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Égypte : Reprise de l’assouplissement monétaire 09/09/2019

La réduction significative des pressions inflationnistes permet le retour d’une politique monétaire plus accommodante.

TRANSCRIPT // Égypte : Reprise de l’assouplissement monétaire : septembre 2019

3 QUESTIONS

 

François Doux : Trois questions sur l'Égypte. Le FMI a lancé fin 2016 un plan de soutien à l'économie égyptienne. Il arrive à terme en cette rentrée 2019.

Pascal Devaux, bonjour.

Pascal Devaux : Bonjour François.

François Doux : Au-delà de l'échéance de ce plan de soutien du FMI, l'actualité en Égypte c'est la baisse des taux de la Banque centrale. Est-ce positif ?

Pascal Devaux : Oui, c'est très positif. Cela devrait enclencher une deuxième étape dans le processus de réforme en Égypte, après toutes les réformes engagées sous l'égide du FMI. C'était très attendu par l'ensemble des opérateurs en Égypte.

Cette baisse de 150 points de base du taux directeur de la banque centrale a été permis par une baisse vraiment significative de l'inflation sur les 3, 4 derniers mois de 2019.

On a maintenant une inflation sous-jacente à moins de 6 % alors qu'il faut se rappeler qu'on était à plus de 30 % au cours de l'année 2017.

François Doux : Quelles sont les perspectives, c’est ma deuxième question de poursuite de baisse des taux ?

Pascal Devaux : Normalement, on devrait assister à une poursuite de cet assouplissement monétaire, même s'il est difficile d'établir un calendrier.

Donc cette poursuite est liée à deux raisons : d'une part la baisse de l'inflation parce qu'on devrait continuer à avoir une appréciation légère de la livre égyptienne. Deuxièmement on ne devrait plus avoir de mesures fiscales inflationnistes, telle que la baisse des subventions qui a eu lieu en 2017 et en 2018.

Et deuxième élément qui devrait concourir à la poursuite de cet assouplissement, c'est que le marché de la dette égyptien restera attractif même en cas de baisse des taux pour les investisseurs étrangers, étant donné que l'Égypte bénéficie d'un bon rapport entre le rendement et le risque de ces titres de dette publique.

François Doux : Ça c'est aussi très positif.

Pascal Devaux : Très positif.

François Doux : Troisième et dernière question. Les conséquences de cette baisse des taux en Égypte ?

Pascal Devaux : Deux conséquences positives.

Une première à court terme qui est une baisse du coût de financement du déficit budgétaire pour le gouvernement. Difficile à évaluer pour l'instant mais environ 1 % du PIB sur une année pleine.

Deuxième conséquence à moyen terme. Si cet assouplissement se poursuit, cela offre une dynamique supplémentaire à l'investissement privé des entreprises égyptiennes qui pour l'instant restent assez étale.

François Doux : Donc un moteur supplémentaire pour développer la croissance.

Pascal Devaux : Exactement.

François Doux : Merci Pascal Devaux pour ce point sur l'économie égyptienne. On se retrouve en octobre pour un nouveau numéro d'EcoTV.

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