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89 Conjoncture(s) trouvée(s)
    04 février 2019
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    L’Accord de Paris sur le climat, conclu lors de la COP 21 en 2015, plaide en faveur de la limitation du réchauffement climatique sous le seuil de 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle. Dans son dernier rapport, le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) lance toutefois un avertissement : les mesures d’atténuation actuelles ne permettront pas d’atteindre cet objectif. Les investissements dans les infrastructures d’énergies renouvelables et d’électricité doivent être accrus. Il faut « décarboner » le secteur de l’énergie, recourir davantage à l’électricité et améliorer l’efficacité énergétique. Les intérêts commerciaux mais aussi l’impact social lié, en particulier, à la hausse du prix du carbone, compliquent la mise en place de politiques bas carbone. Quoi qu’il en soit, pour réduire de façon notable les émissions de gaz à effet de serre, une approche différente s’impose, conjuguant une tarification du carbone et des sanctions commerciales.
    L’élection d’Andres Manuel Lopez Obrador à la présidence du Mexique soulève de nombreuses questions. Si le nouveau président et son équipe bénéficient d’un fort soutien populaire, la politique proposée pour les six prochaines années inquiète les investisseurs. Les promesses de maintien de la discipline budgétaire, de l’indépendance de la banque centrale et, plus généralement, d’un pragmatisme économique, pourraient être incompatibles avec les mesures proposées. En particulier, plusieurs réformes ont été remises en cause, dont celle du secteur de l’énergie. A court terme, ces contradictions ne portent pas à conséquence compte tenu des solides fondamentaux dont bénéficie l’économie mexicaine. A moyen terme en revanche, la capacité du gouvernement à respecter la discipline budgétaire, maintenir à flot le secteur de l’énergie et garder la confiance des investisseurs constituent des risques.
    20 décembre 2018
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    Au cours des quatre dernières années, la Réserve fédérale américaine a réduit le surplus de réserves, créé à l’occasion de son programme d’assouplissement quantitatif. Parallèlement, la réglementation bancaire, dite « de Bâle 3 », a singulièrement renforcé les besoins en liquidité centrale des banques. Auparavant, toutes les réserves détenues au-delà des « réserves obligatoires », au sens de la politique monétaire, étaient, à juste titre, qualifiées de réserves excédentaires. Depuis, seules les réserves détenues en excès de la contrainte réglementaire peuvent être qualifiées ainsi. Si les banques américaines ont, jusqu’ici, atténué les premiers effets de la baisse des réserves sur leurs ratios de liquidité, notamment au prix d’une plus grande dépendance aux Federal Home Loan Banks, les premiers signes d’une tension sur la liquidité semblent se manifester
    29 novembre 2018
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    Depuis l’adoption de la norme comptable internationale IFRS 9 le 1er janvier 2018, le modèle de dépréciation des actifs financiers se fonde sur la reconnaissance des pertes de crédit attendues. La graduation plus fine de la qualité des actifs sains, et tout spécialement l’introduction d’une catégorie intermédiaire, a entraîné des efforts de provisionnement supplémentaires conséquents, rognant les fonds propres des banques. Compte tenu d’un provisionnement déjà conséquent et de la qualité moyenne de leur portefeuille de prêts (quoique en amélioration depuis...), le coût de la transition vers IFRS 9 suscitait davantage d’interrogations pour les banques d’Europe du Sud. Celui-ci demeure supportable mais il est proportionnellement plus élevé pour les banques italiennes que pour les espagnoles et les portugaises. Ces écarts suggèrent un décalage dans le processus d’assainissement des bilans bancaires.
    31 octobre 2018
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    Le débat sur le partage des risques dans la zone euro s’est nettement amplifié depuis quelques années ; à cela, deux raisons essentielles : la prise de conscience de la nécessité de consolider la « maison » zone euro, mais aussi la préoccupation suscitée par une marge de manœuvre limitée pour affronter de futurs ralentissements économiques. Le partage des risques peut être public ou privé et, au sein de chaque canal, national ou transfrontalier. Le partage public transfrontalier des risques est appelé à jouer un rôle important pour renforcer le fonctionnement de la zone euro. Cependant, le défi est considérable car l’introduction d’un tel mécanisme pose aussi des questions de préengagement, de conditionnalité, d’aléa moral et de gouvernance. Enfin, le partage des risques doit être analysé en lien avec d’autres paramètres comme la prévention des risques, la gestion des risques et le renforcement de la résilience.
    11 septembre 2018
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    Le gouvernement de Mauricio Macri a sorti l’économie argentine de son isolement. Sa politique lui a permis de renouer avec la croissance en 2017 et de consolider les réserves de change de la banque centrale grâce à l’afflux d’investissements de portefeuille. Mais cette politique a aussi creusé le déficit courant, accru la dette publique de l’Etat en dollar et, indirectement, généré des tensions inflationnistes. Le gouvernement argentin a ainsi dû faire appel au FMI pour stabiliser le change. La politique de stabilisation va faire retomber l’économie en stagnation et aura un coût économique pour la population du fait d’une politique monétaire devenue très restrictive et d’efforts de consolidation budgétaire plus importants que ce que le gouvernement envisageait fin 2017. Compte tenu du fort endettement en devises de l’Etat argentin, le gouvernement est confronté à un dilemme classique entre la nécessité de stabiliser l’endettement public et l’endettement extérieur.
    29 juin 2018
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    D’importantes contraintes d’offre et des difficultés de recrutement se sont fait jour fin 2017. Elles sont normales en phase d’accélération de la croissance mais elles ont marqué les esprits car d’autres indicateurs ne témoignent pas des mêmes tensions. L’écart de production, l’indicateur de référence du cycle, tel qu’estimé aujourd’hui, n’était en effet pas complètement refermé en 2017 et la faiblesse de l’inflation sous-jacente suggère même un écart plus négatif. Ces évolutions soulèvent la question de la position de l’économie française dans son cycle. D’après notre analyse, elle aurait quitté la phase de reprise et atteint son pic de croissance, sans pour autant donner de signes de blocage typiques d’une fin de cycle. L’économie se situerait dans la phase intermédiaire, dite « de croissance », qui se caractérise par une décélération, la croissance restant toutefois supérieure à son rythme potentiel.
    04 mai 2018
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    La stabilité du franc CFA soulève des inquiétudes. L’effondrement des cours du pétrole a fragilisé une des deux régions qui composent la zone, au point de faire resurgir le spectre d’une dévaluation. Le statu quo devrait perdurer. Avec l’aide du FMI, plusieurs pays se sont engagés dans des programmes de stabilisation qui commencent à produire des résultats. Les indicateurs de liquidité sont encore loin des seuils d’alerte, tels que définis par les accords monétaires, alors qu’une dévaluation aurait des effets financiers et inflationnistes désastreux. Pour autant, les défis sont nombreux et de taille pour pérenniser le peg, aussi bien pour l’UEMOA, dont la croissance solide s’accompagne de déséquilibres, que pour la CEMAC qui paye aujourd’hui un lourd tribut à sa dépendance au pétrole.
    A court terme, le principal risque pour l’économie est le durcissement de la politique monétaire américaine qui pourrait générer des tensions à la baisse sur la roupie. A moyen terme, c’est celui que l’Indonésie reste durablement un pays à revenus intermédiaires (« middle income trap »). Le premier risque est a priori modéré. En effet, les fondamentaux macroéconomiques se sont consolidés au cours des cinq dernières années et la vulnérabilité extérieure, notamment, a sensiblement diminué.  Le second risque est plus élevé. Pour devenir un pays à « revenus supérieurs », l’Indonésie doit suivre le modèle coréen en développant son secteur manufacturier. Or, les déficiences en infrastructures et le faible niveau de qualification de la population sont autant de facteurs qui pèsent sur son développement et sur son intégration dans les chaînes de valeur mondiales. Néanmoins, depuis l’arrivée du président Widodo au pouvoir en 2014, de nombreuses réformes ont été entreprises. Sa réélection en 2019 permettrait de poursuivre dans cette voie.
    04 avril 2018
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    Les participants à la COP21 de Paris se sont mis d’accord pour limiter le réchauffement climatique à 2°C. Ce devrait être le cas à condition que la concentration de carbone reste inférieure à 450 parties par million (ppm). Cependant, plusieurs simulations à partir de modèles climatiques montrent que, même à ce niveau de CO2, le risque de dépasser les 2°C n’est pas négligeable. D’un point de vue économique, il convient de prendre rapidement des mesures pour réduire les risques extrêmes. Des politiques climatiques devront être élaborées pour surmonter l’opposition actuelle aux sacrifices pourtant nécessaires afin d’éviter des dommages bien plus importants demain.
    Aucune des propositions législatives visant à réformer le marché hypothécaire américain n’a, pour l’heure, abouti. Elles procèdent pour la plupart d’une même considération : si les garanties publiques sont indispensables à la liquidité et à la stabilité du marché hypothécaire, l’Etat fédéral ne saurait, à lui seul, assumer l’essentiel des risques de défaut de paiement, qui plus est par le biais de deux agences, Fannie Mae et Freddie Mac, en difficulté financière. A défaut d’une loi, le régulateur de ces deux agences a jeté lui-même les bases d’une réforme en développant un programme de transfert des risques de crédit « non extrêmes » vers le marché.
    09 mars 2018
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    À un moment donné au mois de février, le S&P500 se situait à plus de 10 % en deçà de son point haut, ce qui correspondait à une correction du marché selon la définition la plus courante. Cette baisse du marché avait suscité bien des commentaires, les uns y voyant une « correction saine », les autres, le point de départ d’une hausse structurelle de la volatilité. Des analyses économétriques de même que des simulations sur base de modèles montrent qu’une correction boursière devrait avoir un impact économique limité. Une analyse des faits stylisés montre toutefois le rôle de l’influence réciproque entre comportement boursier et attentes en matière de croissance économique. Il en découle la nécessité de prêter une attention particulière au comportement du spread des obligations d’entreprise.
    Les résultats publiés par les grandes banques espagnoles pour 2017 sont encourageants. Le système bancaire espagnol affiche, depuis 2013, une relative stabilité de ses revenus, à la faveur du maintien des revenus nets d’intérêts et des commissions nettes. La gestion active des créances douteuses et le renforcement des relais de croissance à l’étranger ont contribué au redressement de la rentabilité financière. Le système bancaire espagnol devrait continuer de bénéficier des effets positifs de ses efforts passés de restructuration et de consolidation. Des disparités demeurent néanmoins entre établissements tandis que les ratios de solvabilité restent sous pression.
    01 février 2018
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    Beaucoup de conditions sont réunies pour faire de 2018 une année de relance des chantiers européens. Les ambitions de certains leaders sont là, l’environnement économique porteur les autorisant à porter leur regard un peu plus loin que de coutume. L’article s’efforce de fournir une grille de lecture des débats et des décisions à venir.
    L’Union des marchés de capitaux (CMU) vise à tirer la quintessence des différents canaux de financement, en élargissant les opportunités d’épargne et la disponibilité de financements à long terme, et à améliorer l’intégration financière dans l’Union européenne. Dans ce dessein, la Commission européenne a établi une liste, fournie mais cohérente, d’actions dont certaines ont déjà été menées. Si la mise en place d’un cadre législatif plus propice est indispensable, l’Union des marchés de capitaux est un processus au long cours, dont le succès dépendra surtout des comportements des agents économiques.
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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