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Israël : Politique monétaire et inflation 11/12/2018

Le 26 novembre 2018, la Banque centrale d’Israël a augmenté son taux d’intérêt directeur de 0,15 pp à 0,25%. Cette décision est due à la hausse de l’inflation qui devrait atteindre plus de 1% en moyenne en 2019 en raison de l’orientation à la hausse des salaires et des dépenses publiques. La poursuite de la normalisation de la politique monétaire devrait rester graduelle afin de limiter l’appréciation du shekel.

TRANSCRIPT // Israël : Politique monétaire et inflation : décembre 2018

LE GRAPHIQUE DU MOIS

 

François Doux : Dans le Graphique du mois nous allons parler de l'économie israélienne avec Pascal Devaux.

Bonjour.

 

Pascal Devaux : Bonjour François.

 

François Doux : Pascal, l'économie devrait se stabiliser autour de 3 % de croissance en 2019. Par contre, fin novembre 2018 il y a eu une hausse des taux directeurs de la Banque centrale d'Israël, pourquoi ?

 

Pascal Devaux : C'est essentiellement dû à la hausse des pressions inflationnistes. On voit sur le graphique que l'inflation était restée négative entre 2015 et fin 2016. On revient en territoire positif. On attend environ 0,7 % en moyenne pour 2018, et 1,1 % d'inflation des prix à la consommation en moyenne pour 2019. On arrive donc dans la zone cible de la banque centrale qui se situe entre 1 % et 3 %.

 

François Doux : On va enfin avoir des taux d'intérêt réel positifs pour Israël.

 

Pascal Devaux : Exactement.

 

François Doux : Qu'est-ce qui alimente cette inflation ?

 

Pascal Devaux : Essentiellement deux raisons : une hausse des salaires réels essentiellement due à la baisse du chômage, en tout cas au maintien du chômage à un taux extrêmement bas en raison notamment d’une croissance économique assez soutenue, et, par ailleurs, à une hausse des dépenses publiques. Elles sont modérées mais ont tendance à alimenter l'inflation.

 

François Doux : Est-ce qu'il existe des risques justement à cette appréciation de l'inflation et, donc, à ces hausses de taux ?

 

Pascal Devaux : Le principal risque de cette hausse de taux serait une appréciation non désirée du shekel. Les comptes extérieurs étant structurellement en excédent, cela a tendance à faire apprécier le shekel et donc cette hausse des taux, si elle était trop rapide, pourrait ajouter un moteur supplémentaire à cette appréciation du shekel. Cela aurait un impact négatif sur les exportations en dehors des secteurs high tech et des hydrocarbures.

 

François Doux : Pascal Devaux, merci. Dans un instant, on reviendra en France avec Jean-Luc Proutat et Trois questions sur les taux d'intérêt.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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