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Amérique centrale : portée par le reprise américaine mais freinée par des fragilités internes 12/05/2021
Ce sujet met en avant la manière dont les économies d’Amérique centrale devraient pouvoir bénéficier du changement d’administration aux États-Unis ainsi que du plan de relance (American Rescue Plan) annoncé par le Président Biden en mars. L’amélioration progressive des perspectives économiques dans la région devrait toutefois trancher avec la hausse des risques sociaux.
États-Unis : retour aux années 1970 ? 12/05/2021
Dans le débat en cours sur la politique économique aux États-Unis, certains commentateurs s’alarment sur un possible retour aux années 70. C’était une période de chocs majeurs – passage à des taux de change flottants, deux crises pétrolières – marquée par une inflation élevée et accélérée et le rôle accru du gouvernement. Dans son discours d’investiture en janvier 1981, le président Reagan a fait valoir que « le gouvernement n’est pas la solution à notre problème; c’est le gouvernement qui est le problème ». Aujourd’hui, confrontée à de multiples défis, l’administration Biden intensifie son rôle et la politique monétaire reste très expansionniste malgré une forte accélération de la croissance. Pour certains observateurs, les risques d’inflation sont à la hausse, mais le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, estime qu’il s’agit d’un phénomène transitoire, ajoutant que, si cela devait perdurer, la politique de la Banque centrale serait ajustée : la Fed a tiré les leçons de la politique qu’elle a menée dans les années 70.
Quels enseignements tirer de la « grande inflation » des années 1970 ? 10/05/2021
De nombreux facteurs expliquent la « grande inflation » des années 1970. L’objectif politique du plein emploi, vers la fin des années 1960, avait déjà conduit à une inflation élevée, qui n’a fait que s’aggraver ensuite avec les deux chocs pétroliers et la dépréciation du dollar. Mais le facteur-clé a été une politique monétaire inadaptée aux circonstances. Elle reflétait l’idée selon laquelle la Réserve fédérale n’avait pas de mandat pour assumer la flambée du chômage qui aurait découlé d’un resserrement monétaire agressif visant la maîtrise de l’inflation. En outre, on estimait alors que l’inflation traduisait une hausse des prix par les coûts auquel un contrôle des salaires et des prix pouvait remédier. La situation est très différente aujourd’hui. La Fed est une banque centrale indépendante et les anticipations d’inflation sont bien ancrées. Cependant, une politique consistant à laisser l’économie surchauffer n’est pas sans rappeler la situation observée dans les années 1960. Si l’inflation reste trop longtemps supérieure à l’objectif, la Réserve fédérale devra avoir le courage de durcir sa politique monétaire malgré le coût que cela engendrerait pour l’économie.
Etats-Unis : pulsation accélérée 10/05/2021
Le vaccin tient ses promesses, Joe Biden aussi. Les quelque 400 milliards de dollars de chèques distribués au titre du stimulus bill et l’immunité partielle acquise contre la Covid-19 font que les Américains circulent et dépensent à nouveau beaucoup. Vraiment beaucoup. Au terme d’un mois de mars de tous les records, leur consommation a bondi de plus de 10% au premier trimestre (en rythme annualisé, r.a.). Le PIB a connu une croissance de 6,4% (r.a.), qui va encore accélérer dans les semaines et les mois à venir.
États-Unis : à propos du plan d'investissements "Biden" 30/04/2021
Aux États-Unis, les plans de relance « historiques » se suivent mais ne se ressemblent pas. Proche de 2 300 milliards de dollars, l’American Jobs Plan voulu par le président Biden se distingue de l’American Rescue Plan, adopté en mars et d’un montant de 1 900 milliards de dollars, en ce sens qu’il vise le long terme et ambitionne d’être intégralement financé par l’impôt. Axée sur la défense des intérêts stratégiques américains, sa philosophie est proche de celle de l’American Recovery and Reinvestment Act de 2009. Le cadre multilatéral n’est toutefois pas ignoré, dans la mesure où l’administration Biden cherche aussi à faire de son Plan un instrument d’harmonisation fiscale au niveau international.
Un Livre beige teinté de rose 19/04/2021
Publié huit fois par an par la Réserve fédérale américaine (Fed), le Livre beige sur l’état de la conjoncture outre-Atlantique apporte, en ce mois d’avril 2021, un certain plaisir de lecture. Sans exception, les douze districts couverts par les enquêtes de la Fed enregistrent une amélioration du climat des affaires, qui confine même à l’euphorie dans les régions les plus riches et productives du nord-est des États-Unis, comme celle de Philadelphie...
Recul de l’épidémie, poussée de fièvre 08/04/2021
L’économie américaine s’envole. Dopée par le recul de l’épidémie de Covid-19 autant que par des transferts budgétaires sans précédent, l’activité croîtra d’au moins 6% en 2021, pour dépasser son niveau de 2019. L’inflation accélérera, jusqu’à s’établir assez sensiblement au-dessus de la cible de 2% visée par la Réserve fédérale. Pour autant, la Banque centrale ne déviera pas de sa ligne accommodante. Sa priorité reste l’emploi, qui porte encore les stigmates de la crise et est loin d’avoir récupéré tout le terrain perdu avec celle-ci. Les conditions monétaires resteront donc favorables, pour l’économie comme pour les marchés, quitte à encourager quelques excès.
Banques américaines : la réactivation du dispositif de mise en pension de la Fed, facteur de réduction des bilans 07/04/2021
Le 17 mars, la Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé le plafond de ses opérations de mises en pension (Reverse Repo Program, RRP). Chaque contrepartie éligible* peut désormais prendre en pension, chaque jour ouvré, jusqu’à USD 80 mds de Treasuries détenus par la Fed contre USD 30 mds précédemment. Déployé à l’automne 2013, un an avant l’interruption de QE3 (3e programme d’assouplissement quantitatif de la Fed) et deux ans avant le début du resserrement monétaire post-crise, ce dispositif avait suscité une forte participation des fonds monétaires (pour des opérations rémunérées entre 0,01% et 0,07% avant la fin 2015) et permis d’établir un plancher aux taux courts de marché. Dans un contexte de liquidités centrales abondantes, ce programme est de nature à réduire les pressions à la baisse exercées sur les taux monétaires en incitant les fonds monétaires et GSE à « prêter » une partie de leur cash à la Fed plutôt que sur les marchés (repo, fonds fédéraux) où la demande s’est tarie. Si, pour l’heure, le dispositif RRP demeure peu sollicité (le taux servi est nul), il pourrait de surcroît permettre, au cours des prochaines semaines, un allègement des bilans bancaires. La pénalité que certaines banques s’apprêteraient à introduire sur les dépôts de leurs clients institutionnels, en vue de réduire leurs bilans, pourrait en effet réorienter ces liquidités vers les fonds monétaires, puis, grâce à la réactivation du dispositif, vers la Fed**. * 24 primary dealers, 16 banques, 15 Government-Sponsored Enterprises et 91 fonds monétaires. ** En 2015, la taxation des dépôts, introduite par JP Morgan, avait conduit à la sortie d’environ USD 200 mds de dépôts non opérationnels de son bilan et contribué à réduire sa surcharge réglementaire en fonds propres au titre de son importance systémique (G-SIB).
Le plan de relance américain va-t-il trop loin? 23/03/2021
D’un montant de 1 900 milliards de dollars ou 9 points de PIB, l’American Rescue Plan figure parmi les plus vastes dispositifs de relance jamais engagés aux États-Unis. Les mesures visent à surmonter l’épidémie de Covid-19, mais pas seulement. Peu discriminantes, s’ajoutant à celles déjà votées en décembre 2020, elles pourraient rapidement mettre l’économie sous tension. Bien qu’appelée à dépasser 2%, l’inflation n’est pas le principal danger. Le rebond des prix serait transitoire, la concurrence mondiale ainsi que l’accélération de la révolution numérique jouant plutôt dans le sens d’une modération. L’encouragement d’excès sur certains segments de marchés (valeurs technologiques, dette à haut rendement, etc.) s’inscrit en revanche sur la liste des effets indésirables possibles.
Lire dans les pensées de la Réserve fédérale 22/03/2021
Les dernières projections des membres du FOMC reflètent l’effet d’entraînement, robuste mais temporaire, de la relance budgétaire et de la normalisation de l’activité économique du fait de la vaccination des adultes. Ils tablent ainsi sur une hausse limitée de l’inflation. Quatre d’entre eux estiment désormais que la situation justifierait un relèvement du taux des fonds fédéraux l’année prochaine. Selon sept autres, les conditions seraient réunies pour 2023. Le président de la Fed n’a pas manqué de souligner que les projections ne constituent pas les prévisions du Comité et que les données ne justifient pas un virage monétaire. Ce message a manifestement ancré les taux d’intérêt à court terme, tandis que les rendements des obligations à long terme fluctuent entre soulagement et malaise à propos du niveau auquel le taux des fonds fédéraux pourrait se situer d’ici plusieurs années.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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