zéro, la pérennité de la marge d’intérêt dépendra essentiellement de la capacité des banques portugaises à maintenir les taux pratiqués actuellement sur les nouveaux prêts [1]. Une poursuite de la baisse des taux sur la production nouvelle conduirait la marge sur les nouvelles opérations bien en deçà de la marge sur encours et mettrait un terme à l’élargissement de cette dernière, observé depuis 2013.
 

[1] Au Portugal, la circulaire 33/2009/DBS interdit aux banques d’appliquer des taux négatifs aux dépôts des sociétés non financières et des ménages.

PDF

Sur le même thème

Portugal : une économie résiliente 17/06/2022
Jusqu’ici, le Portugal a été globalement moins affecté par les répercussions économiques de la guerre en Ukraine que ses voisins européens. La situation s’est durcie au printemps, l’inflation a atteint 8% au mois de mai entrainant un net plongeon de la confiance des ménages. Selon les projections actuelles, le Portugal devrait néanmoins être parmi les pays de la zone euro qui s’en sortent le mieux en 2022.
Un choc inflationniste plus contenu 14/04/2022
La large victoire du parti socialiste d’Antonio Costa aux élections législatives de février permet une stabilité politique bienvenue dans le contexte économique actuel. Si le Portugal ne subit pas un choc inflationniste aussi important que la plupart des autres pays européens, et alors que l’État a introduit des mesures de soutien, les enquêtes d’opinion ont toutefois décroché en mars. Il reste à voir jusqu’où cette détérioration altèrera la dynamique des embauches qui reste, pour l’heure, bien orientée. Le taux de chômage, au cours de l’hiver, était proche des niveaux enregistrés au début des années 2000.  
Les prêts non performants demeurent stables en dépit de la fin des moratoires 14/12/2021
Les moratoires, légaux et contractuels, accordés depuis le début de la pandémie de Covid-19 au secteur privé non financier[1] portugais sont arrivés, dans une très large mesure, à expiration. L’encours des prêts soumis à des moratoires s’établissait à EUR 3,1 mds en octobre 2021 contre EUR 3,6 mds en mars 2020, et EUR 46,3 mds à leur pic en septembre 2020. Les moratoires ne concernent désormais plus que 1,5% de l’encours des prêts aux ménages et aux sociétés non financières contre 1,9% en mars 2020 et 23,5% en septembre 2020. L’arrivée à échéance des moratoires depuis le mois de septembre 2021 ne s’est pas, pour l’heure, traduite par une augmentation significative des prêts non performants[2]. Leur encours (EUR 4,0 mds) et leur ratio (2,0% des prêts) sont revenus à leurs niveaux de juillet 2008. Toutes choses égales par ailleurs, sous l’hypothèse extrême où l’ensemble des prêts soumis à des moratoires deviendraient non performants, leur encours (EUR 7,1 mds) et leur ratio (3,6%) seraient comparables à ceux d’octobre/novembre 2019 (respectivement, EUR 7,2 mds et 3,8%).   [1] Ménages, institutions sans but lucratif au service des ménages et sociétés non financières [2] Prêts en souffrance depuis plus de 30 jours selon la définition de la Banque du Portugal, encours agrégé
Récolter les fruits de la vaccination 07/10/2021
La campagne de vaccination semble porter ses fruits : le Portugal est le pays d’Europe où l’on vaccine le plus – et l’un des plus avancés au monde – avec près de 85% de la population ayant, fin septembre, reçu un schéma vaccinal complet. Le nombre de contaminations à la Covid-19 s’est très sensiblement réduit, après une remontée des cas en juin-juillet due à la propagation du variant Delta. Bien que la reprise d’activité ait été, jusqu’au T2 2021, plus lente que dans la plupart des autres pays européens – en partie dû à une vague épidémique hivernale plus sévère – l’emploi mais également l’activité immobilière sont solidement repartis. Comme dans plusieurs pays en Europe, le recul de l’épidémie laisse place à de nouveaux risques. Celui qui pèse sur le système bancaire n’est pas à négliger : avec un stock élevé de prêts sous moratoire, la sortie de la Covid-19 ne se fera pas sans soubresauts. 
Portugal : derrière la chute du PIB, la très bonne tenue de l’investissement 31/05/2021
L’activité économique au Portugal s’est de nouveau contractée au T1 2021. C’est ce que confirme la deuxième estimation de l’INE, publiée lundi 31 mai, qui dévoile l’évolution des composantes du PIB. Le PIB réel a chuté de 3,3% en variation trimestrielle, en ligne avec la première estimation. Cela reflète la sévérité des mesures de restriction réinstaurées cet hiver pour lutter contre la résurgence de l’épidémie de coronavirus. La consommation privée et les exportations de services se sont de nouveau repliées fortement. 
Le plus dur est passé 07/04/2021
Le Portugal a été l’un des pays européens les plus durement touchés par la troisième vague de Covid-19 survenue cet hiver. Le gouvernement a réinstauré un confinement « dur », ce qui a permis de réduire drastiquement la propagation du virus. Un plan progressif de déconfinement a débuté le 15 mars et s’achevera le 3 mai prochain. L’espoir d’une reprise économique solide repose sur la campagne de vaccination qui se déroule pour l’heure, et comme partout dans l’Union européenne, à un rythme peu soutenu. Le succès de la vaccination en Grande-Bretagne offre néanmoins des perspectives de reprise intéressantes pour le secteur touristique portugais, très dépendant des visiteurs d’outre-Manche. Le PIB en volume pourrait rebondir à hauteur de 5,0%-5,5% en 2021, après une contraction de 7,6% en 2020.  
Portugal : la flambée de l’épidémie assombrit les perspectives de reprise 09/02/2021
Le Portugal fait actuellement face à une flambée de cas de Covid-19. Avec la remise en place d’un confinement dur, les prévisions de croissance initialement prévues pour 2021 seront certainement revues à la baisse. Les risques restent importants à la fois sur le court terme et le long terme. Les firmes portugaises semblent néanmoins plus solides aujourd’hui pour faire face à la situation actuelle que lors des crises précédentes, s’appuyant sur un niveau global d’endettement moindre et des taux d’intérêt historiquement bas.
Quelques marges budgétaires pour soutenir la reprise 30/09/2020
La bonne gestion de l’épidémie n’a pas permis au Portugal d’éviter un choc économique sévère. Le PIB réel a chuté de 13,9% au T2, principalement sous l’effet d’un plongeon des exportations de biens et services (-36,1% t/t) et de la consommation privée (-14,0% t/t). Le Portugal a pâti de la chute du tourisme et de l’arrêt de l’activité à l’étranger, en particulier en Espagne. Cela pourrait également freiner la reprise, étant donné la recrudescence des contaminations de l’autre côté de la frontière. Cependant, et grâce à des efforts budgétaires consentis ces dernières années, le déficit public pour 2020 devrait être inférieur à celui de ses voisins européens (environ 7,0% du PIB selon les estimations gouvernementales), ce qui offre quelques marges de manœuvre à l’exécutif.
Rattrapé par la crise 06/04/2020
En 2019, après un ralentissement somme toute limité, la croissance du PIB portugais s’était finalement établie dans la fourchette haute des attentes, à 2,2%. L’épidémie de coronavirus va faire disparaître ces performances enviables, mettre toute une partie de l’économie à l’arrêt et plonger le pays dans une récession majeure au cours des prochaines semaines. Dans la ligne de ses homologues européens, le gouvernement Costa met progressivement en place une série de mesures qui visent à préserver le tissu économique le temps du choc et préserver les capacités de reprise.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 1811 articles et 362 vidéos