eco TV
Un bon début d'année avec beaucoup d'incertitudes 11/01/2017

Pour 2017, les incertitudes (négociations du Brexit, nouveau dosage de la politique économique américaine, élections) sont multiples mais nous partons sur une bonne base pour les affronter, les chiffres économiques récents ayant dans leur ensemble largement dépassé les attentes des analystes.

TRANSCRIPT // Un bon début d'année avec beaucoup d'incertitudes : janvier 2017

Pour bien commencer 2017, nous allons faire un point de conjoncture globale avec le chef économiste de BNP Paribas William De Vijlder, bonjour.

- Bonjour.

- William, quelle est la situation en ce début d’année ? Sachant les quelques statistiques de la fin de l’année 2016.

- Effectivement la conjoncture est bonne, on le voit dans un grand nombre de pays et les statistiques ont clairement dépassé les attentes des économistes.

- Quelles sont les raisons de cette embellie ?

- Il y a une multitude de facteurs. Un, l’environnement monétaire reste souple un peu partout dans le monde. Un deuxième facteur qui joue, c’est la remontée du prix du pétrole qui a écarté des scénarios cataclysmiques que l’on craignait début 2016. Un autre facteur qui a joué, ce sont les fortes relances, avec beaucoup de succès d’ailleurs en Chine, qui ont eu un effet d’entraînement à l’international.

- Et au Royaume-Uni, le Brexit n’a pas généré de trop fortes décélérations de la croissance.

- Effectivement cela a vraiment été un facteur de soutien à la confiance, bien au-delà de l’économie britannique. Ce qui a joué également bien sûr, c’est l’élection de Donald Trump avec la perspective d’une relance budgétaire en 2017. Et n’oublions pas que cette élection a eu un impact très favorable sur le comportement des marchés financiers qui, à leur tour, ont eu un impact positif sur la confiance des ménages et des entreprises.

- Les marchés, eux, regardent l’avenir. Quelle est, selon vous, la tendance 2017 sur le plan économique ?

- Lorsqu’on regarde les indicateurs de sentiment, de confiance, les indicateurs avancés, tout porte à croire que l’économie sera bien orientée dans les tout prochains mois. A la fois dans les pays développés et dans les pays émergents. Ce qui est important, bien évidemment, c’est d’être attentif au fait qu’il y ait des différences, des nuances selon les pays. Par exemple, au Royaume-Uni, nous anticipons que l’impact de l’incertitude et les autres conséquences du Brexit commenceront à se manifester au premier semestre du côté de la zone Euro. Nous sommes très sensibles à la perspective d’une remontée de l’inflation qui a d’ailleurs déjà commencé et qui pèsera sur la croissance du revenu réel disponible des ménages.

- Et aux Etats-Unis ?

- Chez les Américains bien sûr il y a l’espoir que la relance budgétaire sera implémentée et dopera la croissance.

- William, il y a quand même des risques. On parle souvent d’incertitude, c’est l’un de vos mots-clés pour cette année 2017. Tant sur le plan de l’implémentation de ces politiques économiques que sur le plan électoral. Quel est votre point de vue ?

- Effectivement, le terme dominant en ce début d’année c’est l’incertitude. L’incertitude par définition veut dire des scénarios multiples. Et un facteur d’incertitude est relevant si la différence est grande entre un scénario par rapport à un autre. Dans la sphère réelle, la croissance, l’investissement, le Brexit et l’incertitude qui vient avec sont des facteurs très importants. Et le nouveau dosage de la politique économique américaine : un peu plus restrictive du côté monétaire et la relance budgétaire. 

- Cela met un petit peu de temps à s’implémenter sur la sphère réelle. Par contre les marchés financiers sont beaucoup plus réactifs.

- Effectivement, les marchés financiers fonctionnent avec des horizons plus courts donc ils sont plus réactifs. Ils vont être tentés de pousser vers l’extrême une certaine thématique. Cela explique pourquoi les marchés financiers sont également particulièrement sensibles aux échéances électorales.

- Quelle est votre conclusion pour cette année 2017 ?

- Ma conclusion est que les incertitudes sont multiples mais que nous sommes sur une bonne base de départ pour les affronter.

- Merci William, on se retrouvera tout au long cette année 2017 pour reparler de tous ces évènements.

Voir plus de vidéos Eco TV

Sur le même thème

Perspectives pour le second semestre : bras de fer entre bons fondamentaux et montée des incertitudes 11/06/2019
Les fondamentaux de l’économie mondiale sont plutôt bons. Mais les incertitudes demeurent, notamment sur le plan géopolitique et celui du commerce international.
Les facteurs psychologiques l’emportent-ils sur les fondamentaux d’une entreprise? 31/05/2019
D’après une enquête réalisée auprès des directeurs financiers de 469 entreprises américaines, 84 % d’entre eux s’attendent à une récession aux États-Unis au premier trimestre 2021. Cela fait craindre des anticipations baissières autoréalisatrices. Une corrélation positive entre la confiance et les décisions des entreprises reflèterait (leur anticipation) de fondamentaux forts, ou bien l’effet d’esprits animaux. La recherche empirique menée par CESifo auprès d’entreprises allemandes confirme le rôle de ces derniers. En agrégé, les esprits animaux optimistes ont un effet plus important que les esprits pessimistes.
Le risque géopolitique : définition 29/05/2019
Le ralentissement de l'économie mondiale, de plus en plus visible depuis la fin 2018, a de nombreuses causes. Parmi celles-ci, l'inquiétude suscitée par le rythme du resserrement monétaire américain, les tensions commerciales croissantes, les hausses des tarifs d'importation et, en Europe, par les incertitudes liées au Brexit. La géopolitique a clairement contribué à une augmentation du niveau d’incertitude. Dans cette série de podcasts, William De Vijlder définira d’abord ce type de risque, puis il en analysera, dans un second épisode, les incidences sur les entreprises et, dans le troisième épisode, proposera une gouvernance à adopter face au risque géopolitique.
Le risque géopolitique : incidences sur les entreprises 29/05/2019
La mondialisation de l’économie induit une exposition de plus en plus importante des entreprises au risque géopolitique. Comment mesurer ce risque sur les entreprises ? Sur les marchés ? Sur l’économie ? Dans ce deuxième épisode, William De Vijlder montre la complexité de la question en explorant les ramifications existantes entre tous les acteurs.
Le risque géopolitique : gouvernance 29/05/2019
Face au risque géopolitique, quelle stratégie faut-il adopter ? Le troisième et dernier épisode de la série décrit deux approches « faire avec » ou « éviter », c’est-à-dire accepter le risque ou s’en prémunir. Mais une troisième voie pourrait être une gouvernance du risque intelligente. Comment dès lors construire une stratégie robuste ? William De Vijlder évoque différents scénarios.
Les tensions commerciales renforcent l’incertitude quant à la politique économique 24/05/2019
Dans un contexte de tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, l’incertitude quant à la politique économique reste très élevée. Au regard de la dispersion des opinions concernant le climat des affaires, elle n’augmente pas mais reste forte parmi les entreprises allemandes. Du côté des entreprises américaines, elle a baissé en début d’année mais remonte désormais légèrement. Le risque géopolitique, mesuré par la couverture médiatique de l’incertitude, est sur une tendance haussière depuis début 2013 bien que celle-ci ralentisse dernièrement. Quant à l’incertitude basée sur la dispersion des performances des entreprises sur les marchés d’actions, elle a fléchi depuis le début de l’année
Croissance, taux d’intérêt et dette publique 26/04/2019
Les relations entre la dette publique, la croissance économique et les taux d’intérêt sont complexes et variées. En général, une récession entraîne un accroissement de la dette publique et une réduction du coût des emprunts publics. Une longue période de détente monétaire en phase de retournement conjoncturel peut se traduire par un repli du taux d’intérêt nominal de la dette publique en dessous du taux de croissance nominale. Selon le niveau du solde budgétaire primaire, une telle situation peut, dans certaines conditions, générer une marge d’expansion budgétaire pour soutenir la croissance.
Vers une stabilisation de la croissance 26/04/2019
Les révisions à la baisse des perspectives économiques constituent le thème dominant depuis le milieu de l’année dernière. En conséquence, chaque mois, les nouvelles statistiques économiques sont attendues avec beaucoup d’impatience, dans l’espoir d’y voir des signes de stabilisation. C’est effectivement ce qui semble se passer. En Chine, la croissance au premier trimestre a réagi aux impulsions budgétaires. En zone euro, plusieurs indicateurs d’enquête marquent une stabilisation. Aux États-Unis la conjoncture reste plutôt bien orientée. Tenant compte de l’attitude prudente des banquiers centraux, des taux bas et de la croissance du revenu des ménages, on peut espérer une certaine amélioration au cours des prochains mois mais une confirmation, bien évidemment, s'impose. Un accord commercial entre les États-Unis et la Chine, qui semble désormais probable, donnerait au sentiment un coup de pouce dont l’économie mondiale a bien besoin.
Marché du travail : l’importance du dialogue social 24/04/2019
La date du 1er mai approche. Dans de nombreux pays, elle commémore les progrès réalisés en matière de droits des salariés. Elle peut être aussi l’occasion de rappeler à quel point la qualité du dialogue social compte dans le bon fonctionnement du marché du travail. Selon l’enquête Global Competition Review menée en 2018 par le Forum Économique Mondial, la qualité des relations employeurs-salariés est relativement bonne au Japon, ainsi qu’en Europe du Nord et de l’Ouest. Dans le même temps, les marchés du travail de ces pays se portent plutôt bien. Dans les pays anglophones, dont le marché du travail est peu règlementé, le taux de chômage est également faible, mais les emplois sont moins protégés. Dans les pays d’Europe du Sud, le dialogue social semble moins efficace et le chômage y reste élevé.
Incertitude : messages contradictoires 19/04/2019
Les différentes mesures de l’incertitude envoient des messages contradictoires. L’indice Economic Policy Uncertainty, qui suit la couverture médiatique du sujet, n’augmente plus mais ne décroit pas encore.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 2141 articles et 562 vidéos