Graphiques de la semaine
Tunisie : croissance en berne
Publié le 28 août 2019 par Stéphane ALBY

Les 3,1% de croissance attendus par le gouvernement lors de l’élaboration du budget 2019 sont clairement hors de portée. Sur les 6 premiers mois de l’année, le PIB n’a en effet progressé que de 1,1% ; hormis le tourisme et, dans une moindre mesure, l’agriculture, la plupart des secteurs sont à l’arrêt, voire se contractent (industrie).

Les vents contraires resteront puissants dans les prochains mois, à commencer par l’atonie de la demande européenne. Malgré quelques signes de stabilisation sur le front de l’inflation, l’environnement monétaire restera également restrictif dans un contexte de forte pression sur les comptes extérieurs. Surtout, les incertitudes liées à la tenue des élections présidentielles, en septembre prochain, et législatives, en octobre, vont continuer de peser sur le climat des affaires et donc sur l’investissement. Si une reprise est attendue à partir de 2020, elle sera en grande partie conditionnée par la mise en place de réformes. Le chantier est colossal.

PDF

Sur le même thème

Tunisie : le piège de l’inflation 09/05/2019
L’inflation a atteint des sommets en 2018, à plus de 7%. La banque centrale a en conséquence durcit sa politique monétaire. Mais les marges de manœuvre sont limitées en raison de la fragilité du système bancaire alors que la faiblesse du dinar contre l’euro devrait continuer d’alimenter l’inflation dans les mois à venir.
Tunisie : le dinar sous pression 13/12/2017
La détérioration de la position extérieure de la Tunisie inquiète. De 5% du PIB en 2010, le déficit de la balance des transactions courantes a atteint 9% en 2016 et la situation s’est encore aggravée sur les neuf premiers mois de l’année, malgré le rebond du tourisme. La montée des déséquilibres externes alimente de fortes pressions sur le change. Depuis 2016, le dinar a perdu 25% de sa valeur contre l’euro. La banque centrale a en effet de moins de moins les moyens de soutenir sa monnaie. Les réserves de change sont tombées à USD 5,6 mds en octobre, un niveau à peine suffisant pour couvrir trois mois d’importations de biens et services. La chute de la monnaie tunisienne alimente des pressions inflationnistes et pèse sur l’endettement du gouvernement. Dans le même temps, l’érosion de la compétitivité extérieure du secteur manufacturier limite les gains à l’exportation. L’équilibre des comptes extérieurs risque d’être difficile à atteindre sans une baisse des réserves de change et une poursuite de la dépréciation du dinar.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 2202 articles et 553 vidéos